l'horloge de la gare de Chartres

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vendredi 26 avril 2013

Trois mois, trois décors


L'homme de la rue La Fayette, déjà en partie effacé à l'époque de la photo, a depuis longtemps disparu.
Qu'en est-il du reste, de ce que nous avons en tête au moment d'écrire, du texte paru, de ce qui circule ?
Hier, Olivier Hodasava, qui calcule plus vite que moi, a fait apparaître le grand magasin dans Dreamlands, miroirs du Printemps que voici (et qui m'ont beaucoup touchée). Décor Lafayette est sorti depuis trois mois, a-t-il constaté. Ah oui... Est-ce comme s'il avait disparu, déjà, lui aussi (pour la librairie, les festivals, les salons) ? Peut-être, je ne sais pas.

Comme pour Franck ou les Oloé, DL a été très soutenu sur la Toile, que ce soit chez Joachim Séné, Claro, Christophe Grossi, Christine Jeanney, Thierry Beinstingel (feuilles de route à dérouler), Daniel Lebordais, Pierre Cohen Hadria, sur le site de Médiapart grâce à Christine Marcandier ; ou encore par Augustin Trapenard à France Culture, qui en a fait son coup de coeur d'avril dans le magazine Lire. Merci à eux de l'avoir ainsi présenté, décortiqué, cité, mis en lumière... 

Je n'ai pas mentionné ici la presse papier parce que, si ce n'est un petit article dans Ouest France (merci à Alain Bihel) et cette ligne dans Lire, eh bien rien du tout, ce qui ne m'étonne pas (pas de place, pas le temps, trop de livres, oh, non, bof, l'énergie, la curiosité, premières phrases bizarres, il nous faut tant de signes, la deadline c'était hier, attends ce livre-là a une actualité il nous faut un thème qui permet d'en présenter quatre, cinq, six, il doit passer avant allez hop sur la pile, j'ai été pigiste six ans il me semble que je vois bien) (ce serait drôle d'être contredite la semaine prochaine ou mieux, dans un mois ou même deux, mais franchement ça m'étonnerait).

Alors, que fait-on de ce qui a pris tant de temps à élaborer, rêver, penser, ne pas penser, écrire ? On le transforme, le prolonge. Les décors sont trois et trois mois après la publication du premier, je me promène dans les deux suivants, Décor Daguerre qui prend son temps et Dita Kepler qui avance (des nouvelles bientôt, je pense).

En fait, l'homme sans visage de la rue La Fayette a ouvert l'article non pour parler effacement, rupture, disparition, mais tout simplement parce que Blogger refuse de me permettre d'ajouter ici de nouvelles photos. J'en ai tant posté en cinq ans que je pourrais imaginer les reprendre une par une : elles introduiraient d'autres textes, se présenteraient autrement... Celle-ci (déjà postée, donc) serait la première d'un cycle. Pourquoi pas ?

Ou alors, en clin d'oeil à Christine Jeanney, terminer chaque fois par cette phrase : (manque la photo) ?

En tout cas, faire de ce qui n'y est pas, bloque, demeure dans le silence, autre chose, sans se soucier de rien : c'est toujours l'idée.

jeudi 11 avril 2013

Un tour aux Halles



















Demain soir, à 19h à Cerise, je proposerai une découverte des lieux (le centre lui-même et le quartier des Halles) grâce à une promenade littéraire dont l'idée m'a été directement inspirée par la paysagiste Sophie Barbaux il y a quelques années.
Le principe : que ceux qui viennent écouter participent, lisent eux-mêmes les textes que je leur soumettrai après quelques explications sur ce qui se passe, d'habitude, dans chaque salle visitée. 
Les thèmes choisis pour la balade (car il y a toujours un thème) sont le chantier, le terrain de jeu.
Vu les prévisions météo, il est possible que nous nous cantonnions à Cerise (ce qui sera déjà pas mal) !

Rendez-vous, donc















métro Les Halles, ou Sentier, ou Châtelet, ou Rambuteau...

mardi 2 avril 2013

ouvrir















quelle photo on ne sait pas 
ouvrir le dossier regarder la liste 
sous-dossiers rangés 
classés par villes livres époques 
se croisent
(ainsi les Halles se dispersent : chapitre Châtelet de Franck, dossier résidence Cerise, que sais-je encore)

quelle photo et pourquoi et pourquoi ce billet 
nulle idée
rien qu'une respiration destinée aux archives
s'insérer cinq minutes au coeur de l'interface, s'y sentir mieux qu'ailleurs 

que ce soit provisoire n'importe















pas du tout

lundi 25 mars 2013

sur le toit, au soleil




























































































je me souviens comme il croisait les bras, droit devant moi, debout, en m'écoutant parler et en me regardant tandis que je défendais Franck devant les représentants de chez Stock 
(ça ne rigolait pas : des questions directes comme je n'en ai jamais eues depuis)
je me souviens de Brigitte, juste à côté de moi et de la façon dont nous en avons parlé, toutes les deux, de ce livre à Lyon devant les libraires quelques temps plus tard
(la sensation d'être debout, oui)
je me souviens du message de Brigitte, plus tôt, quand elle avait su qu'il aimait le livre
je me souviens aussi de ces photos prises sur le toit de chez Stock, en douce, cinq minutes de pause je ne sais plus quand (le jour de la réunion avec les représentants ? peut-être) pour s'approprier les lieux
par le vent, le soleil

*

ce post et ces photos sont pour Brigitte Giraud

dimanche 24 mars 2013

rue Daguerre















il faudrait y retourner
(je ne sais si c'est : dans la tête, dans la rue)
les Halles, le lac, les trois villes du 93 ont pris place, toute la place ou presque et la voici ailleurs, passée où, cette rue Daguerre, dans quelle région du cortex ?

une photo, qui n'est pas là pour faire joli, mal cadrée, vite prise : l'épicerie du film

vraiment, la même ?
toute petite à l'intérieur, bien plus qu'on ne le croit en voyant, revoyant, revoyant Daguerréotypes
(les rayonnages, peut-être, disposés autrement ?)

une photo, ces notes, un clic pour servir de tremplin
hop

allez

mardi 19 mars 2013

Pecha Kucha jeudi prochain au centre Cerise















Qu'on se le dise : jeudi soir, au café Reflets du centre Cerise, 46 rue Montorgueil, à Paris, pour la seconde soirée de ma résidence j'inviterai cinq auteurs à lire et à projeter des photographies sur le thème du terrain de je/u. La forme ? Le Pecha Kucha : 20 photos projetées 20 secondes chacune, soit 6 minutes 40 par personne pour faire entendre sa voix, nous entraîner ici ou ailleurs...

Ces auteurs, photographes, blogueurs, plasticiens et que sais-je encore sont :
Emmanuel Delabranche http://apeineperdue.blogspot.fr/
Juliette Mezenc http://www.motmaquis.net/
Mathilde Roux http://www.mathilderoux.fr/
Cécile Portier http://petiteracine.net/wordpress/
et Olivier Hodasava http://dreamlands-virtual-tour.blogspot.fr/

Bienvenue !

lundi 18 mars 2013

Journal de la chambre verte #2




















Je ne suis pas dans la chambre verte mais dans un TGV Nantes Paris. Des images de lac, de façades Art Nouveau, de tableaux, de vitrines, rue Daguerre et Beaubourg et Bruxelles et Grand Lieu, château, arbres en fleurs, neige, verglas et soldes peuplent cet écran où j'écris. Le train freine, épingle à la vitre les églises, forêts que le wagon délaisse. Dans cette lenteur de quelques minutes, une demeure de zinc, son miroitement, de courtes hachures devenues brins de paille.

Je voudrais raconter la lecture au centre Jean Dame le 6 mars dernier, revenir au très près (le micro, la scène, Jean-Marc à ma droite) mais cette vie de nomade et le sentiment de si grand présent qu'elle procure m'en détournent. Il y a le carnet qui sert de journal. Les livres offerts. Celui que je lis (Fenêtres, de Pontalis, un cadeau de plus). Les champs inondés. Une nuit passée dans une chambre rose - oui, tiens, les couleurs de chambres, le voilà peut-être, le sujet...

Une chambre à soi, une pièce à soi, je pense à Juliette Mezenc que j'invite la semaine prochaine.
Au rideau baissé par le voisin de derrière (trop de soleil, trouve-t-il) dans le TGV.
A cette tension, lecture La Fayette, aux conseils de Jean-Marc pour attaquer fort.
A la robe cerise que j'ai portée là pour la première fois, don des bénévoles de Cerise, justement, tandis que nous étions, au Café Reflets, à trier des jeans, des vêtements d'hiver, des manteaux immenses.
Je ne vais pas assez à Cerise, pour l'instant, mais la chambre verte m'entête.
Tout travaille, insensiblement.

Alors, cette lecture ? (nous voilà au Mans, à l'ombre du quai, le voisin relève le store) Comme à Marseille, où nous l'avions déjà tentée, j'ai demandé d'une voix trop faible à ce qu'elle soit enregistrée. La phrase s'est perdue dans la conversation. Puis j'ai oublié. Il n'y a pas d'enregistrement et je crois que ce n'est pas un hasard
(mesdames, messieurs, cet arrêt n'est pas prévu, veuillez ne pas tenter l'ouverture des portes)
je ne dois pas vouloir que cette lecture s'inscrive, se grave quelque part.
(mesdames et messieurs notre TGV va repartir dans quel-ques-ins-tants)

Robe cerise au-dessus du genou parce que, si j'écris, et lis, en public Corps contre lequel lutter pour ne pas le cacher toujours, et même s'il s'agit de celui de n'importe quelle femme, ce n'est pas le moment d'arriver en jean, en vêtement d'hiver, en manteau immense.
Robe cerise, pupitre, boite à musique avec laquelle Jean-Marc Montera joue de la guitare. Devant, le noir complet : au théâtre Jean Dame, on ne voit pas le public.

Cette lecture est un travail de nerfs, d'attention, quarante-cinq minutes de bifurcations sans quitter la route. Et c'est un duo, vrai duo : sans lui, rien à faire, on ne m'y verrait pas. Il me porte, me tient, éloigne d'un geste l'anxiété qui minait les jours précédents, la peur que quelque chose, à l'intérieur, s'écroule – ce qui arrive ensuite, systématiquement.

Après il faut reconstruire.
Ainsi apparaissent les chambres aux couleurs multiples.

*

photo : avant lecture, répéter le texte sous le ciel de Paris
pour entendre la lecture audio du texte ci-dessus et voir la photo correspondant à l'après-lecture, il suffit de se rendre sur remue.net.