l'horloge de la gare de Chartres

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dimanche 11 décembre 2016

storytelling



















Je parle à Guillaume Vissac de mon livre en cours et, comme à chaque fois, il ne me faut que quelques instants pour m'enflammer, raconter mille choses. Je me dis en rentrant que vraiment, j'ai dû le saouler, le pauvre, et voici ce qu'il écrit aujourd'hui dans son journal
Fascinant de voir comment un livre qui s’écrit peut te happer entier à l’intérieur.


(un peu de décor Lafayette, de parfum de Marilyn pour accompagner la lecture de cette phrase qui me fait tant de bien au moment où, après des refus de toute part et des inquiétudes à dompter, j'ai du mal à me concentrer, à reprendre le manuscrit)


Peut-être faudrait-il déjà s'imaginer le livre terminé, publié, reconnu. Faudrait-il se projeter payée pour en parler, assise dans un fauteuil sur une scène de théâtre à disserter sur cette période fauchée, à dérouler l'histoire si fantasmatique pour les autres du texte écrit coûte que coûte, doublant de volume tandis que l'argent ne rentre plus et qu'il faut tester des shampoings, participer à des réunions de consommateurs, écrire de longues lettres où justement cette histoire-là est racontée, ajoutant que cela ne suffit pas. Peut-être faudrait-il : depuis cette discussion avec Guillaume, Marilyn piétine devant la porte de l'Actors' Studio. 


Ce qui te happe un jour en happera d'autres, mais en attendant...



En attendant je déroule le fil de ma biobibliographie devant un tas de gens dans l'espoir d'entendre oui, je ravale ma fierté, je recommence et Marilyn piétine devant l'Actors' studio. Elle et moi sommes coincées à New York en 1955 depuis trop longtemps à mon goût. L'été dernier, je me réjouissais tellement d'atteindre cette période de sa vie...


Ce piétinement, est-ce de la procrastination ? Autre chose ? Il y a moyen d'aller écouter une conférence sur Richard Avedon, ce qui est en rapport avec le sujet du livre : allons-y. Pour revenir à l'écriture, à la lecture qui se dérobe elle aussi, les lieux d'accueil sont importants : dans mon cas, la BNF en est un. 

 
 
Pour s'extirper de cette situation, il faudrait également raconter de belles histoires, je l'ai déjà dit ici. Celle de l'écriture du livre n'y échappe que dans la mesure où je la refuse. C'est sans doute une erreur : l'argent rentrerait plus facilement si je berçais l'auditoire, lui donnait ce qu'il attend (posture de l'écrivain maudit, de l'écrivain qui réussit, peu importe). 


J'adore raconter des histoires, en plus : Guillaume pourrait en témoigner. 


Mais ce ne sont pas les mêmes, celles qui tracent le livre. 
Elles n'ont rien à voir.

 
















Je ne peux pas me changer. 
Et ce n'est que parce que je suis ainsi que j'ai pu, l'autre soir, lire sur scène des extraits du livre de Corinne Lovera Vitali, Ce qu'il faut - une des choses les plus difficiles à faire de ma vie, peut-être. Vous pouvez l'écouter sur le site de publie.net ou dans la rubrique podcast de L'aiR Nu
Un livre que tu lis peut te happer entier à l'intérieur.

dimanche 10 juillet 2016

Journal de l'été #2


L'été arrive, donc, et avec lui notre livre numérique paru le 7 juillet, téléchargeable à partir du site de L'aiR Nu, à cette adresse. Au moment où il est enfin accessible, où survient ce léger pincement, cette vibration dans la poitrine, onde qui s'élargit, hésite à prendre ses aises, à déborder mais refuse de se dissiper, joie secrète de qui est allé au bout (et à plusieurs, joie redoublée !), à ce moment-même paraît un article de Franck Queyraud sur Diacritik dans lequel il m'interroge sur la littérature, le numérique, Dita Kepler, Décor Daguerre et mille choses encore.

A cet instant précis je longe à Châtelet le couloir en travaux qui mène des lignes 11 à 14, direction BNF. 


























La ville est au loin, mais les gens tout près.
(cliquez sur les photos pour lire)


Parfois quelque chose de mon personnage se glisse dans ces phrases devant lesquelles je m'arrête, homme ou femme qui se cabre, ne veut plus de sa vie ancienne - mais sa colère est individuelle, morcelée, invisible.















Joie, disions-nous, alors repartons. A la BNF Marilyn m'attend. Il y a aussi le financement Ulule, qu'on surveille comme le lait sur le feu. Viennent nous soutenir TV5 Monde et, depuis ce matin, Mini Labo, qui propose d'intégrer cette affiche à nos contreparties : 
 
















tandis que je photographie la carte achetée à la Bellevilloise à Mathilde, et qu'il est également possible d'obtenir via Ulule : 


(nous avançons, l'horizon nous parle)

Dans le métro, depuis le début du mois il y a plus de monde encore qui monte, fait la manche, joue de la musique. Parfois on entend deux chants dans le même wagon. J'ai l'impression de quêter moi aussi, bien sûr, et c'est ce que je fais. Un mail à 110 personnes m'a donné trois réponses, les aides viennent parfois d'ailleurs, inattendues. 
Qui sait ? 


Encore un dossier à monter, pour L'aiR Nu cette fois. J'établis notre calendrier, de septembre 2016 à juin 2017, en intégrant tous nos projets. En me disant que tout va marcher.

samedi 28 septembre 2013

ce que ça fait













On ne sait trop. Tout a explosé, vide dans la tête et où est passé le fichier (c'est écrit ECRITURE pourtant), le logiciel n'existe pas, le power point met dix ans à s'ouvrir, ce serait quand même bien de dire quelque chose, noir autour, progression si lente des pointillés indiquant l'avancée du : Résidence Cerise/Pecha Kucha/Terraindejeu, que dire, on ne sait, et à qui, on ne sait, et donc ? sauter à pieds joints de la scène ? (il n'y a que ça qui vient), voilà, ça s'installe, 20 images chronométrées 20 secondes, ça s'installe mais soi non, les images s'affichent mais le texte sur le second écran se fige (le dire par coeur ? partir en courant ?), une seconde encore, trouver la solution, voilà c'est lancé mais qu'est-ce qui manque encore ?

(de soi ? trop intime, le texte pour le porter ainsi ?)
(c'est de l'intime changeant, cependant)

A mi-chemin, dans le noir devenu silence, un peu de sens enfin.















*
La première photo a été prise par The Electronic Literature Organization à la BNF le 24 septembre dernier, lors du festival Chercher le texte (on peut voir un court passage de ma lecture à la fin de cette vidéo de l'émission Un livre un jour). Le terrain de je/u sera lisible/visible sur remue.net très bientôt.

dimanche 22 septembre 2013

chantiers et passerelles




















Thierry Beinstingel et moi nous nous connaissons depuis quelques années et discutons régulièrement de nos chantiers en cours. En quoi les questions que nous nous posons quand nous nous voyons, sur la fiction, l'état de personnage, la notion de décor, etc., peuvent-elles influer sur ce que nous écrivons ensuite ? En quoi nos recherches séparées peuvent-elles se croiser, se rejoindre, sans même qu'on l'ait su dans nos livres à venir ? C'est un peu ce que nous avons tenté de comprendre, au moins d'illustrer, en proposant vendredi dernier au centre Cerise une lecture croisée de six ouvrages différents : Franck et Avant Franck, d'abord, avec un extrait d'un passage situé dans le quartier de la Chapelle pour moi et à la gare de l'Est pour lui ; Décor Lafayette et Ils désertent, ensuite (livres que nous avons écrit en même temps), avec apparition d'une vieille dame de cent ans et d'une chef d'équipe très énervée ; (nom de code du prochain roman de Thierry) et Décor Daguerre, enfin, avec, en vrac, des fouilles, un musée, le chantier des Halles en 75, des cols pelles à tarte, une bille, une bulle, Emma Bovary et Rimbaud.

Nous referons cette lecture (ou peut-être une autre) en novembre à côté de Nantes. D'ici là, le terrain de jeu aura je l'espère continué de s'étendre. 















A ce propos, remue.net a repris sa mise en ligne des Pecha Kucha sur ce thème qui avaient eux aussi fait l'objet d'une soirée à Cerise (mémorable, en tout cas pour moi !).
Avaient déjà été présentés avant l'été ceux d'Emmanuel Delabranche, de Juliette Mezenc et de Mathilde Roux. Depuis, est apparu La course à l'échalote de Cécile Portier et l'on attend incessamment celui d'Olivier Hodasava (merci à Guénaël Boutouillet). 

Quant au mien (de Pecha Kucha), je le présenterai à nouveau mardi soir à la BNF au grand auditorium lors du festival intitulé Chercher le texte. Toutes les informations concernant ces 6'40 de projection et de lecture sont ici
Juliette Mezenc, elle, sera à la BPI du centre Georges Pompidou demain soir, également dans le cadre de ce festival, pour une performance avec Stéphane Gantelet intitulée Le dossier est vide. Et l'on pourra voir et écouter Cécile Portier mercredi 25 au Cube, à Issy-les-Moulineaux, pour Etant donnée.

*

(photos prises sur le terrain de je/u)

jeudi 15 novembre 2012

Crossroads/20











(crossroads, ou débroussaillage de ce qui est en cours) (enfin, tentative de)

Il y a ce qui se croise, ce qui se termine, ce qui commence. Hier, j'ai bouclé le travail entamé il y a deux ans et demi pour La ville haute, posté les derniers fichiers son (Nantes), conclu le journal de publication. Cela ne veut pas dire que tout est fini. Il y a encore une ou deux choses que je veux tirer de ce site. Mais quand même, voilà, l'objet existe en lui-même, sans moi maintenant... 
Et justement, à propos de Nantes, je serai au Lieu Unique le 6 février prochain pour parler de Franck et de ses extensions, numériques ou non, en compagnie d'Yves Pagès et de Guénaël Boutouillet. Sans doute aussi à Roubaix, en début d'année prochaine, je viens à peine de l'apprendre. Le nord, je n'y avais jusqu'ici jamais été invitée alors que le livre s'y passe en partie (Lille, Boulogne-sur-Mer, Béthune, Wimereux, Gravelines, et même un petit passage à Arras qui me vaut parfois, ici ou dans la ville haute, la visite de quelques internautes égarés). 


















Bien avant, c'est-à-dire la semaine prochaine, il y aura eu, en sens inverse et pour d'autres projets, le sud : trois rencontres à Marseille, du mercredi 21 au vendredi 23. La première, à la Friche, prendra la forme d'une émission de radio avec Pierre Ménard (à écouter à partir de 19 heures sur Radio Grenouille, mais podcastable ensuite, sans doute). Nous y lirons en partie notre texte commun, Laisse venir, écrit à partir de captures de Google Street view et dont j'ai déjà parlé un peu ici. L'émission est en public (bienvenue) et les locaux sont situés dans la Friche, que je me fais une joie de retrouver. 
Le lendemain soir, à 21 heures, c'est de Décor Lafayette dont il sera question, puisque j'en lirai des passages en compagnie de Jean-Marc Montera au théâtre Les Bancs publics, dans le cadre des Rencontres à l'échelle. A nouveau une fin et un début : je viens de terminer la relecture d'ensemble des premières épreuves et ce sera la première fois que je présenterai le texte (je l'ai déjà fait il y a quelques mois, mais uniquement pour les bibliothécaires de Montreuil). J'ai décidé de lire en continu tout ce qui, dans le livre, a trait non pas aux grands magasins, mais à la rue La Fayette, qui relie la place de la bataille-de-Stalingrad au boulevard Haussmann. Nulle déambulation à prévoir dans les rayons, ni soldes ni montée par les escalators, donc - en revanche, de la rotonde, du pont, de la gare, de la rue Bleue, de la rue de Paradis...
(à propos, Décor Lafayette paraît donc en janvier prochain et Inculte vient de le mentionner sur son site : on peut lire les premières lignes et quelques mots de l'éditeur ; c'est ici). 
Le vendredi matin, retour à la Friche pour un atelier, à nouveau avec Pierre Ménard, cette fois dans le cadre des Ecrits du numérique (voir le détail de la journée sur cette page). 


















Avant tout cela, autant dire mardi qui vient, je retrouverai l'après-midi à Paris, à la BNF, quelques uns de ceux que je lis le plus fidèlement sur le web pour le 3e rendez-vous des Lettres, lors d'un colloque intitulé Les métamorphoses de l'oeuvre et de l'écriture à l'heure du numérique : vers un renouveau des humanités ? (parfaitement). Seront ainsi présents (et dans l'ordre) pour un Pecha Kucha, avec carte blanche à François Bon entre deux sessions : 
Quant au visuel ci-dessus, c'est celui de la prochaine revue d'ici là, à paraître bientôt, dont le thème est celui de la nuit. Les choses étant bien faites, on y retrouvera une lecture audio de Tu n'es jamais seul/e dans la nuit, nouvelle publiée aux éditions Antidata l'an dernier et dont l'un des personnages est une chanteuse blonde qui s'apprête à revenir dans... Décor Lafayette.

(comment ça, je tourne en boucle ?!)















(ci-dessus l'escalier de la faculté d'architecture de Rouen, photo numéro 6 de mon Pecha Kucha ;-)