presqu'île de Giens

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mercredi 16 décembre 2015

Anamarseilles, à l'intérieur




Je suis en train d'enregistrer Anamarseilles en entier, en suivant le découpage du texte. L'ensemble sera à disposition, en écoute gratuite sur le site de la Marelle quand j'aurai terminé, proposition faite à Pascal Jourdana dans l'idée d'effectuer, de mon côté, une dernière chose pour ce livre après en avoir annoncé la parution ici et ailleurs, publié des extraits, lu le début en public, envoyé un mail à quatre-vingt-dix-neuf personnes et tenté de créer une vidéo à partir d'un diaporama sonore (échec cuisant et renouvelé).
Pascal a dit oui.



Lire à voix haute, enregistrer seul-e dans sa chambre est une chose très intime. Pendant que j'écris cet article, je réécoute ce que j'ai déjà lu et monté et je cherche, parmi les photos de 2012, celles qui sauront le mieux dire ce moment. Les images prises à l'intérieur de la villa, que je n'avais presque jamais montrées, m'appellent tout à coup.



(on voit ici le sac à pommes rouges dans lequel j'ai rangé depuis les cartes postales de Maryse Hache et celui du Merle Moqueur, offert par Marie-Hélène Desestré au Cent Quatre. Le lit n'est pas très bien fait, j'en conviens)

J'écoute et je vois à quel point ce livre est lié à un ou plusieurs labyrinthes, comme greffé, plaqué dessus, happé par les chemins, les impasses qu'il's) dessine(nt). Le labyrinthe, c'est le cerveau de Dita Kepler, sans cesse au bord du court-circuit tant elle a peur d'être façonnée par ce qu'on attend d'elle - c'est en tout cas ce qu'elle imagine. C'est aussi les quartiers qui rayonnent autour de la Marelle, rues qui montent et descendent au point que la géographie en est bouleversée : il devient possible, par exemple, de faire grimper un fleuve en haut d'une colline. 



Dans l'anamarseille #1 au bout d'un moment elle est perdue, Dita, et nous aussi, il faut avouer. C'est normal, elle apprend à relier les contraires, ce qui n'est jamais évident. Il faut un peu de courage pour continuer. 



















Dans l'anamarseille #2 apparaissent le fleuve et la colline, qu'il ne faut pas voir telle quelle d'abord, ni gravir tout de suite. Tout étant, ici, sujet à métamorphose, c'est en premier lieu un théâtre, celui de la Colline, bien sûr, où se joue une adaptation des Autonautes de la Cosmoroute - une histoire de trajet Paris Marseille, tiens tiens. A travers le livret de la pièce, Julio Cortazar confirme à Dita l'idée de voyager à travers les lettres de l'alphabet. Pour elle, l'appui, ce sont les A, B et C qui dessinent les anamorphoses et sous lesquelles elle met un nombre incalculable de choses (C comme Colline, comme ciel, comme craie, comme caillou, comme Cortazar...).



(autre chambre de la Marelle)

Tout en écrivant, j'écoute le texte lu, donc. Quand je me (re)lis, je vois bien que c'est compliqué, cette histoire, alors j'ajoute : aucune substance hallucinogène n'a été consommée ni cachée en ces lieux. 



Dita Kepler, c'est ma façon de conjurer les angoisses, les heurts. De faire un portrait des méandres.
(ici, dans l'entrée)
De mimer la plasticité de nos circuits, de nos avancées, de nos reculs. Je ne sais pas à quoi ça ressemble, ni si ça ressemble à quelque chose de connu. 



En tout cas, il y a du monde, dans ce livre solitaire, plein. Des écrivains, des gens qui donnent des cadeaux, des passants. Dans la partie Anne à Marseille, on croise des amis, perdus ou non, morts ou vivants. On trouve le contenu, par le menu, de la valise bruitiste de Jean-Marc Montera. Et un faux souvenir d'enfance. Des cages ouvertes. Le portrait d'un homme recherché... 

Vous avez vu ? On est sortis, ça y est.
Je retourne à mes sons. A très bientôt j'espère.