l'horloge de la gare de Chartres

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samedi 1 février 2014

Crossroads / 23
















C'est le moment où tout est en suspens. Il faudrait imprimer ce texte pour savoir enfin si ça tient (un tiers tient, oui, à mon goût, mais les deux autres tiers m'aveuglent pour le moment) (je parle de Décor Daguerre). Il faudrait faire trois tas par terre, ou soixante-quinze, passer à l'horizontale et rebattre les cartes ou mais voilà l'imprimante ne fonctionne plus. 
C'est le moment où il n'est plus question de création, où trouver un peu de distance. Cependant il y a déjà un autre texte à écrire (je parle de celui du lac). Cependant il y en a un à publier (Laisse venir, avec Pierre Ménard). Cependant il y en a un à relire, à augmenter (Autour de Franck). Cependant il y en a un qui n'est pas terminé mais dont le début va paraître en revue (Anamarseilles). Cependant il y en a un qui cherche à se faire traduire (Des Oloé. Je n'ai pas de nouvelles pour l'instant). Cependant il y en a un dont on me propose d'écrire le making off (Décor Lafayette). 
Cependant...

chercher si possible une imprimante amie aujourd'hui
c'est très simple tout simple rien de plus
pourquoi en faire un billet ?

(la photo a été prise à Saint-Ouen, autre projet d'écriture)

mardi 14 décembre 2010

Il y a

un homme qui traverse les villes
noue entre eux les quartiers par lignes de tension
six cordes
pose les armes à plat







mardi 24 juillet 2007

Dans la marge : Saint-Ouen / 5

Dernier voyage. Ligne 2. Vendredi 10 juillet 1998. J'oscille entre le paysage et l'Usage du monde quand surgit un accordéoniste qui se met à jouer une sorte de barcarole. De ce balancement : nous en train de naviguer, notes et vitres, lui les doigts sur les touches on se croit dans un film. Mais déjà c'est fini, il faut rentrer sous terre.

(dans le premier carnet rouge, 9,5 x 14 cm, retrouvé hier)

vendredi 13 juillet 2007

Dans la marge : 1999

Rouler sur les bouches d’égout à Sarcelles, devant les jardins de roses, les maisons effondrées. Passés tous les panneaux publicitaires, le colza pétarade, ça pue un peu quand on s’approche. Retrouver un creux de vallon, vers Presles, s’attendre à une rivière, mais non.

Pluie d’été mais pluie grise entre Ponteau-Combeau et Paris, regard à un mètre quarante du sol. Ballast couleur betterave jusqu’à la gare de l’Est, sa dentelle de câbles, de fils, de grilles, de pylônes. Parpaings, blocs de béton et Paris à un kilomètre.

25 mai 1999, sur l’avenue de Saint-Ouen. Un carnet pour la route, un autre pour les énervements. Grues qui changent de cap. Métro bondé où l’on ne peut monter enceinte.

Pompiste à grosses fesses qui flotte dans son bleu.

lundi 25 juin 2007

Dans la marge : Saint-Ouen / 4

Un spectacle de danse, Corpus, où tout le monde est fou, croit-on. Monologue sur le noir qui envahit la scène tandis qu’une danseuse frappe et se frappe contre les murs. Seuls le sensible, le corps permettent de rester dans un certain ordre mental, nous dit-on, c’est pourquoi viennent ensuite des tentatives de reconnaissance, de définition de ce corps à jamais lié à la tête.

Sur le périphérique, à la nuit tombée, des dizaines de feux stop clignotent, clignotent aux néons orange, aux flaques aux anfractuosités. Les murs comme des lamelles de fruits. En sortie de tunnel sur la file de droite le ciel passe au gris-bleu. Il faudrait s’accrocher encore.

Mairie du XVIIIe. Visite. Un appartement donnant sur l’église, porte vitrée parquet ciré murs blancs : un nid dans le clocher.

Espèces d’espaces : Perec à la devanture d’une boutique de luxe.

lundi 11 juin 2007

Dans la marge : Saint-Ouen / 3

Porte de Clignancourt, 1998 ou 99, devant le marché de voitures volées qu’on longe pour entrer dans Paris. C’est la fin du ramadan, il fait nuit, Paule Constant parle d’écriture à la radio. Puis on entend l’écho de créations sonores, viennent d’une galerie saturée de fumée. Une femme parle au portable, un Japonais s’exclame, tout le monde a une tête d’enterrement. Retour à la rue, manège illuminé de Répu, rideaux brodés et lustres en papier.

samedi 2 juin 2007

Dans la marge : Saint-Ouen / 2

Saint-Ouen. Au cinéma une conférence d’histoire de l’art tenue par un homme fluet qui porte un nœud papillon. Ce sont des conférences gratuites, mensuelles, entrée libre. L’homme fait avec elles le tour du département. Aujourd’hui : Dubuffet, le corps, la matière. Dubuffet dit : faire l’inventaire de son propre réel, faire des relevés de tous les faits du monde. Il alterne les séries figuratives et abstraites. On note la cycliste nue, la matière picturale grattée. Haute pâte qu’il incise, racle. Il rencontre Duchamp et Pollock à New York, nous sommes dans les années 50. Le vrai art est toujours là où on ne l’attend pas cite l’homme derrière son pupitre, tandis que sur l’écran défilent les diapositives. Sitôt qu’on le décide, il se sauve.

Série des corps de dame. 1945 : Dubuffet énonce le concept d’art brut avec Breton et compagnie. Années 60-70 : l’hourloup, série réalisée à partir de ses griffonnages au téléphone. Série Théâtres de la mémoire, où il tente de représenter la multiplicité des idées que l’on peut avoir en tête.

De Konning déclare : Je crois vraiment que si je ne voyais pas la vie de cette façon, je ne tiendrais pas le coup. Peinture distordue par glissades, giclées, coulures, matière pleine de reliefs et d’accidents.

vendredi 1 juin 2007

Dans la marge : Saint-Ouen / 1

Tirées du carnet d'où viennent les Fenêtres, quelques notes en plus.

Saint-Ouen, 18 septembre 1998, au café rouge le matin. Les arbustes plantés le long de la verrière laissent des ombres dentelées, remuantes, sur les vitres et les chaises. Passe Farid, pressé (le moniteur de l’auto-école d’à côté). Par petites vagues des femmes en boubou, des femmes portugaises, des femmes maghrébines traversent l’avenue pour aller au marché. C’est le jour du tissu. Leur foulard noir ou blanc surgit derrière les stands entre rouleaux et pans, épaules des vendeurs, tandis que le tissu déçoit : malgré les dorures d’Orient les couleurs vieux rose, bleu roi et orangé dominent. Au café on se déplace pour une place au soleil.

vendredi 27 avril 2007

Une présentation...

Fenêtres / open space est paru le 16 avril dernier aux éditions Le Mot et le reste. Il s'agit d'un livre écrit en 1997 puis en 2001 à Paris sur la ligne 2 du métro, qui est en partie aérienne.

Deux trajets s'y croisent en sens contraire : l'un (celui de 2001) part de la station Colonel Fabien (19e arrondissement) pour aboutir à Courcelles, près de l'Arc de Triomphe ; l'autre a pour point départ la station Garibaldi, à Saint-Ouen. Segmenté en trois, il emprunte la ligne 13 jusqu'à Place de Clichy, la ligne 2 jusqu'à Belleville et enfin la ligne 11 jusqu'à la station Télégraphe.

On peut trouver une présentation du livre par l'éditeur ici

Je voudrais que ce blog puisse servir à le faire découvrir, et voyager un peu.

Anne Savelli