Est-ce qu'il est vraiment terminé ? Faut-il attendre, le laisser à nouveau reposer ? Est-ce que c'est trop tôt pour le faire lire ? Et à qui ? Faut-il le relire encore, à voix haute, à voix basse, dans l'ordre, dans le désordre ? L'imprimer ? Le relier (non) ? Le laisser dans un tiroir durant l'été ? L'oublier ?
L'oublier je ne peux pas, même si un nouveau se profile. C'est ma peau ce livre-là il faut bien le dire, et je crois qu'il va le rester. Sa variation, sous-titrée
'til I'm dead, va paraître dans trois mois : trois mois pour l'écrire, trois mois à attendre, ligne de partage des eaux tandis que lui , le livre d'origine : dix ans à le porter au moins, trois à l'écrire, et j'ai bien vu comment se tient l'écriture dans ce cas : s'étale, envahit, bouffe tout l'espace disponible, mental, physique, tant pis pour le reste.
Je l'ouvre (j'ouvre le fichier), l'observe, de haut, de loin, pointe au hasard, puis le passage choisi relis, encore, encore (et toujours à voix haute, même dans le chuchotement), il arrive que je change un mot. Ca n'ira pas plus loin désormais (j'imagine). C'est de l'incantation sûrement. Mais quoi ?
Alors allez voir
comment font les autres.