l'horloge de la gare de Chartres

l'horloge de la gare de Chartres
Affichage des articles dont le libellé est Marseille. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Marseille. Afficher tous les articles

mardi 14 mars 2017

la villa, les rails



















Ce blog comme une respiration. Comme autre chose que le texte fermé dans son traitement de textes, lequel parfois avance, parfois inquiète, parfois permet lui aussi de respirer. 
J'avais envie d'écrire ici sur le séjour de L'aiR Nu à Marseille, sur notre déambulation mais je l'ai déjà fait en introduction de notre page web puis dans les carnets de résidence, l'espace réservé aux auteurs de la Marelle. Changer de support, est-ce se répéter ? Est-ce vouloir toucher de nouveaux lecteurs ? Seulement ça ?












Ne parler que voyage, paysage à la vitre, souvenir rapide d'Aix sous un ciel menaçant, jours plus doux à Marseille avec la Friche à traverser, les quartiers de la Belle de Mai, des Chutes-Lavie tandis qu'il n'y a toujours personne dans les rues en pente, que le château d'eau en haut du parc Longchamp disparaît sous les échafaudages, que l'entrée du parc sent le crottin (et les mats qui tintent au Vieux Port, cet hôtel où j'ai mal dormi, les méandres du musée... tout s'enroule, se déroule, disparaît dans le vent).



















De retour à Paris, j'ai passé plusieurs heures sur un petit enregistrement que j'ai effectué pour L'aiR Nu, texte qui recouvre en partie un autre texte, laisse entendre des bruits de travaux, de trains. Qu'est-ce que je voulais faire, à tenter d'effacer le texte initial écrit sur la villa par un autre expliquant que je ne pouvais l'écrire ? Quelle inquiétude se dessinait là ? 















Il faudrait dire les rires, le passage à la mer, les cafés, les envies de se revoir, les graphes et la friction des skates à l'entrée de la Friche, la musique entendue, les repas pris ensemble et pas seulement ce vertige né de l'absence de sommeil, du peu de mots disponibles, du tourbillon, vitesse de ces jours où tout ce qu'on rêvait advient. 













On regarde filer alors que c'est le présent encore. On sait bien que ça ne s'attache pas, glisse, ce présent parfait. Que ce n'est pas le moment d'écrire ni même de prendre des photos. Il s'agit d'écouter les gens, de les faire lire et de créer un site pour que quelque chose s'inscrive, se déploie.


Permette un jour d'aller ailleurs, déambulation qui nous a conduit en un an de Strasbourg à Marseille, devrait m'entraîner à Cannes au mois de mai et sur la Côte d'Azur en août. 
(mais oui !)
(monter un dossier, réfléchir, envoyer des mails)













Nous faisons, tricotons, oublions, repartons, discutons avec le sentiment, parfois, d'être devant un vide. Mais non. 













Mais non, au contraire. Tout est là qui tient dans le mouvement.

mercredi 16 décembre 2015

Anamarseilles, à l'intérieur




Je suis en train d'enregistrer Anamarseilles en entier, en suivant le découpage du texte. L'ensemble sera à disposition, en écoute gratuite sur le site de la Marelle quand j'aurai terminé, proposition faite à Pascal Jourdana dans l'idée d'effectuer, de mon côté, une dernière chose pour ce livre après en avoir annoncé la parution ici et ailleurs, publié des extraits, lu le début en public, envoyé un mail à quatre-vingt-dix-neuf personnes et tenté de créer une vidéo à partir d'un diaporama sonore (échec cuisant et renouvelé).
Pascal a dit oui.



Lire à voix haute, enregistrer seul-e dans sa chambre est une chose très intime. Pendant que j'écris cet article, je réécoute ce que j'ai déjà lu et monté et je cherche, parmi les photos de 2012, celles qui sauront le mieux dire ce moment. Les images prises à l'intérieur de la villa, que je n'avais presque jamais montrées, m'appellent tout à coup.



(on voit ici le sac à pommes rouges dans lequel j'ai rangé depuis les cartes postales de Maryse Hache et celui du Merle Moqueur, offert par Marie-Hélène Desestré au Cent Quatre. Le lit n'est pas très bien fait, j'en conviens)

J'écoute et je vois à quel point ce livre est lié à un ou plusieurs labyrinthes, comme greffé, plaqué dessus, happé par les chemins, les impasses qu'il's) dessine(nt). Le labyrinthe, c'est le cerveau de Dita Kepler, sans cesse au bord du court-circuit tant elle a peur d'être façonnée par ce qu'on attend d'elle - c'est en tout cas ce qu'elle imagine. C'est aussi les quartiers qui rayonnent autour de la Marelle, rues qui montent et descendent au point que la géographie en est bouleversée : il devient possible, par exemple, de faire grimper un fleuve en haut d'une colline. 



Dans l'anamarseille #1 au bout d'un moment elle est perdue, Dita, et nous aussi, il faut avouer. C'est normal, elle apprend à relier les contraires, ce qui n'est jamais évident. Il faut un peu de courage pour continuer. 



















Dans l'anamarseille #2 apparaissent le fleuve et la colline, qu'il ne faut pas voir telle quelle d'abord, ni gravir tout de suite. Tout étant, ici, sujet à métamorphose, c'est en premier lieu un théâtre, celui de la Colline, bien sûr, où se joue une adaptation des Autonautes de la Cosmoroute - une histoire de trajet Paris Marseille, tiens tiens. A travers le livret de la pièce, Julio Cortazar confirme à Dita l'idée de voyager à travers les lettres de l'alphabet. Pour elle, l'appui, ce sont les A, B et C qui dessinent les anamorphoses et sous lesquelles elle met un nombre incalculable de choses (C comme Colline, comme ciel, comme craie, comme caillou, comme Cortazar...).



(autre chambre de la Marelle)

Tout en écrivant, j'écoute le texte lu, donc. Quand je me (re)lis, je vois bien que c'est compliqué, cette histoire, alors j'ajoute : aucune substance hallucinogène n'a été consommée ni cachée en ces lieux. 



Dita Kepler, c'est ma façon de conjurer les angoisses, les heurts. De faire un portrait des méandres.
(ici, dans l'entrée)
De mimer la plasticité de nos circuits, de nos avancées, de nos reculs. Je ne sais pas à quoi ça ressemble, ni si ça ressemble à quelque chose de connu. 



En tout cas, il y a du monde, dans ce livre solitaire, plein. Des écrivains, des gens qui donnent des cadeaux, des passants. Dans la partie Anne à Marseille, on croise des amis, perdus ou non, morts ou vivants. On trouve le contenu, par le menu, de la valise bruitiste de Jean-Marc Montera. Et un faux souvenir d'enfance. Des cages ouvertes. Le portrait d'un homme recherché... 

Vous avez vu ? On est sortis, ça y est.
Je retourne à mes sons. A très bientôt j'espère. 

mercredi 2 décembre 2015

Anamarseilles : tentatives de définitions















Etrange besoin que celui d'inventer des mots. Encore l'oloé a-t-il son utilité de  temps à autres : il arrive que certains l'utilisent sans savoir d'où il vient, ce qui me fait toujours plaisir. Mais l'anamarseille ? Pardon ? Comment ça ? De quoi est-il question quand on commence à raconter l'histoire d'un personnage qui, sous l'influence d'un livre d'histoire de l'art, s'anamorphose à Marseille ? (raconterhistoire, personnage sont déjà des trompe-l'oeil, comme on peut s'en douter)

Pour accompagner la parution d'Anamarseilles aux éditions La Marelle (oui, voilà, ça y est, il est sorti et j'y reviendrai sans doute un peu plus tard) en guise d'introduction, je vous propose de retrouver ci-dessous les définitions de quelques mots qui ont leur importance dans le livre et qui s'y trouvent, d'ailleurs, dès le début : je ne fais ici que les recopier. J'ajoute cependant dans ce billet la "vraie" définition de ce qu'est une anamorphose, tirée du Petit Larousse à couverture rouge de mon enfance, premier de tous les dictionnaires que j'ai reçus en cadeau.


Mais commençons.




















Anamorphose 

Dilatation, projection des formes hors d'elles-mêmes, conduites en sorte qu'elles se redressent à un point de vue déterminé.
Rébus, monstre, prodige.
subterfuge optique où l'apparent éclipse le réel

Les mots et bribes de phrases ci-dessus sont tirés du livre Anamorphoses dont il est question ci-dessous.

Selon le Petit Larousse à couverture rouge : 
n.f. (gr. ana, en remontant, et morphê, forme). Image déformée d'un objet, donnée par un miroir courbe ou par un système optique non sphérique ainsi que par les appareils à rayons X (déformation conique des ombres). II Peint. Effet d'optique consistant à déformer ce qui, vu sous un certain angle, reprend son aspect véritable. 

















(on remarquera au passage que cette page Larousse ornée d'un ananas s'ouvre sur le mot ana (recueil de bons mots, de récits plaisants) et se termine par anarchie (système politique et social suivant lequel l'individu doit être émancipé de toute tutelle gouvernementale II Etat d'un peuple qui, virtuellement ou en fait, n'a plus de gouvernement)


Anamorphoses

Anamorphoses, ou Thaumaturgus opticus, Jurgis Baltrusaitis, Flammarion, 1984, collection « Les perspectives dépravées » : ouvrage côté 704.9 BAL, contenant à l'origine une feuille-miroir métallique servant à déchiffrer les anamorphoses cylindriques afin de découvrir dans le reflet l'image cachée. Cette feuille-miroir n'y est plus. La première chose à faire est sans doute d'en trouver une autre, ou d'y substituer un élément approchant.

(nb : les illustrations de ce billet, en dehors de la page Larousse, sont issues du livre Anamorphoses. Il suffit de cliquer dessus pour les agrandir)




















Dita Kepler

mon avatar dans le jeu Second Life, plate-forme dont elle s'extirpe, où on ne la voit jamais. Personnage collectif dans le reste du monde. Peut voler, planer, se métamorphoser en fonction des lieux où elle tombe. Peut conserver une forme humaine, se changer en pans de décors, se diviser, etc. Est-elle invisible, transparente aux yeux des humains ? Peut-elle communiquer avec eux ? Ce genre de question se pose, sans réponse évidente.
Ce qu'on sait, c'est que le bruit du monde (ses slogans, ses phrases) lui traverse la tête, d'où la sensation qu'elle éprouve de ne pas réussir à penser. Ici, on constatera qu'elle est capable de lire, cependant.










anamarseille


version courte :
anamorphose de Dita Kepler, qui arpente la ville de Marseille en s'étirant d'un point A à un point C. Elle passe parfois par un point B à mi-parcours (pas toujours)

version plus longue :
Pour une raison tenue secrète, Dita à Marseille va s'anamorphoser. Elle partira pour cela d'un point A et va s'allonger, se tendre, briser ses contours, bref résoudre la question de sa forme sans jamais quitter cet ancrage, le point A, jusqu'à joindre un point C dont la distance pourra varier. De l'un à l'autre, devenue courbe, elle passera parfois par un point B.
Les points A, B, C pourront être des lieux, des textes, des hommes, des personnages, des objets, etc. Toujours aimés.
Elle, pour les lier, pourra devenir onde, fil, brin de laine, ligne, dessin, rail : nous verrons. S'enrouler et se dérouler, se suspendre, se disloquer, se lancer, s'extraire, ici comme aux alentours, tel est le programme en tout cas.












Voilà. Il y a dans le livre cinq anamarseilles qui forment une première partie, rédigée en 2012 et justement appelée Anamarseilles. La seconde, plus autobiographique peut-être, est tirée d'un jeu de mots dont je n'avais pas le début de l'idée quand j'ai écrit la première, je le jure. Vous n'avez pas encore deviné ? Elle s'intitule Anne à Marseille, ah ah, bien sûr.
(et voilà l'ana du Larousse apparu, quasi)

mardi 28 avril 2015

Dita Kepler : en septembre à Marseille















La place est restée vacante, depuis trois ans : Dita avait déserté l'oloé ci-dessus, situé à la Friche, et qui a disparu depuis. Je savais qu'elle était censée s'anarmorphoser - à Marseille donc. J'avais inventé le mot pour cette métamorphose, écrit les cinq premières anamarseilles... Depuis, elle attendait. 
Durant tout ce temps, elle est passée de Twitter à remue.net, a repris de l'élan, a foncé vers Nantes, s'est scindée en deux (un géant, une jeune fille rencontrés au bord d'un lac, dans une île). Mais quelque chose en elle était resté là-bas, à la villa La Marelle



















(dont voici la cuisine).
A vrai dire, je ne savais pas comment reprendre ce texte de 2012 qui, techniquement, est ce que j'ai écrit de plus difficile, il faut l'avouer. Je n'arrivais presque plus à le faire bouger et je ne pouvais pas en écrire davantage. Et puis, un peu bêtement, très simplement, j'ai pensé qu'anamarseilles pouvait devenir a(nne)àmarseilles. C'est ce qui s'est passé. Anamarseilles, qui paraîtra si tout va bien en septembre aux éditions La Marelle, aura la forme d'un diptyque : Dita d'abord, et moi ensuite, parcourrons la ville, chacune à sa façon (la mienne, je crois, est plus fluide. Etrangement, il semble que je vais plus vite qu'elle !)
Il y aura du château d'eau, du train, du parc, un théâtre, un éventail, des cages et la maison du crime.
On y suivra un petit circuit, rue, mer, corniche, livre, peinture, parc, calanque...















Parfois on me demande si elle, ce ne serait pas un peu moi. Sur Second Life, ça ne fait aucun doute. Mais je n'y vais jamais. Pour le reste (c'est-à-dire ailleurs), qui sait ?

mardi 25 novembre 2014

LVIR #9



















Ces derniers jours, c'est du côté du sud, du côté Laisse venir qu'arrivent les bonnes nouvelles. Ainsi, juste avant notre intervention à la villa Méditerranée, le livre a eu droit à un bel article de la Marseillaise, sous le titre Trip numérique
Il va encore se passer une ou deux choses (ou peut-être davantage, encore, qui sait ?) ces prochains temps. En attendant, nous étions donc hier, Pierre Ménard, Pascal Jourdana et moi à Marseille pour parler du livre, dire quelques mots de la genèse, des modalités d'écriture, évoquer également le travail de Roxane Lecomte et Jiminy Panoz pour parvenir au résultat final. 



















Le temps était très doux, l'écoute belle. Sans l'avoir prémédité j'ai parlé à un moment de ce qui est peut-être le plus complexe dans ce que j'ai écrit mais me tient le plus à coeur (j'y reviens, oui) : l'adresse en parallèle à plusieurs tu dont le lecteur ne sait au juste s'ils représentent des hommes, des auteurs, des textes, des paysages. Dans le texte, j'ai posé quelques balises. Ainsi, quand je parle à Pierre Ménard, qui est l'un de ces tu, c'est très clair. Mais ce n'est pas toujours ainsi, loin de là. 
(s'adresser à Pierre Ménard est-ce bien clair, nonobstant ?!)

Une petite voix continue de me dire : tu perds ton lecteur. Une autre lui répond : Je m'en fous. Une troisième intervient, qui dit : je ne m'en fous pas, non, mais ne veux pas aplanir, simplifier à l'extrême. C'est cette complexité qui m'intéresse. A qui je m'adresse quand j'écris ? A personne ? A quelqu'un à qui j'ai un message à faire passer ? (non : si c'est ça je lui envoie un mail) A quelqu'un que je réinvente, qui se met à prendre plusieurs formes ? A plusieurs qui deviennent un ? A ce qui m'accompagne, me bouscule, me pose question ? 

En montant au panier, en allant à la gare, en traversant la friche, en n'ayant pas le temps de revoir le parc Longchamp, Marseille me renvoyait la balle, me disant : tu ne t'occupes pas de moi. Pas assez. Mais tu es là, à l'angle, en embuscade, patience ça va venir répondais-je. Tout cela dans ma tête, dans la marche, en parlant, racontant autre chose, en notant les transformations des façades, les graphes restés en place, les fenêtres nouvelles de la Marelle. 



















C'était doux  il faisait beau. Nous nous sentions compris.

mardi 11 novembre 2014

LVIR #7

Ca commence à s'agiter du côté de Marseille, pour Laisse venir : avec Pierre Ménard, nous allons présenter le livre le dimanche 23 novembre à 15h, lors du festival Image de ville, à la villa Méditerranée. A cette occasion, Esther Salmona et Pascal Jourdana, qui animent Espace fine sur Radio Grenouille, vont nous consacrer une émission. Davantage qu'une nouvelle émission littéraire, Espace fine est une proposition de création radiophonique est-il précisé sur le site et j'ai donc hâte de savoir ce que cela va donner ! 
... D'autant que j'ai déjà entendu Esther lire ses textes et m'en souviens bien. Ce fut lors de la soirée consacrée à la revue d'ici là que Pierre avait organisée en mars 2010 à l'espace Château Landon. En suivant ce lien, on peut en retrouver des extraits en vidéo  : lectures d'Esther, donc, mais aussi d'Arnaud Maïsetti, de Mathieu Brosseau et de Joachim Séné (de mon côté, j'avais lu un oloé).




J'ai pratiquement toujours participé à la revue d'ici là, n'ai "raté" que le numéro 4, et suis évidemment triste d'apprendre qu'elle s'arrête, ainsi que Pierre l'a annoncé hier, même si je comprends fort bien ses arguments. Il y eut ces numéros, cette soirée à Château Landon ou encore les lectures que nous avions faites avec Joachim au salon de la revue pour la présenter, il y a trois ans : des textes de Michel Brosseau, Joachim, Claude Favre, Anne-Marie Garat, Jérôme Orsoni, François Bon, Christine Jeanney, Pierre, Martine SonnetMaryse Hache, Christophe Grossi et même un extrait de Dita Kepler. Je tape ces noms, je retrouve ces liens et me dis : c'est fou ce que nous aurons mis en ligne de "contenu", pour reprendre le mot chéri de la ministre, en quelques années...
(et je me souviens de Maryse, qui était venue nous écouter)
















D'ici la fin de d'ici là (encore un numéro à paraître) il y a, il y aura d'autres choses à venir, ou déjà arrivées. Ainsi, depuis quelques jours, peut-on trouver en librairie le (disons-le) parfaitement jouissif  livre de Juliette Mezenc, Elles en chambre, paru aux éditions de l'Attente après une première apparition chez D-Fiction. En référence, bien sûr, à Virginia Woolf, Juliette nous fait visiter les chambres d'écriture d'un certain nombre d'écrivaines, dont Nathalie Sarraute et Hélène Bessette. Elle nous a également demandées, à Cécile Portier, Liliane Giraudon, Marie CosnayChristine Jeanney, Emmanuelle Pagano et moi, d'écrire un court texte sur le sujet, inséré à la fin du livre. Je suis extrêmement heureuse et fière de cette invitation. Par pur plaisir et pour prolonger la lecture, j'enregistre d'ailleurs en ce moment, avec l'accord de tous, des extraits de Elles en chambre sur Bobler (mon nouveau joujou). Voici les liens qui mènent vers :
les premières lignes du livre
un passage moqueur sur les romans de Danielle Steel
le bistrot de Nathalie Sarraute
Hélène Bessette, ou l'urgence d'écrire



















Avant de conclure (j'ai fait long, et si vous cliquez sur tous les liens vous ne risquez pas de vous ennuyer avant un moment !), dire encore que sur les photos qui illustrent ce post on peut voir des papiers poncés de Régis Perray, photos prises à la galerie Gourvennec Ogor, à Marseille, où j'étais venue faire une lecture en compagnie de Delphine Bretesché. Rien d'étonnant à ce que je les utilise ce soir pour cet article : elles me rappellent la ville, bien sûr, mais aussi Dita Kepler (j'avais lu un extrait d'Anarmarseilles, incluant la phrase qui ouvre Ile ronde) et même le journal du Blanc, mais oui, sur lequel je retravaille hors ligne ces jours-ci et qui mentionne cette soirée.
Tout comme je ne peux pas terminer ces lignes sans mentionner ce qui fait ma joie ces jours-ci : le site de Virginie Gautier, qui est à son tour en résidence au bord du lac de Grand-Lieu et nous en donne des nouvelles quotidiennement...

vendredi 24 octobre 2014

LVIR #4

Plus court, plus court, ce quatrième épisode !
Où je demande des adresses pour l'envoi des services de presse. 
Où je songe que Ile ronde = numérique + nature + légende + dialogues de théâtre en pensant que peut-être aucun de ces "milieux" n'y trouvera son compte... 



















ou peut-être que si ? Comment savoir ?
Je songe à une discussion que j'ai eue hier après-midi avec une éditrice qui n'a pas pris Décor Daguerre car elle publie des romans qui suivent davantage "un seul fil", mais m'a confirmé ce que je pensais : ce n'est pas ma voie, de toute façon. Ma voie est dans cette sorte de prolifération ordonnée. Je trouve que la photo ci-dessus résume assez bien la situation.

Dans le métro, je note quelques phrases, début d'un projet en cours qui n'est pas le même que le livre que j'ai commencé à écrire. Ni le texte sur Londres. Il faudrait encore faire un mail collectif, pour Ile ronde... Et pour Laisse venir ? Que peut-il se passer de plus en attendant le 23 novembre, date de présentation marseillaise à la villa Méditerranée ?
Les phrases du métro me reviennent en tête...
Ah, c'est sans fin.

mercredi 1 octobre 2014

quelques déplacements

Sans atteindre les milliers de kilomètres avalés par mon camarade Thierry Beinstingel, quelques voyages sont à nouveau prévus ces jours-ci. Laisse venir étant donc paru aujourd'hui, pourquoi ne pas utiliser street view pour les annoncer ?

Tout d'abord, ce sera Liré, patrie de Joachim du Bellay, demain et après-demain. Le festival Festi'malles reçoit dans le château de la Turmelière. Mais il est bien caché aux yeux de la street car, on dirait.











J'y parlerai écriture et numérique (pecha kucha du matin, consacré aux questions qui me traversent plutôt qu'à une présentation de mon travail) et animerai l'après-midi un atelier d'écriture à partir de... Street view, encore, les choses sont bien faites !
La semaine suivante, on s'approchera de Nantes, puisque le vendredi 9 Joachim Séné et moi sommes invités à La Montagne, au bar de l'ALM, situé 45 de la rue Violin que voici : 










Ce sera à 20h, les fenêtres seront ouvertes et c'est l'association La Décodeuse, qui nous avait vus et écoutés à la médiathèque de Rezé, qui nous invite. Joachim lira son Je ne me souviens pas et, comme nous l'avons déjà fait, projettera ensuite du texte sur écran tandis que je proposerai un montage inédit de textes, peut-être un mix Oloé / Laisse venir.
Le lendemain, direction Bouaye et le lac de Grand-Lieu, pour une présentation de Ile ronde, déchirure/tempête en avant-première - le livre ne paraît que le 23, autant dire que pour l'instant, je ne l'ai pas encore eu en main. A nouveau, ce sera une lecture à deux (Joachim ayant écrit la voix d'un des "personnages", voilà qui s'imposait) mais très différente. Elle aura lieu à la médiathèque de Bouaye à 20h30. J'aurais pu montrer cette médiathèque. Cependant, on trouve dans le livre le château de la Sénaigerie, avec sa fameuse chambre rose. Sur Street view, cela donne :











un chemin qui ne va pas au-delà.
Dita Kepler y est, n'en doutons pas.













Elle en repartira, car il faut que se termine (dans ma tête, du moins) son séjour la villa La Marelle, si je veux finir d'écrire Anamarseilles. La Marelle devrait le publier l'an prochain dans sa collection Résidences, tout comme (admirez cette belle boucle !) c'est donc le cas avec Laisse venir, disponible à partir d'aujourd'hui dans les principales librairies numériques : iTunes/iBooks, Feedbooks -on le trouve également au format Kindle sur AmazonPour tout savoir, le mieux est de se rendre sur l'article que Pierre Ménard consacre à cette sortie et que voici.
Pierre et moi irons à Marseille, du reste : ce sera le 23 novembre, mais nous en reparlerons.
Un automne d'ouest en est, donc, qui me réjouit d'avance.

vendredi 26 septembre 2014

Laisse venir : à venir le 1er octobre























Laisse venir paraît le 1er octobre prochain aux éditions La Marelle / Le Bec en l'air, dans la collection Résidences. C'est un texte que nous avons écrit, avec Pierre Ménard, il y a déjà deux ans et dont le principe est simple : effectuer en dix étapes un trajet Paris-Marseille, voyage virtuel nécessitant seulement un accès à Google Street view. Je n'y reviens pas cette fois-ci car nous en avons déjà parlé tous deux, que ce soit ici ou sur Liminaire, le site de Pierre. Et surtout, Pierre vient de concocter une très belle vidéo de présentation, que voici :



Ce que j'aimerais plutôt, au moment où le texte est enfin accessible, c'est expliquer comment travaille le temps : celui qu'on passe à effectuer des recherches et à écrire le texte ; les strates de temps que celui-ci contient ; le temps de Street view lui-même ; le temps écoulé depuis la fin de la rédaction (joue-t-il ou non sur la perception qu'on en a ?).













Je ne sais plus combien de temps m'a pris ce texte, très différent de celui de Pierre et plus court que le sien. Ce dont je me souviens, ou plutôt crois me souvenir, c'est de l'avoir écrit dans mon lit, et que la recherche d'images comme la rédaction m'ont semblé longs, denses. Je ne sais plus si j'écrivais sous ou sur ma couette, ou alternativement, ce qui a son importance. Sous la couette : au chaud, encore proche du sommeil, du rêve, un état qui permet de se sentir en sécurité, de pouvoir laisser émerger les souvenirs sans rien qui attaque. Au-dessus : en position semblable, mi-assise, mais déjà plus près du bureau, de la chaise, de l'air frais qui pourrait entrer par la fenêtre, circuler, obliger à se lever. 
Laisser venir les souvenirs : d'enfance, de jeunesse, de fantasmes, de voyages, de vacances, de travail, mais de passé très proche aussi.
Laisser venir des images de la ville qui n'ont rien de commun avec celles des souvenirs. Et même celles de villes où l'on n'a jamais mis les pieds, dont le nom, seul, importe.












(ici à Sète la rue du chant des vagues)

Ecrire, donc, dans le lit et chercher sur Street view à capturer ce qui permettra de faire avancer le texte, de rebondir, de se projeter. Voilà qui prend un temps fou, car que choisir ? Un lieu dont on a l'image exacte en tête, comme ce fut le cas pour Auxerre par exemple (en retrouvant une place où je buvais un café, instant de pause d'un trajet, j'ai eu l'impression d'une incursion directe dans ma mémoire) ? Ou un arpentage permettant de se perdre, de longer des rues jamais vues ? A Sète, j'ai découvert un couple d'amoureux s'embrassant sur un boulevard et je l'ai tout de suite perdu, ne l'ai jamais retrouvé, malgré mes recherches. 
(si ça vous dit, n'hésitez pas : c'était près du port)












(quelque part par là)

Cependant, je n'ai pas seulement convoqué des souvenirs. Je me suis servie des images, mais aussi du présent, celui de l'écriture. A l'époque, même à avoir déjà écrit Décor Lafayette, la parution de Franck m'occupait encore, des mois après. Ou plutôt ce qui m'occupait, c'était l'état d'intensité dans lequel la publication de ce livre m'avait mise : quelque chose de très fort mais aussi d'épuisant. Comment rester à ce niveau-là ? me demandais-je. Et était-ce souhaitable ? Je sentais bien que non mais sans vouloir que ça s'arrête : ce qui s'insinue dans les souvenirs de Laisse venir.












Le présent seul s'en est mêlé, de toute façon : alors que je devais aller parler de Franck à la médiathèque de Saint-Etienne, rencontre qui était prévue depuis l'année précédente, ma grand-mère est morte. Il se trouve que c'était sa ville... Il a fallu, en quelque sorte, faire un double voyage. Ainsi, le brouillage vie / écriture tresse le texte de Laisse venir, lequel est troué, elliptique, oscille entre enfance, jeunesse, fiction et adresse à un tu qui change de nature, représente parfois quelqu'un, parfois un texte, parfois l'auteur du texte. Des pertes de repères qui disent, je crois, ce qui travaille en nous quand nous finissons d'écrire et portons le livre : ce qui traîne encore, ne s'efface pas.



Oui, c'est ça, quelque chose travaille, quelque chose que j'ai d'abord nommé il dans mon chapitre sur Paris - au début du voyage, donc. Il c'est l'autre : le texte, le lieu, le monde, les livres des autres, ceux qui les écrivent et ceux qui nous lisent : tout ce qui déclenche en nous quelque chose de neuf, nous remue, nous fait tanguer. Mais comme c'est abstrait, ce il, difficile à cerner, en écrivant j'en ai fait un tu.













(le tu contenu dans Laisse venir)

Quelque chose demandait à être nommé tout en continuant d'échapper alors j'ai joué sur les pronoms, sur leur ambiguïté : abstraits, interchangeables et pourtant liés à un être, à un objet, à un lieu. Je me souviens : j'ai retravaillé plusieurs fois le passage où j'évoque ce moment de bascule sans jamais pouvoir m'y confronter vraiment, me bagarrer avec. Drôle d'expérience.
C'est que Street view est l'étrangeté même : un miroir soi-disant fidèle du réel - mieux : du réel du monde entier - et c'est conjointement une source de fiction. Ce qu'on voit n'y est plus et nous n'y sommes pas. A jamais ailleurs, à jamais absents.
Street view est le monde sans nous. L'après nous. Et où sont nos traces ?
































Deux ans après, que reste-t-il en moi de ce texte ? Je ne sais pas, je continue de ne pas le savoir tandis que je relis les épreuves, supprime des sauts de ligne, me pose des questions sur les notes en bas de page. Il m'échappe continuellement. J'ai beau le connaître presque par coeur, je ne sais toujours pas d'où il vient, où il va. J'ai suivi le conseil de Pierre, qui a choisi le titre : j'ai laissé venir. J'aurais pu l'écrire autrement, en proposer d'autres versions. Il aurait pu être plus unifié, narratif. Mais non. Il a fallu qu'il vienne comme ça, avec ce qui résistait, ce qui insistait.

Il commence dans le métro, "en vrai", à Paris, se poursuit dans deux villes de banlieue que je confonds, où je ne suis jamais allée (Antony, Asnières). Puis on part en voiture (Auxerre, Dijon, Lyon). Puis dans la petite enfance (Saint-Etienne, Béziers, Valras-Plage). Ensuite on reprend la voiture, on s'arrête à Sète. Enfin, c'est Marseille en train.












On y trouve, de mon côté :
un thé à goût d'huître, des amours secrètes, la villa Arpel, une maison floue, un chocolatier, une bague oubliée, des avions de chasse, un manteau rouge, des chambres d'hôtel, deux oncles, un photomaton, un détour par Rouen, un grand-père qui ne veut pas se baigner, un café sur le port, un masseur dans le train.

Et chez Pierre, par exemple :
Une pile de pont, le passage du Désir, des dolmens, un château, une main tendue, une porte qui claque, le Café des sports, deux salons de coiffure, des platanes, une femme qui regarde dans un télescope, une anecdote sur Carcassonne, un étang d'or, les marches d'un grand escalier...












Tout cela est traversé par le temps de Street view, avec ses saisons, ses années qui diffèrent selon le moment où roule la street car. Et je ne suis pas très étonnée d'avoir choisi, pour illustrer ce post, des captures d'écran qui sont et ne sont pas dans le livre : Laisse venir c'est une sorte de mouvement, extérieur intérieur, intérieur extérieur permanent, doublé par ce qui, du texte de Pierre au mien, du mien vers le sien, se répond, s'éloigne, relance, fait écho.