l'horloge de la gare de Chartres

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dimanche 12 août 2018

Semaine #32 feuille de route


















Il va falloir apprivoiser les Alpes où je vais me rendre dans quelques jours pour la CCAS. Apprivoiser l'attente, la fatigue, l'idée de ne rien faire, la difficulté à se concentrer, la chaleur, le temps ralenti, le vide, le bruit : c'est ainsi depuis fin mai. Apprivoiser le retour au voyage, aux obstacles,  aux obligations, au fait de voir du monde, de parler de soi, de lire en public, nouveauté de mi-août - il y aura aussi les paysages, la nouveauté, la surprise, me dis-je pour m'encourager. Pour partir, il faut désirer.
Je trouve sur le net cette photo d'office du tourisme, parfaitement rassurante, du lac de Serre Ponçon, première étape de la tournée. Le deuxième jour, je lirai devant ce lac, justement. Depuis que je le sais, je pense ajouter Ile ronde aux textes dont je vais parler (apprivoiser = s'approprier). Cette année, je change de façon de faire, en effet : au lieu de balader les gens dans le centre de vacances en les invitant à lire des extraits de livres divers et variés, je vais leur proposer une promenade immobile à l'intérieur des miens. Il s'agira, puisque j'ai beaucoup écrit sur les lieux, de passer de ville en ville, de mer en lac.

Depuis plusieurs jours, je réfléchis là-dessus. Je me dis : aller au plus simple, au plus court, répéter la même chose cinq fois, mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir envie de variations. Cette promenade, mélange de lectures et d'explications sur la façon dont j'ai écrit mes livres, de Fenêtres à aujourd'hui, correspond à un parcours de vie, ce qui est stimulant (oui, j'ai fait des choix et je peux les organiser, les donner à voir, à entendre) mais également fragilisant (qui sait s'il y aura quelqu'un pour écouter, recevoir, réagir, et si oui comment). D'où cette photo touristique qui renvoie à l'enfance, au rêve de maison sur l'île, au confinement aéré - à ma chambre de Saint-Germain-en-Laye, tiens, sans doute. D'où ce désir de variations, aussi.














Dire : nous irons à Paris, à Boulogne-sur-Mer, à Lille, vers Nantes, peut-être à Los Angeles. Nous prendrons le métro, le train, l'avion. Nous regarderons à la vitre, passerons devant un tribunal, entrerons dans les grands magasins, suivrons une femme, un homme, les deux. Nous serons seuls ou massés dans la foule. Nous finirons par voir Marilyn sur Lexington avenue ou dans le Connecticut, qui sait ?
Et pendant ce temps, découvrir, après un détour par l'Italie :
le 20, Le Sauze (centre CCAS Le Dahut, précisions pour Agnès :)
le 21, Savines (centre CCAS Les Bérauds)
le 22, Chamrousse (centre La Bérangère)
le 23, les Saisies (centre CCAS de Hauteluce)
le 24, Megève (centre CCAS Le Hameau)

(Seconde photo : Grand lieu, le lac écrit)

lundi 6 août 2018

Semaine #31 rituels












Un film par jour, disais-je la semaine précédente : un Hitchcock par jour serait plus exact. Revoir Les Oiseaux, Vertigo, Marnie, Les 39 marches, voilà qui me fait des vacances, vraiment. Je tente ensuite plus exigeant (Mulholland drive) et suis bien fascinée, mais c'est Vertigo qui l'emporte, même à le connaître par coeur. J'avais oublié à quel point Stewart et Novak sont exceptionnels. C'est ce qui m'impressionne le plus, cette fois.















Se laisser hypnotiser comme à l'adolescence par l'apparition des corbeaux, les cheveux de Marnie, le chignon de Madeleine, l'étrange appartement, tout en ombres et draps blancs, du héros des 39 marches. S'accorder le droit de ne pas sans arrêt préparer la tournée de la CCAS dans les Alpes (je mettrai les dates la semaine prochaine, tiens, quand même, au cas où Agnès Varda repasse par ici et veuille à nouveau me téléphoner !). Ne pas s'énerver de ce qui bloque. Nager sans forcer. Ecrire sans objectifs chiffrés.










Lire, à nouveau, et même entamer un carnet des lectures - pour soi, pas un carnet critique, a priori. Suivre ce qui se passe sur L'aiR Nu (toujours plus de beignets d'été, et une nouvelle participante, Juliette Cortese, bienvenue à elle !). Réfléchir. Se réjouir de pouvoir, encore, toujours, retourner aux films : quel Hitchcock, maintenant ? Un déjà vu ? Un inconnu ? Se dire qu'on pourrait s'accorder ça toute l'année...