l'horloge de la gare de Chartres

l'horloge de la gare de Chartres
Affichage des articles dont le libellé est Colonel Fabien. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Colonel Fabien. Afficher tous les articles

vendredi 9 septembre 2016

Journal de l'été #10


Pas de nouvelles de l'automne sentimental, j'ai assez relancé pour ne pouvoir plus faire qu'attendre, me sens parfois comme cet homme qui déjeune, seul/e à regarder en face ce qui bouge et avance. 


Marilyn avance, cependant, et tandis qu'elle accède au rang de mythe je me promène de chantier en chantier, m'en vais répondre à des enquêtes rémunérées, parfois créatives, quand il s'en présente. On m'offre du thé ou du jus d'orange, me demande mon avis sur une offre à venir, un projet de partenariat. Je dis que je suis biographe, après tout ce n'est pas faux me fait remarquer Marilyn qui me coince en 1953, m'oblige à retourner en arrière, aime bien venir causer travail, elle aussi. 


Tiens, en voici un autre, de biographe, qui réinvente son Rimbaud, en fait un Nicolas. Un ami avec qui parler écriture, donc travail, mais si. Le journal de l'été c'est encore la lecture de son livre (pas le Ricardou vintage en photo !), chaque matin dans un canapé.


Quant à ce qui bouge et avance, à Colonel Fabien, face à celui qui déjeune seul, qu'est-ce que ça pourrait être ? Peut-être l'homme d'Irlande des Oloé, sur la place depuis des années avec sac, yeux baissés, mutisme permanent. Parfois il apparaît quand on ne s'y attend pas. Est-ce que cet homme avance ? Peut-on le dire ? Travaille ? Travaille qui ? Moi, peut-être ?


Et nous revoilà partis boulevard de la Villette, passant devant la bibliothèque Villon, oscillant entre pluie et soleil, journal d'été et automne inconnu, quelques photos faisant charnière.

samedi 12 juin 2010

par le sol














































Fin d'hiver ou début de printemps à Colonel Fabien, boulevard de La Villette. Photographier les bancs et l'absence de bancs, écrire sur qui s'assied par terre ou plutôt sur son sac depuis des mois, chercher ce qui n'y est plus (piquets anti-clochards, station-service) et tenter d'aller voir de haut ce boulevard qui mène à Belleville. Mais rien n'y fait : ça passe par le sol, la cime des arbres n'y peut rien.

lundi 5 avril 2010

Colonel Fabien, début de printemps

Il y a toujours ce banc, tourné vers la place qui pourtant n'a rien à offrir, si ce n'est sa circulation - ou alors, des boulistes au centre et ce soir, au JT de TF1, un reportage sur les mineurs sans-papiers qui s'y groupent lorsque la nuit tombe, à la recherche d'un hébergement. On dirait, malgré son objectivité, revendiquée sûrement, brandie haut, sa quête d'équilibre du moins, que le commentaire grince, cherche des appuis, ébauche une pensée, ne va pas au bout.

(ou alors j'ai mauvais esprit) (c'est sûrement ça)

(ah, ce très léger appui sur enfants, mot que la loi emploie pour parler des ados de moins de dix-huit ans qu'elle scolarise-héberge-nourrit, comment l'interpréter ?).



Il y aussi, place Colonel Fabien, un début de printemps et c'est de lui, je croyais, que je voulais parler.




lundi 5 octobre 2009

une étoile de rues coléreuses

"De la place du Combat partent la rue Velpeau, l'avenue Mathurin-Moreau, la rue de Meaux, la rue Louis-Blanc et la rue de la Grange-aux-Belles ; c'est une étoile de rue coléreuses, malgré l'oasis proche des Buttes-Chaumont et la descente pacifique entre des chantiers de camionneurs et de murs d'hôpital vers les plans d'eau du canal Saint-Martin. Comme il y a presque toujours des réunions syndicales avenue Mathurin-Moreau en haut des escaliers du n°8 et au fond de l'impasse du 33 de la rue de la Grange-aux-Belles et qu'on est aux confins des quartiers les plus ardents de Paris depuis les coups de fusil et les cris de la Commune, on y trouve des paquets bleus d'agents à la sortie du métro Combat, devant les grilles de la Bellevilloise et à la petite porte de Saint-Louis, où ils ont l'air de guetter la sortie clandestine des morts : c'est un territoire triste mais exaltant pour tout homme qui peut entrer librement dans l'impasse de la Grange-aux-Belles et monter les marches de ciment de l'avenue Mathurin-Moreau".

Paul Nizan, La Conspiration, XXI, 1938, Folio, p.253, trouvé dans La Bellevilloise (1877-1939), Une page de l'histoire de la coopération et du mouvement ouvrier français, sous la direction de Jean-Jacques Meusy, Creaphis, Paris, 2001.

(la place du Combat est aujourd'hui la place du Colonel Fabien ; quant à la rue Velpeau, elle se trouve dans le VIIe, du côté du Bon marché, étrange...)

dimanche 20 septembre 2009

Au plus près




























Idée on ne peut plus simple : se rendre, en ces journées du patrimoine dans le bâtiment le plus près de chez soi.












J'habite à quelques mètres du siège du Parti communiste, situé place du Colonel Fabien à Paris.
Lorsqu'il ouvre ses portes, chaque année, on peut visiter l'intérieur de la coupole, la salle des délégations, le café (?) et la terrasse.
Evidemment, chacun se précipite au sixième étage pour voir ce qu'il ne voit pas d'habitude : tout Paris, le quartier, la rue d'en bas.



























avenues, antennes, cours intérieures, caméras, cheminées...






























































Puis au sous-sol, on découvre donc la salle des délégations, étrangement couverte de moquette verte


















et son mot d'amour, gravé du bout du doigt.

lundi 5 janvier 2009

rayures et grumeaux














































Puis l'appareil-photo, en pleine contre-plongée vers les arbres des grands boulevards, est tombé en panne.

lundi 11 février 2008

Au retour : vidéo 5, de Jaurès à Colonel Fabien



S'y cachent : l'immeuble A, le bâtiment du téléphone, des amoureux fatigués qui n'étaient pas dans le livre...

jeudi 19 juillet 2007

Puisqu'on vous le dit

En clin d'oeil à Bruits, roman (ou tout comme) resté pour l'instant au garage, lui aussi.

lundi 16 juillet 2007

Col Fab entre le métro et l'immeuble B












et qu'est-ce que c'est que cette croix en haut?

vendredi 8 juin 2007

105 ans

Né juste en 1900, il avait deux ans quand Nation Dauphine fut construite. Cent cinq ans aujourd’hui, l’âge des poilus qu’on fête (neuf survivants) ce mardi 14 heures, il vit à Colonel Fabien. Les voisins du dessous entendent parfois ses pas très doux, de la porte à la fenêtre, cherchent le bruit d’une canne qu’ils ne détectent pas et se demandent, à l’impromptu, s’il n’est pas mort. Mais non. De la porte à la fenêtre c’est tout un monde lui espèrent-ils. Ils supposent qu’il est sourd et quand ils y pensent ils l’envient. Les assauts du métro aérien toutes les deux, quatre minutes, lui s’en réjouit sans les subir croient-ils. Il est à la fenêtre, spectacle permanent.

Les voisins du dessous oublient les vibrations, ignorent qu’il n’est même pas malade. Rien. Ne lui reste que : effacer le précédent spectacle, images intimes que huit autres partagent, dix-huit ans en 18. Etrange qu’aucune radio ne soit encore passée immeuble du boulevard, cinquième étage gauche, à Colonel Fabien, ce sera sans doute l’an prochain. Et puis non. Marcher à pas si doux, longer le couloir comme on franchit un col il ne le fera pour personne, sauf pour qui lui monte les courses.

Les voisins ne l’ont jamais vu et lui, ne les voit pas non plus. Ils s’inventent mutuellement le montant des loyers, croisent ensemble par la vitre nos regards impensables.

vendredi 27 avril 2007

Une présentation...

Fenêtres / open space est paru le 16 avril dernier aux éditions Le Mot et le reste. Il s'agit d'un livre écrit en 1997 puis en 2001 à Paris sur la ligne 2 du métro, qui est en partie aérienne.

Deux trajets s'y croisent en sens contraire : l'un (celui de 2001) part de la station Colonel Fabien (19e arrondissement) pour aboutir à Courcelles, près de l'Arc de Triomphe ; l'autre a pour point départ la station Garibaldi, à Saint-Ouen. Segmenté en trois, il emprunte la ligne 13 jusqu'à Place de Clichy, la ligne 2 jusqu'à Belleville et enfin la ligne 11 jusqu'à la station Télégraphe.

On peut trouver une présentation du livre par l'éditeur ici

Je voudrais que ce blog puisse servir à le faire découvrir, et voyager un peu.

Anne Savelli