Ile ronde, déchirure / tempête

Ile ronde, déchirure / tempête
couverture de Mathilde Roux

vendredi 24 octobre 2014

LVIR #4

Plus court, plus court, ce quatrième épisode !
Où je demande des adresses pour l'envoi des services de presse. 
Où je songe que Ile ronde = numérique + nature + légende + dialogues de théâtre en pensant que peut-être aucun de ces "milieux" n'y trouvera son compte... 



















ou peut-être que si ? Comment savoir ?
Je songe à une discussion que j'ai eue hier après-midi avec une éditrice qui n'a pas pris Décor Daguerre car elle publie des romans qui suivent davantage "un seul fil", mais m'a confirmé ce que je pensais : ce n'est pas ma voie, de toute façon. Ma voie est dans cette sorte de prolifération ordonnée. Je trouve que la photo ci-dessus résume assez bien la situation.

Dans le métro, je note quelques phrases, début d'un projet en cours qui n'est pas le même que le livre que j'ai commencé à écrire. Ni le texte sur Londres. Il faudrait encore faire un mail collectif, pour Ile ronde... Et pour Laisse venir ? Que peut-il se passer de plus en attendant le 23 novembre, date de présentation marseillaise à la villa Méditerranée ?
Les phrases du métro me reviennent en tête...
Ah, c'est sans fin.

jeudi 23 octobre 2014

LVIR #3

Or donc, c'est le Jour J, celui de la sortie d'Ile ronde, et depuis hier j'ai mille choses à écrire ici, qui sont et ne sont pas liées à cette parution. Je me rends compte, par exemple, que la mise en ligne quotidienne de ce journal pousse à évoquer ce que d'habitude je mets de côté, en particulier ce qui ne fonctionne pas, ne se fait pas, pour me concentrer sur ce qui existe. Mais j'y reviendrai.















(je devrais être un peu comme ça, aujourd'hui, non, à parader sur mon tapis rouge ?!)

Bref... Hier, donc, sortant de la poste - deux livres et un manuscrit envoyés, je me suis dépêchée pour aller visiter les Ekluz, lieu consacré à la création numérique, ouvert dans mon quartier depuis peu. C'est en effet la Digital week France (eh oui), d'où la possibilité de rencontrer les entreprises et artistes associés. J'y allais, à vrai dire, pour voir le film de 13 minutes consacré au roman d'Olivier Hodasava, Eclats d'Amérique, intitulé Dreamland


film qui, je l'espère, pourra bientôt être diffusé ailleurs.
J'y ai au passage découvert le travail assez fascinant d'Albertine Meunier, qui crée des objets "physiques" représentant ce qui, dans nos vies, tient de l'immatériel. Ainsi a-t-elle publié un livre contenant toutes ses recherches sur Google pendant quatre ans : quel portrait de soi plus intime, plus révélateur, plus impudique peut-être aussi ? Ou encore : si vous envoyez un tweet dans lequel se trouve le mot ange, une ballerine, quelque part, se mettra à tourner sur elle-même... Elle peint également des aquarelles à la manière d'Eugène Boudin mais inspirées par Street view, et invente tant d'autres choses encore (j'en garde pour moi, ne dis pas tout : allez voir !).
Nous a aussi été présenté le Water light d'Antoine Fourneau, mur composé de plusieurs milliers de Led s'illuminant au contact de l'eau (j'avais bien envie de prendre une éponge et d'essayer, n'ai pas osé).

Je suis ressortie de là avec l'impression, une fois de plus, de comprendre davantage la façon de penser des créateurs numériques que de certains du "papier" qui me parlent surtout d'argent, de manque d'argent, plus tellement d'écriture. Pas tous, bien sûr, et tous le déplorent, mais enfin, le fait est : ce qui est de l'ordre du lien, de l'extension, de l'arborescence dans ce que j'écris ils ne m'en parlent pas, ou très peu. 
Je parle écriture avec les numériques, et depuis longtemps déjà, parce que celle qui nous intéresse a tendance à déborder du cadre et que ce n'est plus la peine de vouloir la contenir. Trop tard, me dis-je : nous avons goûté à autre chose... Sur ce blog, dans la marge de droite, se trouvent ainsi des liens vers les auteurs que je suis depuis des années, qui publient parfois papier, parfois autrement, des livres numériques, des blogs, des sites. Dessinent, traduisent, codent, photographient, découpent, copient-collent (il faudrait d'ailleurs que je la mette à jour).

Je suis ressortie de là avec de l'énergie, moi qui n'en avais plus beaucoup, et voici ce que ça a produit : je me suis rendue à la boucherie située entre les Ekluz et chez moi, lieu devant lequel j'étais toujours passée sans entrer. Passionnant, me direz-vous. Oui : c'était l'heure de la fermeture et pourtant le boucher avait envie de faire la conversation. Il m'a demandé mon métier. Je n'ai pas commencé par le dire, mais comme il insistait...
Tout à coup, il a ouvert la bouche et ne l'a plus refermée. A mentionné un peintre, Alexandre Hinkis, également décorateur de cinéma (j'ai dressé l'oreille), à cause d'un livre que les héritiers cherchent à faire paraître. Dans la boutique vide (seul l'apprenti, tout jeune, était présent, écoutait sans rien dire en souriant), le boucher m'a parlé de l'importance du vert émeraude, des maquettes de ce peintre, de Trauner, etc. Tout ça parce que j'avais répondu je suis écrivain et qu'il a embrayé sur les ventes et les pourcentages, la difficulté à trouver un éditeur.
Il s'est enflammé, est parti dans l'arrière-boutique, est revenu avec des catalogues. L'apprenti rangeait tranquillement, souriait toujours. C'était merveilleux. Et il ne va pas s'envoler, le boucher, je peux retourner parler peinture, atelier, décor quand je veux !

Moins merveilleux : à minuit, j'ai découvert fortuitement que ma candidature à la Mission Stendhal, pour partir à Londres, n'avait pas été retenue. Coup dur, forcément. Dans ces cas-là, je réagis tout de suite très mal et ça dure la nuit. Ensuite je me lève...
Ensuite je me lève et c'est le jour J pour Ile ronde. A huit heures, je poste un lien vers le site de l'éditeur. L'information est likée sur Facebook par un élève du collège du Havre rencontré trois fois en atelier il y a quelques mois : voilà mon tapis rouge.

mercredi 22 octobre 2014

LVIR #2

C'est la veille de la parution de Ile ronde, mon huitième livre publié. Est-ce que ça me fait quelque chose ? Moins qu'avant, ai-je l'impression ce matin, surtout à ignorer encore dans quelles librairies il sera disponible : je ne peux me le représenter. Pour l'instant, il ne s'inscrit encore nulle part.
On l'a vu, cependant, sortir des cartons à la médiathèque de Bouaye, ainsi que le raconte Joachim Séné sur son site. J'en ai également apporté des exemplaires à Mathilde Roux ainsi qu'à Virginie Gautier qui va me succéder à Grand-Lieu, retrouvailles chaleureuses qui signaient comme le début de la vie du livre. 
Et puis, je l'envoie aujourd'hui, accompagné du précédent, à Brastilava, en espérant qu'il arrivera.


















Il part chez Maria, dont j'ai déjà parlé ici, ancienne bibliothécaire de Montreuil retournée vivre dans sa ville d'origine et avec laquelle j'ai gardé le contact. Ce lien, indépendant de tout (du milieu de l'édition, de la presse, des résidences, de je ne sais quoi encore), c'est lui, ce matin, qui concrétise, rend réel cette parution. C'est lui qui me restitue un peu de légèreté, me laisse imaginer quelque chose de la vie du livre.

Parce que sinon, c'est encore à Décor Daguerre que je pense, que j'ai décidé de renvoyer en lecture. Cette non-parution, c'est comme un trou, un manque. Par moments, ça ventouse, pompe toute énergie. Il faut sans cesse faire abstraction de ce qui ne se passe pas, n'arrive pas, ne s'incarne pas. Attraper tout le reste.
Comment faire pour ne pas s'user, continuer ?
Allez, à la poste.

mardi 21 octobre 2014

LVIR #1 (journal)

Je ne sais pas du tout pourquoi j'entame ce matin un nouveau journal sur ce blog. Ou plutôt si : pour donner du sens à ce qui se passe, ces publications, l'automne qui se dérobe, les projets lointains.















LVIR comme journal de Laisse venir Ile ronde ou : elle vire (de bord, tourne autour d'abord mais c'est pour mieux viser le large, enfin l'espère).
Donc un nouveau journal, parce qu'aussi j'ai perdu la ville haute, sans doute définitivement. Une négligence, cet été, je n'ai pas renouvelé le nom de domaine à temps et on me l'a volé, un robot où je ne sais qui l'a racheté pour ne rien en faire, le revendre cher à qui en voudra. Depuis, plus rien n'est accessible. Un an et demi de travail envolé.
Ce matin, Juan Clemente, le créateur du site, m'envoie les fichiers, sons et images, qu'il a conservés. Que faire de tout cela maintenant ? Je pensais que personne ne le visitait plus, ce site-objet-clos. Apparemment les statistiques me donnaient tort (cinquante tentatives de connexion le mois dernier). Je ne cesse de développer des projets, de travailler dans plusieurs directions parce que c'est dans ma nature mais aussi parce qu'il est impossible, quand on veut ne faire qu'écrire, de ne faire qu'écrire. Il faut sans cesse se démultiplier, tenter tous les supports pour avoir une chance d'espérer continuer














à joindre les deux bouts, n'est-ce pas ?
(le lien ci-dessus renvoie à un texte éclairant de Carol Zalberg sur l'écrivain et l'argent, intitulé Le complexe de trivialité)
Ou alors il faut s'appeler Joyce Carol Oates, qui répond quand on lui parle de sa productivité et qu'on s'étonne qu'elle puisse écrire trois livres en même temps : 
Franchement, je ne vois pas ce qu'il y a là d'étonnant. Je suis écrivain, j'écris. Je ne sais pas combien de livres j'ai écrits, je ne compte pas, cela ne m'intéresse pas. Les artistes font ce qu'ils ont à faire. Picasso ou Monet savaient-ils combien de toiles ils avaient peintes ? Les photographes savent-ils combien de photos ils ont prises ?
J'écris moi aussi, parfois, trois livres en même temps. Mais ça ne me suffit pas encore, ni financièrement (c'est sûr) ni même artistiquement - la ville haute fut une prolongation de Franck pour garder la main, s'abstraire de la publication du texte mais aussi en faire autre chose, avancer encore.

J'écris pour et contre l'éparpillement : un mouvement semblable. 















(pour la conservation, cependant, on repassera)  
Et donc LVIR, un nouveau journal, alors que j'ai entamé depuis peu encore un livre et qu'il faut s'occuper de quatre autres minimum (à faire publier / à terminer / à concevoir, je n'y reviens pas car on les trouve dans ma rubrique Crossroads, pour certains). Un journal de publication de Laisse venir et de Ile ronde, mais qui parle d'autre chose, en tout cas pour l'instant.
Je pensais hier, en comprenant que la ville haute était morte (à moins d'un miracle) que c'était étrange tout de même : le temps passé sur les réseaux à poster des choses volatiles, d'un côté et cette négligence de l'autre, entraînant la fin d'un objet clos, lequel a beaucoup compté. 
La question du présent perpétuellement se pose.

mardi 14 octobre 2014

entre

Entre deux livres, donc, celui qui sort en numérique, celui ne paraît pas encore mais très bientôt (neuf jours),
entre Marseille et Nantes, la villa La Marelle et le château de la Sénaigerie,
entre la ville et le lac, l'anamorphose et la scission (états divers de Dita Kepler),
entre le voyage virtuel par Street view (Laisse venir) et dans les airs (Ile ronde),
entre les deux il y a encore la rue Daguerre qui serpente (pourtant droite), Londres en début d'année (peut-être peut-être pas) et l'éternelle question comment gagner sa vie trouver l'équilibre mystère.
La sortie d'un livre c'est toujours des vertiges.



















Je me disais en travaillant pour la lecture à la Montagne que Laisse venir et Des Oloé avaient des points communs : ces vertiges-là y sont. On m'a fait remarquer après la lecture à Bouaye (Ile ronde) que décidément j'aimais bien les géants, les avions et les faire parler : oui. Entre tout cela il y a ce que raconte Décor Daguerre. Un instinct me pousse à croire que le point de jonction est là, mais il me faut du temps pour le comprendre, l'expliquer : je ne saurais en dire davantage pour l'instant.

Sans doute est-ce à cet endroit, là, précisément, que s'en vient jouer la publication - je veux parler de ce que ça transforme en soi, dans le texte et d'un texte à l'autre. Ce sont trois choses différentes mais soudées : une publication modifie quelque chose à l'existence, bien sûr, ne serait-ce que par les rencontres, les déplacements qu'elle provoque (par publication, alors, j'entends aussi celle sur blog. Et je m'en vais à l'instant cliquer sur "Publier", bouton orange et blanc). Elle change évidemment le texte, même à peine, que ce soit avant (les corrections, les remarques des éditeurs) ou après (je me souviens de qui avait vu dans Fenêtres une fenêtre qui n'y était pas). Quand on en est à plusieurs livres, voilà que ceux d'avant se retrouvent modifiés par celui qui les suit (je vais mettre des géants et des avions partout, maintenant ?).



















Quelque chose me pousse à croire que ce qui lie l'appel du vide à l'envol, le silence au bruit, la forêt à la ville, le souvenir au rêve, etc, toutes choses présentes dans mes derniers livres, se trouve dans Décor Daguerre, oui.
Peut-être est-ce simplement parce qu'il est inédit ?

samedi 4 octobre 2014

bruissement (des feuilles de l'arbre dans le vent de Liré)

A Liré, hier, au Festimalles, j'ai présenté le matin ce que le festival a appelé un bruissement, faute d'avoir le droit d'employer l'expression pecha kucha (j'ignorais qu'elle était protégée), et dont je rappelle le principe : 20 photos, 20 secondes par photo, pour présenter ce que l'on veut. 
Le thème sur lequel on m'avait demandé d'intervenir était large : écrire avec le numérique. Tout en sachant que je m'adressais à des gens qui a priori ne connaissaient pas mon travail, plutôt que de présenter ce dernier de façon un peu explicative (ceci est un livre numérique, cela un texte hébergé par un autre site que le mien, etc), j'ai préféré évoquer les questions qui me traversaient au moment d'écrire le texte, quelques jours plus tôt. Questions qui, de toute façon, innervent tout ce que je fais. J'ai cherché à aller au plus près, en restant le plus simple possible. C'est ainsi que j'ai parlé d'arbre(s).

Je n'étais pas sûre de vouloir mettre le texte en ligne. Mais cela m'a été demandé à plusieurs reprises, preuve qu'on n'est pas seul(e), que ce genre de questionnement touche, quand bien même on en parle rarement.
Je me suis sentie en confiance, hier. C'st pourquoi voici ce bruissement.















Voici... mon cerveau, dirait-on. Mon cerveau a une forme d'arbre, quoique pas vraiment puisque les branches se rejoignent. Mais disons que si. Ceci est un arbre, son reflet et ce que j'écris. Une étude me dit : tu penses par arborescence comme 15 à 30 % de la population.















 Et moi je me demande : est-ce beaucoup ? Est-ce peu ? Est-ce vrai ? Est-ce utile ? Suis-je un monstre ? Je crois savoir comment je pense depuis une quinzaine d'années et cela correspond, suis-je en train de réaliser tandis que j'arpente une exposition de photos, aux débuts de ma connexion.















C'est le monde qui me pose la question : suis-je un monstre ? Moi il me semble que non. C'est le monde linéaire, séquentiel, celui des cases, des places, de l'immobilité qui me demande ça : mais est-ce notre monde ? Notre monde d'aujourd'hui est-il encore ainsi ? L'a-t-il déjà été ?



















J'arpente donc l'expo et un livre, auquel je pense sans y penser depuis longtemps déjà prend forme. En une minute à peine six ou sept fils le tressent, motifs, thèmes que je note dans un carnet. On vient de me dire non pour la publication d'un autre livre, en forme d'arbre, alors je m'interroge : faut-il à nouveau que j'écrive ? Je veux dire : de cette façon ?



















Voici mon livre en forme d'arbre. Comme on le voit je passe d'une branche à l'autre. Je crois que tout se tient, que tout est bien en ordre, que le brouillage n'est qu'apparent. Mais comment le faire comprendre ? J'aurais plus de succès (papier, j'entends) si je faisais autrement, je le sais. Mais je ne sais pas faire. Je ne peux rien y faire. Je ne suis pas faite comme ça.



















Et c'est une souffrance, d'essayer autrement. Et c'est une joie, un bonheur permanents que de tresser ces liens, de rapprocher ce qui ne se rapproche pas, de placer des géantes dans les grands magasins, de changer une femme en avion, en pan de mur, en plante, en pierre. D'inventer des mots pour ce qui ne se nomme pas.















Alors allons-y quand même. Et le tant pis devient tant mieux à lancer ses filets, laisser les portes ouvertes. Voyages en voiture, en train, en barque, en rêve et rencontres réelles, virtuelles, tangibles : tout vient, tout approche, tout arrive.



















Le non (niet, no) continue parfois de tomber : il n'y a guère de carrière, de progression sociale dans ce que je raconte. Cependant, l'arbre est là, lui aussi : dans le monde, dans nos têtes et dans les connexions. Et à se connecter on les croise nombreux, les gens à tête d'arbre. 15 à 30 %, dit l'étude ? Ces chiffres n'ont aucune importance.















Chacun de nous, chaque jour, touche du doigt toute la complexité du monde. Tout fourmille de sens, de non-sens, opacité et transparence, mensonges, vérités. Le plus gros des mensonges est le mot contre-vérité. Le monde nous tiraille en tous sens. Et alors ? Qu'est-ce qu'on fait ?   















On arase, on réduit, on nie, on efface, simplifie ? Ou on plonge, même à avoir la trouille de perdre ses repères, hiérarchie et frontières à jamais perturbés et de risquer, croit-on, sa verticalité. Mais c'est d'une autre approche qu'il s'agit, simplement.















Je ne suis pas compliqué, dit le monde, je suis complexe : ne crains pas de me penser. C'est penser tes limites, toujours et sans arrêt que de vouloir m'embrasser, certes. Mais c'est aussi le moyen de reprendre la main. Ouvrir des fenêtres, des onglets.



















Respirer, écouter les battements, les rythmes. Risquer la dispersion, mais aussi la penser : se faire grandir soi-même, observer ses entraves. Et risquer d'écrire plus, risquer de voyager, de lire des inconnus, de se faire son avis, de rencontrer du monde. Et ne pas étouffer à vouloir correspondre à une forme définie, nettement reconnaissable, à tout prix, sans arrêt.



















Et quelle forme, d'abord ? Qui peut dire qu'il possède une place dans le monde, simple, stable ? Il n'y a plus, ne cherchez pas. En tout cas, pas pour nous. C'est pourquoi, ce qui se joue, se construit à travers les réseaux, les échanges, c'est le tracé de la route qui se fait à mesure.















Ce qui n'implique pas l'isolement ni la solitude. Au contraire. Nous sommes plusieurs, nous sommes nombreux. Nous n'avons pas besoin de nous connaître pour reconnaître en nous ce qui fera écho. Nous ne savons pas nécessairement : la vie privée, le visage, l'âge, le CV de nos correspondants.














Est-ce important ? On se doute que non, même si nous nous voyons, nous retrouvons, de temps à autres, de ville en ville. Nous sommes, perpétuellement, en route. A tenter, à recommencer. Et l'échappée n'est pas une fuite : c'est un prolongement. Ici / voici / l'ailleurs.















Il ne s'agit pas d'entre-soi, de publication par défaut, d'écraser ce qui existe, ce travail sur le net, les blogs, les réseaux. C'est trouver ce qui nous correspond, y aller, ne pas attendre de savoir comment faire. Ne pas demander d'autorisation.   















 Il n'y a pas de modèle et c'est un grand bonheur. Et nous voilà adultes, responsables et joueurs. Et enfants et bosseurs, le tout conjointement. Nous ne dormons pas des masses et nous sommes fauchés, c'est un fait. Alors, comment tenir ?















C'est comme partout ailleurs : il faut covoiturer. S'échanger des services, se donner, se prêter (des plans, des livres, des lieux, des adresses, des noms). Est-ce que ça finira par porter ses fruits, ce travail, cette façon de voir ? C'est impossible à dire.















Mais c'est au présent que ça se joue. Dans la concentration, la trouvaille, la jouissance. L'étonnement, la surprise, la reprise, la boucle. La prolongation. La bifurcation. La comparaison, la friction, la métamorphose. L'éblouissement, même.















Aussi : combattre ses peurs, son trop grand désir de reconnaissance. Laisser du champ, de la marge. Laisser de la place à qui se trouve en face. Ne pas jouer des coudes mais inventer une danse, une disposition. Seul, à deux, à plusieurs. Prendre corps. Et laisser venir.   


*

Les photographies à tendance noir et blanc viennent de la récente exposition Mapplethorpe au musée Rodin. Les autres ont déjà été montrées ici ou là. Exceptés le "petit bain" trouvé au musée de la Piscine de Roubaix et les chaises sur l'eau, découvertes aux jardins de Chaumont-sur-Loire, les autres ont été prises soit près du lac de Grand-Lieu, soit dans des endroits présents dans Décor Daguerre : la Cité des Sciences (photo "agissez" et "on"), le haut Montreuil (la ligne de désir), ou encore le musée d'art moderne du centre Pompidou. Les cartes postales se trouvent également dans DD.
Enfin, il n'aura sans doute pas échappé à certains que j'ai piqué la joie et la souffrance (presque sans le faire exprès) à François Truffaut...

mercredi 1 octobre 2014

quelques déplacements

Sans atteindre les milliers de kilomètres avalés par mon camarade Thierry Beinstingel, quelques voyages sont à nouveau prévus ces jours-ci. Laisse venir étant donc paru aujourd'hui, pourquoi ne pas utiliser street view pour les annoncer ?

Tout d'abord, ce sera Liré, patrie de Joachim du Bellay, demain et après-demain. Le festival Festi'malles reçoit dans le château de la Turmelière. Mais il est bien caché aux yeux de la street car, on dirait.











J'y parlerai écriture et numérique (pecha kucha du matin, consacré aux questions qui me traversent plutôt qu'à une présentation de mon travail) et animerai l'après-midi un atelier d'écriture à partir de... Street view, encore, les choses sont bien faites !
La semaine suivante, on s'approchera de Nantes, puisque le vendredi 9 Joachim Séné et moi sommes invités à La Montagne, au bar de l'ALM, situé 45 de la rue Violin que voici : 










Ce sera à 20h, les fenêtres seront ouvertes et c'est l'association La Décodeuse, qui nous avait vus et écoutés à la médiathèque de Rezé, qui nous invite. Joachim lira son Je ne me souviens pas et, comme nous l'avons déjà fait, projettera ensuite du texte sur écran tandis que je proposerai un montage inédit de textes, peut-être un mix Oloé / Laisse venir.
Le lendemain, direction Bouaye et le lac de Grand-Lieu, pour une présentation de Ile ronde, déchirure/tempête en avant-première - le livre ne paraît que le 23, autant dire que pour l'instant, je ne l'ai pas encore eu en main. A nouveau, ce sera une lecture à deux (Joachim ayant écrit la voix d'un des "personnages", voilà qui s'imposait) mais très différente. Elle aura lieu à la médiathèque de Bouaye à 20h30. J'aurais pu montrer cette médiathèque. Cependant, on trouve dans le livre le château de la Sénaigerie, avec sa fameuse chambre rose. Sur Street view, cela donne :











un chemin qui ne va pas au-delà.
Dita Kepler y est, n'en doutons pas.













Elle en repartira, car il faut que se termine (dans ma tête, du moins) son séjour la villa La Marelle, si je veux finir d'écrire Anamarseilles. La Marelle devrait le publier l'an prochain dans sa collection Résidences, tout comme (admirez cette belle boucle !) c'est donc le cas avec Laisse venir, disponible à partir d'aujourd'hui dans les principales librairies numériques : iTunes/iBooks, Feedbooks -on le trouve également au format Kindle sur AmazonPour tout savoir, le mieux est de se rendre sur l'article que Pierre Ménard consacre à cette sortie et que voici.
Pierre et moi irons à Marseille, du reste : ce sera le 23 novembre, mais nous en reparlerons.
Un automne d'ouest en est, donc, qui me réjouit d'avance.