Mandelieu

Mandelieu

lundi 25 août 2014

Fenêtres d'Amérique















"Je ne sais pas d'où ça vient... Ca me prend quasiment chaque fois que je me déplace, en train comme en voiture... Quand je traverse un paysage, que je passe devant une maison dans la campagne, j'essaie d'imaginer la vie qu'il y a là, à l'intérieur, au-delà des murs. J'essaie aussi d'imaginer la vie que je mènerais si je choisissais cet endroit pour m'installer.
Ca vient une nouvelle fois de se produire alors que je croisais le bourg de Vermillion, avec ses maisons en bois à deux étages (certaines d'entre elles étant agrémentées de drapeaux ou de cocardes aux couleurs du pays), ses champs, ses hangars semi-cylindriques...
J'aimerais connaître les habitudes de chacun des habitants. J'aimerais savoir quelles radios on écoute par ici ou quelles chaînes de télé on regarde...
J'aimerais, en fait, avoir le pouvoir d'ouvrir toutes les fenêtres, toutes les portes, même celles des abris à outils de tôle au fond des jardins.
J'aimerais, dans chacun de ces lieux, m'asseoir, fermer les yeux et respirer, et écouter ce que l'on devine du dehors. J'aimerais les rouvrir et faire l'inventaire de ce que je vois. Je ne sais pas en quoi ça me nourrirait. Mais, au final, je crois que ça me comblerait."

(c'est peu dire qu'il parle pour nous, je crois)

mercredi 13 août 2014

journal(s)















7h41 une chatte grise sur chaise noire, le ciel bas, une moto au loin, disparue. 
Ou alors : un balcon, une ville du sud, un appartement qui n'est pas chez soi, une piscine privée où personne ne se baigne le matin.
Ou : quelques jours de vacances avant de rentrer à Paris, qu'est-ce que les vacances, y est-on jamais, oui, non, est-on là, y est-on vraiment ?
Ou : 7h41 sous les yeux fermés l'interface du blog, bien nette, apparaît. Dans le lit le texte est déjà écrit, formant plusieurs blocs alors je me lève, trouve la chatte sur la chaise noire, le ciel (toits de tuiles, girouettes), pendant que l'ordinateur s'allume. Mais il est si lent que le texte s'évanouit, lui qui se déployait il y a encore dix minutes (ou plutôt vingt, c'est dire) sur une certaine longueur. C'était un texte sur l'absence de désir d'écrire dans l'interface ces derniers temps et je me demandais pour quelles raisons (matérielles ? autres ?). Un texte que j'avais, précisément, le désir d'écrire. 
Mais le matin efface les considérations sur l'écriture hors ligne, la lecture en ligne, le journal, les journaux, la photographie. Reste : le titre de l'article, qui en aurait dit quelque chose ; un oiseau dans le ciel ; la possibilité de prendre un café sur le balcon, d'aller nager en traversant la route. 
(de se réveiller, en somme ? Ce n'est pas si simple qu'il paraît)

mardi 5 août 2014

Dans mon île















Je me doutais que je n'avais pas posté ici depuis un moment, mais à ce point..!
Mais j'étais dans mon île, l'île ronde, sujet du prochain livre, et il fallait bien ça, tout ce mois de juillet sans rien dire, à rester concentrée...

Aussi, ce matin, quelques nouvelles :
Ce matin, 9h00 tout rond, à Nantes, j'ai enfin eu la sensation que le texte était fini. Il y a encore à faire mais voilà, nous y sommes : selon moi, ça tient, et je fête l'événement un café à la main, en silence. La terrasse ouvre sur un jardin. Je regarde le ciel, la baie vitrée, la cabane de jardinier, les arbres, le mur. Quelque chose s'allège. 
Chaque fois, jusqu'au dernier moment, jusqu'à ce moment-là je ne sais pas si le livre tiendra, si ce sera un livre. Je le sais quand même d'expérience, mais je ne le sais pas - vraiment.
Il faut attendre le tout dernier moment, la dernière page relue (relue déjà plusieurs fois avant, mais seule la dernière compte). Tout à coup le livre s'inscrit en soi, en entier, comment le formuler autrement ?

Aussi voilà : Ile ronde paraîtra à la rentrée, tout début octobre je crois, aux éditions Joca Seria. Et il sera plus collectif que prévu : Mathilde Roux en fera la couverture, Joachim Séné la contre-voix (pour savoir ce que c'est il faudra lire !) et on y trouvera des photos d'Arnaud de la Cotte et de moi. 

Il y a encore du travail mais il est là, tout près, ce livre. Il fait déjà un tout, compact, serré.
Une île ? Nous sommes quatre à y aborder.