presqu'île de Giens

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samedi 14 juin 2014

Ce qu'il y a

Ce qu'il y a c'est toujours autant de livres à lire, et ceux déjà lus oubliés, une phrase, un passage reviennent parfois en mémoire le samedi matin allongée sur le canapé à réfléchir à je ne sais quoi ah si à ces livres autour, dont certains n'ont pas été rouverts depuis des années

toujours autant de livres à écrire et les anciens à défendre toujours, certains continuent de vivre sans qu'on le sache mais à l'ignorer où passe l'énergie ? Il y a celui qui a été écrit il y a deux ans et qui devrait paraître. Celui qui a été écrit il y a trois ans et qui devrait être traduit. Celui qui a été écrit l'an dernier et auquel il faut trouver un éditeur mais je considère que ce n'est pas de mon ressort, que ce n'est pas mon métier et j'en suis déjà au suivant voire à celui d'après, voire à celui d'après encore tout en sachant qu'il ne faut pas lâcher mais quoi ? Celui que je dois écrire avant fin août et auquel hier après l'avoir expliqué à l'éditeur pour qu'il l'explique aux représentants je ne comprenais plus rien.















Celui (encore un autre) pour lequel on m'a également passé commande il faudrait que je le recontacte pour signer le contrat mais tu te vois passer ta vie à ça, toi (car il y a toujours quelque chose de cet ordre qui survient au moment d'écrire, comme si l'écriture tombait du ciel  la nuit et que le jour on n'avait plus à y penser) ?
Et encore un autre, qui me revient.

Il y a d'être passée de ville en ville, d'activité en activité, de texte en texte, allées et venues dans ce qui, à un moment, a été d'une importance capitale pleurer après lecture d'extraits de Franck lus par quelqu'un d'autre, que je n'aurais pas lus ainsi, j'y pense en entendant le texte c'est pourquoi l'émotion me surprend d'autant (au Blanc, pendant le festival) ; réussir à lire en public la crise d'angoisse de la fille des escalators dans les grands magasins sans que ça me trouble ensuite en proportion, tandis que l'an dernier à Belfort le passage avait déclenché une migraine (au Blanc toujours, avec Jean-Marc Montera) ; lire encore en public un extrait de Décor Daguerre lié à l'enfance, joli moment devant très peu de monde (dans la bibliothèque d'un village). Retrouver le niveau d'intensité exact, voulu et maximum à lire et à chanter un texte auquel je n'avais plus touché depuis longtemps (à l'Université Paris 7).

Il y a la vie matérielle toujours très difficile, je n'en parle jamais ici mais c'est le cas, et la réflexion que je mène pour tenter de m'en sortir tandis que j'entends au fur et à mesure qu'il n'y a plus de budget, que les projets sont décalés à l'année prochaine, voire à la suivante j'ai un trou de six mois dans le planning financier top départ c'est le moment de me proposer des choses inavouables / le planning écritures projets est lui parfaitement excitant et dense, tout ne cesse de croître

il y a la liberté 
totale
eh oui illusion ou non je m'en fous

soleil pluie monter dans un bus changer d'itinéraire grimper au premier étage d'un café et surtout se rendre parce qu'on écrit là où on ne serait pas allé/e


4 commentaires:

gilda a dit…

Profite de la liberté. C'est si dur l'écriture quand elle est aliénée.
(mais en même temps oui, je sais, comment payer la facture d'électricité, les loyers des mois aux propositions débudgétées)

Anne a dit…

Je sais en profiter quand même oui, c'est une grande chance (et un travail sur soi, aussi).
Bises à toi, qui m'a d'ailleurs proposée des choses inavouables en 2012, ce qui m'a bien rendu service :-)))

Anne a dit…

Je sais en profiter quand même oui, c'est une grande chance (et un travail sur soi aussi).
Bises à toi, qui m'a d'ailleurs proposée des choses inavouables en 2012, ce qui m'a bien rendu service :-)))

Anonyme a dit…

Il y a juste à faire ce qu'on a à faire (les trucs à la con genre contrats finances et autres économies, il faut les surveiller mais les forcer à se tenir à leurs places, mettons un cagibit). Pour le reste, c'est à dire l'essentiel, continuer. Courage, tiens bon et ne lâche rien (je fais pareil- et si une occasion se présente, évidemment...)