l'horloge de la gare de Chartres

l'horloge de la gare de Chartres
Affichage des articles dont le libellé est café. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est café. Afficher tous les articles

mercredi 3 juin 2009

Paris en toutes lettres : traverser la ville

Le jour de ma "traversée de Paris" approche : c'est donc samedi, à 16h30, qu'aura lieu au 104 cette lecture, dans le cadre du festival Paris en toutes lettres. Je proposerai, grâce un collage de textes publiés, inédits et en cours, une balade en ville du sud vers le nord... jusqu'au 104 bien sûr.

Nous partirons du quai de la gare, à l'époque où la bibliothèque était en chantier pour nous rendre place Denfert-Rochereau, place de la Sorbonne, au musée de Cluny, boulevard Saint-Michel, place des Innocents, à Beaubourg, rue Oberkampf, gare du Nord (assez longtemps), avant de remonter vers la Chapelle, Barbès, Stalingrad, Jaurès, les Buttes Chaumont, rue Fessart, La Villette et enfin au 104, où Dita Kepler nous attendra au jardin.


On y trouvera des escaliers, des entrepôts frigorifiques, une compagnie de transports, un café tabac, une salle de cours, un ascenseur, des chantiers, deux musées, des librairies, un disquaire, des autobus, une fontaine, une chambre de bonne, une salle des pas perdus, des colonnes, des verrières, un métro bien sûr, un nouveau café, des arbres, un échafaudage, un graffiti, une pelouse, une place pour s'asseoir.

samedi 21 juillet 2007

Dans la marge : 2001

Quelques minutes au soleil avant de retourner travailler. Goût du café encore sur le palais, un ouvrier en blanc de travail à moustaches fume une brune. Chaises d’osier, cendrier inutile, soleil sur la table et sur le dos de la main, de celle qui écrit.

craquelinier : fabricant de craquelines, gâteaux bretons

Inféodés au bruit de nos voisins n’avons plus qu’une vie organique et pratique. Ne voyons rien de la matière du ciel le matin, rien de sa lumière, et sommes invisibles.

J’ai dans la poche de mon manteau depuis dix jours au moins une page de mon roman, toute naze, à réécrire.

carrier : travailleur ou exploitant des carrières

lundi 9 juillet 2007

Où l'on travaille - hors du trajet

sur le lit

sous les draps

sur le bureau du fond

sur le bureau de l’entrée

au café

chez les autres

sur le lit de l’enfant qui regarde les dessins animés (au salon)

sur le canapé

(du salon)

devant ces écrans : premier ordinateur portable, second ordinateur portable, ordinateur fixe qui ne marche presque plus (à hisser, à tirer), poste de télévision, téléphone fixe qui indique qui vous appelle, téléphone portable qui vous sonne pour les SMS

séries télé à regarder pour le travail

séries télé à regarder quand on a fini de travailler (et cet abrutissement qui coupe avec le reste, d’habitude, le reste c’est-à-dire le travail, est désormais travail lui-même)

plus de coupure

l’image insupportable

toute image à vomir

tout pixel à vomir

pages des livres fermées

pas de ciel pas d’arbre

pas de voix qu’on appelle

dans le métro et dans les rues les affiches géantes du film sur lequel vous avez écrit il y a deux mois, au même rythme, que vous n’avez toujours pas vu

à la bibliothèque ce qui se passe on n’en sait

rien

et les fenêtres elles-mêmes deviennent des écrans

par celle de la chambre une première vitre, une seconde vitre, la fenêtre d’en face, et sur l’écran géant plat plasma qui diffuse

ça diffuse

rayons bleus sur rideaux oblique défilé

ce que

vous

ne voulez pas

voir

vendredi 1 juin 2007

Dans la marge : Saint-Ouen / 1

Tirées du carnet d'où viennent les Fenêtres, quelques notes en plus.

Saint-Ouen, 18 septembre 1998, au café rouge le matin. Les arbustes plantés le long de la verrière laissent des ombres dentelées, remuantes, sur les vitres et les chaises. Passe Farid, pressé (le moniteur de l’auto-école d’à côté). Par petites vagues des femmes en boubou, des femmes portugaises, des femmes maghrébines traversent l’avenue pour aller au marché. C’est le jour du tissu. Leur foulard noir ou blanc surgit derrière les stands entre rouleaux et pans, épaules des vendeurs, tandis que le tissu déçoit : malgré les dorures d’Orient les couleurs vieux rose, bleu roi et orangé dominent. Au café on se déplace pour une place au soleil.