samedi 26 novembre 2016
Lectures (us et coutumes du temps présent)
samedi 15 octobre 2016
automne nu #2
dimanche 17 juillet 2016
Journal de l'été #3

vendredi 20 juin 2008
Dans la marge : décembre 2001
(juste avant la fin du travail, du livre)
Qu’est-ce qui fleurit encore dans le quartier que je vais quitter, avenue Hoche, beaux quartiers dit-on, qu’est-ce qu’on y voit du parc Monceau à l’arc, une devanture, une église, un immeuble années 30 sous un ciel immanquablement bleu. Horloge, bulles de verre et mousse en vitrine, boutique de danse pour petites filles bien mises. Le sol des toilettes, damier noir et blanc, le centre de la photo et quelques bibelots de Noël.
Je voudrais m’abonner à tout.
Un peu d’espace pour le silence, le calme, pouvoir s’asseoir ou s’étendre sans rien faire. Café du canal en hiver.
Nation. Une brasserie sert des huîtres, jazz feutré, 12 décembre 2001. Sur la place on s’affole pour Noël, mères de famille qui iront chez Pintel faire le stock, grands-parents déjà alourdis du voyage, traverser la place sans les putes, les macs et les taxis.
Regard lessivé, pupille bleu piscine, iris rouge.
Tout ça rien que pour commencer.
(notes retrouvées dans un document Word jusqu'ici oublié)
mardi 24 juillet 2007
Dans la marge : Saint-Ouen / 5
(dans le premier carnet rouge, 9,5 x 14 cm, retrouvé hier)
samedi 21 juillet 2007
Dans la marge : 2001
Quelques minutes au soleil avant de retourner travailler. Goût du café encore sur le palais, un ouvrier en blanc de travail à moustaches fume une brune. Chaises d’osier, cendrier inutile, soleil sur la table et sur le dos de la main, de celle qui écrit.
craquelinier : fabricant de craquelines, gâteaux bretons
Inféodés au bruit de nos voisins n’avons plus qu’une vie organique et pratique. Ne voyons rien de la matière du ciel le matin, rien de sa lumière, et sommes invisibles.
J’ai dans la poche de mon manteau depuis dix jours au moins une page de mon roman, toute naze, à réécrire.
carrier : travailleur ou exploitant des carrières
vendredi 13 juillet 2007
Dans la marge : 1999
Rouler sur les bouches d’égout à Sarcelles, devant les jardins de roses, les maisons effondrées. Passés tous les panneaux publicitaires, le colza pétarade, ça pue un peu quand on s’approche. Retrouver un creux de vallon, vers Presles, s’attendre à une rivière, mais non.
Pluie d’été mais pluie grise entre Ponteau-Combeau et Paris, regard à un mètre quarante du sol. Ballast couleur betterave jusqu’à la gare de l’Est, sa dentelle de câbles, de fils, de grilles, de pylônes. Parpaings, blocs de béton et Paris à un kilomètre.
25 mai 1999, sur l’avenue de Saint-Ouen. Un carnet pour la route, un autre pour les énervements. Grues qui changent de cap. Métro bondé où l’on ne peut monter enceinte.
lundi 9 juillet 2007
Dans la marge : 1998
lundi 25 juin 2007
Dans la marge : Saint-Ouen / 4
Un spectacle de danse, Corpus, où tout le monde est fou, croit-on. Monologue sur le noir qui envahit la scène tandis qu’une danseuse frappe et se frappe contre les murs. Seuls le sensible, le corps permettent de rester dans un certain ordre mental, nous dit-on, c’est pourquoi viennent ensuite des tentatives de reconnaissance, de définition de ce corps à jamais lié à la tête.
Sur le périphérique, à la nuit tombée, des dizaines de feux stop clignotent, clignotent aux néons orange, aux flaques aux anfractuosités. Les murs comme des lamelles de fruits. En sortie de tunnel sur la file de droite le ciel passe au gris-bleu. Il faudrait s’accrocher encore.
Mairie du XVIIIe. Visite. Un appartement donnant sur l’église, porte vitrée parquet ciré murs blancs : un nid dans le clocher.
Espèces d’espaces : Perec à la devanture d’une boutique de luxe.
lundi 11 juin 2007
Dans la marge : Saint-Ouen / 3
samedi 2 juin 2007
Dans la marge : Saint-Ouen / 2
Saint-Ouen. Au cinéma une conférence d’histoire de l’art tenue par un homme fluet qui porte un nœud papillon. Ce sont des conférences gratuites, mensuelles, entrée libre. L’homme fait avec elles le tour du département. Aujourd’hui : Dubuffet, le corps, la matière. Dubuffet dit : faire l’inventaire de son propre réel, faire des relevés de tous les faits du monde. Il alterne les séries figuratives et abstraites. On note la cycliste nue, la matière picturale grattée. Haute pâte qu’il incise, racle. Il rencontre Duchamp et Pollock à New York, nous sommes dans les années 50. Le vrai art est toujours là où on ne l’attend pas cite l’homme derrière son pupitre, tandis que sur l’écran défilent les diapositives. Sitôt qu’on le décide, il se sauve.
Série des corps de dame. 1945 : Dubuffet énonce le concept d’art brut avec Breton et compagnie. Années 60-70 : l’hourloup, série réalisée à partir de ses griffonnages au téléphone. Série Théâtres de la mémoire, où il tente de représenter la multiplicité des idées que l’on peut avoir en tête.
vendredi 1 juin 2007
Dans la marge : Saint-Ouen / 1
Saint-Ouen, 18 septembre 1998, au café rouge le matin. Les arbustes plantés le long de la verrière laissent des ombres dentelées, remuantes, sur les vitres et les chaises. Passe Farid, pressé (le moniteur de l’auto-école d’à côté). Par petites vagues des femmes en boubou, des femmes portugaises, des femmes maghrébines traversent l’avenue pour aller au marché. C’est le jour du tissu. Leur foulard noir ou blanc surgit derrière les stands entre rouleaux et pans, épaules des vendeurs, tandis que le tissu déçoit : malgré les dorures d’Orient les couleurs vieux rose, bleu roi et orangé dominent. Au café on se déplace pour une place au soleil.