l'horloge de la gare de Chartres

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dimanche 20 mai 2018

Semaine #20 bleu du ciel, écoute, numérique, cartes, atelier, traduction


















(Dublin, où le referendum sur l'avortement a lieu le 25 mai)

En milieu de semaine ce n'est pas encore la grande forme, mais le poignet se remet et je peux donc écrire. Enfin écrire... Travailler, envoyer des mails, pas écrire Bruits, qui demande trop de concentration. La fatigue physique est encore là, un tour du pâté de maison, et j'ai cent ans. 











Je ne peux pas aller à Chartres comme je l'avais prévu, ce qui ne m'empêche pas d'y penser. Du reste, ce mercredi, j'ai le plaisir de découvrir que les émissions de radio menées par Olivier L'Hostis avec Virginie Gautier en avril et Joachim Séné en mai sont en ligne sur la page que me consacre Radio Grand Ciel (les liens conduisent vers les émissions). Elles font une bonne heure chacune mais je les réécoute avec joie toutes les deux à la suite. Il est rare d'avoir autant de place pour s'exprimer.

Et puis, tiens, je n'ai pas encore dit qu'une nouvelle minute, liée au temps d'avril, était disponible :

Ni que Joachim Séné en avait fait une à son tour : 


(bientôt ce sera celui de Virginie)

Jeudi Je finis de préparer la formation sur le numérique que je proposerai à des enseignants le lendemain, la lecture de Décor Daguerre avec Mathilde Roux à la galerie Michael Woolworth qui aura lieu  le soir et l'atelier d'écriture de la vallée aux loups du samedi tout en me disant que trois activités à la fois, franchement, est-ce une bonne idée ces temps-ci ? Sur le moment, je vois les deux jours qui viennent comme un marathon et la campagne où je me rendrai le samedi soir comme un horizon indépassable. Et pourtant, tout me plaît, dans ces jours à venir. C'est simplement le corps qui voudrait se reposer.

Vendredi













 
Le matin, donc, en route pour Clichy, où a lieu une formation sur la littératie numérique que je dois animer et pour laquelle je convoque des souvenirs de la fin du XXe siècle (passage au traitement de texte, apparition du lien hypertexte, du CD-Rom, de la connexion...) et d'ancienne professionnelle de la profession (websurfeuse pour un annuaire internet, pigiste pour la presse informatique, etc) dans l'idée de poser quelques questions qui, me semble-t-il, nous travaillent toujours (celles des supports de lecture et d'écriture, de la recherche de l'information, de la surcharge de travail, de l'identité en ligne, etc.).
En guise d'introduction, je lis les premières pages de Detroit, dit-elle de Marianne Rubinstein, que l'on peut également entendre dans les 36 secondes de la semaine.












L'écoute et l'accueil sont parfaits : merci beaucoup à Florence Bordeaux, rencontrée à la Maison de la poésie en janvier, pour cette invitation. Mais vite, il faut déjà repartir. Me voilà sous un ciel bleu cru, traversant une ville en travaux que je n'ai pas le temps d'explorer - hop, hop, rentrer à Paris finir de préparer l'atelier de demain, puis rejoindre Mathilde Roux pour répéter notre lecture-projection du soir.

















Olivier Brossard, maître de conférences en littérature américaine à l'Université de Marne-la-Vallée, m'a en effet invitée à venir lire lors d'une soirée dédiée à la cartographie et l'art qui fait suite à un colloque international sur le sujet.
En fait, ce qui est drôle, c'est qu'Olivier a assisté à la lecture de Ile ronde que nous avions donnée, avec Joachim, à Bouaye, lors de ma résidence au bord du lac de Grand-Lieu : directeur de la collection chez Joca Seria, il avait accompagné l'éditeur Bernard Martin ce soir-là. Lors de la réunion à l'université où nous avons été présentés, aucun de nous deux ne s'est souvenu de cette première rencontre. Olivier s'en est rappelé quelques mois plus tard, cependant, m'a alors conviée à lire et, vu le sujet, il m'a paru évident d'associer Mathilde à l'événement.

Nous voilà donc toutes deux, ce vendredi soir, à Bastille, dans une magnifique imprimerie d'art, présentant nos travaux après avoir écouté les poètes Stephen Collis et David Herd, et la spécialiste de l'anti-cartographie Liz Mogel. Nous reprenons, en version raccourcie, la lecture-projection de Décor Daguerre que nous avions faite à Cerise en 2013, et c'est une joie d'autant plus grande que cette résidence s'était révélée assez difficile à vivre, même si cela ne m'avait pas empêchée d'écrire.

Avant de lire, j'explique au public qui sont les trois femmes dont je vais parler : ma mère, dessinatrice cartographe qui m'offrait quand j'étais enfant de quoi dessiner et écrire ; Agnès Varda, qui explore le monde depuis tant de temps ; et Maryse Hache, qui m'envoyait des cartes postales et m'encourageait. Olivier Brossard (grand merci à lui), traduit ces explications en anglais. Puis la vidéo de Mathilde alterne avec les extraits lus, ce qui me permet de la regarder. A nouveau, j'y découvre des choses.


















Si vous souhaitez un compte-rendu de la soirée, c'est facile, il suffit d'aller chez Piero Cohen-Hadria : comme il le dit lui-même, les trois quarts de L'aiR Nu étaient là ! J'emprunte du reste à Mathilde le commentaire qu'elle a mis sous une photo que j'ai postée hier : "lieu superbe, accueil superbe, intervenants passionnants, salle comble et attentive, ambiance hautement chaleureuse (on se sentait loin des prés carrés parisiens et ce fut un bonheur)". 
Bonheur, en effet, d'autant que 80 personnes, au moins, étaient présentes, anglophones ou francophones : quelque chose, soudain, s'est aéré, élevé... Ce fut vraiment un grand moment.

Samedi















Très belles heures également à la Vallée au Loups le lendemain, où nous avons enfin pu réaliser notre fantasme : écrire dans le parc. C'était mon avant-dernier atelier, quelque chose va se clore le mois prochain, il n'empêche : que ce soit là, à Chartres, à Paris ou ailleurs, quelle que soit l'activité à laquelle je m'adonne, tout cela forme au fond un même ensemble, rien n'est jamais séparé.



















(voici l'oloé 2)

La semaine prochaine, nous irons à la Maison de la poésie, puis peut-être à Chartres, à coup sûr à Montpellier et à Sète (et je me ferai sans doute un cadeau pour mon anniversaire, tiens, yes !, lié au voyage ou au désir de traduction, c'est décidé). 
Bonne semaine à tous.

dimanche 28 janvier 2018

Semaine #4 lectures


Dimanche Tout entière encore dans la joie de la veille, j'ai à peine posté l'article de la semaine précédente que j'apprends une grande nouvelle : Agnès Varda a l'intention de tourner un nouveau documentaire, dans lequel il sera question, une fois de plus, de la rue Daguerre et de Los Angeles.

Mais à peine le temps d'y penser qu'il faut penser à autre chose : la semaine prochaine, à l'invitation de Patrick Souchon, j'animerai avec Jean-Michel Espitallier et Hélène Merlin-Kajman deux jours de formation à la Maison de la poésie à destination d'un groupe d'enseignants. Il s'agira de présenter mon travail puis de proposer des ateliers d'écriture en ayant en tête un axe central, celui de la lecture. Je décide, pour mieux y réfléchir, de noter durant une semaine non seulement ce que je lis, mais aussi ce que je ne lis pas, en me demandant pourquoi, comment, dans quel cadre... Qu'est-ce qui empêche, propulse, entrave ? Quel rôle ont le numérique, les réseaux sociaux, mon propre travail d'écriture là-dedans ? Le semainier, ici-même, sera le reflet de ces questions.

C'est ainsi que lundi, je sors de l'étagère Marilyn 1962 de Sébastien Cauchon, lu à sa parution mais dont j'ai besoin pour mon chapitre consacré à Lawrence Schiller, photographe qui, à 25 ans, a pris quelques clichés bien connus de MM sur le plateau de son dernier film :



















La nuit tombe, le livre n'a pas été ouvert. Pourquoi ? C'est qu'auparavant il a fallu s'occuper de la rencontre de jeudi pour les Enjeux contemporains de la littérature, organisée par la Maison des écrivains. Il est question que je lise un extrait de Décor Daguerre. Du coup, je le relis à voix haute. Tiens, je ne l'aurais pas enregistré et posté sur Soundcloud, celui-là ? Ah mais si.

Nouvel onglet. Ouverture de Souncloud. Et puisque j'y suis, pourquoi ne pas poster une ou deux lectures effectuées lors de la nuit à la Vallée aux loups samedi ? Réécoute d"extraits de Violette Leduc, de Raymond Carver. Mise en ligne.

Et tiens, celui-là, d'extrait, il ne pourrait pas servir pour la formation à la Maison de la poésie, durant laquelle j'ai également l'intention de raconter ce qu'est un oloé ?

Marilyn, la relecture du livre de Cauchon, l'écriture s'éloignent. Je suis censée, également, aujourd'hui, lire et annoter les textes d'étudiants écrits lors d'un atelier que j'ai animé le mois passé à Clermont. Je suis également censée en écrire un. La lecture et l'annotation doivent être faites pour demain. 
Mais enfin, c'est la nuit, qu'est-ce que j'ai fait, exactement ?
Ecrit un post pour L'aiR Nu. Pas lu cet article (onglet ouvert). Envoyé sept mails. Réfléchi (à l'intervention pour la MEL, à la formation, à Marilyn, à Bruits) sans écrire - ce qui aurait sans doute été plus rassurant, pas nécessairement plus actif. Lu sur Diacritik cet article, qui m'a donné envie de lire les livres dont il est question.

J'ai aussi été regarder cette vidéo d'Arnaud de la Cotte, ce qui m'a fait penser au dernier livre de Virginie Gautier, A l'approche (qui est dans mon sac) et au fait que j'aimerais en parler, ce que d'ailleurs je ferai un de ces jours. Il faudrait que j'envoie un mail à Virginie...
Et tiens, est-ce qu'il ne faudrait pas commander et lire le livre de Lawrence Schiller, Marilyn and I ? (onglet ouvert)

Les textes des étudiants, bon sang !

Qu'est-ce que je fais là, à la place ? J'écris un texte qui me servira de support pour la formation de la semaine prochaine. Ah oui. Si je continue à l'écrire, je ne vais jamais lire...
(bien entendu, cet article est faussé, car je fais également des choses que je ne raconte pas, au lieu de lire)




















mardi Lu et annoté les douze textes des étudiants, dont deux dans la salle d'attente du dentiste ; relu le chapitre sur Lawrence Schiller dans le métro (note : ce photographe ne m'inspire pas, sans doute la raison pour laquelle à chaque lecture je ne retiens rien) ; acheté dans la librairie d'occasion qui ferme, près du cabinet médical, Exquise Louise d'Eugène Savitzkaya (commencé dans le métro), et L'Explosion de la durite de Jean Rolin. Une embrouille sur le quai de Barbès a fait cesser ma lecture de Louise. Trop de monde, trop de bruit.
J'ai pensé qu'il fallait penser aux 36 secondes de vendredi : que lire ?
Et les articles pour Bookwitty, alors ?
(misère...)

mercredi : je poursuis la lecture de Claustria de Régis Jauffret dans le métro plus longtemps que prévu car un acte manqué (croire avoir perdu son agenda, tiens donc) me contraint à de nombreux allers retours. J'emporte Claustria quand je veux un livre qui me tient (la claustration me fascine, pour des raisons littéraires et extra-littéraires) et que je trouve facile à lire. Je ne le prends pas quand j'ai trop de choses dans mon sac, ou mal au dos d'avoir porté trop de choses...




















jeudi : Je lis A l'approche de Virginie Gautier dans le RER A, livre qui s'y passe, justement, en me rendant à Nanterre Université aux Enjeux, où j'interviens avec Delphine Bretesché. Comme j'ai envie de faire de cette journée une page pour L'aiR Nu, je lis à haute voix et enregistre directement sur le quai du RER un extrait, sans que personne ne bronche.
















(découvert il y a quelques temps que Virginie avait mentionné discrètement dans son texte les deux corps de A même la peau. Ne pas lire cet extrait à haute voix mais s'en souvenir, sourire en  grimpant dans le wagon)

Avec Delphine, nous voulons enregistrer les 36 secondes à Nanterre (car oui, j'ai trouvé que lire, ou plutôt qui faire lire !), mais nous n'en avons pas le temps. Ce sera pour le lendemain matin, à l'étage du Café de la mairie où Perec épuisa son monde.



















vendredi 9h20 Delphine Bresteché lit donc deux extraits de Bureau 114 dont nous avons eu l'exclusivité à Nanterre la veille. J'ai bien du mal à ne pas rire quand elle "incarne" Maud la coiffeuse québécoise (je ne m'étais pas retenue hier !). Derrière nous, une jeune femme travaille sur son ordinateur. J'ai peur que nous l'ayons gênée mais, au moment de quitter les lieux, elle nous dit que non, qu'au contraire elle est contente d'avoir assisté à cet enregistrement impromptu.
Avec Delphine, nous passons notre temps à nous réjouir, à être heureuses d'être là.
Je la quitte au Vieux Colombier où les Enjeux se poursuivent pour retourner plancher sur ma formation.



















La formation de la semaine prochaine ? Oui, certes, il faut y penser. Cependant, avant, le samedi, j'anime un atelier d'écriture. Quels auteurs choisir ? Ce sera Xavier de Maistre (Voyage autour de ma chambre) et Lucien Suel (Ni bruit ni fureur). J'entame également la lecture de Voyages et autres voyages d'Antonio Tabucchi pour ce même atelier, à rendre bientôt à la bibliothèque.

Mais dis donc, il faudrait peut-être revoir un peu ce que tu vas lire de A même la peau et des Oloé aux enseignants lundi et mardi ? me dis-je.
Impossible : saturation.
Je n'écris pas depuis un certain nombre de jours, ça commence à courir, à porter sur les nerfs, ce manque.
Voilà qui me rappelle Bougé(e) d'Albane Gellé, l'extrait choisi lors de la nuit de la lecture.
Je n'écris pas. A la place, j'écris cet article.
Il faudrait aller renouveler la carte de bibliothèque. A Villon. En rendant Tabucchi. Pas fini, à peine commencé.
Villon : bibliothèque où j'animerai bientôt un atelier.
Pour lequel il faudrait...

Saturation.













jeudi et samedi, retourner à la galerie où l'exposition de Mathilde Roux se termine, y entendre Cécile Portier y lire un texte qui commence par l'évocation du faux plat, se poursuit par celle des bruits du monde.
La barre est haute, grande la stimulation.

samedi 18 mars 2017

D'un texte à l'autre














A peine mise en ligne En friche, consacrée à la déambulation littéraire à Marseille, L'aiR Nu a fait paraître ces jours-ci une nouvelle page, In situ / Incipit : on peut y retrouver la première édition du festival du même nom, qui s'est déroulé en janvier dernier à la galerie Six Elzévir à Paris, laquelle accueillait également une exposition des collages de Mathilde Roux.














Côté collectif, nous avons été tous les quatre partie prenante de cette aventure, mais de façon différente : Mathilde a non seulement exposé, mais également mis en oeuvre et organisé les deux soirées de lectures avec Philippe Aigrain avant de concevoir la page web avec Joachim Séné, tandis que Pierre Cohen-Hadria et moi étions présents en tant qu'auteurs. 














Le texte de Piero, fragment d'un ensemble plus long à retrouver sur son site comme il l'indique au début de sa lecture, parle d'Amiens et de prison, de condamné à mort, de chanson, de géographie de la ville. Tout cela me touche au plus près et je le réécoute en écrivant ce billet. 














Nombreux ont été les textes à m'avoir marquée, de toute façon, durant ces deux soirées, lectures on ne peut plus variées que vous pouvez entendre directement ici.
J'avais choisi, de mon côté, de me servir de la thématique du festival (l'oeuvre littéraire imaginaire du créateur de la guillotine) pour me lancer dans ce qui, après Marilyn, devrait m'occuper un moment : la rédaction de ce qui s'appellera a priori Saint-Germain en Laye, sera lié de façon plus ou moins ténue à Décor Daguerre
(Il me semblait avoir écrit un texte simple, vraiment très simple, j'en suis moins sûre en le réécoutant, me dis : on verra bien quand il paraîtra, comme tous ceux du festival, sur le site remue.net.)














(un peu de château en attendant)

Quant à Décor Daguerre, il paraît la semaine prochaine, le 23, et j'en reparlerai ici dès que je le pourrai, mais on peut d'ores et déjà le trouver et le commander sur la page des éditions de l'Attente - ce depuis hier, précisément ! 
Vous pouvez également tenter d'en gagner un exemplaire en suivant le dernier épisode en date de la rubrique Service de presse de François Bon sur YouTube : c'est facile, il suffit d'y aller de son petit commentaire sous la vidéo.
















DD : le voici, le voilà, il arrive, jusqu'au salon du livre, même.

dimanche 15 mai 2016

bords de Mathilde

 

Voilà que ça me reprend d'écouter les bords de Mathilde Roux, écouter et voir, ce n'est sans doute pas un hasard tant ces jours-ci paraissent des jours à se sentir au bord, à chercher l'équilibre, en être au point de, longer, plonger, bord de l'eau, plages, pataugeoire, grand bassin. 

 

D'abord, il y a les bords de voix de janvier, le long du Loing ou de la Seine, avec leur eau fripée, rayée, opaque et claire et parmi les voix quelques familières.
Bords de voies navigables, aussi.
Monter à bord, être au bord des larmes : les deux ? En même temps, peut-être ?

 

Ensuite, le mois suivant ce sont les bords de quais qui nous occupent, ici et là, les trains à prendre, à ne pas rater, rater le coche c'est toujours possible, question de fatigue, d'abandon. 
On entend tout de même  : là-bas. Là-bas existe, continue d'exister et voilà qui est rassurant.


Il faut aller au bout, avance alors Mathilde, au bout des bords, allons. Moi, docile, je l'écoute, je sais qu'elle a raison. Continuer continuer continue continue dit-elle.
Une autre voix familière l'accompagne. Elle précise : debout !

Des voix à écouter en boucle. Des bords près desquels revenir.

samedi 20 février 2016

De la ville au Loing #9

Aller chercher quelque chose dans ces images prises au fil des semaines.


























 
Un peu de ce que nous avons entendu, un peu de ce que nous avons rencontré, cru voir, imaginé, espéré, transformé sans doute.







Aimé, voulu, laissé poser, négligé, pas su peut-être.

Il reste encore jusqu'à fin mars pour comprendre ce que nous avons voulu faire dans la région de Moret-sur-Loing - pour le comprendre nous-mêmes, je veux dire. Ce que je sais, de mon côté, c'est que la nouvelle vidéo de Mathilde Roux fonctionne à merveille avec ce que j'ai tenté de mon côté, journal d'un personnage qui écrit dans un train, enfin peut-être, et se sent à la fois et ici et là-bas.

(ouvrez en grand, c'est mieux) 


C'est pourquoi j'ose la poster, l'articuler ici, Mathilde : comme pour esquisser un début de croisement.

lundi 18 janvier 2016

L'aiR Nu fait son festival


















Avis aux parisiens comme aux habitants de Veneux, de Moret, de Montigny et des environs : Olivier Hodasava, Virginie Gautier, Benoît Vincent et Lucien Suel seront les invités de L'aiR Nu samedi prochain, le 23 janvier, de 17h à 19h. Les lectures auront lieu à partir de 17h à la bibliothèque de Veneux-les-Sablons, où nous avions déjà animé un café littéraire début décembre. Celle-ci est située 5 rue Claude Bernard, à Veneux, à 50 minutes de la gare de Lyon par la ligne R (le Navigo suffit).




















Cette même ligne R conduit à Montigny où, juste avant, de 14h à 16h, Mathilde Roux proposera un atelier à la bibliothèque qui, les choses étant bien faites, expose ses collages jusqu'au 30 janvier. 
Autant dire que vous êtes chaleureusement invités à vous joindre à nous, à Montigny d'abord, puis à Veneux. A samedi !

dimanche 27 décembre 2015

Crossroads / 28

La dernière fois qu'est apparue cette rubrique, il y a six mois environ, j'évoquais ce qui était en train de se terminer (l'écriture de Diptyque), ce qui était en cours (Bruits), ce qui allait arriver (la parution d'Anamarseilles, L'aiR Nu en résidence à Moret).
Alors, où en sommes-nous ?



Nous sommes à la gare de Moret. Nous descendons du train, prêts à nous perdre dans les environs (cela s'appelle De la ville au Loing, journal fictif en cours d'écriture pour la résidence de L'aiR Nu)



Nous sommes dans la salle du théâtre de Bouxwiller, en Alsace, pour la première de Diptyque : ce sera le 9 janvier prochain à 20h30 (ci-dessus, une partie du texte et la danseuse Magali Albespy, photographies de Pièces détachées).



Attention, ça se complique : le même jour, le 9 janvier, à 18h00, nous sommes également à la bibliothèque de Montigny-sur-Loing pour le vernissage de l'exposition de Mathilde Roux.
(comment est-ce possible ? L'anamorphose, peut-être ?)



Et nous nous trouvons à Marseille, encore (ici dans l'oloé rouge, ou pension Edelweiss, située rue La Fayette) surtout depuis l'enregistrement intégral d'Anamarseilles. Nous sommes au sous-sol du théâtre du Merlan où Dita Kepler a été ligotée (anamarseille 5) ; aux côtés de Jean-Marc Montera à la bibliothèque de la Joliette ; en train de traverser le parc Longchamp ; devant l'affiche d'un homme recherché ; à la gare Saint-Charles ; dans une calanque, etc.


Nous sommes dans la Vallée de la mort, en Californie, à courir avec cette jeune fille, pour un nouveau projet dont ici je n'ai encore rien dit.


A la dernière page de l'anthologie du Général Instin, parue il y a peu (nous fûmes à la Maison de la poésie lors de "sa" soirée le 4 décembre dernier, où nous le déclinâmes).


Dans l'attente de voir comment la céramiste Christine Tchepiega va utiliser des extraits de Fenêtres et Décor Lafayette, ce qu'elle compte faire bientôt (ci-dessus un soliflore à miroir d'eau qui me fascine).


Et nous sommes également en vacances, pour finir, ce qui signifie que nous ne sommes pas, là, tout de suite, en atelier d'écriture à Villetaneuse ou au Blanc, moins encore à préparer une conférence sur la littérature et le numérique pour la canopée d'Evry qui aura lieu le mois prochain. 
Ni même, non plus, à Veneux, pour le festival de L'aiR Nu qui se déroulera le samedi 23 janvier et dont je reparlerai très bientôt. 
Non, non. Pour l'instant, nous sommes simplement à Marseille, dans la région de Moret, à Bouxwiller, la tête dans le bruit et près de Los Angeles : une fois de plus, à la croisée des chemins.

(nb : et en 2016, veiller à ne pas abuser de ce nous qui flotte entre singulier et pluriel, n'est-ce pas ?)

dimanche 13 décembre 2015

douceur de L'aiR Nu




Je n'ai pas envie d'en dire tellement plus que cette photo prise par Sandrine Vallée de la Communauté de communes de Moret le soir de l'inauguration de notre résidence, quelques minutes avant notre passage sur scène : tout y est. 



Alors quoi ? Raconter qu'on travaille plutôt beaucoup, en réalité, pour pouvoir à la fois assurer cette résidence, poursuivre notre projet collectif en dehors, trouver de l'argent pour tous et pour chacun tout en déroulant vaille que vaille nos projets personnels ? 
(ci-dessus la mascotte du groupe et le carnet bleu qui sert pour Moret, photo de Joachim)















Oui, il n'y a pas de raison de ne pas le dire. 
Je devrais attendre la mise en ligne de notre prochaine page, sans doute ; faire une annonce tonitruante, aussi, dire que vous pouvez adhérer, nous soutenir, grâce à ce nouveau lien sur le site.
Oui. Oui, oui. 
Mais ce dont j'ai envie, depuis quelques jours déjà, c'est simplement d'intituler un billet de ce blog douceur de L'aiR Nu. Parce que ce collectif nous porte (je crois que je peux dire nous à cet instant précis). Que nous nous sentons à notre place à tenter du nouveau. Que nous nous retrouvons parfois face à des vents contraires, froid chaud chaud froid douche écossaise pour tous et voilà que ça résiste, nous résiste, nous chasse, nous atteint. Mais il y en a toujours un (ou deux, ou les quatre, ou les six même, car en fait nous sommes six) pour inventer un truc, envoyer un lien ou une vanne, dénouer la situation, redonner de l'élan.

(ci-dessus le montage de Mathilde pour illustrer la résidence)



Nous sommes six car, en association depuis le 1er septembre, nous avons demandé à Philippe Diaz (ou Pierre Ménard, allez savoir) d'être notre président et à Caroline Diaz de devenir notre trésorière, et ils ont dit oui. Six, donc, à garder les fenêtres ouvertes, à écouter les trains et le reste, à s'équiper avant de partir, à utiliser les ciseaux et le code, le clavier et l'enregistreur, le Navigo, la carte, le papier... A tenter de respirer un peu.

(douceur : ci-dessus le panneau qui présente L'aiR Nu à la médiathèque d'Ecuelles. Chaque fois que j'entre dans une des bibliothèques de la CC j'en trouve un qui veille...)