Arras-en-Lavedan, le syndrome du caméléon, installation de Johan Parent

Arras-en-Lavedan, le syndrome du caméléon, installation de Johan Parent

jeudi 2 juillet 2009

Ne pas se pencher

Tout a commencé par un simple pari entre amis. Dans le silence de l'attente, l'impression de reprendre ce jeu de hasard, l'espoir d'un temps désirable. Ce moment où les trajets, les gestes, les détails vécus, captés instantanément tels qu'ils apparaissent, acquièrent la dimension singulière d'un défilement marqué autant par les ralentissements que les accélérations, les pauses que les relances. Je combats encore les épuisantes pensées rétrospectives de la nuit pour me projeter dans l'immédiate réalité. Regarder le paysage comme on regarde sa montre. Impulsion première et point d’ancrage. Tous les signes que ce paysage t'offre n'est que décor, faux-semblants et trompe-l'oeil. Des façades d’immeubles traités comme de simples plans sans épaisseur. Silhouettes de nous-mêmes toutes penchées. Donc pas ce qui a été vu, voir n’avait même, peut-être, pas si grand-chose à voir avec le seul paysage. À contre-sens, entre l'endroit et l'envers. L'ordre des termes change leur signification. La ville presque vide pourrait être un décor de film. Un état dans lequel notre perception du monde est modifiée. Ne pas devenir sentimentale et parler au passé. Mais la chaleur du lieu me gagne. Je me cherche où je me perds.

Pierre Ménard



qui prend ma place, comme je prends la sienne, en ce premier vendredi du mois.





Tiers Livre et Scriptopolis sont à l'initiative d'un projet de grand dérangement : chaque premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Beau programme qui se met en place aujourd'hui entre Fenêtres / Open Space et Liminaire.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Le plan des fenêtres est bien trouvé : celui de s'échanger les places aussi, et on reconnaît - de ce côté-ci- les influences des uns et des autres. Il y a comme une désincarnation, ou une désaffection qui n'est pas plus mal pour ouvrir vers une sorte de mesure brechtienne de la lecture et en même temps, dans le même espace aussi, ce refus du sentiment qui moi, pour ma part,personnellement (j'arrête) me désespère parfois : tout autant que, très souvent chez les cinéastes ont entend dire, comme une sorte de victoire sur quelque ectoplasme, fantasme ou peut-être seulement une peur de la vraie réalité des choses que nous sommes (des êtres humains) : " nous avons voulu essayer d'évacuer toute psychologie de notre travail" : sans doute parce qu'elle n'existe pas, comme les sentiments. Et moi, ici, j'aime ça, les sentiments, et aussi la psychologie (ce ne sont pas des maladies honteuses, voilà).
PdB