l'horloge de la gare de Chartres

l'horloge de la gare de Chartres

lundi 10 novembre 2008

Je me souviens de Miriam Makeba

Je me souviens que ma mère possédait un 33 tours de Miriam Makeba dans les années 70, comprenant les célèbres Pata Pata et Forbidden Games. Je me souviens d'autant mieux de la pochette noir et blanc qu'on l'a aperçue furtivement à la télé tout à l'heure mais je n'arrive pas à la retrouver sur Internet.

Je me souviens que nous passions souvent ce disque à la maison et que je l'écoutais également seule, vers 10 ans.













Je me souviens l'avoir apporté à l'anniversaire de ma meilleure amie de CM1 ou CM2, fille de bonne famille, et de ses gloussements de rire dès les premières secondes d'écoute, rires de moquerie qui contaminèrent les autres. Il fallut laisser le disque de côté et passer seulement ce qu'elle aimait elle (les disques rouge et bleu des Beatles).

Je me souviens avoir entendu parler de l'apartheid en Afrique du Sud pour la première fois grâce à ce disque.

Je me souviens avoir vu Miriam Makeba à l'Olympia quand j'avais une vingtaine d'années et y être allée seule. Solitude sans importance face au groupe sur scène, elle, musiciens et choristes.

(et voilà : dans les commentaires, ma meilleure amie me rappelle que non, bien sûr, je n'étais pas seule, elle y était aussi - se méfier toujours de nos "Je me souviens", donc !)


Découvrez Myriam Makeba!


La page 48 des Cowboy Junkies










(cliquez sur l'image pour accéder au fichier audio).


Comme pour Un homme qui dort, j'ai enregistré la page 48 de mon livre sur les CJ pour Pierre Ménard, qui lui a superposé un extrait du film de John Huston, The Misfits, dont il est question ici (surtout la dernière scène), et le début de Mining for gold, chanson de mineurs qui ouvre l'album The Trinity session. Merci pour ce beau travail de montage, apparemment inédit sur le site. D'avoir sa voix mêlée à celle de Marilyn et de Margo Timmins n'arrive pas tous les jours non plus...

dimanche 9 novembre 2008

Au plafond

L'élément déclencheur, ce fut certainement Mary Poppins et sa scène de thé pris au plafond, puisqu'il suffisait de rire pour monter dans les airs.



Le plafond est ensuite pour moi, et assez inexplicablement, lié à Edgar Poe. Peut-être à cause de ce passage du Masque de la mort rouge, traduit par Baudelaire :

La septième salle était rigoureusement ensevelie de tentures de velours noir qui revêtaient tout le plafond et les murs, et retombaient en lourdes nappes sur un tapis de même étoffe et de même couleur. Mais, dans cette chambre seulement, la couleur des fenêtres ne correspondait pas à la décoration. Les carreaux étaient écarlates, d'une couleur intense de sang.

Cependant je n'en jurerai pas.

Il y a encore ce livre que j'aime d'Eric Chevillard, Au plafond.

Il y a surtout les pages d'Un homme qui dort de Georges Perec dans lesquelles le protagoniste, allongé sur son lit banquette, suit des yeux le dessin des fissures. Passages auxquels je me suis référée, j'avoue, dans le manuscrit appelé Franck dont il est parfois question sur ce blog, comme on peut déjà le constater ici en cherchant bien (la revue D'Ici là paraîtra en décembre).

Ce plafond possède des pouvoirs. Il est même capable de refléter une maison entière (celle de Julien Gracq).

Avec tout ça, rien d'étonnant si j'aime tant celui du centre Cerise, mosaïque de façades que l'on retrouve dans des tables miroirs. Depuis un an, j'y suis quand c'est possible les rencontres de remue.net et me sens, à chaque fois, accueillie par ce plafond lumineux qui ouvre des perspectives. Il permet, à le regarder, de prendre contenance, de ne pas étouffer sous l'absence de fenêtres au mur.










Ce fut à nouveau le cas vendredi dernier lors de la soirée Publie.net, où vint lire une bonne dizaine d'auteurs (des drôles, des graves, énigmatiques, en veine d'alchimie...).












On peut retrouver l'enregistrement de cette soirée, le programme et un ensemble de liens sur cette page de remue.net.

Les deux photographies sont de Gilda Fiermonte, qui elle aussi (comme Pierre Ménard ou Philippe de Jonckheere, entre autres) évoque la rencontre.

samedi 8 novembre 2008

Ce qu'il y a de fascinant avec le Net

























surtout quand on n'a jamais été traduit et qu'on ne lit pas le japonais, c'est de découvrir ce type de page...

jeudi 6 novembre 2008

Fenêtre du Japon

"A première vue, c'étaient des lambeaux de nuages qui flottaient. Indécis, ils se balançaient doucement de gauche à droite, au gré du vent.
La petite fenêtre de la cuisine touchait presque la haute palissade qui longeait le caniveau, interdisant pour ainsi dire tout passage. De l'intérieur, la vitre dépolie ressemblait à l'écran opaque d'une salle de projection. Les veines du bois de la palissade étaient piquées de trous minuscules. Sur cet écran de fortune, au-delà d'un passage large de trois mètres environ, le vert de la haie vive plantée au nord se reflétait toujours vaguement.
Quand quelqu'un passait dans la sente, sa silhouette emplissait la fenêtre tout entière. Cela participait sans doute du même phénomène que la chambre noire ; les jours de beau temps, les contours se découpaient de manière particulièrement nette dans la pénombre intérieure, si bien qu'on avait l'impression que la forme marchait la tête en bas tout en s'éloignant en sens inverse de la direction dans laquelle elle se dirigeait en réalité. Lorsque le passant se trouvait tout près d'un orifice qui trouait le bois, sa silhouette inversée gonflait la fenêtre jusqu'à déborder la vitre ; s'il faisait un pas de plus, elle s'effaçait dans l'instant sans laisser de trace, comme une illusion d'optique."

Le Chat qui venait du ciel, Hiraide Takashi, traduit par Elisabeth Suetsugu, Picquier poche, pp 5-6.

mardi 4 novembre 2008

Quand il ne se passe rien il se passe quoi ?










Ce qui se trame sans nous, gens qui pensent et parlent, gens qui se déplacent, dont on ne mesure pas l'influence (donnera quelque chose, un jour, dans notre dos, là, demain ?)












Ce qui se trame ailleurs (sons, notes, mots, vibrations, pas de côté) : comment s'en nourrir, s'arracher du rêve, se noyer dans le rêve, se concentrer ?












Quelque chose s'approche du moins on espère












Sourde à la crise - de toute façon c'est la crise depuis toujours.

lundi 3 novembre 2008

en attendant que ça bouge














































dehors, dedans, mobiles, immobiles, fenêtres de Bordeaux, La Rochelle, Grenoble, Paris 17e, Paris La Villette

(ou, dit autrement : fenêtres d'Alain Pierrot, Martine Sonnet, Liz et PdB)