l'horloge de la gare de Chartres

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jeudi 15 janvier 2015

comment faire

Cela fait plusieurs jours que j'écris dans ma tête un article sur ce blog, qu'il s'inscrit et s'efface dans ma tête uniquement et tout y passe, tout se percute, défile. Comme beaucoup je crois, je lis, je relis, je m'informe, je pleure, j'abandonne, j'y reviens, tout prend et tout perd sens en permanence. 

Nous nous écrivons, nous nous entraidons, nous nous consolons, parlons et pleurons encore. Les larmes ne viennent pas quand on s'y attend, parfois sporadiques, apparues pour n'importe quoi, n'importe quelle raison. Nous cherchons le recul, la hauteur de vue, la pensée éclairante. Des dizaines de questions sont ainsi remuées qui nous happent, auxquelles nous voudrions répondre et ce de la manière la plus fine, la plus juste possible ; qu'on laisse pour plus tard parce qu'il faut s'occuper de la vie courante, de la vie qui court, de la vie. 

Nous marchons et brusquement la marche perd de son sens.
Dans le métro je regarde les visages plus que d'habitude, sans rien chercher derrière, juste pour regarder, pour voir des humains : la diversité des couleurs, des peaux, des traits, des façons de s'envelopper, de se protéger du froid, des expressions, des rides.

Je cherche sur les réseaux, qui sont aussi des liens vers des journaux, les opinions de chacun, des images, des commentaires, des dessins, des billets de blog. Je cherche et parfois je ne vois devant moi que des combats de coqs, injonctions à faire ou ne pas faire ceci, cela, qui ne m'apportent rien. Je m'énerve, je ferme l'ordinateur, le rouvre parce que c'est ici malgré tout que je trouverai quelque chose.

Ici et au café, à parler, à ne pas regarder les chaînes continues sur les écrans géants. 
Ici et en préparant les prochains ateliers, dans le 93, oui, sur la question de l'identité, oui, et au musée de l'Immigration.
Ici et dans le carnet qui me sert depuis le mois d'octobre à noter chaque jour quelque chose de précis, qui ne se découvrira, s'il se découvre, que dans un an. 

Faire confiance à l'instant présent, à cette année et à l'année prochaine. 
Le faire et en même temps se demander comment faire.

jeudi 8 janvier 2015

le jour suivant



















et donc vivre disions-nous nous réunir et rire et danser s'approcher laisser vibrer l'accord se pencher s'enrouler s'étirer et ouvrir le corps et puis la bouche chantonner à plusieurs - qu'est-ce qu'on s'en fout des pickpockets susceptibles d'agir dans la station qui passe - que le flux continue à innerver nos vies 

écouter s'enchanter des langues étrangères multiples du wagon regarder les visages les yeux qui dévisagent comprendre où nous en sommes supposer ce que tu penses et quitter la station comme pour un pas de deux qui va s'élargissant et se multipliant sur le quai dans la ville à trois à cent à mille

jeudi 28 avril 2011

Paris par en-dessous

"A Paris, il vivait sous terre. Le métro, matin et soir, et dix heures dans son fournil. Ca a duré trente ans. Trente ans à aller de cave en cave par des galeries souterraines qui ne le menaient jamais qu'à d'autres caves et à d'autres galeries. Irascible et borné, il s'engueulait tous les six mois avec son patron, et on le foutait à la porte. Il retrouvait un autre patron, une autre cave, des stations de métro. Ca recommençait, le même va-et-vient nocturne. Il n'a probablement jamais su ce qu'était cette ville qu'il a parcourue pendant trente ans par en-dessous, dans ses régions inférieures, dans les épaisseurs où s'enracinent les maisons, les arbres des parcs, le socle des statues. Avec au-dessus de lui cette croûte de trottoirs, de pavés, de pierre, de béton. Ce remuement de pieds toujours au-dessus de sa tête. Cette couche de bruits et de lumières. Tout ce qu'il en apercevait, c'est ce qu'on découvre par l'ouverture d'un fournil : des jambes, le bas des robes. Ca doit donner une image curieuse de l'existence. Un monde sans visages. Et le plus étrange, c'est qu'il aimait cette existence."

Georges Hyvernaud, Lettre anonyme, éditions Le Dilettante, page 149

à découvrir à Montreuil, samedi prochain à 16h, bibliothèque Robert Desnos (je prends racine, oui)

lundi 8 novembre 2010

Métro de Lyon

Il est évidemment étrange, pour quelqu'un qui a écrit, à une époque, sur le métro parisien, s'est intéressé aux panneaux, affiches, stations et lignes, de voir soudain son nom dans le métro lyonnais.










Ne pas le voir "en vrai", en photo seulement, sans savoir combien d'autres noms s'y trouvent, ni la taille de l'affiche, ni son emplacement.









Essayer de deviner. Renoncer. Remercier qui a pris cette photo : celle qui a permis que le livre se fasse, existe, en donnant le bon conseil, en disant : Brigitte Giraud lance une collection chez Stock, tu devrais lui envoyer ton manuscrit (poste de la rue Sambre et Meuse à Paris, si vous voulez tout savoir) (et quand on clique sur le lien, on lit cette phrase, sous une carte qui refuse d'apparaître : Dans certains cas, le positionnement des points de contact recherchés peut être approximatif).

Pas dans celui-là !

Merci à Marie-Hélène Desestré pour la photographie et, bien entendu, à la librairie Decitre, à Lyon, dont je savais le soutien ("nos libraires ont aimé"), sans pouvoir imaginer que... (mon nom sur le mur me paraît encore improbable : je n'arrive pas à finir la phrase !).

Un merci tout particulier à celle qui, chez Decitre, défend si bien mon livre : Sandrine, rencontrée à cette occasion.

samedi 10 juillet 2010

Fenêtres : trajet continu



Voici un petit montage de mes vidéos prises en 2008 sur la ligne 2 qui exclue les arrêts en station. Le trajet y devient une boucle, on ne descend plus.

Je vous conseille le clic droit, et "full screen" pour le voir en entier.

N'y sont plus, aujourd'hui : l'immeuble aux fenêtres murées à Barbès, remplacé par un neuf, assez beau (mais j'aimais tant l'ancien) ; les tags sur la rotonde de Stalingrad, impeccable à l'heure qu'il est.
N'y sont pas encore : la façade aveugle, à Stalingrad toujours, qu'il faut vraiment que je prenne en photo un de ces jours ; le centre Barbara, d'un noir d'encre, dont je reparlerai sans doute ici et que l'on aperçoit en travaux.

N'y sera plus, un jour, non plus, le bruit des MF67, rames progressivement remplacées par des MF2000 dont les vitres sont plus larges mais qui possèdent moins de sièges et dont les freins grincent atrocement (la faute au sabot qui n'est plus qu'en bois m'a dit un conducteur l'autre jour) (je le salue s'il passe ici).

mercredi 14 octobre 2009

Grève des sans-papiers qui travaillent de nuit dans le métro

Le Monde nous apprend aujourd'hui que nos stations de métro, à Paris, sont restaurées de nuit par des sans-papiers qui travaillent dans des conditions déplorables (pas de casque, pas de chaussures de sécurité...). Ils sont actuellement en grève et viennent d''être évacués d'un dépôt RATP. Pour faire connaître leurs conditions de travail, ils s'étaient filmés début septembre. Ci-dessous, leur vidéo. Où l'on voit à la fin comment on bitume le quai d'une station de métro.

jeudi 2 avril 2009

Le trajet autrement

Quelquefois au lieu de penser Dita Kepler je pense 103 bis, c'est-à-dire le trajet qui me conduit de chez moi au 104. Je voudrais en faire un livre électronique, y ajouter du son, utiliser mes notes, des bribes, des photos (voir le diaporama ci-dessous, dans la colonne de droite). Mais est-ce vraiment un trajet ? Est-ce qu'on appelle trajet ce déplacement d'un point à l'autre quand on n'a ni contrainte de temps ni, réellement, l'obligation de passer par les mêmes endroits pour parvenir à destination ? Comme Dita Kepler, 103 bis se pense par la liberté qui lui est accordé, par les cadres qu'on lui invente, ce qui pose souvent question.

Alors, ici, d'autres lignes, celles des autres : suivre ce trajet-ci, celui-là, celui-là, celui-là encore et à cet endroit-là peut-être cette fois s'y perdre.

lundi 5 janvier 2009

rayures et grumeaux














































Puis l'appareil-photo, en pleine contre-plongée vers les arbres des grands boulevards, est tombé en panne.

mercredi 29 octobre 2008

Ecrire la ville : fenêtres en mouvement

François Bon organise actuellement avec la BNF un atelier d'écriture, Ecrire la ville, dont la première proposition s'intitule Fenêtres sur le monde. On peut trouver sur Tiers livre le détail de cette proposition qui engage les participants à évoquer cinq fenêtres différentes.









Parmi elles s'inscrit la "fenêtre en mouvement" : où l'on regarde la ville par la vitre d'un bus, d'un train, d'une voiture... Evidemment, je suis très curieuse de voir ce que cela va donner.










François Bon s'appuie en particulier sur un livre, Fenêtres sur le monde, de Raymond Bozier.









Raymond Bozier, je l'ai découvert précisément dans le métro, en levant la tête : dans ces petits rectangles réservés à la poésie au-dessus des sièges (et dont le choix des textes ne m'emballe jamais, d'habitude, il faut bien le dire), il y avait quelques lignes de lui. Il était question d'une table, d'un journal, d'une pomme : lignes qu'il a fallu, alors, d'urgence, recopier dans le carnet.

Je cherche maintenant ce carnet parmi une vingtaine d'autres. Je tombe sur ceux des Fenêtres (les miennes) et les suivants, mais aucune trace du poème de Bozier. Partie remise : je trouverai ça un autre jour (à moins que vous ne me l'envoyiez ?).









Mais dans ces minutes à feuilleter, un autre mouvement soudain : celui de l'écriture perdue, projets abandonnés ou laissés de côté, tout ce retravail qu'on ignore (j'avais même oublié que les Fenêtres, entre leur première apparition sur remue.net et leur publication par Le Mot et le reste, je les avais poursuivies, continuant d'annoter, de réécrire les mêmes, et d'autres, plusieurs années de suite). Sans compter les notes prises de la RN1 au sortir de Paris (Saint-Denis, Sarcelles, Saint-Brice), regard de qui ne conduit plus. Des mots perdus, encore, en tout cas pour l'instant.

Mouvement qui aspire, prend par l'arrière, contient.

lundi 6 octobre 2008

du monde sur le quai










Cliquez pour mieux les voir.
Photo de PdB.

Commettre : métro et communs, fenêtre

Commettre est un blog créé en mars dernier qui annonce en guise de présentation "écriture gros et détail". L'une de ses catégories se nomme métro et communs. On y trouve des passagères qui descendent à Saint-Germain, une description minutieuse de la station Parmentier ou (celle-là me touche particulièrement), l'évocation d'une femme qui pleure sur le quai de la Gare de l'est.

Commettre propose aussi une catégorie fenêtre (au singulier). Et d'autres, bien sûr.

C'est un blog de Pierre Coutelle, ce que je sais grâce au netvibes de François Bon, toujours très utile.

mardi 24 juin 2008

il continue

"J'en suis sorti, à présent, et une fois dehors ça ne colle plus au reste, ça ne se raccorde plus. C'est quand je suis seul - dans la foule, dans le métro - que les souvenirs reprennent leur consistance. J'étais bien tranquille, bien vide, comme tout le monde, et tout à coup il y a cette haleine contre mon visage. Je reconnais l'odeur de cuir et de drap de troupe. J'ai à nouveau la main grasse sur ma chair. Je redeviens cet homme nu, les vêtements à ses pieds, un homme qui a froid, qui a honte de son ventre gonflé et de ses jambes misérables. Ou bien, c'est le sous-officier allemand qui surgit. Le vieux sous-officier avec sa veste courte, ses grosses fesses. Il se tient sur le bord du trottoir, un bâton à la main, planté dans ses bottes énormes. Et quand nous passons devant lui, il tape dans le tas. C'est comme ça qu'ils me tombent dessus, les souvenirs, qu'ils m'attaquent soudain et pèsent sur moi de leur poids atroce. Ca ne dure pas. Quelqu'un demande : Vous descendez à la prochaine ? Les gens me bousculent, me délivrent."

Georges Hyvernaud, La Peau et les os, pp29-30.

globule

"Parce que votre existence a été éventrée, retournée par l'événement, vous imaginez vaguement que vous aviez droit à du neuf, que vous alliez repartir à zéro. Pas du tout, ça se recolle, ça se retape, c'est comme avant. On ne part pas, on continue. On recommence. On remet ça. On remet sa vieille veste, on remet sa vieille vie. La vie se remet à couler dans ses vieilles petites rigoles. Comme s'il n'y avait rien eu. On a retrouvé sa place. Ma place de passant parmi les passants, ma place d'homme dans la rue, d'homme dans le métro. Nous sommes des hommes et des hommes à couler comme ça, dans des couloirs. A couler le long des murs, le long des barrières, et tout est tracé d'avance, les portillons s'ouvrent et se referment, on n'a qu'à se laisser couler. On est des globules dans cette espèce de sang qui coule dans le corps des villes. J'ai retrouvé ma place de globule."

Georges Hyvernaud, La Peau et les os, 1949, Pocket, p19-20.

mardi 20 mai 2008

ronde

Vous prenez le métro chaque matin pour vous rendre au travail - enfin un emploi pas trop mal payé, un contrat honorable, une bonne ambiance, de jolis locaux, même si la tâche en elle-même n'a aucun intérêt.

Vous travaillez, vous voudriez autre chose : écrire. Mais il y a l'argent, et il en faut.

Vous écrivez donc dans le métro, sur le métro, par le métro. Notes qui deviennent un livre. Vous perdez votre emploi (voilà le livre terminé), vous travaillez à domicile.

Quelques années plus tard le livre est publié.

Quelques mois après la publication on vous invite à parler du livre, dans une ville du sud de la France. On vous offre l'hôtel, vous paie le TGV.

Dans le TGV face à vous s'installe une dame, cheveux blancs et canne, pull à col roulé. Souriante, aimable, un peu lointaine. Lire vous occupe (vous révisez), vous ne la regardez pas, jusqu'au moment où elle aussi pose sa pile de livres sur la tablette, oeuvres que vous ne connaissez pas mais. Puis elle consulte le dépliant de Lire en fête (vous vous dites oui, elle écrit, nous nous rendons au même endroit), elle lève la tête, sourit encore. En miroir vous sortez le vôtre et l'identifiez tout de suite : les auteurs invités sont tous en photo (sauf vous). La discussion s'engage.

Plus tard vous comprenez qu'elle vous a pris, au tout début, pour quelqu'un d'autre, une autre femme qui écrit (en photo, elle, sur le dépliant), rencontrée dans le hall d'hôtel, à laquelle vous ne ressemblez pas. Mais peu importe.

Durant deux jours vous la revoyez. Chaque fois elle vous fait une place : au restaurant où vous ne connaissez personne, dans la rue, dans les discussions. Au retour, vous êtes encore dans le même wagon.

Quelques mois plus tard un livre d'elle paraît, visible de loin à la bibliothèque. Vous l'empruntez bien sûr, dans le souvenir du TGV.

Dans les premières pages, elle remercie très vivement ceux et celles qui m'ont offert cette belle résidence au Randell College, à Wellington (Nouvelle-Zélande).

Dans votre tête, ces phrases de longtemps :
je ne voudrais pas mourir avant d'avoir fini d'écrire ce livre
je ne voudrais pas mourir avant d'être allée en Nouvelle-Zélande

Vous rouvrez son livre à elle, plus cruel que son titre : Les Croissants du dimanche. Elle c'est Annie Saumont.



lundi 21 avril 2008

Bruits du bocal

Parmi les 1000 sons d'Arte radio il y a le Bocal, chronique d'une jeune femme embauchée en CDD par une institution prestigieuse qu'elle ne nomme jamais (mais on imagine assez bien). Bienvenue chez les précaires, bruitages, rires et grincements de dents compris...
La saison 2 a débuté il y a quelques semaines. A écouter, par exemple, le cinquième épisode, intitulé Le bus de banlieue est une divinité hindoue, qui évoque les trajets quotidiens (bus - RER - métro) de Mariannick Bellot. Le suivant, Vous n'échapperez pas à Externalisator, est aussi très édifiant sur les pratiques d'externalisation des services de l'institution en question...

vendredi 21 mars 2008

Une expérience

Se rendre au bout de la ligne, Nation ou Dauphine, en emportant Pleins jeux, nouvelle création de Pierre Henry, entendue hier soir à la Cité de la musique (et il était là, habillé en rouge, au milieu de la salle). S'asseoir dans le wagon, appuyer sur play et fermer les yeux jusqu'au terminus, même lorsque le métro devient aérien. Selon le volume du baladeur, on pourra ou non mêler le métro aux pleins jeux. Recommencer dans un jardin.

vendredi 13 juillet 2007

Dans la marge : 1999

Rouler sur les bouches d’égout à Sarcelles, devant les jardins de roses, les maisons effondrées. Passés tous les panneaux publicitaires, le colza pétarade, ça pue un peu quand on s’approche. Retrouver un creux de vallon, vers Presles, s’attendre à une rivière, mais non.

Pluie d’été mais pluie grise entre Ponteau-Combeau et Paris, regard à un mètre quarante du sol. Ballast couleur betterave jusqu’à la gare de l’Est, sa dentelle de câbles, de fils, de grilles, de pylônes. Parpaings, blocs de béton et Paris à un kilomètre.

25 mai 1999, sur l’avenue de Saint-Ouen. Un carnet pour la route, un autre pour les énervements. Grues qui changent de cap. Métro bondé où l’on ne peut monter enceinte.

Pompiste à grosses fesses qui flotte dans son bleu.

mardi 10 juillet 2007

Immeuble A

C'est lui, oui. Et c'est comme mettre à nu quelque chose que de publier cette photo.

lundi 9 juillet 2007

Là où on ne va pas, nous




















Photo sous Creative Commons