l'horloge de la gare de Chartres

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samedi 27 février 2010

Ne pas s'asseoir

" Vers 10h45, le jour de mon inscription, nous sommes une quinzaine à attendre dans un des huit sites Pôle Emploi de Caen. Il y a du monde, mais pas de bruit, un calme soucieux, presque palpable qui amplifie chaque son. Chaque chose semble conçue pour créer une sorte d'inconfort neutre, où rien n'invite à s'installer, ni même à s'attarder au-delà du temps strictement indispensable aux formalités. La pièce est un grand hall qui sert à la fois de comptoir d'accueil, de salle d'attente, de cabine téléphonique pour les démarches. On peut aussi y consulter les offres d'emploi sur des ordinateurs. Ces fonctions ne sont isolées par aucune paroi et tout s'y fait debout, derrière des sortes de guichets à hauteur d'homme, si bien que les gens semblent flotter parmi les courants d'air, entre des murs aux couleurs banales, y compris les conseillers de l'agence. Eux non plus n'ont ni fauteuil ni bureau. Chacun paraît éviter le seul endroit où il serait possible de s'asseoir, quelques chaises soudées par des barres de métal, installées devant un écran. Diffusé en boucle, un film de Pôle Emploi répète sur un ton de comptine : "Vous avez des droits, mais aussi des devoirs. Vous pouvez être radié." "

Florence Aubenas, Le Quai de Ouistreham, page 26.

mardi 26 janvier 2010

Ce matin

Ce matin tandis qu'il commençait à bruiner sur Paris, je suis allée une dernière fois à la Bellevilloise ranger le bureau, reprendre mes affaires.
Descendue à l'arrêt Pyrénées Ménilmontant









j'ai photographié ce qu'on voit, dans la rue, d'évidence, et que jusqu'ici j'avais évité.









Et aussi, ce que je n'avais pas assez regardé.












La rue Boyer était déserte. J'ai longé le café des sports, le restaurant qui a changé de propriétaire et de couleur durant ma résidence












et je suis entrée dans la Bellevilloise. En montant les marches pour me rendre au loft, je suis passée devant la première loge, celle qui aurait dû me servir de bureau et qui ne l'est pas devenue (une histoire de fissure). Surprise :












(vous voyez un bureau comme moi, non ?)
Dans le loft, les chaises du meeting du P.S, samedi, étaient toujours là, sages et seules : pliantes pour les spectateurs, arrondies pour les orateurs.









Je suis montée sur la mezzanine, ai déplacé un fauteuil qui bloquait l'entrée de "mon" bureau










(ce n'était déjà presque plus mon bureau)
et j'ai commencé à ranger. Il y avait peu à faire : détacher du mur les textes (Sarraute, Fellini, Perec...) lus lors de la visite guidée en octobre ; nettoyer la cafetière et la mettre dans un sac, etc.


















Bien entendu, j'ai pris une fois de plus une photo de la vue, et comme j'avais un nouvel appareil, muni d'un zoom plus puissant que le précédent, j'ai zoomé :












Photographié encore des livres donnés par Lya :









Et enfin, partout dans le décor, cette petite clé que j'allais rendre :








jeudi 21 janvier 2010

Ecrire à la Bellevilloise ? (Non)-réponse sur mélico

Le quatrième oloé vient de paraître : il s'intitule Dans la loge/dans le bureau et il évoque la pièce que la Bellevilloise a mise à ma disposition durant quatre mois pour me permettre d'écrire. Au moment de la quitter, l'idée de déplacer cette résidence "en dur" vers les pages de mélico ne me déplaît pas, je l'avoue...

J'ai vraiment commencé à écrire ce texte dans la loge (dans le bureau) de la Bellevilloise, mais lorsqu'il a fallu y travailler un peu plus sérieusement, je n'y ai plus mis les pieds pendant quinze jours : c'est presque toujours à distance que l'identification aura fonctionné.

Et il est bien possible que le bureau (la loge) lui (elle)-même, on ne les voit vraiment sous forme de photo qu'une fois le trait tiré (sur mélico, il / elle n'apparaît pas en entier).

En attendant : une chaise rouge, stable et solide, chaise de théâtre. Et la chaise bleue, trouée, fragile, chinée pour écrire ou pour faire joli (décor, décor, oui) : deux versants d'un même travail.

dimanche 20 décembre 2009

hiver de l'oloé 2










Et si on les suivait de saison en saison ces oloé, endroits où lire, écrire ? La chaise-table du jardin Curial disparue (ne reste que le plateau gris de la halle), voici maintenant le banc sous la neige. En attendant des nouvelles de la chaise longue et du palmier, peut-être ?

A priori, trois sont encore à paraître chez mélico. A partir de janvier, guettez bien sur le site la rubrique "création contemporaine", je ne serai plus seule...

(photo de Monique)

samedi 21 juillet 2007

Dans la marge : 2001

Quelques minutes au soleil avant de retourner travailler. Goût du café encore sur le palais, un ouvrier en blanc de travail à moustaches fume une brune. Chaises d’osier, cendrier inutile, soleil sur la table et sur le dos de la main, de celle qui écrit.

craquelinier : fabricant de craquelines, gâteaux bretons

Inféodés au bruit de nos voisins n’avons plus qu’une vie organique et pratique. Ne voyons rien de la matière du ciel le matin, rien de sa lumière, et sommes invisibles.

J’ai dans la poche de mon manteau depuis dix jours au moins une page de mon roman, toute naze, à réécrire.

carrier : travailleur ou exploitant des carrières