l'horloge de la gare de Chartres

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mercredi 17 février 2016

De la ville au Loing #8

Moret lundi, Montigny mardi et soudain















la forêt par la vitre de la voiture à midi alors que nous étions venus en train. Réunion terminée, tout le monde parti, le seul restaurant pile fermé ce jour et nous voilà remontant vers la gare à réaliser qu'il n'y aurait pas de transilien avant 14h. Soudain Sabine, la bibliothécaire de Montigny nous croise, nous emporte, nous dépose à Fontainebleau (beau temps sec et froid, déjeuner, marche dans la ville).
Grand merci Sabine.

La veille, à Moret, personne non plus sur la route du collège Alfred Sisley.


C'est une résidence d'hiver dans des villes où les habitants demeurent invisibles : comment les rencontrer ailleurs que dans leurs oloés, collèges, lycées, bibliothèques ?
















Voilà, peut-être, une trace de leur présence ?
Oui, aucun doute, les collégiens de Sisley étaient là et bien là et en matière d'oloé nous ont fait découvrir des forêts qui portent une adresse, un cimetière où lire des contes devant la tombe du grand-père, un jeu vidéo où passer du lit au plateau, un arbre où grimper, lire, écrire...



Au retour, le ciel, les façades devenaient capots, pare-brise, pare-chocs, rétroviseurs, inversant le courant des branches.

lundi 22 juin 2015

Revoir La Douceur dans l'abîme

C'était il y a une douzaine d'années, à République, je crois (mais peut-être non), dans un cinéma : une projection de La Douceur dans l'abîme, film de Jérôme Schlomoff faisant suite au livre du même nom, lui-même issu d'ateliers d'écriture menés par François Bon avec les sans-abri de Nancy, en 1999-2000, qui m'avait beaucoup marquée. Bien sûr, le sujet m'était proche mais au-delà, il y avait ceci : filmer les hommes et les femmes qui ont à un moment ou à un autre parlé d'eux, de leur vie, de la rue, de leurs peurs, douleurs présentes ou surgies de l'enfance en droite ligne, dont les paroles ont été recueillies et qui assis à table, face à la caméra, appuient sur le bouton Play d'un radio-cassettes, écoutent quelqu'un d'autre lire leurs paroles devenues texte, ou le texte qu'ils ont écrit (on ne sait pas et la question n'est pas là, je crois). Des photographies de leurs visages alternent avec ce que le film montre de ces mêmes visages en mouvement : leur extrême attention dans l'écoute. Le procédé m'avait paru et me paraît toujours d'un respect, d'une justesse parfaits.

On peut désormais voir ou revoir ce film de 52 minutes gratuitement sur Vimeo.
Sur Tiers Livre, le site de François Bon, on peut également retrouver les textes des participants aux ateliers.

mercredi 16 juillet 2008

mais en réalité

"Dans la rue, dans ta rue, dans la rue de tes représentations, de tes pensées à la volée (pensées : décharges d'humeurs), dans la rue, sans pouvoir sortir, te croyant arrêté, assis, ou étendu, immobile, te croyant dans une habitation, dans un refuge mais en réalité dans la rue, dans la rue depuis ton premier cri de nouveau-né découvrant ceci et cela, l'air, les pays et les langues et les personnes, recevant de tout, broyant n'importe quoi, faiseur d'inutile, voyant grand, agissant petit, faisant ménage hâtif avec ce qui se présente, concevant mal, croyant t'arrêter, te reposer, te terrer, mais toujours poussé en avant, avec l'Histoire, avec leurs histoires, dans la rue qui croise les leurs, qui en a croisé quantité, dans ta rue toujours, Ah c'est fini : ta rue ne va pas plus loin."

Henri Michaux, Poteaux d'angle.

(fin du suspense : l'étagère est rangée, on peut lire)