presqu'île de Giens

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mardi 9 septembre 2008

J - 15 : pleins phares

Partie ce matin faire mes photocopies, me souviens soudain d'une vague adresse de boutique pas chère, soi-disant, sur le canal de l'Ourcq. Il fait beau. Evidemment, la boutique n'existe pas, il va falloir remonter l'avenue Jean Jaurès jusqu'à la seule "copy truc" du quartier, hors de prix ça m'épate à chaque fois. Au passage, découvert une nouvelle librairie à Laumière, façade noire, sans nom semble-t-il. Elle y a mis Rock and roll en devanture, et j'y vois aussi exposé un nouveau livre de Marc Augé sur le métro, vingt ans après celui cité ici. Rien acheté : je me doutais de ce qui allait m'attendre à copy truc.
Effectivement, dans la rue Lafayette, mes espoirs de quatre exemplaires passent à trois. En attendant, café en terrasse, plein soleil, reflets éblouissants de la table, du verre, de la cuiller et de la tasse. Presque la même histoire qu'hier, quand les CJ partaient à Gemenos : ce qu'on fait pendant que ça s'imprime, au moment où le livre se détache de vous.
A Gemenos, à Marseille, quelqu'un a vu le livre et l'a pris dans sa main depuis hier, je ne peux pas m'empêcher d'y penser. Ici, de retour dans la boutique, la fille me demande : "C'est un roman que vous avez écrit ?". Pour ne pas entamer la discussion, je marmonne quelque chose comme oui, alors que... Dans la rue, en attendant le 26, la réponse me vient, évidente depuis que je sais où me classe la librairie Ellipse (voir J - 22) : ce n'est pas un roman, non, c'est un parpaing.

(et vous verrez que dans le livre sur les CJ il y en a un, de parpaing)
et vous verrez peut-être un jour que dans le manuscrit photocopié ce matin c'est plein de briques)

Après des essais de sac infructueux, la fille range l'ensemble dans un carton. Ca fait lourd, et sérieux. Elle me demande si j'habite loin, je lui dis que je vais prendre le bus. A l'arrêt, sur le banc, assise à côté de moi, une jeune femme avec un bébé. Arrive une autre femme, un bébé elle aussi, prend ma place nous nous sourions. Debout dans le soleil le carton sous le bras j'ai l'impression de transporter un cube, truc de plâtre ou béton, matériau de construction, et ça me va très bien. Tout comme me va très bien l'idée que face au premier bébé venu le livre porté trois ans, dix ans, vingt ans peut-être soudain ne pèse rien : exactement ce qu'il me faut, j'ai bien fait de me perdre ce matin.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

merci pour les photos !
bravo pour les photocopies ... le 26 est pas mal, avec Gambetta, et le cour de Vincennes, là-bas au bout et puis Saint Lazare (une amie des filles qui vivait rue Burnouf le prenait par le petit escalier pour aller au conservatoire et au lycée Lamartine, dans le temps)

Anne a dit…

tiens, je suis passée rue Oberkampf ensuite, et bêtement je croyais que tu avais parlé de "boulangerie à l'angle" au lieu de "tabac du coin" ; consciencieusement, j'ai compté trois boulangeries à l'angle, donc !
bonne soirée,
Anne