Arras-en-Lavedan, le syndrome du caméléon, installation de Johan Parent

Arras-en-Lavedan, le syndrome du caméléon, installation de Johan Parent

jeudi 23 juillet 2009

quatre mois

Voilà, j'ai ma réponse : c'est donc quatre mois que je vais passer à la Bellevilloise à partir de septembre. Un peu moins que ce que j'espérais (je comptais sur six, tout en sachant que quatre était possible), ce qui va m'obliger sans doute à revoir un peu la structure de Dita Kepler - et, incidemment, à me torturer les méninges plus tôt que prévu pour savoir comment gagner ma vie ensuite... Mais tant pis, peu importe : je garde l'idée d'écrire les trois "décors" en même temps. Peut-être l'écriture s'en trouvera-t-elle accélérée, du reste ? Et puis quoi qu'il en soit, je suis très heureuse que mon projet ait été accepté.
Pour m'accompagner, d'entrée, ce texte éclairant de François Bon. Il y pose entre autres la question de l'étrange partage 70/30 (durant la résidence, 70% du temps de résidence doit être consacré par contrat à l'écriture personnelle, 30% à une restitution de son travail au public). Au 104, j'ai eu la sensation que ces restitutions (lectures, etc.) demandaient énormément de temps et d'énergie, bien plus de 30%. Est-ce parce qu'au début on ne peut faire autrement que de s'y consacrer à fond ? Est-ce qu'avec l'habitude on se préserve, on prépare moins longuement ses interventions ? Je n'en sais rien, pense plutôt que non : on cherche du neuf à chaque fois, il me semble...
Quant au temps d'écriture : un an et demi pour écrire Fenêtres dix minutes par jour dans le métro + quelques jours pour le texte "quatre ans plus tôt" ; trois mois pour Cowboy Junkies, avec une intensité particulière à Noël, planquée au fond d'une chambre, loin des préparatifs de la fête ; trois ans pour Franck, avec passage au travail salarié à mi-temps au bout d'un an et demi, puis, les six derniers mois, à plus de travail salarié du tout. Et les dix ou quinze ans à le porter d'abord, qu'il ne faudrait pas oublier. Et les mois et les années passés sur les textes inachevés, en attente, jamais envoyés en lecture...
Et les notes prises ? Et les rêves ? Les lectures ? Comment on les comptabilise, eux ? Rien ne se mesure ni ne se contrôle, bien sûr.

4 commentaires:

gilda a dit…

Ton billet réveille en moi un écho très fort. Je pensais qu'aucun de mes récits n'était constitué, puis à la fin du mois dernier un ami m'a réclamé 5000 signes sur le sujet dont il sent bien qu'il me consumme, c'était en lien avec une personne et non l'écriture. Mais au passage sont venues se placer comme des étapes tous les textes que j'avais construits, ceux qui étaient l'air de rien sortis des carnets et notes d'internet. Et que le travail le plus urgent était déjà de les faire vivre. Reste là aussi un problème d'énergie : trouver celle de les faire circuler. Mon histoire personnelle fait que c'est pas gagné.
Bravo pour la Belleviloise en tout cas. Y a-t-il possibilité que les 4 mois soient prolongeables ?

Anne a dit…

Bonjour Gilda,
Et merci de ton message : faire circuler ses propres textes, c'est toujours beaucoup plus difficile que ceux des auteurs qu'on aime (en tout cas pour moi), mais j'espère que tu trouveras cette énergie dont tu parles.
Quant aux quatre mois, non seulement ils ne sont pas prolongeables mais, en plus, la mise en place a l'air de poser des soucis (nous serons deux en résidence et je crois qu'ils ne s'attendaient pas à ce que les deux dossiers soient pris). Pas sûr sûr que ça se passe à la rentrée comme prévu (j'espère que si, en particulier parce que côté finances...). Bref, bref...
Bises et à bientôt j'espère.

Loïs de Murphy a dit…

Bonjour, je vous découvre grâce à Philippe Annocque.

Anne a dit…

Bienvenue ici, Loïs, et merci à lui...