l'horloge de la gare de Chartres

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mardi 22 mars 2011

ni miroirs ni fenêtres

Depuis que tu es venu me voir hier soir,
et as dit
ce que tu as dit
j'ai pris un bus rouge
à l'intérieur d'un caillot de sang
j'ai roulé affligée dans Londres
je n'ai rien cassé, ni miroirs ni fenêtres, ni plaques de verre céleste.
J'ai prié Oh que le monde se laisse suffisamment émerveiller pour
que la vie des poètes lui importe
et que leur mort l'attriste.

Janet Frame, Vers l'autre été, roman posthume publié aux éditions Joëlle Losfeld

mercredi 9 décembre 2009

Tentative de plagiat (non, de pastiche, plutôt) des questions d'automne de Martine Sonnet

Il y a une rubrique que j'aime particulièrement, sur le blog de Martine Sonnet : celle qui prend pour matière les questions des internautes que les moteurs de recherche ont dirigés chez elle, souvent en toute ingénuité... La méthode de Martine ? Puisqu'ils visitent son "île", offrir des réponses à ces "naufragés" grâce à quelques liens bien placés. Et ici, qu'est-ce que ça pourrait donner ?

Il faudrait tout d'abord répondre à celui qui souhaite trouver un bon mécanicien à Aubervilliers. Vers Aubervilliers je connais, du moins je sais y aller. Mais côté mécanique, que dire ? Proposer de suivre ce lien, sans doute.

Vient ensuite celui qui cherche un endroit où écrire. Alors là, mieux qu'à la bonne porte il a tapé au bon carreau, car je ne cesse de me poser la question. Chaque mois, une réponse sur Mélico, qu'il se le dise...

Vu le titre du blog, certains internautes s'interrogent sur la possibilité, ou non, d'apparaître à poil à la fenêtre. Pour l'instant ce n'est pas prévu. Mais pour le premier de l'an, peut-être ? D'autres m'assurent que le chien est sous la fenêtre. Je ne vais pas les contredire. Le chien est parfois sous la fenêtre, devant le Franprix, attaché par la laisse à un des trois piquets et il hurle à la mort durant les longues minutes que passe sa maîtresse en courses (sans doute, chaque fois, le caddie du mois). Je n'avais pas l'intention d'en parler, mais puisqu'on me le demande...

Après ça, il est bien légitime d'avoir envie de prendre l'air et je suis assez flattée que google, dans ce cas, pense à promener les gens par ici. En ce moment, ils voudraient quelques précisions sur la Bellevilloise, ce qui est bien logique. Mais l'espace culturel de Clichy-sous-Bois et la gare de Boulogne-sur-Mer les intéressent aussi, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Par contre, en ce qui concerne la météo demain à Dunedin, mieux vaut ne pas compter sur moi : depuis la mort de Janet Frame, je ne regarde plus le temps qu'il fait, là-bas, aussi souvent.

vendredi 12 juin 2009

noms de rues noms d'écrivains

Tant qu'à participer à Paris en toutes lettres, autant participer vraiment, m'étais-je dit en surfant sur le site de la mairie. J'avais donc répondu à l'appel demandant aux lecteurs de désigner des écrivains (un français, un étranger) "méritant une rue ou un lieu à leur nom dans Paris". Résultat des courses : Romain Gary et Oscar Wilde ont gagné. Je n'ai rien contre eux mais... des femmes, c'est pour quand ? Ca ne manquerait pas un peu, sur les plaques, des noms de femmes, dans nos rues ? Mes propositions : Violette Leduc et Virginia Woolf (Janet Frame, je me doutais que les chances étaient minces).
A ce propos, Nathalie Sarraute a-t-elle une rue à elle ? A Paris, pas la moindre. A Brest, oui (proposition votée le même jour que la rue Agatha Christie, comme on le voit dans le document). Plus fort, à Noyal-Châtillon-sur-Seiche, près de Rennes, un programme immobilier situé rue Nathalie Sarraute a pris le nom d'Isma. Ca change des noms de fleurs, toujours...
(par ailleurs si quelqu'un a envie de m'envoyer la photo d'une fenêtre, ou autre, prise dans une rue Violette Leduc ou Nathalie Sarraute, qu'il n'hésite pas, bien sûr)

lundi 8 juin 2009

Fenêtres de Nouvelle-Zélande







Comme déjà dit sur ce blog, je crois, la Nouvelle-Zélande est l'un des endroits du monde qui m'attire le plus, évidemment "à cause" de Janet Frame.





































D'elle il a enfin été un peu question ces derniers temps en France, en particulier sur France Culture qui lui a consacré une émission et un dossier. On trouve également un article sur son oeuvre dans le dernier numéro du Matricule des anges.









(la fenêtre ci-dessus me fait beaucoup penser à la caravane dans laquelle elle s'installe pour se mettre à écrire, à la fin d'Un ange à ma table - le film de Jane Campion)




























Mon amie Christine, qui m'a rapporté ces photos (certaines prises à Auckland ; pour Oamaru, haut lieu framien, voyez ) y a joint le programme d'un festival littéraire qui a eu lieu au mois de mai. Evidemment, on y trouve une rencontre la concernant. J'imagine que pour les écrivains néo-zélandais, elle doit encore prendre beaucoup de place, trop peut-être, quand ici on ne la connaît quasiment pas.



















































Pas question que je n'y aille pas un jour... En attendant, grand merci à la photographe.

samedi 4 avril 2009

Tu lis quoi ?






































Lus ou relus ces derniers temps, et le plaisir de juxtaposer, ici, les titres et les couvertures (cliquez dessus).

Par ailleurs, me dis qu'il faudrait vraiment se remettre à l'anglais : même pas au courant qu'un roman postume de Janet Frame, Towards another summer, écrit en 1963, était paru en 2007 en Nouvelle-Zélande.

vendredi 20 mars 2009

Fille, 84 ans, Dunedin, Nouvelle-Zélande

"My books are really just explorations... in the early days I did try to insist that they be called that rather than novels."


Janet Frame (1924-2004) a depuis peu une page Myspace en anglais. Myspace ne sait pas compter, lui donne quatre ans de plus, fait comme si elle n'était pas morte à Dunedin un mois de janvier, à 80 ans.

Peu importe : toutes les occasions sont bonnes pour parler de Janet Frame et dire que plus rien n'est paru en français depuis la sortie du Lagon et autres nouvelles aux Editions des femmes. Alors, les autres textes, les "explorations", c'est pour quand ?

vendredi 21 novembre 2008

Il fallait bien essayer...

Point de résidence au 104 l'an prochain, l'e-mail vient de tomber : je n'avais que 10 % de chances, remarquez, la nouvelle va dans le sens des statistiques...








Pour me remonter le moral et parce que la réponse à ce genre de choses est toujours, à mon avis, dans le déplacement (ce déplacement qui recentre), une photo de la maison de Janet Frame à Oamaru, en Nouvelle-Zélande. C'est là qu'elle vivait avec sa famille, époque évoquée dans Un ange à ma table.

jeudi 13 novembre 2008

Nouvelle-Zélande : ça se croise

Justement, à propos de Nouvelle-Zélande, cet article très récent à découvrir sur le blog de Chantal Serrière, Ecritures du monde. Quant au lien Janet Frame que vous y trouverez, il mène sur mon petit texte Wikipedia, c'est drôle...

mercredi 12 novembre 2008

Fenêtres de Nouvelle-Zélande

A Dunedin :

"Plus tard, je m'assis sur mon lit dans ma petite chambre qui donnait sur des murs de briques, des kilomètres d'immeubles avec de hautes cheminées. En me penchant par la fenêtre, je voyais, juste derrière la grille qui ouvrait sur la ruelle, le petit jardin tout fleuri de géraniums ; auparavant, je n'avais jamais pensé qu'il pût en pousser dans une ville, mais leur velours feu était sali d'une couche de suie. Je pris conscience que j'étais seule pour la première fois dans une ville grise, et un sentiment d'attente et d'excitation s'empara de moi ; puis, peu à peu, l'exaltation fit place à l'angoisse. Et voilà, c'était le face-à-face avec l'Avenir - la solitude, personne à qui parler, la peur de la ville, de l'Ecole Normale, de l'enseignement ; et il me faudrait nier ma solitude, faire comme si j'avais un grand nombre de gens à qui parler, comme si je me sentais bien à Dunedin, et comme si enseigner était depuis toujours mon désir le plus cher."

A Wellington :

"Et alors, les bruits parurent se rapprocher tellement que je retournai à la chambre, et me penchai à la fenêtre, dans l'obscurité. Elle dormait paisiblement. Je ne parvenais pas à la réveiller ; j'essayais, mais sans résultat. De moment en moment, mon sentiment d'horreur se faisait plus vif. Dans la cour, la palissade devenait effrayante. Comme je la regardais, je vis les piquets se métamorphoser en Chinois, abominables. Je les voyais très bien, appuyés contre rien, les jambes croisées, la tête agitée de mouvements saccadés. Il faisait un froid affreux."

A Seacliff :

"Comme le train approchait de Seacliff, les arbres devenaient plus nombreux, et une fois encore, il se faisait un mouvement dans le wagon lorsque les voyageurs se rendaient compte que le train arrivait à la gare de Seacliff ; et l'hôpital, l'asile, apparaissaient furtivement entre les collines, comme un château de pierre sombre.
Le train pénétrait dans la gare. Oui, c'était là qu'étaient les fous, et tout le monde se mettait aux fenêtres pour voir ; à Oamaru, on disait d'eux qu'ils étaient "là-bas" à Seacliff, et à Dunedin qu'ils étaient "là-haut". Souvent, c'était bien difficile de dire qui était fou."

De la vitre du train, dans la plaine de Kaingaroa :

"Partout, sur les collines, on aperçoit de grands troncs carbonisés, on jurerait des animaux fantastiques, crocodile bâillant, cheval sans tête, oison géant, chien de garde. En plein jour, on sourit de ces imaginations, mais dans l'obscurité, quel cauchemar ! De temps à autre, les troncs argentés, comme une armée de squelettes envahit les collines."



A Seacliff à nouveau :

"Lorsque le train s'arrêta à la gare de Seacliff, je vis les quelques patients en permission de sortie qui attendaient sur le quai pour voir passer le train. Je savais, n'est-ce pas ? En moi-même, je me décrivais toujours avec les mots que j'avais entendu les parents et les amis employer maintenant pour parler de moi : "Elle a été à Seacliff. Il a fallu la mettre à Seacliff."

De retour après sept ans d'absence :

Enfin nous entrâmes dans le golfe de Haukari, naviguant lentement devant les baies bordées de maisons de couleurs étonnamment vives (...). J'avais tout oublié des maisons bariolées comme des confiseries et des profondeurs vertigineuses du ciel, qui n'était pas lointain mais à portée de main, à portée de regard, un ciel partagé."









Dunedin, Seacliff : Janet Frame, Parmi les buissons de Matagouri (Un ange à ma table, tome II), Hommes et groupes éditeurs. Traduction de Françoise Robert.

Wellington, plaine de Kaingaroa : Katherine Mansfied, Journal, Gallimard, collection Folio. Traduction de Marthe Duproix, Anne Marcel et André Bay.

Golfe de Haukari : Janet Frame, Le Messager (Un ange à ma table, tome III), Editions Joelle Losfeld. Traduction de Dominique Mainard.

samedi 10 mai 2008

11. Un ange à ma table, de Janet Frame













Autobiographie découverte grâce à l"adaptation cinématographique de Jane Campion sortie en 1990, trois tomes très difficiles à réunir à l'époque (le deuxième avait été publié quelques années plus tôt par un éditeur qui avait fait faillite, a ensuite changé de titre, entre temps était introuvable...), ce qui m'a valu l'amitié de ma libraire, qui les a pistés jusqu'au bout.



























Depuis, lu tout ce qui est paru en français, acheté certains de ses romans en anglais (mais pour l'instant c'est trop d'efforts de les traduire, surtout avec le vocabulaire maori qu'elle emploie, je les observent au pied du lit, le dico bilingue en attente) ; espéré qu'elle ait le Nobel pour que le processus s'accélère, su qu'elle était très malade, voulu lui écrire sans y parvenir, le brouillon est resté en suspens, n'ai pas osé le faire par e-mail alors que je savais qu'il fallait aller vite, su ensuite qu'elle adorait ça (les mails), mais trop tard.
Janet Frame, mon écrivain préféré, donc, la seule personne sans doute pour laquelle j'ai une admiration totale - sentiment qui ne peut être détaché de la fraternité éprouvée à la lire (je ne sais pas pourquoi, sororité ne me dit rien). Etre côte à côte, être tout près d'elle.

Quand j'ai lu La Fille bison, alors que ce que je projetais d'écrire semblait en apparence très différent, je me suis dit : au moins, si je ne réussis pas, le livre existe déjà.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, une courte biographie sur Wikipedia. Mais elle est réductrice (je sais, c'est moi qui l'ai écrite un jour de boulot alimentaire, pour tester les services du site !), il ne faut pas s'arrêter au seul champ psychiatrique...