l'horloge de la gare de Chartres

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lundi 14 décembre 2009

Les lieux de résidence

"Pourquoi les lieux sans qualité viennent-ils toujours à bout des réticences de ceux qui les occupent ? Pourquoi les résidents refusent-ils souvent de reconnaître leur laideur quand les passants occasionnels n'ont aucune peine à l'admettre ? C'est qu'à la longue, les lieux de résidence et leurs environs (quels qu'ils soient) finissent toujours par impressionner la conscience de l'habitant, par devenir comme un autre soi-même, des sortes de corps extérieurs dans lesquels on s'est réalisé jour après jour, où l'on a joué son existence (raison pour laquelle on retrouve souvent avec émotion les anciens lieux de ses souffrances ou de ses bonheurs)... Il y a aussi que nous ne nous installons jamais innocemment quelque part. Les lieux nous habitent autant que nous les habitons, nous les supportons comme les corps qui envahissent les trottoirs à heures fixes, les couleurs, la pluie qui tombe, les mouvements, les pollutions, les objets environnants, les chats, les chiens... Et notre vue se laisse plus facilement corrompre qu'elle est porteuse, sans que nous en ayons forcément conscience, d'une masse d'informations anciennes, de sensations fugitives, de bonheurs éphémères, de souvenirs... Chaque regard porté sur le paysage intègre les traces de l'existence passée. Nous voyons bien plus que ce que le présent du réel nous donne. Et le poids de cette réalité invisible pèse sur notre conscience comme le désert pèse sur le regard du bédouin, la neige sur celui de l'Esquimau..."

Raymond Bozier, Fenêtres sur le monde, Fayard, 2004, pages 116-117. Passage recopié dans la loge-bureau de la Bellevilloise, devant la fenêtre embuée où l'on distingue l'église Notre-Dame de la Croix et, derrière une antenne de télévision, presque aussi mince, la tour Eiffel.

mercredi 25 février 2009

Elle autrement























































Première fois ou presque, avant-hier, que la tour Eiffel paraissait ici. Ce matin, reçu ces photographies d'Alain Pierrot intitulées Ecole militaire et Place Fontenoy. Merci à lui.

mardi 24 février 2009

en haut













Touriste dans sa propre ville, c'est quelque chose qu'on aime bien faire de temps à autres par ici. Après la fausse boutique de souvenirs du 104, hier détaillé une vraie, celle qui se situe en haut de l'Arc de Triomphe. Cuillers tours Eiffel, stylos qui déroulent le plan du métro (génial, on se croirait dans un film burlesque, déjà prêts à ce que ça claque entre les doigts), livres de recettes de cuisine "parisienne" soi-disant écrites à la main sur un papier vieilli... tout ça juste après le plein ciel et les fantômes qu'on croise dans des cabines de verre :











puis les avenues déroulées, qu'on n'emprunte jamais ou presque.


mardi 6 janvier 2009

dans le décor





















































A partir d'aujourd'hui, attention chantier : construction de décors annoncée. Durée estimée des travaux : un an. Matériaux : décors réels, virtuels, existants, disparus, photographiés, filmés, imaginés, perdus. Nombre de bâtiments prévus : trois.

(légendes : daguerréotype de la tour Eiffel ; fenêtre du café des Galeries Lafayette donnant sur le boulevard Haussmann ; vitrine de tailleur prise à Daguerréotypes d'Agnès Varda ; échelle du 104 ; panneau en trompe-l'oeil du Printemps, fenêtre de Daguerréotypes)