Mandelieu

Mandelieu

mercredi 16 juillet 2008

penchée

C'est simplement l'histoire d'une étagère qui penche dans le couloir. Elle n'est pas la seule : ça penche aussi dans le salon, dans la chambre, trop de livres. Mais c'est à celle-là qu'on s'attaque, là, devant vous, ce matin. Quelqu'un, au passage, a osé énoncé l'idée : et si tu la retournais ? L'idée, on l'avait eue, mais tue. Maintenant, on est encouragé : allons-y.

Il n'y a pas grand chose à vider : le plus gros est déjà entassé par terre depuis quelques semaines (ou mois ?). Première chose à retirer : les livres de critique littéraire, en haut à droite. Achetés à l'époque des études de lettres, pour certains lus et relus (pas pour d'autres). Qu'en faire ? Que faire, surtout, des ouvrages de stylistique, que personne dans cet appartement n'ouvrira plus jamais, c'est certain ? (ou alors mon fils, dans dix ans , dans quinze ans ?) Pff. Couper France Culture, en avant pour Nick Cave (Abattoir blues), histoire d'impulser le tri. Virés : un livre pour réussir le Capes (ah ah), un tout petit bouquin merdique sur les différents courants de la critique universitaire (mais j'en ai d'autres en stock). Ca fait peu.

Deuxième étage : les DVD. Oui, je sais, c'est n'importe quoi cet ordre. Qui a dit qu'il y avait un ordre, sur l'étagère ? DVD pour enfants, pas pour enfants, disques sans jaquettes, et jaquettes sans disques qui cachent... d'autres livres, dont des guides touristiques du temps où je travaillais pour une certaine maison d'édition. Je m'apprête à les jeter quand, que vois-je ? Un guide bleu de Marseille. Bon, ça se garde, ça.

Débats internes :
- tu ne vas quand même pas garder le guide de la pige 2001 ?
- euh...
- et ça c'est quoi ? Ah, il était là, le code typo ! Et le dictionnaire de la bêtise ! Bon, et si je relisais l'article sur les excentriques anglais ?
- tu as vu la masse de livres, sur le lit ?
- mmm
- enlève au moins les livres dont tu as honte. Imagine un écrivain dont tu admires l'oeuvre et qui entre chez toi. Il longe le couloir : qu'est-ce qu'il faudrait planquer ?
- puéril : tu ne m'auras pas à l'intimidation.

Ah, horreur, des livres édités à la demande qui n'ont pas du tout le niveau de publie.net. Sachant que je suis quasi incapable de mettre un livre à la poubelle et que je n'aime pas non plus donner de mauvais livres, même à des inconnus, le problème reste entier. Il y en a (livres honorables) que je vais disséminer dans la ville, au lavomatic, etc. Ca, c'est facile. Mais ceux-là ? Encore le livre sur le poker, il peut sans doute intéresser quelqu'un... Mais ça ? Et ça ? Beuh...

(le portable penche lui aussi, en équilibre sur les épreuves des Cowboy Junkies, dont la couverture est fixée, désormais)

Dans la masse, je retrouve deux romans de Michel Tournier que je n'ai lus ni l'un ni l'autre. Le week-end dernier, j'ai repris des passages de Tumulte, dont celui dans lequel François Bon raconte l'attitude du "grand auteur" quand il s'agit d'attendre un avion ou de (ne pas) payer un taxi. Ca m'avait mise hors de moi. Etouffer Tournier sous la pile.

Reprise du dialogue interne :

- tu ne vas pas garder ton dictionnaire de grec ancien ? Ni cette méthode de latin ? Ni ces livres d'ancien français ? Tu étais nulle !
- va mourir.

Tiens, le DVD des Misfits, qui m'a accompagné pendant l'écriture du livre sur les CJ.

Et maintenant, passons au raz du sol : les vinyles. Là, jubilation : je retrouve l'un de mes deux disques de Birthday Party, le premier groupe de Nick Cave. Ce que j'écoutais à l'époque de The Trinity Session. Ô joie. Les autres disques, allez, dans la salle de bain. Tiens, il est midi.

Autres éléments retrouvés : ampoules, pièces, billes, chaussette d'enfant, cartes Pokemon, chapeaux (deux), abat-jour (six), pages de manuscrit, cadeau naissance (jamais offert : le bébé a grandi trop vite). Et encore un Libé de 2004, avec Juppé en une (ça date, hein !). Plus une bouteille d'Orangina vide (c'est un cadeau), une histoire de Toto recopiée.

Bon, allez, on retourne l'étagère.

Suspense.


(écrit, donc, pendant que ça penche)

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