Mandelieu

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jeudi 11 juillet 2013

Mes demoiselles #2

(Mes demoiselles, feuilleton d'été à teneur particulière, en je ne sais encore combien d'épisodes - mais courts)



On court on va si vite que je crois frôler le trottoir de tout le corps penché, le coeur serre, non c'est le souffle qui manque et le thorax rogne, sangle, demi-corps comprimé qui vers l'avant se lance, laisser passer le souffle en un très long filet pour ne pas trop qu'il cogne, batte aux tempes, ce souffle ou son contraire, manque d'air, ou microbe attrapé, bref ce qui emprisonne entre poumons et gorge, le laisser échapper, très mince, voilà ce qu'il faut faire tandis que les pavés se rapprochent.

On court ventre à terre, oui, l'expression est la bonne, on court, un plat, un rebord, un zoom avant arrière qui ne sait pas son nom mais je ne tombe pas et on prend sur la droite, un, deux, trois étages, la porte se referme est-ce qu'on dîne mystère mais en tout cas bingo : à 20h30 devant l'écran, moi assise en tailleur (la moquette bouclée je m'en souviens encore), elle dans le saco blanc, cette poire polystyrène qui prend forme, se déforme et bascule, renverse qui voudrait s'installer. L'écran est tout petit, le poste en noir et blanc, qu'importe : les couleurs de Rochefort sans même m'en rendre compte je les ai bien en tête.

Mais qu'est-ce que c'est que ce film ?

2 commentaires:

gilda a dit…

Où je découvre que ces machins informes (mais assez confortables une fois qu'ils nous avait avalées) s'appelaient des saco.

Voir Les Demoiselles en noir et blanc, quelle frugalité !

Anne a dit…

L'orthographe est inexacte, j'en suis presque certaine, mais tant pis, c'est ainsi que je l'écrivais dans ma tête à l'époque.
On peut en trouver un exemplaire (orange) au musée d'Art moderne à Beaubourg - autant dire sur le terrain de jeu.

Quant au noir et blanc, pas le choix (mais j'ai toujours cette micro télé, impossible de m'en débarrasser !)