cité des sciences

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dimanche 22 juin 2014

décors (après la nuit remue)















Hier soir, lors de la 8e nuit remue et durant 8 minutes, j'ai réuni pour la première fois mes trois décors : deux extraits de Décor Daguerre, puis un extrait de Décor Lafayette, et enfin le début de Ile ronde, déchirure tempête, la variation pour Dita Kepler que je suis en train d'écrire. 
Ce n'était pas rien, pour moi, cette possibilité de les assembler ainsi. Lorsque j'ai eu l'idée de ces textes (en 2006 !), j'ai vraiment imaginé les trois en même temps, en quelques instants à peine, et tout de suite m'est apparu le désir de les écrire de façon parallèle. Je savais que ce n'était pas possible. Pourtant, d'une certaine façon, c'est peut-être ce qui s'est passé. En préparant cette lecture, en tout cas, j'ai eu le sentiment d'appréhender pour la première fois un ensemble.
Aussi, grand merci à remue.net de cette invitation (qui permet à certains auteurs de débloquer des choses, de faire avancer de nouveaux textes, oui, on l'a encore découvert hier) et de la belle écoute des personnes présentes.















Je pense que je ne saurai jamais vraiment pourquoi j'ai décidé un jour, dans le couloir de mon appartement, d'écrire sur la notion de décor, qu'il soit disparu, naturel, factice, virtuel, en mutation, ancré dans la ville... J'en ai une petite idée, bien sûr, mais je crois que ça ne m'intéresse pas de creuser davantage la question. Pas tant que j'écris, en tout cas. Ce dont j'ai eu la sensation hier soir, cependant, et plus tôt en effectuant le montage de mes textes, c'est que je pouvais continuer à travailler les trois séparément (ce que j'ai fait chaque fois que j'en ai abandonné deux pour écrire le troisième) mais également commencer à réagencer les trois en faisant se répondre certains éléments.















Le premier extrait de Décor Daguerre que j'ai lu hier soir s'appuie sur une fiction de 1964 (film utopique, néanmoins réaliste).
Le deuxième, toujours issu de Décor Daguerre, est lié au présent de l'écriture, à l'enfance et à un documentaire de 1975 (on se demande lequel !).
Le troisième, tiré de Décor Lafayette, inspiré lui aussi d'un documentaire (pas le même), est daté comme le film de fiction de 1964.
Enfin, le quatrième, début de Ile ronde, s'inscrit lui aussi dans le temps, puisque Second Life est mentionné, mais différemment : le personnage principal, Dita Kepler, n'est pas un personnage mais un avatar, ce qui dans mon esprit n'est pas la même chose. Quant au décor, il hésite entre plateforme de jeu et lieu réel. Autant dire que les repères temporels sont eux aussi bouleversés.















Tout cela m'apparaît par frictions, juxtaposition des trois ensembles (difficile de parler de texte, et moins encore de livre, pour Dita Kepler qui est tout explosé). D'une certaine façon, ce qui vient, ce sont des plateaux : 
plateau fiction documentaire virtuel réalisme ou non
plateau nature du personnage (personne réelle personnage avatar)
plateau décor (et je réalise ce matin que dans mon projet de départ il y avait ce "décor naturel", mis de côté pendant des années et qui m'a finalement été apporté l'an dernier, grâce à la résidence de Grand Lieu... sur un plateau !)

Et me voilà à sauter de l'un à l'autre comme dans un jeu de plateforme : oui, l'image est la bonne, davantage, même, que celle des branches de l'arbre (auquel Décor Daguerre se réfère, j'en ai déjà parlé ici), même s'il n'y a pas d'ennemi ou de but à atteindre.















Tout cela peut, du moins je le crois, causer sans toujours le dire violence colère douceur meurtre liberté bonheur angoisse dégringolade remontée en me laissant sauter, sautiller d'une plateforme, d'un plateau à l'autre, danser sur un pied, prendre de l'élan, tomber et repartir sans que ne se fige, se fixe quelque chose.
C'est en tout cas la sensation que j'ai eue hier soir.
(et donc ça remuait !)

*

photographies prises dans la chambre rose du château de la Sénaigerie, où se trouve actuellement Dita Kepler

samedi 14 juin 2014

Ce qu'il y a

Ce qu'il y a c'est toujours autant de livres à lire, et ceux déjà lus oubliés, une phrase, un passage reviennent parfois en mémoire le samedi matin allongée sur le canapé à réfléchir à je ne sais quoi ah si à ces livres autour, dont certains n'ont pas été rouverts depuis des années

toujours autant de livres à écrire et les anciens à défendre toujours, certains continuent de vivre sans qu'on le sache mais à l'ignorer où passe l'énergie ? Il y a celui qui a été écrit il y a deux ans et qui devrait paraître. Celui qui a été écrit il y a trois ans et qui devrait être traduit. Celui qui a été écrit l'an dernier et auquel il faut trouver un éditeur mais je considère que ce n'est pas de mon ressort, que ce n'est pas mon métier et j'en suis déjà au suivant voire à celui d'après, voire à celui d'après encore tout en sachant qu'il ne faut pas lâcher mais quoi ? Celui que je dois écrire avant fin août et auquel hier après l'avoir expliqué à l'éditeur pour qu'il l'explique aux représentants je ne comprenais plus rien.















Celui (encore un autre) pour lequel on m'a également passé commande il faudrait que je le recontacte pour signer le contrat mais tu te vois passer ta vie à ça, toi (car il y a toujours quelque chose de cet ordre qui survient au moment d'écrire, comme si l'écriture tombait du ciel  la nuit et que le jour on n'avait plus à y penser) ?
Et encore un autre, qui me revient.

Il y a d'être passée de ville en ville, d'activité en activité, de texte en texte, allées et venues dans ce qui, à un moment, a été d'une importance capitale pleurer après lecture d'extraits de Franck lus par quelqu'un d'autre, que je n'aurais pas lus ainsi, j'y pense en entendant le texte c'est pourquoi l'émotion me surprend d'autant (au Blanc, pendant le festival) ; réussir à lire en public la crise d'angoisse de la fille des escalators dans les grands magasins sans que ça me trouble ensuite en proportion, tandis que l'an dernier à Belfort le passage avait déclenché une migraine (au Blanc toujours, avec Jean-Marc Montera) ; lire encore en public un extrait de Décor Daguerre lié à l'enfance, joli moment devant très peu de monde (dans la bibliothèque d'un village). Retrouver le niveau d'intensité exact, voulu et maximum à lire et à chanter un texte auquel je n'avais plus touché depuis longtemps (à l'Université Paris 7).

Il y a la vie matérielle toujours très difficile, je n'en parle jamais ici mais c'est le cas, et la réflexion que je mène pour tenter de m'en sortir tandis que j'entends au fur et à mesure qu'il n'y a plus de budget, que les projets sont décalés à l'année prochaine, voire à la suivante j'ai un trou de six mois dans le planning financier top départ c'est le moment de me proposer des choses inavouables / le planning écritures projets est lui parfaitement excitant et dense, tout ne cesse de croître

il y a la liberté 
totale
eh oui illusion ou non je m'en fous

soleil pluie monter dans un bus changer d'itinéraire grimper au premier étage d'un café et surtout se rendre parce qu'on écrit là où on ne serait pas allé/e


dimanche 13 octobre 2013

notes sur un texte en cours

Ce dimanche, c'est à nouveau la même chose : sont ouverts côte à côte le traitement de textes dans lequel j'écris, me relis, corrige, fichier que je referme, auquel je ne reviens que quelques jours plus tard, le temps de laisser décanter et l'interface du blog, ici même, où taper en direct - se relire, d'accord, mais sous tension (publier juste après est l'idée qui domine).
Seulement, la semaine dernière, c'était un extrait de Décor Daguerre que j'écrivais ainsi, en off, lié à Cléo de cinq à sept pour être plus précise, tandis que cette fois c'est d'un texte réflexif qu'il s'agit, qui concerne mes pratiques : une commande à honorer, à paraître l'an prochain, autant dire à une époque où depuis longtemps cet article de blog sera oublié.

J'écris donc là-bas (en off) ce texte, dans lequel je tente de comprendre et de faire comprendre la façon dont j'écris, quels matériaux j'utilise et en quoi s'y insère ou non ce fantasme nommé le réel, quand tout à coup l'envie de venir écrire ici me prend. Je n'ai aucune idée de ce que je vais faire (j'ai failli taper je veux au lieu de je vais mais c'était trop fort, inexact). Tout ce que je sais, c'est que dans le texte en off brusquement j'ai écrit ceci (passage qui n'a pas décanté) : 

Pendant que j'écris ce que vous lisez, j'ai grande envie de me rendre dans l'interface de mon blog, de créer un nouvel article et d'écrire à partir de ce texte-ci, celui que vous êtes en train de lire et que le visiteur/lecteur de Fenêtres (http://fenetresopenspace.blogspot.fr/ ), lui ne verra pas, pas plus que vous n'irez regarder ce que je m'apprête à y mettre sans autre motivation que cette envie soudaine, sans autre « idée » que celle d'une corrélation avec celui-ci.
(comme il s'agit a priori d'un texte publié papié, le lien n'est pas sur le nom mais à côté).

Mon dieu mais il n'y a rien là-dedans, rien de réel, ce n'est que du vent, me dira-t-on. Ce qui change pour moi, en effet, pour l'instant, entre écrire ici et là-bas, c'est seulement l'interlignage, changement dû au pratique mais énervant copier-coller (du traitement de textes à l'écran, on passe du simple au double, vous l'aurez constaté). J'ai tout à fait la flemme d'aller chercher comment faire plus joli, harmoniser l'ensemble. Je m'en fiche, je n'ai pas le temps. Ce qui m'intéresse, c'est de savoir s'il s'est passé quelque chose, autre chose que cette mocheté. Oui : j'ai commencé à modifier ici l'extrait copié collé là-bas. J'ai changé un nom, ajouté un adjectif, l'ai retiré, sans savoir encore si c'est mieux. J'ai regardé l'aperçu, ici, plusieurs fois (pour mieux me relire, c'est une constante). Je me suis dit que rien ne m'empêchait de publier ici le texte de là-bas, en entier, même si j'ai une commande d'éditeur et que, pour cette raison, il ne devrait paraître que dans plusieurs mois 
(I got the power)
(cependant il est inachevé)
(et celui-ci, alors ?).
J'ai pensé que je pouvais aussi laisser celui-ci en brouillon jusqu'à la parution de l'autre (bof) ou pour toujours (c'est déjà plus intéressant). Je me suis demandé si je mettrais, ici, une photo (je n'en fais plus depuis un moment et ça me manque). Je n'y ai pas pensé pour le texte de là-bas, alors que le thème même du recueil à paraître concerne ce qu'on prend au réel, et comment on le détourne, sans se restreindre à la seule imitation. Je me suis dit encore : mais pourquoi tu écris ici, alors que ta commande est pour là-bas et que le temps presse ? 
(soudain il m'a semblé que l'immédiateté concernait moins l'ici, que l'on nomme virtuel, que le là-bas, publication papier à faire avancer et boucler)
J'ai pensé que je publierais (ici, bouton orange) ce texte au moins pour qu'apparaisse une url à insérer là-basTout en sachant très bien et depuis le début que ce que je nomme ici, là-bas, ne sont en réalité (ah enfin, le réel !) que deux petits onglets, ouverts et côte à côte.

(ce n'est pas très sérieux, ça n'a pas avancé)
(mais est-ce que ça avance, le réel ?)

dimanche 6 octobre 2013

Publier

commence à écrire, hein, parce que ça va bien
(je commence, je commence)
commence parce que tout le monde dort, tout le monde est ailleurs, tout le monde fait autre chose
(je commence, et c'est continuer)
le monde tu le places ailleurs (tout le monde le dit : il faut mettre à distance)
tu l'évacues
entré dans sa membrane lui et toi êtes étanches
(c'est à cette condition qu'on redevient poreux)
et tu commences
(mais c'est grippé encore)
attends

tu écris sur l'attente quelque chose qui n'est pas lu et tant mieux te dis-tu, qui n'est pas fait pour ça, pour le moment du moins, dans quelques mois peut-être, qui s'amorce quand même pour être lu un jour mais pas pour le moment, ce n'est pas la question, ce n'est pas le problème, le lecteur n'y est pas et tu n'y penses pas

pour l'instant

tu t'arrêtes, tu écris autre chose, quelque chose d'immédiat il suffit de cliquer sur le mot Publier avec sa majuscule, mot blanc sur fond orange, il suffit de taper des lettres dans l'interface, et ce n'est pas la même, elle imite la page comme la précédente celle où écrire l'attente mais ce n'est pas la même

l'interface Publier avec bouton orange vient du dimanche matin
contient de la semaine le seul moment de silence
est à jeun
ne veut pas déranger

le texte sur l'attente, lui, peut être déplacé d'un moment de la vie à l'autre
il faudra en finir mais c'est un matériau qu'on emporte avec soi polissage compris

il faudra en finir
il faut y revenir 
l'interface Publier a servi de contrepoint
a permis de distraire
non
d'évacuer l'angoisse
non
a permis quoi ?
de mettre à jour ce qui, dans l'autre texte (nommé texte initial mais qui sait si c'est juste ?), n'aurait pas pu se dire et pourtant s'y trouvait
était là
plus que là
matrice
filigrane
venu de la membrane entre soi et le monde
souplesse protection
fluidité du souffle

il faudra y revenir

le présent n'y est plus 
éparpillé brisé 
ce silence déjà du dimanche matin

(il contient pourtant sa relecture)

mardi 20 avril 2010

dans la forêt

Jusqu'à présent, sur ce blog, j'ai été assez discrète sur le nom de la maison d'édition dans laquelle Franck paraîtra le 8 septembre prochain. Et quand je dis "jusqu'à présent", cela signifie : depuis juillet 2009, date à laquelle Brigitte Giraud m'a appelée pour me dire qu'elle acceptait mon manuscrit.

La date de sortie est maintenant suffisamment proche, l'état du texte suffisamment avancé pour pouvoir le dire, désormais : c'est donc chez Stock que Franck paraîtra, dans la collection La Forêt. Mon livre sera le second titre de la collection. Le premier, paru en janvier, est le très beau Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit, de Fabio Viscogliosi (dont Télérama dit justement du bien cette semaine, d'ailleurs !).

Je n'aurais jamais pensé être publiée chez Stock, à vrai dire. A une époque, je passais rue de Fleurus chercher des exemplaires de livres que je devais chroniquer (incognito : mes papiers n'étaient pas signés), un panier à la main. Pour des raisons diverses, j'avais établi ce petit circuit qui me prenait la matinée : Grasset et Fayard, situés côte à côte, en premier ; puis Lattès et Le Masque ; enfin Calmann-Lévy, Stock et le Livre de poche avant de reprendre le métro. Ou alors, le contraire : rue de Fleurus d'abord, rue Jacob, enfin rue des Saints-Pères.
Je rencontrais rarement les éditeurs, passais simplement à l'accueil. Ce que j'aimais : marcher, traverser le quartier alors qu'il était encore tôt, que les boutiques ouvraient à peine et que la Propreté de Paris rinçait le trottoir à grand jet (j'ai le souvenir de pieds mouillés, surtout).
Je ne disais jamais que j'écrivais, tout était bien délimité, l'alimentaire et l'écriture. J'ai cessé ce travail de journaliste pour la presse professionnelle, comme on dit, il y a trois ans, peut-être quatre. Je l'ai fait pour avoir le temps d'écrire Franck.
Ce travail, constitué de CDD infiniment renouvelables, m'a servi à payer mon loyer.
C'est le hasard, les heureuses rencontres qui m'ont incitée à envoyer Franck en lecture à Brigitte Giraud. Rien à voir avec ce boulot d'avant rapidement devenu usant, absurde. Tout à l'heure, en entrant pour la première fois chez Stock, en y entrant vraiment, sans me limiter au guichet de l'accueil, il m'a semblé que c'était moi, cette fois, qui en franchissais le seuil, et non plus l'invisible rédactrice d'un journal disparu.

(qu'on ne se méprenne pas : j'aime l'invisibilité, par ailleurs)
(invisible et passe-muraille à volonté, ça me plairait !)
(en attendant, suis très heureuse, cachée dans la forêt)

jeudi 21 janvier 2010

Ecrire à la Bellevilloise ? (Non)-réponse sur mélico

Le quatrième oloé vient de paraître : il s'intitule Dans la loge/dans le bureau et il évoque la pièce que la Bellevilloise a mise à ma disposition durant quatre mois pour me permettre d'écrire. Au moment de la quitter, l'idée de déplacer cette résidence "en dur" vers les pages de mélico ne me déplaît pas, je l'avoue...

J'ai vraiment commencé à écrire ce texte dans la loge (dans le bureau) de la Bellevilloise, mais lorsqu'il a fallu y travailler un peu plus sérieusement, je n'y ai plus mis les pieds pendant quinze jours : c'est presque toujours à distance que l'identification aura fonctionné.

Et il est bien possible que le bureau (la loge) lui (elle)-même, on ne les voit vraiment sous forme de photo qu'une fois le trait tiré (sur mélico, il / elle n'apparaît pas en entier).

En attendant : une chaise rouge, stable et solide, chaise de théâtre. Et la chaise bleue, trouée, fragile, chinée pour écrire ou pour faire joli (décor, décor, oui) : deux versants d'un même travail.

vendredi 8 janvier 2010

D'en haut

C'est une fenêtre dont il n'y a, a priori, rien à dire. Fenêtre d'un studio donnant sur une cour noire, pavée, la concierge y traîne ses poubelles dans un raclement de métal. Enfant, quand elle s'y penche elle entend sa mère ordonner, souffle court : pousse-toi de là vite tu vas tomber. C'est une fenêtre qui ne sert à rien d'autre qu'à se pencher, il n'y a rien à voir, c'est noir quels que soient le jour et l'heure. Sur le mur d'en face, image d'Epinal demeurée monochrome, de longues traces de suie ; des cheminées fragiles ; un ciel dont la couleur n'a aucune d'importance.

Rideau.

Dans la pièce, elle regarde longuement une photo de calendrier : c'est, s'étirant sur dix centimètres, le château de Chambord illuminé, de nuit ; ou Chenonceau peut-être et son double troublé dans le fleuve qu'on devine. Ce sera là, chez elle, décide-t-elle à cinq ans. Il suffira de se concentrer, de le fixer bien droit pour entrer dans le paysage.

(atelier d'écriture mené à la Bellevilloise en décembre 2009 / fenêtre rue de Ménilmontant, Paris)

mercredi 30 décembre 2009

2000, 2009 fenêtres










Juste avant de passer à la décennie suivante, voilà que j'aimerais bien dire ce qui, lié à ce blog, a traversé la précédente. Ce qui pourrait donner :


2000 : début de la rédaction de Fenêtres / Open space dans le métro, sur la ligne 2, chaque matin en allant au travail. Le métier : rédactrice pour un annuaire internet. En septembre, l'idée se précise d'écrire Franck, sans rien en faire pour le moment.







2001 : mort de l'annuaire le 24 décembre, fin de Fenêtres qui, né d'une contrainte de travail, se termine, de fait. François Bon en publiera le début sur remue.net et je chercherai un éditeur, sans succès. Quelques semaines plus tôt paraît un livre pour enfants que j'ai écrit trois ans auparavant. Juste avant sa sortie, pour la première fois de ma vie je discute par téléphone avec un "éditeur" (guillemets intentionnels) de la publication, des corrections envisagées... La conversation dure quelques minutes. Je raccroche. A. ouvre alors la porte, pose son sac, me conseille d'allumer la télé. 11 septembre, 19h et jusque là et aucune idée de ce qui se passe.



2002 - 2004 : textes qui tournent court, restent dans le tiroir ; trucs pour enfants qui suivent le même chemin.

2005 : idée générale, structure de Franck. Encore des textes pour enfants qui ne donnent rien en terme de publication, mais permettent de continuer à écrire régulièrement alors que l'alimentaire submerge (à vrai dire, je ne fais pas tellement la différence entre l'abouti et l'inabouti, le publié et le non publié, en ce qui concerne l'écriture. Ce qui compte c'est que ça travaille...). Ces textes me permettent aussi de rencontrer des illustrateurs.





2006 : pendant l'été, sur une proposition de Sereine Berlottier, j'écris un texte pour un dossier de remue.net consacré aux bibliothèques. Un lien est mis sur Fenêtres, toujours en ligne. Yves Jolivet des éditions Le Mot et le reste clique et m'écrit : six ans plus tard, à la surprise générale, mon livre va donc paraître ! Programmé à l'origine en 2008, il est finalement avancé d'un an. Je commence à écrire Franck.

2007 : sortie en avril de Fenêtres et nombreuses premières fois : première signature à la librairie des Buveurs d'encre (Paris 19e), première invitation à un festival, première lecture (avec Jean-Marc Montera, qui plus est) et ce blog bien sûr. En fin d'année, Yves Jolivet me propose d'écrire pour sa nouvelle collection, Solo. Noël sous le signe des Cowboy Junkies...

2008 : passage à mi-temps, puis à plus de temps du tout (alimentaire, s'entend) pour terminer Franck, sur lequel je travaille depuis maintenant trois ans. Le texte est fini en juin. Cowboy Junkies paraît en septembre. L'idée des trois Décors surgit on ne sait comment.

2009 : elle réussit cependant à convaincre le 104, puis la Bellevilloise qui m'accueillent en résidence durant l'année. Accueil chez Mélico, aussi, avec les oloé. Sur internet, il s'en passe vraiment de plus en plus : la revue d'Ici là de publie.net, les Vases communicants... Franck trouve sa maison d'édition. Début des corrections.











Tout cela ne dit pas assez les rencontres, les essais, les ratures dont le traitement de textes débarrasse, ce qu'on a écrit et oublié, ce qui a bien failli se faire, la lecture des livres des autres, la surprise lorsqu'on se rend compte qu'ils habitent juste à côté...

mercredi 16 décembre 2009

Une cuisine à Wimereux : l'oloé 3 est en ligne

Palmiers, cactus, chaise longue, petit café à prendre en terrasse sur le port... Je savais bien l'été dernier en écrivant le troisième oloé que mélico le mettrait en ligne vers décembre. Mais j'ignorais évidemment à quelle température nous serions descendus !

Il s'agit une fois encore de lire, d'écrire (ou de penser à ce qu'on a écrit) dans un lieu donné. Après Dita Kepler, dans l'oloé 3 c'est Franck qui apparaît, manuscrit qui deviendra livre en septembre de l'année prochaine, sur lequel je travaille à nouveau en ce moment, pour une troisième vague de corrections. C'est la première fois, je m'en rends compte, qu'il est mentionné ailleurs que sur ce blog : comme un début d'existence, en somme...

On trouve aussi, dans l'oloé 3, d'autres livres, dont Cambouis d'Antoine Emaz, souvenir majeur de ce mois d'août.

samedi 12 décembre 2009

Avant-dernier rendez-vous à la Bellevilloise samedi 19 décembre

Samedi 19 décembre, ce sera la troisième et avant-dernière fois que je présenterai mon travail à la Bellevilloise (la résidence se termine fin janvier, déjà !).

La journée s'organisera en deux temps. Tout d'abord, de 10 heures à midi, dans le SAS, atelier d'écriture : le mois dernier, nous avons travaillé à partir d'une page de Légendes de Martin Winckler. J'avais organisé la séance autour des notions de lieu, de mémoire et de fiction, trois notions que l'on retrouvera le 19, liées bien sûr à de nouvelles contraintes d'écriture.

Nous avons constitué un petit groupe, qu'il est toujours possible de rejoindre en s'inscrivant : pour cela, il suffit de m'envoyer un mail (voir ci-contre). L'atelier est gratuit.

L'après-midi, à 16 heures, changement de salle et d'activité : dans la halle aux oliviers, 19 rue Boyer, je lirai des extraits de ce que je suis en train d'écrire accompagnée par Lya Garcia, artiste à la fois mime, plasticienne et styliste.

J'ai rencontré Lya au 104. Je lui lisais des passages de Dita Kepler, elle me parlait de ce qu'elle était en train de projeter, crocheter, inventer... L'idée de travailler ensemble nous est venue alors tout naturellement. Les vêtements qu'elle crées, les poses qu'elle prend pour mettre en valeur un texte sont autant de métamorphoses...

Samedi elle m'accompagnera, donc (le terme est d'elle) tandis que je lirai le début de Décor Lafayette, écrit durant ma résidence à la Bellevilloise, et un extrait de Dita Kepler inspiré par une performance qui a eu lieu au 104, dans la halle Curial, il y a quelques mois.

lundi 3 août 2009

octobre-janvier

Finalement, ma résidence à la Bellevilloise aura lieu d'octobre 2009 à janvier 2010. A partir d'aujourd'hui, je vais donc tenter d'écrire les trois "décors" en même temps, on verra bien ce que ça donne...

A bientôt.

jeudi 23 juillet 2009

quatre mois

Voilà, j'ai ma réponse : c'est donc quatre mois que je vais passer à la Bellevilloise à partir de septembre. Un peu moins que ce que j'espérais (je comptais sur six, tout en sachant que quatre était possible), ce qui va m'obliger sans doute à revoir un peu la structure de Dita Kepler - et, incidemment, à me torturer les méninges plus tôt que prévu pour savoir comment gagner ma vie ensuite... Mais tant pis, peu importe : je garde l'idée d'écrire les trois "décors" en même temps. Peut-être l'écriture s'en trouvera-t-elle accélérée, du reste ? Et puis quoi qu'il en soit, je suis très heureuse que mon projet ait été accepté.
Pour m'accompagner, d'entrée, ce texte éclairant de François Bon. Il y pose entre autres la question de l'étrange partage 70/30 (durant la résidence, 70% du temps de résidence doit être consacré par contrat à l'écriture personnelle, 30% à une restitution de son travail au public). Au 104, j'ai eu la sensation que ces restitutions (lectures, etc.) demandaient énormément de temps et d'énergie, bien plus de 30%. Est-ce parce qu'au début on ne peut faire autrement que de s'y consacrer à fond ? Est-ce qu'avec l'habitude on se préserve, on prépare moins longuement ses interventions ? Je n'en sais rien, pense plutôt que non : on cherche du neuf à chaque fois, il me semble...
Quant au temps d'écriture : un an et demi pour écrire Fenêtres dix minutes par jour dans le métro + quelques jours pour le texte "quatre ans plus tôt" ; trois mois pour Cowboy Junkies, avec une intensité particulière à Noël, planquée au fond d'une chambre, loin des préparatifs de la fête ; trois ans pour Franck, avec passage au travail salarié à mi-temps au bout d'un an et demi, puis, les six derniers mois, à plus de travail salarié du tout. Et les dix ou quinze ans à le porter d'abord, qu'il ne faudrait pas oublier. Et les mois et les années passés sur les textes inachevés, en attente, jamais envoyés en lecture...
Et les notes prises ? Et les rêves ? Les lectures ? Comment on les comptabilise, eux ? Rien ne se mesure ni ne se contrôle, bien sûr.

lundi 27 avril 2009

Le blog en journal ?

Viens de passer trois jours à Deauville, donc, comme certains ont pu le comprendre, pour le salon Livres et musique consacré au rock (j'y ai lu le début de mon livre sur les Cowboy Junkies). Et me suis posée la question, durant ces trois jours, des relations entre le blog et le journal (intime, on aura compris).

Rien ne m'agace plus, d'habitude, que ce cliché blog d'écrivain = journal intime, véhiculé par qui n'aime pas le Net, je pense, ou ne le connaît pas, en a peur, assertion qui sous-tend, sans trop s'en cacher, un mépris certain. Ecrivain alors égale narcisse, peu ou non publié, qui déverse sa bile ou cherche à se faire plaindre tout en racolant sur la Toile des lecteurs potentiels. Ecrivain = non écrivain. Voilà ce qui circulait tranquillement au Salon du livre (de Paris) l'autre fois... bref. Dix, vingt, trente exemples contraires viennent à l'esprit à la seconde, n'insistons pas.

Pour autant, même si je ne considère pas mon blog comme un journal intime mais, disons, comme un agrégat avec ligne directrice (le renouvellement du regard, etc.), j'ai eu la tentation pour la première fois ce week-end d'y poster un billet vraiment de ce style. Non pas mon vrai journal intime, qui ne regarde que moi si j'en tiens un. Mais une sorte de, parce que trop de choses se bousculaient et qu'un carnet, un cahier, ne suffisaient pas. Ce qui surgissait, c'est encore un besoin d'être lu qui d'habitude n'y est pas.

Ce billet, ç'aurait été dire autrement la même chose que ce qui est écrit pour soi, j'imagine. Pourquoi ne pas le faire ? Puisque Fenêtres est un agrégat, on peut lui adjoindre du journal intime, comme il y a de l'autobiographique dans le livre, du reste... Les frontières sont poreuses, et c'est ce qui m'intéresse. Mais non. Quelque chose retient.

C'est que d'habitude à la place j'utilise les photos, qui sont ensemble ouverture et armure. Je crois que c'est ça...

samedi 21 mars 2009

D'ici là : parution du numéro 2

Je découvre à peine les premières pages du nouveau numéro de D'ici là, revue en ligne dirigée par Pierre Ménard, parue chez publie.net cette nuit ou au petit matin. Elle a pour thème la phrase suivante : Mystérieux travail d'un écart qui s'imprime.

La revue coûte 5,5 euros et comme d'habitude, on peut feuilleter les 25 premières pages gratuitement : ne vous en privez pas, le résultat est une fois de plus magnifique. Il suffit de cliquer sur la revue pour passer en grand format, déclencher la bande sonore et découvrir le travail de quelques uns des auteurs (en tout nous sommes, je crois, une cinquantaine). Parmi cette cinquantaine, Sereine Berlottier, Pierre Coutelle, Fred Griot, François Matton, Michel Brosseau...

Ci-dessus "ma" page à gauche et celle de Pierre Ménard à droite. Je lui ai proposé un texte qui évoque le travail de construction d'un personnage - mais c'est mal dire, il ne faudrait pas parler de personnage. Il se situe dans la continuité d'un autre texte, viens, paru dans la revue Dock(s) l'an dernier.

Ce que je voudrais dire ici, surtout, c'est ma joie de faire partie de D'ici là - et joie n'est pas le bon mot, une fois encore. C'est davantage.

samedi 7 février 2009

Le 223 de Chloé Delaume commence ainsi :

"La vérité c'est que je n'ai pas envie d'écrire un roman, mais un monologue, et que ce qui m'intéresse là dedans, c'est le statut du personnage de fiction. C'est pour ça que je n'y arrive pas. La vérité c'est que j'ai envie d'un chantier qui pense le son aussi, la musique. La vérité, c'est que les cadres, j'en ai ras le bol."

Chloé Delaume, Remarques et Cie, suite ici.

samedi 24 janvier 2009

104, trois semaines



























Je ne sais pas s'il est possible de s'en rendre compte, là, comme ça, à regarder ces photos prises dans divers endroits du 104, mais je suis en train de m'y attacher violemment (aux lieux).

samedi 10 janvier 2009

Que dire ?

Hier après-midi, à l'atelier web de Bagnolet, tour de table. Quand c'est à moi je dis comment je m'appelle puis, bouche bée, finis par prononcer quelque chose comme eueueuh. C'est tout. Alors ? Comment se présenter ? D'habitude je m'en sors comme ça : je dis j'écris, je tiens un blog, s'il le faut je parle de Fenêtres, ça n'engage pas. Cette fois, rien.

François Bon me tire de là avec humour, lance une ou deux phrases dans lesquelles on entend : écrivain. On sait bien qu'avec ce mot-là rien n'est simple. Soupçons, méfiance, paralysie, mépris, ironie, effarement : le non-dit sédimente depuis la nuit des temps. Ecrivain n'est pas un métier. Ecrivain ne signifie rien. Tout le monde veut être écrivain. Celui-là se croit écrivain. Je vous présente untel, écrivain. J'aurais rêvé d'être écrivain. Etc. On sait aussi que le fantasme est en baisse : avocat d'affaires désormais bien mieux qu'écrivain.

Est-ce qu'avec musicien c'est pareil ? Avec peintre ? Comédien ? Il faudrait le leur demander.

Je suis écrivain. Depuis quelques jours je passe mon temps à dire qui je suis et ce que je fais. Grande nouveauté : j'arrête de "mentir" en parlant d'une activité payée qui d'habitude me fait vivre (au choix : journaliste, correctrice - être un minimum consciencieux n'empêche pas le sentiment d'imposture). Là, plus de revenus, que de l'écriture : il n'y a plus d'écran, alors il faut bien dire.

Et pourquoi pas je suis écrivaine ? Pour ça une réponse toute simple : j'ai voulu devenir écrivain vers 8-10 ans. Je pensais : quand je serai grande je serai écrivain. Ecrivaine n'existait pas. Si on me le donne maintenant, qu'on me le troque contre écrivain, j'aurai le sentiment qu'on me prend quelque chose, qu'on me refuse quelque chose. C'est sans doute débile mais comme ça. Ecrivain est dans le soupçon (de prétention, d'escroquerie), écrivaine y échappe mais pour confiner au néant (je parle évidemment des termes, et ma phrase n'est que subjective - mais tant que ça ?).

Etre écrivain ? Depuis l'enfance signifie être libre, et c'est tout.

Esprit d'escalier aidant, quelques minutes plus tard j'ai eu envie de dire, mettant de côté l'écriture, justement : anime un blog qu'elle donne pour littéraire alors que depuis quelques temps elle n'y insère que des photos. Photographe, alors ? Ah non, sûrement pas : n'y connaît rien, ne sait pas prendre des photos, s'offre entière à l'autofocus.

(d'autant que j'avais Philippe de Jonckheere juste en face de moi !)

De toute façon c'était trop tard. Fatigue d'avoir dit toute la semaine : je m'appelle unetelle, je suis écrivain, voici mon nouveau projet.

Pour les présentations, rien à faire c'est mieux ici, où je peux déclarer sans mentir : suis dans la maçonnerie, fabrique des briques et des parpaings.

(photo : réverbère de Bagnolet)

mercredi 29 octobre 2008

Ecrire la ville : fenêtres en mouvement

François Bon organise actuellement avec la BNF un atelier d'écriture, Ecrire la ville, dont la première proposition s'intitule Fenêtres sur le monde. On peut trouver sur Tiers livre le détail de cette proposition qui engage les participants à évoquer cinq fenêtres différentes.









Parmi elles s'inscrit la "fenêtre en mouvement" : où l'on regarde la ville par la vitre d'un bus, d'un train, d'une voiture... Evidemment, je suis très curieuse de voir ce que cela va donner.










François Bon s'appuie en particulier sur un livre, Fenêtres sur le monde, de Raymond Bozier.









Raymond Bozier, je l'ai découvert précisément dans le métro, en levant la tête : dans ces petits rectangles réservés à la poésie au-dessus des sièges (et dont le choix des textes ne m'emballe jamais, d'habitude, il faut bien le dire), il y avait quelques lignes de lui. Il était question d'une table, d'un journal, d'une pomme : lignes qu'il a fallu, alors, d'urgence, recopier dans le carnet.

Je cherche maintenant ce carnet parmi une vingtaine d'autres. Je tombe sur ceux des Fenêtres (les miennes) et les suivants, mais aucune trace du poème de Bozier. Partie remise : je trouverai ça un autre jour (à moins que vous ne me l'envoyiez ?).









Mais dans ces minutes à feuilleter, un autre mouvement soudain : celui de l'écriture perdue, projets abandonnés ou laissés de côté, tout ce retravail qu'on ignore (j'avais même oublié que les Fenêtres, entre leur première apparition sur remue.net et leur publication par Le Mot et le reste, je les avais poursuivies, continuant d'annoter, de réécrire les mêmes, et d'autres, plusieurs années de suite). Sans compter les notes prises de la RN1 au sortir de Paris (Saint-Denis, Sarcelles, Saint-Brice), regard de qui ne conduit plus. Des mots perdus, encore, en tout cas pour l'instant.

Mouvement qui aspire, prend par l'arrière, contient.

mardi 1 juillet 2008

Qu'en faire ?

Est-ce qu'il est vraiment terminé ? Faut-il attendre, le laisser à nouveau reposer ? Est-ce que c'est trop tôt pour le faire lire ? Et à qui ? Faut-il le relire encore, à voix haute, à voix basse, dans l'ordre, dans le désordre ? L'imprimer ? Le relier (non) ? Le laisser dans un tiroir durant l'été ? L'oublier ?
L'oublier je ne peux pas, même si un nouveau se profile. C'est ma peau ce livre-là il faut bien le dire, et je crois qu'il va le rester. Sa variation, sous-titrée 'til I'm dead, va paraître dans trois mois : trois mois pour l'écrire, trois mois à attendre, ligne de partage des eaux tandis que lui , le livre d'origine : dix ans à le porter au moins, trois à l'écrire, et j'ai bien vu comment se tient l'écriture dans ce cas : s'étale, envahit, bouffe tout l'espace disponible, mental, physique, tant pis pour le reste.
Je l'ouvre (j'ouvre le fichier), l'observe, de haut, de loin, pointe au hasard, puis le passage choisi relis, encore, encore (et toujours à voix haute, même dans le chuchotement), il arrive que je change un mot. Ca n'ira pas plus loin désormais (j'imagine). C'est de l'incantation sûrement. Mais quoi ?

Alors allez voir comment font les autres.

jeudi 19 juin 2008

Petite annonce : cherche endroit pour écrire










Quelqu'un qui me connaît plutôt bien m'a envoyé l'autre jour cette photo de Cabourg en me disant : tu ne te vois pas écrire à la petite fenêtre du haut ? !

Ca m'a rappelé, plus sérieusement, que je cherche un endroit pour écrire, le faire chez moi commençant vraiment à devenir compliqué. Alors voilà ma petite annonce :

auteur fauché cherche pièce où écrire sans payer (sauf l'eau et l'électricité)
une pièce avec porte (qui ferme) et fenêtre (qui ouvre)
une prise pour l'ordi, la cafetière
un accès aux toilettes, si possible (tant qu'à faire)
dans le silence

et si possible aussi :

pas trop loin de ma piscine (Pailleron, dans le 19e arrondissement de Paris, vers Bolivar, les Buttes Chaumont) - sinon tant pis
mieux encore : au dernier étage
pour tout le temps
un endroit dont j'aurais les clefs

en compensation :
je vous remercie beaucoup
je peux repeindre les murs
apporter des fleurs...

je pense à ceux qui ont un local trop petit pour être loué
les mécènes
les amoureux de littérature

c'est très sérieux !


et je ne demande pas à avoir forcément cette vue-là :












(photos de Monique)

en même temps, j'aime beaucoup les toits de Paris, c'est vrai...

merci d'avance, quoi qu'il en soit