l'horloge de la gare de Chartres

l'horloge de la gare de Chartres

dimanche 12 août 2012

fenêtres de Nantes



































































ici et là tu saurais dire exactement de quel texte il s'agit, de quel cheminement, projet (Galeries Lafayette, magasin de téléviseurs reconstitué par Agnès Varda, fenêtres du Voyage à Nantes, photographie pour la ville haute)

jusqu'à ce pont de Saint-Nazaire vu d'un bateau, sans mots

vacance

jeudi 9 août 2012

Décor Lafayette #50















Repères :
le salon du thé du Printemps en 1964
Les Femmes... aussi, documentaire de William Klein


Simone Signoret se déplace, passe de table en table. C'est l'étage des vieilles dames, celles qui ne craignent plus l'avenir, n'ont d'autre préoccupation que le choix du gâteau, la journée qu'il faut organiser pour mettre l'ennui hors course. Parmi elles, deux grandes bourgeoises aux coupes de cheveux semblables. La première, vouée à la gourmandise, pétille : s'amuser, recevoir, visiter des expositions, faire du sport, s'aérer, jouer aux cartes, elle ne s'en lasse pas. La seconde, plus effacée en apparence, aime cependant les Espagnols qui s'occupent des femmes, et danser, séduire, plaire (on pense à Franco, comme Simone. Rien n'est dit). Toutes deux n'ont jamais travaillé. Les maris n'arrivent pas à suivre, clament-elles en choeur. Nous réalisons qu'elles sont mère et fille.

Etonnante conversation qui nous voit passer du regret de la fille de n'avoir pas eu d'enfant (concevoir hors mariage, vous y avez pensé ? demande Simone. La phrase glisse, on ne peut suivre) à la liste de ce que sa mère convoite : fanfreluches, gants, galons et boutons du rayon mercerie. Tout ce qui est féminin.

Ode de la mère aux fleurs en plastique.

Puis cette dernière avoue qu'elle vient acheter aussi les produits d'entretien (hélas, je dois tout faire moi-même). Simone Signoret la quitte, emprunte l'escalator alors que, très polie, charmante (ces instruments sont parfaits) la mère sans la fille, dans la foule, discute d'une marmite. La vendeuse, dont l'accent rocailleux à la Colette résonne, l'admoneste : "Si vous avez un accident avec notre appareil, madame, j'ai le regret de vous le dire, c'est parce que vous l'aurez cherché !".

Beau visage de Simone, enfin dans la lumière.

*

Voici encore un passage qui ne se trouvera qu'ici : hier,  après relecture du texte en entier, j'ai décidé de raccourcir les chapitres liés au documentaire de Klein. Exit les grandes bourgeoises, le salon de thé, la marmite et un sosie de Sylvie Vartan qui signe juste à côté quelques pochettes de disques, surveillée par sa mère. 
Par ailleurs, j'ai commencé à créer un index qui ressemble à celui de Fenêtres, et c'est d'autant plus drôle à faire que j'y ajoute des éléments qui ne sont pas dans le livre...
(peut-être qu'un jour, je n'écrirai plus que des index ?)

Bon, à part ça, est-ce qu'il "tient", maintenant, ce livre ? La question court depuis des mois. Le relire, encore et encore, sans certitude. Ou alors prendre des vacances (oui).
Se demander encore s'il ne faudrait pas s'arrêter à 50, pour ces extraits de Décor Lafayette... Laissons venir.

mardi 7 août 2012

Décor Lafayette #49
















Lui, dans une maison du sud.
J'aimerais tant.

Un été dans le sud ? Canisses, boutis, mas, cigales, olives, vignes, tournesols, lavande, coquillages, santons ! tonitrue le grand magasin.
Incendie répond-elle sans cesser de penser à lui. 

dimanche 5 août 2012

Décor Lafayette #48



















Elle s'est dénudée, elle s'est avancée, elle voulait apprendre. Au lieu de cela, elle a révélé ses secrets, donné ses alias, faux noms et consorts, raconté sa vie, l'inventée, la vraie. Elle voulait se nourrir, a été rognée par la femme d'en face, la juge de beauté qui la soupesait – en une remarque, lui en a retiré, de la prestance, du style.
Un style oui, même ténu, entre le téméraire, le flou, la finesse, petite flamme sans gloire mais flamme tout de même : elle y croyait ferme, à ce mot, style, du style, être ou ne pas être stylé(e), quelques secondes avant l'implosion. 
Elle n'a rien pu faire.

mercredi 1 août 2012

en être de cette ville

"En fin de journée, je retrouve les rues de Paris. Dans les toilettes du bureau, j'ai pris le temps de remettre mon bonnet au crochet, de noircir mes yeux et rougir mes lèvres. Rouge et noir, je me veux ainsi. J'ai vingt ans et je marche avec l'envie pressante de grands moments. D'entrer enfin dans un de ces lieux de rencontres, où l'on fomente des plans et des projets. Je veux en être de cette ville qui me traverse de désir. Je ne sais pas comment m'y prendre et je n'ai rien à proposer, même si depuis quelques mois j'ai acheté une machine à écrire portable. Je marche dans les rues aux terrasses grouillantes de gens si différents. Les monuments connus qui me donnent l'impression de traverser un décor de film. Je rejoins parfois Corinne qui travaille dans un bar, rue du faubourg Saint-Antoine. Et l'autre vie commence."

Fabienne Swiatly, Gagner sa vie, éditions La Fosse aux ours, 2006

(dont voici le site)
(et une belle interview ici)

mardi 31 juillet 2012

Décor Lafayette #47















Repère : une manifestation, durant la période des soldes, lors de laquelle les employés du grand magasin ont réclamé des augmentations de salaire. Filmé par la télévision, la police et eux-mêmes, le cortège (bientôt dispersé) est vu dans le second extrait par le directeur à travers la baie vitrée de son bureau, situé en hauteur.

Devant cette même entrée, plus tôt ou plus tard peu importe, la police en civil, en tenue, en armure, flash-ball et camescope tournés vers la foule, arrête un manifestant. Plaqué à terre, tee-shirt relevé, ventre frotté au sol, il est maintenu par plusieurs (le pied qui appuie sur sa jambe, on ne voit que ça) avant d'être relevé, pressé, serré contre les portes du grand magasin qui se passerait sans doute de cette publicité. Sifflets, hurlements d'une femme, paroles calmes d'un qui ne supporte pas la façon dont l'homme est traité et le dit, tout est enregistré, entre dans le cadre. Le ton monte, la foule insulte. Tout le monde semble avoir peur, policiers et manifestants, tout le monde filme en même temps, légion de téléphones portables, vidéos qui se multiplient sans que personne ne sache ce que l'on voit au juste.

(...) 



En bas, c'est du studio, les figurants se dispersent : ce qui au JT deviendra groupe de perturbateurs retourne à sa vocation de foule, amovible et irraisonnée. Vue du dernier étage, elle se mue en écran sur lequel projeter des scènes, des schémas, des lignes : on y invente l'avenir, y sécurise le monde, y segmente la clientèle. Employés et touristes, mendiants et chefs d'état sont orientés, guidés.

*

Note : ce passage ne fera sans doute pas partie du livre. J'ai décidé de tuer le directeur du grand magasin pour des raisons de fluidité, de cohérence avec le reste du texte. L'inscrire ici, c'est tout de même faire apparaître cette manifestation filmée de toutes parts à laquelle je tenais : plaisir du blog et de sa liberté... 

Mois d'août, dernière phase de travail : comme on le devine peut-être, je suis en train d'ajouter ou de supprimer quelques éléments avant de rendre une bonne fois pour toutes le texte à mon éditeur. D'où cette apparition des coupes et la mention, parfois, de mes hésitations. Ces billets Décor Lafayette, souvent liés au travail hors ligne, m'accompagnent, me servent de points d'appui. Dans l'idéal, j'aimerais qu'ils soient également le reflet d'un cheminement, d'une déambulation, dans le texte à venir comme dans le grand magasin.

dimanche 29 juillet 2012

Décor Lafayette #46



















Attendre de vendre ses bras, ses cuisses, ses cheveux.