l'horloge de la gare de Chartres

l'horloge de la gare de Chartres

dimanche 15 mars 2009

Arte radio et salon du livre

C'était en 2003, au salon du livre de la porte de Versailles, sept minutes et quelques d'inauguration...
Et si vous aimez, cet après-midi, de 17 à 18h goûter Arte radio au Point Ephémère.

samedi 14 mars 2009

Fenêtres de Montparnasse

"Extension de la gare : jusqu’à la S. I. de la Gare, petite plaque sur mur en briques, à côté de la porte d’entrée, chambres tout confort à la semaine et au mois, tarifs sur papier scotché, illisibles du train, bien sûr. En gare de Vanves-Malakoff, quand on roule en direction de Sèvres rive gauche, le wagon de tête arrêté invariablement à sa hauteur : c’est le crocodile qui veut ça (je sais depuis longtemps ce qu’est un crocodile sur une voie). Cinq fenêtres par étage, une chambre par fenêtre, trois étages, 15 chambres au moins dans l’hôtel, pour ce que l’on en voit. Côté trains, vie des habitants qui déborde un peu par les fenêtres. Posés sur les rebords, régulièrement, des paires de chaussures de sport, grandes pointures, et l’hiver des provisions : sacs plastiques avec oranges, bananes ou pommes, briques de lait, packs de yaourts. Mais une seule fois, un poulet sous cellophane. Une des chambres du premier étage a longtemps été occupée par celui que j’appelais, mais seulement en moi-même, « l’homme que sa femme aime ». Elle debout dans l’ombre, on ne voyait que ses mains, posée sur ses épaules à lui découpées du maillot échancré, toujours assis à une table, immobile. On supposait face à un poste de télévision."

Martine Sonnet, extrait de Montparnasse Monde, 25.


Découvrant ce texte ce matin (l'un des plaisirs du samedi : attention, addiction !), j'ai demandé à Martine l'autorisation de le citer. Elle a joint à sa réponse cette photographie de l'hôtel, différente de celle de son blog.

Quant à moi je ne sais plus ce qu'est un crocodile, cours me renseigner...

vendredi 13 mars 2009

Arte tv, publie.net et le salon du livre

Inauguré hier soir, le salon du livre semble progressivement envahi par les questions que posent le numérique, encore presque invisible il y a deux ou trois ans si ma mémoire est bonne.

De ce côté-ci, les bonnes nouvelles : d'abord Publie.net, la maison d'édition créée par François Bon, visible sur Arte tv durant six jours (à écouter, par ailleurs, sur le site : Paco Ignacio Taïbo II, Enrique Serna et Fabrizio Meijia Madrid qui parlent de Mexico). Six jours, six auteurs, six textes à lire gratuitement et intégralement, avec téléchargement sur Publie.net offert pendant un mois. Pour tout comprendre, rendez-vous sur Tiers livre.

Les deux premiers appartiennent à la catégorie de ceux qu'on lit chaque jour (L'Autofictif, d'Eric Chevillard) ou chaque samedi (Montparnasse Monde, de Martine Sonnet). J'adore Montparnasse Monde (à retrouver demain), sa précision, sa subtilité, son regard toujours neuf. Quant au travail d'Eric Chevillard, je l'aime depuis Un fantôme, découvert grâce à une lecture retransmise par France Culture dans les années 90. D'ailleurs, dans ce bureau 5.5 où j'écris, là, maintenant, devant moi sur le mur est scotché un extrait de la page 32, recopié au tout début de ma "résidence" :

Une ville magnifique sort de terre sur les talons de Crab. De larges avenues témoignent de son passage, formées spontanément derrière lui tandis qu'il progresse avec peine dans la boue et les ronciers, ou de pittoresques ruelles quand il titube de fatigue après une journée de marche : son sillage goudronné ordonne une ville idéale, de calme et de fête, où il fait bon vivre. Là où Crab a eu soif, on se heurte maintenant à une fontaine. Un restaurant fameux vient d'ouvrir à l'endroit précis où tout à l'heure il s'est senti défaillir.
(...)
Mais Crab poursuit son errance solitaire, sans se douter de rien, en avant, toujours plus loin vers l'horizon, il cherche la ville qui s'étend dans son dos, où ses moindres désirs sont exaucés presque immédiatement.


Sans Crab, pas de Dita Kepler sans doute...

Pour fêter ça, Pierre Ménard lit la page 48 de l'Autofictif (devenu également omnivore).

Des gens rencontrés grâce au web, au passage, on en trouvera Porte de Versailles ici, ici, ici encore, et j'y serai, même. Une petite question, au passage, au salon : un moteur de recherche par mot-clé sur le site, c'est pour quand ?

mercredi 11 mars 2009

Décors

























Il faudrait peut-être commencer à songer sérieusement à tes décors, me dis-je (oui je me parle, surtout en traversant les rues). Mais quand le tournage a lieu dans votre librairie, que faire ?










Rire devant les faux livres placés en devanture. Se faire jeter parce qu'on est dans l'axe, gêne les éclairages. Pur spectateur, badaud de l'avenue Mathurin Moreau, XIXe. Revenir le lendemain pour demander au libraire : alors ?

Alors rien. Alors dans la tête c'est encore le décor, encore, à nouveau, demeure imaginaire, prend la place qu'on veut. Dita Kepler réduite, amoindrie par les livres, fenêtres et cowboys qu'il faut toujours représenter, raconter, lire, doit revenir au premier plan. Se concentrer sur elle et sur les Décors I (Lafayette), II (Daguerre), aller au plus simple, rester dans le silence... Fatigue de discourir sur son travail toujours, qu'il soit ou non bouclé, publié ou pas.

Fenêtres de Toulouse




























Magie de la lecture au 104 le 21 février dernier : Julien Legrand, que je ne connais pas, qui ne me connaît pas, me propose à la fin de la rencontre de m'envoyer ses photographies de fenêtres. J'avais projeté quelques images de ce blog, évoqué mon appel à fenêtres du monde (toujours valable, qu'on se le dise). Il me demande : et Toulouse, c'est possible ? Bien sûr ! Comme déjà dit ici, jamais encore allée à Wellington ni à Toulouse, pour commencer... puis les photos, découvertes par e-mail, parlent d'elles-mêmes.

Pour découvrir son travail, cet oeil, très berlinois ces jours-ci. Il m'en a envoyées certaines, elles sont à venir.

mardi 10 mars 2009

sounding indicator

On ne sait jamais vraiment quand il survient, le trou noir, le vide d'après lecture. La première journée passée on croit naïvement y avoir échappé. C'est ça...

penser à un livre de Nathalie Sarraute revoir Au fil du temps aller nager oublier ses obligations écouter la pluie

Et dire aussi la qualité d'écoute exceptionnelle, les encouragements, les remerciements, ceux du 21 février revenus le 8 mars, la voix de Margo Timmins a capella dans Mining for gold...

lundi 9 mars 2009

le lendemain

Le lendemain je télécharge les photos prises dans la salle encore vide, dans la pénombre.



































Chaise mise de côté, bientôt envahie, servant à se poser lors de l'écoute des trois morceaux de l'album : Mining for gold, Working on a building, Sweet Jane.
Praticable pris comme appui durant la lecture, avec ses deux bouteilles d'eau.
Pupitre qu'on devine à peine.


















Arpenter la salle, trouver par terre quelques notes griffonnées, les ramasser (un porte-bonheur). Découvrir en coeur quelques pelures de mandarine.
Monter jusqu'à la console.









Là, personne encore n'a appuyé sur play.