l'horloge de la gare de Chartres

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lundi 15 décembre 2008

Il me sera difficile de venir te voir

RESF + littérature contemporaine : évidemment, ce recueil de colères contre les conditions d'accueil faites aux immigrés dans notre pays a toute sa place ici. Treize correspondances entre écrivains français et étrangers qui tentent de répondre à la question : "Alors, on fait quoi ?" et sont vendues 14 euros au bénéfice de RESF (pour plus de précisions, voir le site de l'éditeur, Vents d'ailleurs, et un article de remue.net).
Parmi les auteurs, Sonia Chiambretto, François Bon et Pierre Ménard, régulièrement cités ici. Et aussi : Jean-Baptiste Adjibi, Kangni Alem, Gustave Akakpo, Arno Bertina, Nicole Caligaris, Patrick Chatelier, Marie Cosnay, Mourad Djebel, Abdelkader Djemai, Eugène Ébodé, Christophe Fourvel, Brigitte Giraud, Mohamed Hmoudane, Driss Jaydane, Pierre Le Pillouër, Claude Mouchard, Samira Negrouche, Nimrod, Éric Pessan, Nathalie Quintane, Raharimanana, Aristide Tarnagda et Sayouba Traoré.
Pas encore tout lu mais déjà vivement apprécié le texte d'Eric Pessan, l'un des instigateurs du projet, qui ouvre le recueil.
Quant à RESF, pas compliqué de savoir que j'en fais partie. Même si beaucoup sont plus actifs que moi, je les soutiens.

samedi 13 décembre 2008

Ni pensés, ni classés

J'entame ici une sorte de feuilleton aléatoire qui n'aura peut-être pas de suite, tout dépend de ce qui apparaîtra, au fil des jours, sur les étagères... L'idée : en faisant la poussière des livres (ou en les déplaçant, en voulant les jeter, etc.), on en découvre qu'évidemment on avait oubliés. Mieux : certains, par leur titre, leur sujet, forment déjà un texte à venir, une liste d'improbables qu'on ne peut ni lire, ni jeter, ni offrir : ne reste qu'à écrire pour s'en débarrasser.

Le premier d'entre eux se présente d'ores et déjà comme le champion toutes catégories, l'improbable imbattable. Il s'intitule The Penguin Book of Russian Verse. Rédigé par Dimitri Obolensky et publié en 1962, il s'agit, comme on s'en doute, d'une méthode en anglais qui explique en détail le système de la versification russe. Sur la page de garde, quelqu'un a fait des additions (330 + 60 + 19 par exemple) sans se fatiguer à mettre le signe +. Les Russes n'utilisent-ils pas le signe + ? Ou les Anglais ? Allez savoir. Sur la page suivante, on découvre qu'Obolensky a dédié son livre à Boris Pasternak. C'est tout. Inutile de dire que personne ici n'a jamais étudié le russe, malgré des velléités (une méthode avec cassette vidéo trône sur l'étagère d'en face), encore moins sa versification. Alors qu'en faire ? Le donner pour rire à ma soeur russophile ? Peut-être. Mais est-elle assez anglophone ?

On poursuit avec un Titien de Maurice Hamel, agrégé de l'université, aux reproductions en noir et blanc (c'est quand même dommage pour le plus grand coloriste d'Italie - tiens, voilà que je me mets à lire le livre). Il a été offert par la ville de Paris à l'élève Odette Morize, titulaire d'un 2e accessit de Décoration, d'un 1er accessit d'Histoire de l'Art et d'un 1er accessit de Dessin géométrique (Ecole Municipale de Dessin et d'Art appliqués à l'industrie - école Elisa Lemmonier, 24 rue Duperré) en 1920.

Au passage (on s'éloigne du Titien mais tant pis), un tour sur le dictionnaire de pédagogie de Ferdinand Buisson (1911) m'apprend qu'à Paris, au début du XXe siècle, dans les huit écoles professionnelles de filles, à l'exception de l'école de la rue Duperré, ancienne école Elisa Lemonnier rachetée par la Ville en 1906, qui est réservée à l'enseignement du dessin appliqué à l'industrie, les jeunes filles sont préparées aux diverses professions de la femme, couture, modes, lingerie, confection, broderie, fleurs artificielles, etc. Les matinées y sont d'ailleurs consacrées à l'enseignement général, tout au moins pendant les deux premières années d'études.

(j'aime beaucoup le d'ailleurs)

Il s'agit d'un article sur l'histoire des écoles de Paris, que je me mets à parcourir, puis à lire au lieu d'ouvrir le livre de Maurice Hamel. Ca se révèle vite assez croustillant. On apprend qu'au Moyen Age, les écoles de Paris étaient régies par un chantre tout-puissant qui fixait le nombre d'établissements nécessaires et les visitait, mais dont l'omnipotence était souvent contestée :

La moralité de ses choix fut aussi plus d'une fois critiquée : dans un factum, le syndic de l'Université reprocha au chantre Claude Joly de mettre à la tête des écoles cantorales "des sergents, des fripiers, des fiacres, des gargotiers, des cabaretiers, des maçons, des perruquiers, des rubaniers, des fèrandiniers, des jardiniers, des violons, des joueurs de marionnettes, des fondeurs de cloche, et même ses propres laquais".

Darcos pourrait-il en dire autant ? Mais tiens, pour lui donner de nouvelles idées, qu'il se souvienne qu'au Moyen Age, toujours, Le mélange des sexes, l'admission par un maître ou une maîtresse d'enfants d'un sexe différent du sien, sont punis par l'excommunication, sans compter les amendes et le retrait de la lettre de maîtrise. Ou encore, que : Les petites écoles étaient payantes. On y admettait gratuitement les enfants pauvres, en les tenant toutefois à l'écart, l'on devine pour quelles raisons, nous déclare Ferdinand Buisson. Devine seul, mon gars.

Bon, je me suis vraiment éloignée du Titien, cette fois. Dommage car, nous dit avec lyrisme Maurice Hamel, son oeuvre, riche de joie et de beauté, est un poème de formes et de couleurs, où la grâce et la puissance, la science de l'effet et le sentiment de la nature s'unissent dans un parfait équilibre de sobre richesse et de mâle élégance.

Ah, la mâle élégance !

vendredi 12 décembre 2008

Vampire way












"En renversant la tête il voit toute la façade qui, au-dessus, est en briques brunâtres. Elle s'élève vers le ciel blanc, percée régulièrement de fenêtres carrées sans balcons ni encadrement et dont la grandeur apparente et les intervalles décroissent progressivement, leur succession dessinant des lignes de fuite convergentes interrompues à la hauteur du vingtième étage et que l'œil prolonge vers leur point de rencontre dans le vide éblouissant et décoloré. Pris d'un léger vertige il abaisse la tête, son regard parcourant maintenant de haut en bas la façade brune puis grise."


Claude Simon, Les Corps conducteurs (Editions de Minuit, 1971, p. 13)

J'avoue : j'ai volé cet extrait, dont la proximité avec ce que je tente de faire est pour moi évidente, à Lignes de fuite, comme j'avais subtilisé il y a peu le lecteur idéal de Virginia Woolf à remue.net.

Et que Sébastien Rongier s'estime heureux si je ne lui pique pas toutes ses brisures du cadastre dans les semaines à venir !








(il est beau son tout nouveau site, non ?)

(Quant à la fenêtre aux persiennes que l'on voit en ce moment en tête de ce blog, elle appartient bien entendu à ...)

jeudi 11 décembre 2008

Des mains, des bras, des jambes, tout pour aller jouer













Si plutôt électro, cliquez sur le batteur. Si plutôt rock and roll, alors, à cet endroit.

mercredi 10 décembre 2008

Calendrier de l'Avent : 24 page 48








Des chocolats, des images, des anges dans vos calendriers de l'Avent ? Et pourquoi pas des pages 48, plutôt, à écouter en attendant Noël ? Elles sont ici, il suffit de cliquer dans les cases.
Découvert grâce à Pierre Ménard, bien sûr, qui présente le projet ainsi sur Facebook :

"Aymeric Poulain Maubant, membre du groupe Page 48, a lancé depuis le début du mois de décembre, une originale opération sur son blog, Nereÿs, qui vaut le détour : Un Calendrier de l'Avent 2008.
Chaque jour un chocolat sous la forme d'une page 48 d'un livre à s'offrir d'ici Noël.
Première lecture, la page 48 (enfin 49 car il n'y a pas de page 48) de Chagrin d'école, de Daniel Pennac."

(sauf que c'est la 47, Pierre !)
Aymeric Poulain Maubant passe ses premiers jours à contourner la contrainte.

mardi 9 décembre 2008

500 fenêtres en diaporama

Placé ce matin, dans la colonne de droite, un petit diaporama qui reprend les 500 premières photos insérées sur ce blog. Si vous cliquez dessus, Picasa affiche l'image en cours. Pour voir le diaporama en grand et sur fond noir, il suffit ensuite de se rendre sur l'onglet du même nom : assez hypnotique, il me semble. D'autant qu'il lui arrive de bégayer...
Evidemment, ces 500 fenêtres, c'est des menteries : on y trouve aussi des portes, des couvertures de livres, des ponts, etc. Je les ai placées assez bas pour ne pas gêner la lecture des nouveaux articles mais si vous trouvez ça pénible, trop clignotant, n'hésitez pas à le dire : c'est un essai.
Enfin, une précision : je n'ai pas permis l'accès totalement libre aux photos (possibilité de les utiliser, de les modifier, etc) parce qu'elles ne sont pas toutes de moi.

lundi 8 décembre 2008

chercher des ombres trouver des agités




































































C'est comme ça dans la malle aux trésors Life (oui, je sais, encore) : je tombe sur une photo de fenêtre toute en ombre dont le balai m'envoie vers onze pages d'ombres et je découvre au passage l'existence des shakers, ou agités, une secte américaine qui possédait en 1967 ombre, balai, maison.

Pour les légendes, les surprises, cliquez sur shadows.