l'horloge de la gare de Chartres

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dimanche 8 avril 2018

Semaine #14 Circulations

 









Dimanche Au cinéma (à Paris, il ne passe que dans une seule salle, L'Espace Saint-Michel), le film qui sort et que je veux voir, c'est Après l'ombre de Stéphane Mercurio. On y découvre d'anciens prisonniers de longues peines venus au théâtre grâce au metteur en scène Didier Ruiz qui monte une pièce forgée à partir de leurs témoignages. Non seulement ils disent ce qui est parfois indicible, mais ils portent cette parole sur scène. Le film est tout autant un regard posé sur eux, leur histoire, leur redécouverte du monde après la prison, que sur ce qui fait théâtre.
J'ai déjà évoqué ici plus d'une fois les documentaires de Stéphane Mercurio, découverts grâce à celui qu'elle a réalisé sur les femmes de prisonniers, A côté, à peu près à l'époque où Franck est paru. Depuis, je suis son travail, et éprouve, à chaque fois, la justesse de son approche.
Un conseil : allez-y, donc, ne ratez pas ce film.


















(photo d'André de Dienes)

Lundi mardi Cette fois, c'est la bonne, Volte-face est terminé et je commence à faire "circuler" le texte, comme on dit, en l'envoyant à des amis auteurs. Les premières réactions, le jour même, sur les premières pages sont bonnes, ce qui bien entendu m'encourage. J'ai tellement pris de plaisir à écrire ce livre que j'espère bien en avoir transmis, aussi !
En même temps, sans doute parce que j'ai fini, tout un petit cortège de phobies apparaît. Que faire ? La seule chose qui m'en distrait un moment c'est, étrangement, la lecture d'une biographie croisée de Karl Lagarfeld et d'Yves Saint-Laurent trouvée à la bibliothèque Villon. J'y viens probablement par Cecil Beaton, l'un des photographes de mon livre (Marilyn est d'ailleurs citée plus d'une fois dans les premières pages) mais ensuite, je suis la première à m'étonner de suivre ainsi sur 500 pages la relation explosive qu'entretenaient deux types aussi créatifs qu'infernaux, semblant avoir en horreur toute relation profonde (YSL ne pouvait supporter de voir quelqu'un de déprimé face à lui, il fallait lui faire croire que tout allait bien en toute circonstance...). Je me sens carrément sur une autre planète, à des milliers de kilomètres et c'est sans doute ce qu'il faut, sorte de transition avant de retrouver Bruits.

Mercredi : Justement, à propos de Bruits, une très bonne nouvelle s'annonce, qui me permettra de continuer à l'écrire l'an prochain grâce à une résidence en lycée. J'y reviendrai vite. Pour l'instant, je n'arrive pas trop à en parler, toujours engluée dans mes phobies post-écriture (peur de la foule, ce genre de choses). Je reste chez moi et je copie les parties de ce semainier liées à Chartres pour Ciclic, l'agence du livre de la région Centre, qui a accepté de les publier sur son site. Je prépare aussi de nouveaux ateliers, etc.













Jeudi vendredi samedi Plein de petites choses à faire, reprendre les 36 secondes, monter de nouvelles "minutes à"... Pour les 36 secondes, oui, voilà qui est fait : ce vendredi, on y entend un extrait du fameux Yoko Ono de Christine Jeanney dont je parle sans arrêt, traversé par une chanson de Sting au café, et un passage de Puissance de la douceur d'Anne Dufourmantelle enregistré dans la galerie photo de l'Esperluète, pièce qui résonne beaucoup - ce qui est d'ailleurs à prendre en compte lors de la préparation des rencontres.
Quant aux "minutes" et à leurs enregistrements, la lutte contre le vent de Chartres passera par une bonnette du plus bel effet finalement trouvée à Paris samedi dans une boutique près du conservatoire de musique, à la Villette. Un peu tentée de la tester en entendant quelques notes de piano échappées du lieu, mais non, je m'en sers plutôt l'après-midi en arpentant la gare de l'est, devenu, pour un temps, un oloé.













(y chercher les assises, y écouter les bruits)
Où l'on découvre que cette gare-là peut être apaisante, que les gens s'y côtoient sans heurt ce samedi de printemps.
Agoraphobie qui s'éloigne : merci à ce qui se frôle, se croise, s'interpénètre sans s'obstruer...

*
La semaine prochaine, on ira à Chartres enregistrer la ville, y faire de la radio, y recevoir Virginie Gautier (jeudi, à 18h), avant de retrouver la Vallée aux Loups deux fois : le vendredi avec Joachim Séné (à 19h) et le samedi en atelier.

dimanche 31 juillet 2016

Journal de l'été #6


Ce qu'il y aurait de doux à raconter, ce serait la journée passée à s'occuper des contreparties de l'Ulule (classer, trier, écrire les adresses, un petit mot, signer, choisir les cartes, fermer les enveloppes) en compagnie de Luna, mascotte de L'aiR Nu


















(eh oui, même ici il y aura eu des photos de chat)

 

et voir les jours suivants sur les réseaux quelques photos du courrier reçu.













(les envois les plus encombrants partiront un peu plus tard)


Douceur de savoir qu'à la rentrée, quoi qu'il arrive, nous pourrons avancer. Pour l'instant, en cette veille d'août, L'aiR Nu se met en pause, après avoir ajouté deux vendredis de suite de courtes lectures dans ma rubrique 36 secondes, extraits de textes de J.B Pontalis, Annie Leclerc, Fabienne Swiatly et Michel Butor. 

 

A la rentrée, j'essayerai de poursuivre : deux nouveaux sons, très simples, très courts, tous les vendredis. Bobler, interface sur laquelle je m'appuyais, a disparu mais en utilisant Evernote on n'est pas loin d'obtenir cette même souplesse. J'aime les petits rendez-vous, aussi pourquoi pas ?

Et à propos de rendez-vous, j'attends demain avec impatience : la documentariste Stéphane Mercurio va en effet poster chaque jour du mois d'août, sur une page facebook dédiée, un élément lié à son nouveau projet, intitulé Les Parisiens d'août
Voici ce qu'elle en dit : 
Une déambulation caméra au poing le long d’un itinéraire qui commence sous le périphérique parisien dans le parc de la Villette le 1er août et qui se terminera le 31 août quelque part, le long de la Seine, je filmerai. Toujours le long des rivages de la capitale, en suivant d’abord le canal puis la Seine.
Je marcherai chaque jour trois ou quatre heures avec une caméra, toujours à pied, seule. Je ferai donc l’image et le son. Le lendemain, je reprendrai exactement à l’endroit
et à l’heure ou je me suis arrêtée la veille. Je m’accorderai 5 jours off pendant le mois d’août que je choisirai au dernier moment. Je mettrai 8 jours pour faire le tour du cadran mais le 31 août l’aventure prendra fin.












(photo de Stéphane Mercurio)

Elle ajoute : 
Le temps d’une déambulation urbaine au rythme de l’été. Je flânerai dans Paris afin de m’abstraire du rythme effréné de la ville et retrouver celui de ses habitants l’été. Rester au fil de l’eau est un gage de sérénité d’apaisement pour moi. 
Ce qui me rappelle ce que dit Annie Leclerc, justement, même s'il s'agit alors d'immersion.
J'ai hâte de découvrir le résultat et d'y revenir chaque jour. Ce qu'on sait pour le moment, c'est qu'il s'agira de la publication d'une image, d'un son, d'une vidéo ou de quelques lignes : un petit instantané, comme un petit bonbon à déguster. Ces petits moments publiés sur la toile ne seront pas la matière principale du film à venir mais une mise en bouche, un partage, autre chose. Un autre récit permettant aux autres d’ajouter leur histoire ou leur souvenir au mien.

 

(photo de Stéphane Lavoué)

En attendant, je suis allée regarder la série d'Arte intitulée Pause photographique : onze fois, durant deux ou trois minutes, on y suit le photographe Stéphane Lavoué faire le portrait de gens aussi différents que Zinédine Zidane, les comédiens du Français, Vladimir Poutine, Nabilla ou Pierre Soulages. La voix off de Lavoué, son récit à la première personne, les photos qui se succèdent et dans lesquelles on semble se promener : c'est tout, c'est en apparence très simple et c'est passionnant. En quelques secondes, on se retrouve à la place d'un portraitiste qui doit composer avec le décor, la pression de l'entourage, l'humeur de la star, son sourire forcé... Mon préféré ? Soulages, à l'attitude parfaite : la classe incarnée. 
Et vous avez jusqu'au 1er juillet 2038 à 23h59 pour aller voir, figurez-vous.