l'horloge de la gare de Chartres

l'horloge de la gare de Chartres
Affichage des articles dont le libellé est plafond. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est plafond. Afficher tous les articles

dimanche 11 mai 2014

Trésors et plafonds (au Louvre, 5e épisode)




































A revenir au Louvre une dernière fois alors que ce n'était pas prévu, je découvre que les deux expositions temporaires ont pour sujet le trésor et les plafonds, ce qui me rappelle quelque chose...
Ce mercredi est annoncée une journée d'études consacrée au trésor de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, dont le titre est : rendre visible l'invisible. Nous ne pouvons nous rendre à la conférence, mais pourquoi ne pas garder en mémoire cette phrase et, levant les yeux, proposer un parcours du musée par le haut : en partant des plafonds ? Pourquoi ne pas se suspendre, observer les couloirs, les salles, les visiteurs, sous un autre angle ? Etre à la fois, en bas, celui qui regarde le personnage (ange ? dieu ou déesse ? autre chose ?) flottant dans les airs et ce même personnage en surplomb ? Décrire ainsi le chemin qui mène des salles d'exposition à l'atelier où nous nous retrouvons ensuite.
Pour cela, commencer par observer le nouveau trésor.














(de mon côté, collecter un beau gosse et une tête coupée, donc. Je ne prendrai plus de photos, ensuite)

Copier, si l'on veut, les descriptions, poésie des termes techniques qui nous enchantent. Puis se rendre tout près de là, aile Richelieu, dans l'exposition appelée Peupler les cieux. L'art de la décoration fait du plafond un espace ouvert autant qu'une clôture, y apprend-on. 
Lever les yeux. Tutoyer qui se trouve au-dessus de soi. Décrire ses faits et gestes et son environnement. S'appuyer sur les objets, les angles, les éclairages, les escalators, les vitres, le crâne, les cheveux, les mains des visiteurs. Ne pas nécessairement donner corps au personnage, qui pourra demeurer instable. Opérer une bascule, un mouvement de va-et-vient : il ne s'agit pas, cette fois, d'épuiser les lieux, mais plutôt de les mettre à neuf avant de partir.

Le plafond a toujours été pour moi source de fascination. Je retrouve à ce sujet, sur ce blog, un article que j'avais posté il y a longtemps, dans lequel Franck n'était pas encore publié, où je n'avais pas encore passé un an au centre Cerise. Je ne comprends plus pourquoi j'y mentionnais Edgar Poe. Par contre, le roman d'Eric Chevillard, Au plafond, s'y trouve, et j'en ai à nouveau parlé en atelier. Pour ne pas tomber dans le pastiche ou la parodie de ce texte, pour ne pas se limiter au simple renversement, j'ai également évoqué Les Zones ignorées de Virginie Gautier ainsi que son dernier livre, Les Yeux fermés, les yeux ouverts. S'adresser à un homme dont seule l'ombre est fiable, le suivre, explorer derrière lui, ou peut-être à côté, ce qu'on nommerait hâtivement le no man's land des villes (zones péri-urbaines, échangeurs d'autoroutes, terrains vagues, bâtiments indistincts que Virginie Gautier nous donne à voir avec une grande précision) : comment transposer cela au musée ?
Quelles zones ignorées, au Louvre ? Y en-a-t-il encore, alors que, très prosaïquement, la saison touristique a démarré et qu'il faut jouer des coudes ? Qu'avons-nous oublié de voir ? Est-il possible d'être à la fois celui ou celle qui se fond dans la masse et celui ou celle qui prend la hauteur ? Quel(s) vertige(s), alors ? Quels trésors nouveaux dans cette exploration par l'envers, par le vide ?

Tu ne marches pas tu creuses, tournes et retournes sur ta langue des mots vieillis, retrouves au hasard des rues des endroits qui ressemblent à ceux qui t'ont amené là. Tu prends des virages à répétition comme on tourne un mot dans sa bouche jusqu'à l'user pour qu'il perde son sens, qu'il devienne étranger, vide tout à fait, écorcé de sa peau de souvenirs.

Virginie Gautier, Les Zones ignorées

mardi 15 juin 2010

au Centre Cerise

Samedi soir, à 22h15, je lirai un extrait de Franck dans le cadre de la nuit remue.net à laquelle je participe pour la première fois.
Cette année, les "remueurs" ont tous invité un auteur à les rejoindre : merci donc vivement à Sébastien Rongier, qui m'a conviée et que l'on pourra entendre juste après moi. Tout le programme est consultable ici.
Les lectures auront lieu au Centre Cerise, 46 rue Montorgueil (dans le 2e, près des Halles), dans une salle que j'aime en particulier pour son plafond de fenêtres.
Ce sera un extrait que je n'ai encore jamais lu en public.

A samedi, peut-être ?

(la photographie est de Gilda Fiermonte)

dimanche 9 novembre 2008

Au plafond

L'élément déclencheur, ce fut certainement Mary Poppins et sa scène de thé pris au plafond, puisqu'il suffisait de rire pour monter dans les airs.



Le plafond est ensuite pour moi, et assez inexplicablement, lié à Edgar Poe. Peut-être à cause de ce passage du Masque de la mort rouge, traduit par Baudelaire :

La septième salle était rigoureusement ensevelie de tentures de velours noir qui revêtaient tout le plafond et les murs, et retombaient en lourdes nappes sur un tapis de même étoffe et de même couleur. Mais, dans cette chambre seulement, la couleur des fenêtres ne correspondait pas à la décoration. Les carreaux étaient écarlates, d'une couleur intense de sang.

Cependant je n'en jurerai pas.

Il y a encore ce livre que j'aime d'Eric Chevillard, Au plafond.

Il y a surtout les pages d'Un homme qui dort de Georges Perec dans lesquelles le protagoniste, allongé sur son lit banquette, suit des yeux le dessin des fissures. Passages auxquels je me suis référée, j'avoue, dans le manuscrit appelé Franck dont il est parfois question sur ce blog, comme on peut déjà le constater ici en cherchant bien (la revue D'Ici là paraîtra en décembre).

Ce plafond possède des pouvoirs. Il est même capable de refléter une maison entière (celle de Julien Gracq).

Avec tout ça, rien d'étonnant si j'aime tant celui du centre Cerise, mosaïque de façades que l'on retrouve dans des tables miroirs. Depuis un an, j'y suis quand c'est possible les rencontres de remue.net et me sens, à chaque fois, accueillie par ce plafond lumineux qui ouvre des perspectives. Il permet, à le regarder, de prendre contenance, de ne pas étouffer sous l'absence de fenêtres au mur.










Ce fut à nouveau le cas vendredi dernier lors de la soirée Publie.net, où vint lire une bonne dizaine d'auteurs (des drôles, des graves, énigmatiques, en veine d'alchimie...).












On peut retrouver l'enregistrement de cette soirée, le programme et un ensemble de liens sur cette page de remue.net.

Les deux photographies sont de Gilda Fiermonte, qui elle aussi (comme Pierre Ménard ou Philippe de Jonckheere, entre autres) évoque la rencontre.