l'horloge de la gare de Chartres

l'horloge de la gare de Chartres

mercredi 22 août 2012

Fenêtres de Turin














Torino, città chiusa, c'est un peu l'impression qu'elle donnait, ce midi du mois d'août, volets clos et rues vides, boutiques fermées per ferie ou parce que c'était l'heure.


Peu d'ombre aux bâtiments bizarres (des facs, souvent) et quarante degrés quasi n'aidaient pas à trouver le centre. 














Mais un palazzo, porte ouverte, dont le nom est vite oublié, et voici












































y trouver, à Turin, des sirènes sur les portes et le passage Pommeraye





























































fenêtres d'apparat ou cachées dans l'impasse
















































affiche d'exposition qu'on ne pourra pas voir mais qui revient en tête















et l'homme à la fenêtre c'est Marcello bien sûr 


















(d'atroces photos d'acteurs, dont la sienne, cernent le musée du cinéma : je vous les épargne. Voici plutôt la fondatrice du lieu)

dimanche 19 août 2012

Fenêtres de Londres





























































Depuis l'adolescence, Londres a pour sens caché : home, être chez soi à peine le pied posé, sentiment d'évidence fragile, renouvelé, malgré le côté trop propre de la ville, désormais, récurée post J.O (quelque chose de la miniature s'y inscrit).































Mais peu importe. Home ce que je montre ici et ce qui n'y est pas, que je garde caché au-delà des fenêtres. 































Home, briques, acier et les verrières venues prolonger le parcours, offrir au fog rapidement dissipé leur ciel quadrillé - qu'il soit vrai ou faux, parfois, on ne sait plus.



























Hommes, aussi, pour ma collection d'hommes à la fenêtre, entamée à Berlin, autre ville aimée. 
















































Hommes qui, comme dans Décor Lafayette, sont parfois une femme (sa main à elle, tellement immobile que je l'ai crue en cire, malgré la fumée de la cigarette) (jamais nous ne vîmes autre chose : elle faisait spectacle).














Et tout ce que je garde, donc, pour ici ou ailleurs, ou pour une autre fois.

dimanche 12 août 2012

fenêtres de Nantes



































































ici et là tu saurais dire exactement de quel texte il s'agit, de quel cheminement, projet (Galeries Lafayette, magasin de téléviseurs reconstitué par Agnès Varda, fenêtres du Voyage à Nantes, photographie pour la ville haute)

jusqu'à ce pont de Saint-Nazaire vu d'un bateau, sans mots

vacance

jeudi 9 août 2012

Décor Lafayette #50















Repères :
le salon du thé du Printemps en 1964
Les Femmes... aussi, documentaire de William Klein


Simone Signoret se déplace, passe de table en table. C'est l'étage des vieilles dames, celles qui ne craignent plus l'avenir, n'ont d'autre préoccupation que le choix du gâteau, la journée qu'il faut organiser pour mettre l'ennui hors course. Parmi elles, deux grandes bourgeoises aux coupes de cheveux semblables. La première, vouée à la gourmandise, pétille : s'amuser, recevoir, visiter des expositions, faire du sport, s'aérer, jouer aux cartes, elle ne s'en lasse pas. La seconde, plus effacée en apparence, aime cependant les Espagnols qui s'occupent des femmes, et danser, séduire, plaire (on pense à Franco, comme Simone. Rien n'est dit). Toutes deux n'ont jamais travaillé. Les maris n'arrivent pas à suivre, clament-elles en choeur. Nous réalisons qu'elles sont mère et fille.

Etonnante conversation qui nous voit passer du regret de la fille de n'avoir pas eu d'enfant (concevoir hors mariage, vous y avez pensé ? demande Simone. La phrase glisse, on ne peut suivre) à la liste de ce que sa mère convoite : fanfreluches, gants, galons et boutons du rayon mercerie. Tout ce qui est féminin.

Ode de la mère aux fleurs en plastique.

Puis cette dernière avoue qu'elle vient acheter aussi les produits d'entretien (hélas, je dois tout faire moi-même). Simone Signoret la quitte, emprunte l'escalator alors que, très polie, charmante (ces instruments sont parfaits) la mère sans la fille, dans la foule, discute d'une marmite. La vendeuse, dont l'accent rocailleux à la Colette résonne, l'admoneste : "Si vous avez un accident avec notre appareil, madame, j'ai le regret de vous le dire, c'est parce que vous l'aurez cherché !".

Beau visage de Simone, enfin dans la lumière.

*

Voici encore un passage qui ne se trouvera qu'ici : hier,  après relecture du texte en entier, j'ai décidé de raccourcir les chapitres liés au documentaire de Klein. Exit les grandes bourgeoises, le salon de thé, la marmite et un sosie de Sylvie Vartan qui signe juste à côté quelques pochettes de disques, surveillée par sa mère. 
Par ailleurs, j'ai commencé à créer un index qui ressemble à celui de Fenêtres, et c'est d'autant plus drôle à faire que j'y ajoute des éléments qui ne sont pas dans le livre...
(peut-être qu'un jour, je n'écrirai plus que des index ?)

Bon, à part ça, est-ce qu'il "tient", maintenant, ce livre ? La question court depuis des mois. Le relire, encore et encore, sans certitude. Ou alors prendre des vacances (oui).
Se demander encore s'il ne faudrait pas s'arrêter à 50, pour ces extraits de Décor Lafayette... Laissons venir.

mardi 7 août 2012

Décor Lafayette #49
















Lui, dans une maison du sud.
J'aimerais tant.

Un été dans le sud ? Canisses, boutis, mas, cigales, olives, vignes, tournesols, lavande, coquillages, santons ! tonitrue le grand magasin.
Incendie répond-elle sans cesser de penser à lui. 

dimanche 5 août 2012

Décor Lafayette #48



















Elle s'est dénudée, elle s'est avancée, elle voulait apprendre. Au lieu de cela, elle a révélé ses secrets, donné ses alias, faux noms et consorts, raconté sa vie, l'inventée, la vraie. Elle voulait se nourrir, a été rognée par la femme d'en face, la juge de beauté qui la soupesait – en une remarque, lui en a retiré, de la prestance, du style.
Un style oui, même ténu, entre le téméraire, le flou, la finesse, petite flamme sans gloire mais flamme tout de même : elle y croyait ferme, à ce mot, style, du style, être ou ne pas être stylé(e), quelques secondes avant l'implosion. 
Elle n'a rien pu faire.

mercredi 1 août 2012

en être de cette ville

"En fin de journée, je retrouve les rues de Paris. Dans les toilettes du bureau, j'ai pris le temps de remettre mon bonnet au crochet, de noircir mes yeux et rougir mes lèvres. Rouge et noir, je me veux ainsi. J'ai vingt ans et je marche avec l'envie pressante de grands moments. D'entrer enfin dans un de ces lieux de rencontres, où l'on fomente des plans et des projets. Je veux en être de cette ville qui me traverse de désir. Je ne sais pas comment m'y prendre et je n'ai rien à proposer, même si depuis quelques mois j'ai acheté une machine à écrire portable. Je marche dans les rues aux terrasses grouillantes de gens si différents. Les monuments connus qui me donnent l'impression de traverser un décor de film. Je rejoins parfois Corinne qui travaille dans un bar, rue du faubourg Saint-Antoine. Et l'autre vie commence."

Fabienne Swiatly, Gagner sa vie, éditions La Fosse aux ours, 2006

(dont voici le site)
(et une belle interview ici)