sur le pont, près du canal

sur le pont, près du canal

lundi 12 novembre 2007

Autre voyage : Les Comores, Zanzibar




















A Marseille, Lire en fête m'a permis de rencontrer Salim Hatubou et Jean-Pierre Vallorani, dont le très beau livre, Comores Zanzibar, reste longtemps en tête. Salim Hatubou y part à la recherche de sa mère, qu'il a à peine connu et dont la voix se mêle à la sienne. Le photographe Jean-Pierre Vallorani accompagne ce voyage, et fait davantage que l'accompagner.



D’Ungudja, ma mère, j’entends Ba Hussein
inviter les djinns bantus de Pemba à la danse.
Il dit : Nyumba Yagwa, la maison s’est écroulée.
Ntende je we ? Que puis-je faire ?
Potea Ufunguo. La clef est perdue.
Alors, mon enfant, rebâtis la maison,
cherche la clef, ouvre, entre et installe-toi.

dimanche 11 novembre 2007

jouer au métro à domicile

(à propos du métro aérien, sur la ligne 6)

Quand le parcours se prolonge un peu, c'est le statut du passager qui change quelque peu : il supporte moins le regard des autres et ose moins les regarder ; le voyeurisme prend ses distances : parallèles à la voie, cependant, les fenêtres des immeubles au deuxième et au troisième étages sont souvent closes, et tirés les rideaux, comme si les heureux habitants de ces lieux étaient tenus de jouer au métro à domicile et de goûter toute la journée la quiétude d'une pièce capitonnée où la lumière reste allumée.

Marc Augé, Un ethnologue dans le métro, 1986.


Marc Augé aurait-il rêvé la même chose s'il avait pris la ligne 2 qui ne traverse pas, elle,
Bir-Hakeim et Passy ? J'ai dans l'idée que non...

mardi 16 octobre 2007

Lire en fête

On va un peu aérer les Fenêtres à Paris le jeudi 18 à 20 heures (par ici ) et à Marseille le dimanche 21 à 13h30 (par ).
Les thèmes abordés : à Paris, la place de l'écrivain, sa proximité dans le quartier et à Marseille, le "voyage poétique". Pour Paris, venez à vélo !
A part ça, je n'ai le temps de rien en ce moment : ça devrait s'alléger dans deux mois, patience...

dimanche 7 octobre 2007

Légendes (suite) : ci-dessous, ci-contre

Ci-dessous : trois méthodes d'arrosage des cactées et des succulentes.

Ci-contre : Lithops aucampia, une plante caillou à fleurs jaunes.

Ci-dessous : Une grande fleur blanche de Gymnocalycium denudatum.

Ci-contre : Conophytum spectabile, au parfum intense.

Ci-dessous : racines en cours de formation sur une bouture de cactus.

Ci-contre : la forme jaune d'Opuntia microdasys a la fâcheuse habitude de perdre ses raquettes en hiver. La forme à glochides blanches fleurit plus facilement.

Ci-dessous : ce specimen de Cereus peruvianus f. monstrous présente une des formes de croissance inabituelles (voir p.15)

Ci-dessus, à droite : la célèbre Aloe variegata.


Cactées et succulentes, Tony et Suzanne Mace, Hachette Pratique, 2002.

samedi 6 octobre 2007

La position en éventail des chiens

J'inaugure une série de fenêtres ouvertes, pour voir : les légendes sans photos.

Voici les premières :

4-5 Le détroit séparant l'île Bylot de l'île de Baffin dans l'archipel canadien au mois de juin. On distingue clairement deux glaciers se jetant directement dans la mer.

12-13 Au crépuscule, dans le nord-ouest du Groenland, un chasseur Inuk (c'est le singulier d'inuit) est installé sur son traineau. On notera la position en éventail des chiens, particularité groenlandaise, où les déplacements se font presque entièrement sur une mer gelée.


Le Grand Nord, Marco Nazarri, Grund, 1998, p 8.

lundi 24 septembre 2007

jeudi 13 septembre 2007

Violette Leduc

est miraculeusement à la une en ce moment, grâce à l'édition de sa correspondance par Carlo Jansiti (à quand le dernier livre paru de Janet Frame en France, au fait ?). Pas lu encore mais profitons-en vite :
sur le site de La Poste
sur remue.net (un dossier signé Fabienne Swialty)
et sur le site consacré à Violette, bien sûr.

Ici, à Stalingrad, sa femme au petit renard rêve encore sur les autocars en partance (province, grande banlieue) tandis que la place d'aujourd'hui mue : plus de cars, plus de crack, ou alors bien caché.

vendredi 31 août 2007

Derrière le mur, brusquement




























on y est (et d'ailleurs c'est écrit : cliquez sur la photo, vous verrez bien)













mais ce n'est pas celui auquel vous pensez

jeudi 30 août 2007

Lus, vus, aimés

J'avais commencé à penser à cette liste pendant l'été, avec l'idée dès le départ de mêler livres et films sans les distinguer. Je pensais y mettre ceux que j'avais aimés sur le moment, avant (Chao Praya), pendant (12 soeurs slovaques, Fin d'automne) et après Berlin. Mais l'un d'entre eux, lu plus tôt, s'est mis à dépasser de l'étagère : Les Anges, Violeta. Ca ne m'étonne pas de lui. Quand je pense à mes deux dernières années de lectures je pense à lui. J'ai donc ajouté ceux qui s'imposaient, tout de suite, sans réfléchir : Claire Dolan, le deuxième film de Lodge Kerrigan ; Visages noyés, de Janet Frame ; ou encore Les Fenêtres murées d'Alexandre Vona, découvert comme le Calet, De ma lucarne, par hasard à la bibliothèque Villon. Il y en a, il y en aura d'autres.

Et à propos de bibliothèque, si on veut on peut toujours aller voir ...

lundi 27 août 2007

Le summum de l'immeuble A

était donc à Berlin (ou peut-être à Shanghai, sans rien dire de New York, peu importe). Se nettoyer le regard : tout simple, il suffisait d'un déplacement. Mais le déplacement est un luxe, souvent, dans nos têtes à la vitre.








Ne pas oublier que non.

samedi 25 août 2007

jeudi 23 août 2007

Des blogs et des extraits

Un retour de Berlin et un crash de disque dur plus tard, avant de publier quelques photos prises ou non du métro de là-bas, juste un mot pour remercier deux blogs qui ont présenté mon livre pendant l'été. Il s'agit de celui de Bakelith et Lignes de fuite. On trouve leurs présentations ici et . Une boucle de plus, pour reprendre l'expression de Bakelith...
C'est drôle au passage de voir quels extraits ont été mis en ligne. Dans ce livre, tout a priori peut être extrait, collé, recollé ailleurs... Je dis "a priori" car, ayant dû en choisir plusieurs (d'extraits) pour une lecture à venir cet automne à Marseille, je me suis vite aperçue que les fragments de fragments à se suivre s'autodétruisaient. D'où la nécessité d'ajouter une contrainte pour se dégager de celle sur laquelle le livre s'est construit, par exemple, ou de rétablir sans le dire la chronologie d'origine du texte Garibaldi - Pelleport. Enfin bref...

samedi 11 août 2007

Deux heures à Paris


pour envoyer sur le blog ces premières fenêtres de Berlin...

mardi 31 juillet 2007

Avis

Sauf humeur contraire, les fenêtres ferment jusqu'au 20 août environ.


à bientôt

dimanche 29 juillet 2007

Un fantasme

Entrer un jour dans l'usine Clairefontaine, le long du canal Saint-Martin

mais il paraît qu'elle ne se visite pas (des machines top secrètes pour nos carnets, nos agendas)

alors on reste à la regarder.

mardi 24 juillet 2007

Dans la marge : Saint-Ouen / 5

Dernier voyage. Ligne 2. Vendredi 10 juillet 1998. J'oscille entre le paysage et l'Usage du monde quand surgit un accordéoniste qui se met à jouer une sorte de barcarole. De ce balancement : nous en train de naviguer, notes et vitres, lui les doigts sur les touches on se croit dans un film. Mais déjà c'est fini, il faut rentrer sous terre.

(dans le premier carnet rouge, 9,5 x 14 cm, retrouvé hier)

samedi 21 juillet 2007

Station Stalingrad

Dans la marge : 2001

Quelques minutes au soleil avant de retourner travailler. Goût du café encore sur le palais, un ouvrier en blanc de travail à moustaches fume une brune. Chaises d’osier, cendrier inutile, soleil sur la table et sur le dos de la main, de celle qui écrit.

craquelinier : fabricant de craquelines, gâteaux bretons

Inféodés au bruit de nos voisins n’avons plus qu’une vie organique et pratique. Ne voyons rien de la matière du ciel le matin, rien de sa lumière, et sommes invisibles.

J’ai dans la poche de mon manteau depuis dix jours au moins une page de mon roman, toute naze, à réécrire.

carrier : travailleur ou exploitant des carrières

jeudi 19 juillet 2007

Puisqu'on vous le dit

En clin d'oeil à Bruits, roman (ou tout comme) resté pour l'instant au garage, lui aussi.

lundi 16 juillet 2007

Col Fab entre le métro et l'immeuble B












et qu'est-ce que c'est que cette croix en haut?

vendredi 13 juillet 2007

Dans la marge : 1999

Rouler sur les bouches d’égout à Sarcelles, devant les jardins de roses, les maisons effondrées. Passés tous les panneaux publicitaires, le colza pétarade, ça pue un peu quand on s’approche. Retrouver un creux de vallon, vers Presles, s’attendre à une rivière, mais non.

Pluie d’été mais pluie grise entre Ponteau-Combeau et Paris, regard à un mètre quarante du sol. Ballast couleur betterave jusqu’à la gare de l’Est, sa dentelle de câbles, de fils, de grilles, de pylônes. Parpaings, blocs de béton et Paris à un kilomètre.

25 mai 1999, sur l’avenue de Saint-Ouen. Un carnet pour la route, un autre pour les énervements. Grues qui changent de cap. Métro bondé où l’on ne peut monter enceinte.

Pompiste à grosses fesses qui flotte dans son bleu.

mercredi 11 juillet 2007

mardi 10 juillet 2007

Immeuble A

C'est lui, oui. Et c'est comme mettre à nu quelque chose que de publier cette photo.

lundi 9 juillet 2007

Dans la marge : 1998

Palais de la Découverte, exposition sur les cinq sens. Dernier jour, foule monstre, on en ressort de nuit. Dernier jour c’est-à-dire : plus rien à goûter, plus rien sur le goût. Retenu, au passage : les taureaux ne voient pas le bleu ; au Japon, l’important dans la perception des couleurs, c’est de distinguer mat et brillant ; en Afrique, les bruns sont perçus différemment par les hommes et les femmes dans certains endroits. Et ici ? Dans les dédales de l’expo ? Le long d’un tunnel, d’un couloir, toucher au mur des fourrures par dizaines, carrés juxtaposés à notre hauteur de main. Et chacune plus douce que la précédente, la suivante toujours d’une finesse, d’un grain, d’une précision qui semblaient impensables la seconde d’avant. Touché le cuir des sous-main. Senti l’odeur du Nescafé dans les bruits de vaisselle, d’oiseaux, de rires d’enfants. Au retour, dans le métro un sifflement pointu, vrombissement qui s’aiguise avec la vitesse, ternit dans le ralentissement.

Barbès escalator




















Photo AM

Là où on ne va pas, nous




















Photo sous Creative Commons

Où l'on travaille - hors du trajet

sur le lit

sous les draps

sur le bureau du fond

sur le bureau de l’entrée

au café

chez les autres

sur le lit de l’enfant qui regarde les dessins animés (au salon)

sur le canapé

(du salon)

devant ces écrans : premier ordinateur portable, second ordinateur portable, ordinateur fixe qui ne marche presque plus (à hisser, à tirer), poste de télévision, téléphone fixe qui indique qui vous appelle, téléphone portable qui vous sonne pour les SMS

séries télé à regarder pour le travail

séries télé à regarder quand on a fini de travailler (et cet abrutissement qui coupe avec le reste, d’habitude, le reste c’est-à-dire le travail, est désormais travail lui-même)

plus de coupure

l’image insupportable

toute image à vomir

tout pixel à vomir

pages des livres fermées

pas de ciel pas d’arbre

pas de voix qu’on appelle

dans le métro et dans les rues les affiches géantes du film sur lequel vous avez écrit il y a deux mois, au même rythme, que vous n’avez toujours pas vu

à la bibliothèque ce qui se passe on n’en sait

rien

et les fenêtres elles-mêmes deviennent des écrans

par celle de la chambre une première vitre, une seconde vitre, la fenêtre d’en face, et sur l’écran géant plat plasma qui diffuse

ça diffuse

rayons bleus sur rideaux oblique défilé

ce que

vous

ne voulez pas

voir

mardi 3 juillet 2007

A Rym et à Marie

Pas pu me rendre ce dimanche à la manif pour la régularisation des sans-papiers qui s'est tenue à Stalingrad, mais que cette photo de Thierry Laprevote (merci Thierry) le rappelle : durant les vacances nous resterons éveillés. Je compte bien pour ma part revoir Rym et Marie à la rentrée.

lundi 2 juillet 2007

Pourquoi c'est court

Tout est très court dans ce blog, tout est très fragmenté seulement parce que je n'ai pas le temps. Pas même le temps d'écrire sur le pas le temps (et ce message date de quatre jours déjà), le boulot alimentaire bouffe, impossible de l'écrire autrement, je tente bien de lui donner des coups de lattes en lui cherchant un pseudonyme (me dire que c'est le pseudonyme qui le fait, le travail), en achetant un nouveau carnet que j'appelle Echappés de la cage mais non rien à faire, pas le temps : là non plus, dans le carnet, il n'y a rien d'écrit.
Le soir je pose un casque de chantier sur mes oreilles, c'est un casque anti bruit.
Je ferme les yeux dans le noir.
Pas le temps, même plus celui du trajet. Salut aux télétravailleurs bouffés par leurs commandes, dead-lines, les missions impossibles. A ceux qui pour manger se renient, en riant, en se rongeant, achètent des journaux qu'ils n'ont pas le temps de lire. A ceux qui n'arrivent plus à lire. Mal aux yeux, mal aux doigts, mal aux os. Salut à vous. Et qu'on s'écrire, hein!

jeudi 28 juin 2007

Résultat des courses

Un créateur de tee-shirts personnalisés m'écrit en portugais d'un site barcelonais pour m'inviter à découvrir ses oeuvres. Deux Canadiens de plus passent par ici : voilà ce qu'Harry génère. C'est tout!



(le front d'Harry Potter tagué dans le métro : jeu de piste du moment)

lundi 25 juin 2007

Dans la marge : Saint-Ouen / 4

Un spectacle de danse, Corpus, où tout le monde est fou, croit-on. Monologue sur le noir qui envahit la scène tandis qu’une danseuse frappe et se frappe contre les murs. Seuls le sensible, le corps permettent de rester dans un certain ordre mental, nous dit-on, c’est pourquoi viennent ensuite des tentatives de reconnaissance, de définition de ce corps à jamais lié à la tête.

Sur le périphérique, à la nuit tombée, des dizaines de feux stop clignotent, clignotent aux néons orange, aux flaques aux anfractuosités. Les murs comme des lamelles de fruits. En sortie de tunnel sur la file de droite le ciel passe au gris-bleu. Il faudrait s’accrocher encore.

Mairie du XVIIIe. Visite. Un appartement donnant sur l’église, porte vitrée parquet ciré murs blancs : un nid dans le clocher.

Espèces d’espaces : Perec à la devanture d’une boutique de luxe.

dimanche 24 juin 2007

A Jaurès, dans le tournant

La rotonde, au loin la fenêtre donnant sur du vide (vendue depuis longtemps maintenant) et dans le miroir ceux du quai : photo sous Creative Commons, trouvée sur Wikipédia.


vendredi 22 juin 2007

la gare du Nord sous influence

Mardi 19 juin, dans l'après-midi : photo banale prise de la passerelle de l'Eurostar. S'y cachent derrière les voyageurs des centaines d'adultes et d'ados qui serpentent le long de la voie 15 pour visiter un train, promo Harry Potter pour le cinquième film. Même pas le Poudlard Express dont on aurait pu vérifier le rouge, même pas un panneau qui indique la voie 9 3/4. Pourtant ils s'entassent, une heure trente d'attente mini, et parmi eux un petit de quatre ans, habillé tout en noir, cape, pantalon, tee-shirt du héros, et la cicatrice peinte, la baguette à la main. Il crève de chaud. Il est là, près de sa mère.


PS : je me demande soudain si le fait de citer Harry Potter va faire grimper les statistiques de mon blog. Essayons pour voir : Harry Potter Harry Potter Harry Potter Ordre du Phénix Harry Potter. Harry Potter, Ombrage, ô Harry Potter, te jeter un sort, etc.
Je vous tiens au courant!

jeudi 14 juin 2007

Stalingrad


Coller, gratter, repasser par dessus et attendre que ça prenne.

mardi 12 juin 2007

Sachez que

le blog est à l'heure avancée du Pacifique

c'est comme ça

(d'où les messages de nuit)

lundi 11 juin 2007

Dans la marge : Saint-Ouen / 3

Porte de Clignancourt, 1998 ou 99, devant le marché de voitures volées qu’on longe pour entrer dans Paris. C’est la fin du ramadan, il fait nuit, Paule Constant parle d’écriture à la radio. Puis on entend l’écho de créations sonores, viennent d’une galerie saturée de fumée. Une femme parle au portable, un Japonais s’exclame, tout le monde a une tête d’enterrement. Retour à la rue, manège illuminé de Répu, rideaux brodés et lustres en papier.

Tracé géographiquement exact de la ligne 2

Wikipédia dixit


vendredi 8 juin 2007

105 ans

Né juste en 1900, il avait deux ans quand Nation Dauphine fut construite. Cent cinq ans aujourd’hui, l’âge des poilus qu’on fête (neuf survivants) ce mardi 14 heures, il vit à Colonel Fabien. Les voisins du dessous entendent parfois ses pas très doux, de la porte à la fenêtre, cherchent le bruit d’une canne qu’ils ne détectent pas et se demandent, à l’impromptu, s’il n’est pas mort. Mais non. De la porte à la fenêtre c’est tout un monde lui espèrent-ils. Ils supposent qu’il est sourd et quand ils y pensent ils l’envient. Les assauts du métro aérien toutes les deux, quatre minutes, lui s’en réjouit sans les subir croient-ils. Il est à la fenêtre, spectacle permanent.

Les voisins du dessous oublient les vibrations, ignorent qu’il n’est même pas malade. Rien. Ne lui reste que : effacer le précédent spectacle, images intimes que huit autres partagent, dix-huit ans en 18. Etrange qu’aucune radio ne soit encore passée immeuble du boulevard, cinquième étage gauche, à Colonel Fabien, ce sera sans doute l’an prochain. Et puis non. Marcher à pas si doux, longer le couloir comme on franchit un col il ne le fera pour personne, sauf pour qui lui monte les courses.

Les voisins ne l’ont jamais vu et lui, ne les voit pas non plus. Ils s’inventent mutuellement le montant des loyers, croisent ensemble par la vitre nos regards impensables.

lundi 4 juin 2007

Notre quartier se transforme

La prochaine fois, on verra mieux...


Dernière phrase

Tu attends, place Clichy, que la pluie cesse de tomber.

Georges Perec, Un homme qui dort, 1967, Folio, page 144.

dimanche 3 juin 2007

Des lignes, donc, même si faciles

Fantômes

Et puis, c'est encore chez nous, je veux dire dans le dixième, que nous sentons le frôlement des fantômes les plus purs. Descendus des verts maladifs des Buttes Chaumont, jaillis des rails luisants comme un halage de larmes, chassés des abattoirs, nés dans ce triangle mystérieux formé par le faubourg Poissonnière, les boulevards dits Grands, et le boulevard Magenta, nos fantômes ne sont pas littéraires. Ils ne sont pas fournisseurs de poésie pour films, ballets, vices, costumes, mondanités affreuses. Ce sont des clochers de Souvenirs, des gars de messageries, des spectres de trains rapides, des farfadets de bureaux de poste. Ils nous aident à vivre comme des pavés, des ardoises, des gouttières. Ils font partie du même pâté, du même caviar que les vivants. Et nous sommes là entre nous, les vivants et les morts, exécutant notre devoir d'exister, sevré d'élans, vers le vide des convenances et des menaces...

Léon-Paul Fargue, Le Piéton de Paris, 1932, 1939, Folio, page 29.

samedi 2 juin 2007

Matière du mur

Flanc d'immeuble disparu, Simon Bolivar, Paris 19e

Dans la marge : Saint-Ouen / 2

Saint-Ouen. Au cinéma une conférence d’histoire de l’art tenue par un homme fluet qui porte un nœud papillon. Ce sont des conférences gratuites, mensuelles, entrée libre. L’homme fait avec elles le tour du département. Aujourd’hui : Dubuffet, le corps, la matière. Dubuffet dit : faire l’inventaire de son propre réel, faire des relevés de tous les faits du monde. Il alterne les séries figuratives et abstraites. On note la cycliste nue, la matière picturale grattée. Haute pâte qu’il incise, racle. Il rencontre Duchamp et Pollock à New York, nous sommes dans les années 50. Le vrai art est toujours là où on ne l’attend pas cite l’homme derrière son pupitre, tandis que sur l’écran défilent les diapositives. Sitôt qu’on le décide, il se sauve.

Série des corps de dame. 1945 : Dubuffet énonce le concept d’art brut avec Breton et compagnie. Années 60-70 : l’hourloup, série réalisée à partir de ses griffonnages au téléphone. Série Théâtres de la mémoire, où il tente de représenter la multiplicité des idées que l’on peut avoir en tête.

De Konning déclare : Je crois vraiment que si je ne voyais pas la vie de cette façon, je ne tiendrais pas le coup. Peinture distordue par glissades, giclées, coulures, matière pleine de reliefs et d’accidents.

vendredi 1 juin 2007

Dans la marge : Saint-Ouen / 1

Tirées du carnet d'où viennent les Fenêtres, quelques notes en plus.

Saint-Ouen, 18 septembre 1998, au café rouge le matin. Les arbustes plantés le long de la verrière laissent des ombres dentelées, remuantes, sur les vitres et les chaises. Passe Farid, pressé (le moniteur de l’auto-école d’à côté). Par petites vagues des femmes en boubou, des femmes portugaises, des femmes maghrébines traversent l’avenue pour aller au marché. C’est le jour du tissu. Leur foulard noir ou blanc surgit derrière les stands entre rouleaux et pans, épaules des vendeurs, tandis que le tissu déçoit : malgré les dorures d’Orient les couleurs vieux rose, bleu roi et orangé dominent. Au café on se déplace pour une place au soleil.

jeudi 31 mai 2007

L'Orient-Express

capté par Alain ce matin en direction de gare du Nord.





Echappé du feu rouge

En cherchant Violette à Jaurès (voir ci-dessous), vu un piéton échappé du feu rouge qui traversait la passerelle, à l'écluse.





La femme au petit renard

Elle sacrifiait cinquante-cinq francs à l'achat d'un billet de métro, elle fredonnait, elle se prenait pour un petit papillon avant l'orage, elle descendait sur le quai de la station Jaurès, des trains l'amenaient à la station Strasbourg-Saint-Denis où elle restait longtemps. A sept heures elle s'asseyait à côté du portillon, près de deux employées qui causaient en surveillant les départs, les arrivées, la descente, la montée des voyageurs. Le flux et le reflux la rassuraient. Le conducteur du train lui prenait et lui rendait autant de troupeaux qu'elle en désirait. Leurs rides, leurs soucis, leur somnambulisme, leur fatigue, elle ne voulait pas les voir. C'est leur chaleur qu'elle leur demande : elle se prive de pain, ils la réchaufferont. Elle voyage assise dans un souterrain où les doigts des dactylos, le poignet des emballeuses, la taille des vendeuses de chaussures, le front des employés de banque, l'oreille de la standardiste, le pied du facteur l'émerveillent.

La Femme au petit renard, Violette Leduc, Gallimard, 1965, pages 20-21.

mercredi 30 mai 2007

Fenêtres préférées

Il suffisait de lever la tête... En ouvrant grand on voit aussi une petite ombre de cheminée, l'antenne moustique, un pan de mur vert en soupente.


Colorine

Derrière l'arceau si on se penche on trouvera peut-être les deux alpinistes.

Tati dans l'ombre et la lumière

Prise du quai à Barbès, direction Nation. En cliquant sur la photo, on peut apercevoir l'hôtel de Savoie, dans le fond à gauche. Il n'est pas dans le livre, on se demande pourquoi...

vendredi 18 mai 2007

Fenêtres remuent

Merci à Sereine Berlottier d'avoir présenté les Fenêtres sur remue.net, dont la revue avait accueilli les premières pages il y a cinq ans.
C'est ici.

De Sereine, il faut lire (si si, il faut!) Nu précipité dans le vide (Fayard, 2006). Et paraît le 25 mai Chao Praya, aux éditions Apogée.

vendredi 27 avril 2007

Dédicace ce soir aux Buveurs d'encre

La librairie des Buveurs d'encre, 59 rue de Meaux à Paris (métro Colonel Fabien ou Jaurès, sur la ligne 2, bien sûr!), organise ce soir une petite fête pour la sortie du livre. Leur numéro : 01 42 00 48 63
C'est à 19h30...




Une présentation...

Fenêtres / open space est paru le 16 avril dernier aux éditions Le Mot et le reste. Il s'agit d'un livre écrit en 1997 puis en 2001 à Paris sur la ligne 2 du métro, qui est en partie aérienne.

Deux trajets s'y croisent en sens contraire : l'un (celui de 2001) part de la station Colonel Fabien (19e arrondissement) pour aboutir à Courcelles, près de l'Arc de Triomphe ; l'autre a pour point départ la station Garibaldi, à Saint-Ouen. Segmenté en trois, il emprunte la ligne 13 jusqu'à Place de Clichy, la ligne 2 jusqu'à Belleville et enfin la ligne 11 jusqu'à la station Télégraphe.

On peut trouver une présentation du livre par l'éditeur ici

Je voudrais que ce blog puisse servir à le faire découvrir, et voyager un peu.

Anne Savelli