l'horloge de la gare de Chartres

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mercredi 2 décembre 2009

Les vases communicants

Demain, premier vendredi du mois, Christine Jeanney et moi "échangerons" nos blogs : j'écrirai chez elle, elle écrira ici. J'en profite pour dire, juste avant, quelques mots des vases communicants, cette belle idée de Tiers Livre (Francois Bon) et de Scriptopolis (Jérôme Denis), appelée d'abord "grand dérangement" avant d'être renommée renommée par Pierre Ménard. Le principe, aller écrire chez l'autre, existe depuis juillet, séduisant toujours plus de monde.

Echanger le contenu d'un billet, le temps d'une journée, entraîne parfois plus loin qu'on ne l'aurait cru. A chaque fois, pour chacun (j'imagine que pour les autres participants il en va de même) la méthode, la façon de faire changent. Ainsi, la première fois, je me suis imaginée à la place de Pierre Ménard tandis que lui, du train, pensait façade, décor et m'envoyait des photos de ses voisins de siège. La deuxième fois, chez Michel Brosseau qui tient une rubrique écrire au quotidien, j'ai pensé corrections (elles étaient là, prégnantes, à ce moment précis). Lui alors faisait table rase. La troisième fois, avec Martine Sonnet nous avons travaillé, selon son expression, "main dans la main", nous accordant sur la mise en pages de textes lus ensemble quelques mois plus tôt.

Cette fois, avec Christine, les choses seront encore différentes. Elle est partie d'une phrase de mon premier oloé, je suis partie du titre d'une de ses rubriques. Enfin vous verrez demain...

vendredi 4 septembre 2009

table rase

la phrase tournait dans ta tête, revenait s’imposer à ta conscience sans que tu n’y puisses rien, comme ces chansons qui te collent au cerveau, ces mélodies faciles pour quelques mots simples, loin de tout cela pourtant cette phrase, insistante à en tarauder, creuser couloirs, creuser galeries, tu l’avais lue il y a longtemps, tu l’espérais, qu’elle soit tienne tenait trop du vertige, non tu l’avais lue, certainement lue, un poème sans doute, mais le visage de cette femme qui chaque fois revient l’accompagner, toi qui rarement formes image pendant lecture, ce visage si clairement dessiné, et cette impression d’enfermement aussi, qui systématique s’y associe, cette grande maison vide, sa porte d’entrée à double battant, une lumière comme en Provence, si tu l’avais lue, si tu l’avais seulement lue, rien de toutes ces images sûrement, et pourtant, non, elle ne pouvait être tienne, trop lourde à porter, trop difficile à accepter, ce qu’elle recèle, ce qui là dit trop, non, si seulement la retrouver parmi tes notes de lecture, dans l’un de ces carnets peut-être, mais tant au fil des années, l’oublier, l’effacer de ta mémoire, ne plus l’entendre, je me dévêts à, pour toujours s’en débarrasser, table rase, je me dévêts à grands cris du, ne plus, ne plus, du diurne et du mouvant, non, sans

Michel Brosseau

(qui prend ma place comme je prends la sienne en ce premier vendredi du mois)

Tiers Livre et Scriptopolis sont à l'initiative d'un projet de grand dérangement appelé Les vases communiquants : chaque premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre. Programme qui se met en place aujourd'hui entre A chat perché et Fenêtres / Open Space.