l'horloge de la gare de Chartres

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samedi 10 juillet 2010

Fenêtres : trajet continu



Voici un petit montage de mes vidéos prises en 2008 sur la ligne 2 qui exclue les arrêts en station. Le trajet y devient une boucle, on ne descend plus.

Je vous conseille le clic droit, et "full screen" pour le voir en entier.

N'y sont plus, aujourd'hui : l'immeuble aux fenêtres murées à Barbès, remplacé par un neuf, assez beau (mais j'aimais tant l'ancien) ; les tags sur la rotonde de Stalingrad, impeccable à l'heure qu'il est.
N'y sont pas encore : la façade aveugle, à Stalingrad toujours, qu'il faut vraiment que je prenne en photo un de ces jours ; le centre Barbara, d'un noir d'encre, dont je reparlerai sans doute ici et que l'on aperçoit en travaux.

N'y sera plus, un jour, non plus, le bruit des MF67, rames progressivement remplacées par des MF2000 dont les vitres sont plus larges mais qui possèdent moins de sièges et dont les freins grincent atrocement (la faute au sabot qui n'est plus qu'en bois m'a dit un conducteur l'autre jour) (je le salue s'il passe ici).

mercredi 11 février 2009

Le même trajet, il y a quinze ans

Trouvé sur YouTube ces vidéos floues et heurtées du même trajet que Fenêtres, tournées en 1994. Rien ne semble avoir vraiment changé, mais il faudrait faire sans cesse des arrêts sur image (mon projet pour Décor Daguerre, du reste...) pour le savoir.

Stalingrad-Jaurès :


Barbès-La Chapelle


le quartier Barbès :


La ligne 2 n'est pas le seul centre d'intérêt de l'auteur, loin de là. Sur son site, on découvre plus de 500 vidéos tournées dans les années 90 et 2000 à Londres, Chicago ou New York, prises de la vitre d'une voiture ou suivant le trajet d'un métro, d'un train...

Comme pour celles que j'ai faites il y a un ou deux ans aux mêmes endroits, ce que je préfère, toujours, c'est le son. Cependant les MF 67 sont en train de disparaître, remplacés de mois en mois par les MF2000 : bientôt terminés ces grincements.

mercredi 28 janvier 2009

sur le trajet




















































Au début on fait attention, prend des notes. Bientôt, puisque ce trajet, le 103 bis, se fait à pied, on pense à autre chose.

























Mais c'est ce qu'il faut, sans doute.

lundi 12 janvier 2009

Jaurès, croisements


"Elle sortait, la méthode s'ouvrait, dictait. Atteindre d'abord la guérite de la vendeuse de billets de loterie, flairer dans une entaille le relent de la malchance, stationner à côté de la grotte du marchand de journaux, se présenter à l'escalier du métro Jaurès après avoir traversé à trois heures de l'après-midi le passage clouté du boulevard de la Villette. La méthode se refermait devant l'établissement Les Palmiers, à l'angle du quai de la Loire et de l'avenue Jean-Jaurès, des jeunes filles entraient dans le café. Elle baissait les yeux, le trottoir était de son âge, février pris dans le brouillard se renfrognait, carrefours et coins de rues se ressemblaient. Elle errait autour de l'autocar Sevran-Paris toujours vide, toujours silencieux.
(...)
Elle revenait du côté des Palmiers, elle évitait de passer à proximité du café. Il gelait, des jeunes filles buvaient du Coca-Cola avec des pailles. Elle traversait le passage clouté de l'avenue Jean-Jaurès, près de la station du métro Jaurès, le marchand de journaux se tassait, les pièces de monnaie tintaient dans la soucoupe. Quatre heures moins le quart. Tous les jours à la même heure, un petit pain au chocolat tombait à ses pieds, dans le ruisseau."

Violette Leduc, La Femme au petit renard, 1965, Folio, pp. 9-11.

C'est presque le début du roman. Une femme, dont les fenêtres donnent sur le métro aérien, sort de chez elle, circule dans le quartier Jaurès. Elle est pauvre, elle a faim, cherche à tromper sa faim en scrutant ce qui l'entoure, en y trouvant des signes.

Je passe souvent au carrefour Jaurès où se croisent les avenues, les métros et les gens, en pensant à ce livre.

*

Le week-end dernier, en rangeant des papiers, j'ai retrouvé un texte écrit en 2001 d'après une proposition de Télérama, elle-même inspirée de contraintes perecquiennes. Il s'agissait, un certain samedi, de se poster tous à l'endroit de Paris de son choix (à une fenêtre, je suppose, une vitre en tout cas) et d'y décrire ce qu'on y voyait pendant une heure. J'avais décidé, sans faire me semble-t-il la relation avec le livre de Violette Leduc, de m'installer au Jaurès, bar brasserie située exactement à la place des Palmiers.

C'était en 2001, pleine époque d'écriture de Fenêtres, un samedi de février entre trois et quatre heures, horaire imposé par Télérama. Or la femme au petit renard passe devant les Palmiers en février, entre trois et quatre heures, je viens de m'en rendre compte en recopiant ces deux extraits...

Alors, tant qu'on y est : en février prochain, à J + 1 de la date anniversaire du texte de 2001, entre trois et quatre heures je parlerai de Fenêtres. Au 104 : ce point extrême du trajet dont le Jaurès devient le centre.

mardi 21 octobre 2008

A cet endroit précis











photographie de Pierre Ménard

dimanche 11 novembre 2007

jouer au métro à domicile

(à propos du métro aérien, sur la ligne 6)

Quand le parcours se prolonge un peu, c'est le statut du passager qui change quelque peu : il supporte moins le regard des autres et ose moins les regarder ; le voyeurisme prend ses distances : parallèles à la voie, cependant, les fenêtres des immeubles au deuxième et au troisième étages sont souvent closes, et tirés les rideaux, comme si les heureux habitants de ces lieux étaient tenus de jouer au métro à domicile et de goûter toute la journée la quiétude d'une pièce capitonnée où la lumière reste allumée.

Marc Augé, Un ethnologue dans le métro, 1986.


Marc Augé aurait-il rêvé la même chose s'il avait pris la ligne 2 qui ne traverse pas, elle,
Bir-Hakeim et Passy ? J'ai dans l'idée que non...