Gary Winogrand, 1954

Gary Winogrand, 1954

lundi 8 septembre 2014

Crossroads / 25















Cela fait plusieurs jours que j'ai envie de reprendre cette chronique, sentant bien qu'il y a quelque chose à dire de ces routes croisées que sont les livres parus, écrits, à écrire, les projets en cours. Je la place sous le signe des tissus à fleurs ci-dessus, photographie mirage prise hier : l'un d'entre eux est celui de la robe portée à ce moment-là, les deux autres sont les draps, courtepointes du vrai lit sur lequel j'étais assise, situé dans la vraie chambre d'une maison qui est pourtant un bar, un lieu de passage, oloé potentiel qui brouille les repères : dérange-t-on quand on entre ? Doit-on dire au revoir ? Est-on dans un musée, sur une scène de théâtre, à l'intérieur d'un restaurant ? Situé le long du canal de l'Ourcq le pavillon des canaux, trop peuplé en ce dimanche après-midi, m'a fait fuir, mais il faudra revenir un matin de semaine pour savoir qu'en penser.

Plus tôt, je faisais les cent pas chez moi (c'est ma manière de réfléchir) et je me suis mise à compter le nombre de projets en cours. Je suis arrivée à onze et j'ai commencé à comprendre pourquoi, parfois, je me sens fatiguée, extrêmement concentrée sans pouvoir alors dire sur quoi.












Commençons par ce qui m'est extérieur, travaille sans moi pour le moment : cette photo prise à l'abbaye de Royaumont où, il y a quelques jours, Caroline Grosjean de la compagnie Les Pièces détachées a montré quelques minutes d'une proposition inspirée par mon livre sur les Cowboy Junkies. Le texte était dit, répété en boucle par les comédiens danseurs, d'après ce que j'ai compris en voyant une vidéo. Soudain j'ai entendu, non plus un corps démocratique en vagues vers l'écran, expression qui évoque la foule des spectateurs allongés sur les pelouses de la Villette, lors des projections d'été en plein air, et dont je me souviens avoir mis beaucoup de temps à trouver la forme exacte, mais quelque chose comme un corps chorégraphique...












(la Villette dont est proche le pavillon des canaux, au passage)
(mais bref)

Et c'est drôle comme, sachant depuis le printemps que Caroline allait mener ce travail et que nous allions, l'an prochain, tenter quelque chose ensemble, la danse s'est insinuée dans ce que j'ai écrit à ce moment-là : Ile ronde, dont je ne devrais pas tarder à recevoir les premières épreuves et que je présenterai le 9 octobre prochain à la médiathèque de Bouaye, près de Nantes (et du lac de Grand lieu, bien sûr) en compagnie de Joachim Séné.



















(à l'intérieur de l'île, Mathilde Roux a placé un extrait du texte, projet qui ne devrait pas être celui de la couverture définitive mais comme je lui ai demandé l'autorisation de les montrer tous, aussi, voici, je commence)
Ile ronde sera donc mon prochain livre, sauf que non : ce mois-ci paraîtra enfin Laisse venir dans la collection Résidences de la Marelle. Je pense ces prochains jours écrire ici un petit making of du livre, pour l'occasion, raconter les circonstances, les raisons de ce texte écrit avec Pierre Ménard.
Le lien entre les deux ? Des questions liées à l'intensité, je crois, au désir d'envol. Et puis, d'Est en Ouest, le côté collectif de ces textes, à propos desquels j'ai passé le printemps et l'été à discuter avec Pascal Jourdana, Roxane Lecomte et Pierre d'un côté, Joachim, Mathilde et Arnaud de la Cotte de l'autre, tout en demeurant seule lorsqu'il s'agissait de se confronter à nouveau à l'écriture, comme pour n'importe quel ouvrage. Ce passage de l'un à l'autre, collectif, non collectif, m'a vraiment plu.















Ci-dessus, le balcon déjà montré de la pension Edelweiss, située rue Lafayette à Marseille. Mais il paraît qu'elle va fermer, me dit Pierre...

En attendant la parution (LV) et les épreuves (IR), j'ai repris depuis quelques jours le Journal du Blanc posté ici au printemps, hors ligne et augmenté dans l'idée d'en faire autre chose. Une bascule possible vers le papier m'intéresse, en ce qu'elle transforme le texte, sa forme même et ce qui est dit. Je réfléchis...


(non, j'écris, en fait)
... tout en me demandant toujours comment faire publier Décor Daguerre (j'en suis encore à : "c'est très bien ce que vous écrivez mais trop risqué financièrement", troisième réponse de ce type, quel bel ensemble...).
... tout en imaginant une extension londonienne de mon grand magasin (j'ai envoyé un projet en ce sens à l'Institut français, réponse dans quelques temps)
... tout en attendant de savoir si je vais ou non écrire un roman pour ados (eh oui)
... tout en sachant que Dita Kepler, bien qu'elle se trouve actuellement près du lac de Grand lieu, va bientôt retourner à Marseille, puisque la Marelle devrait accueillir en janvier prochain mes Anamarseilles, qu'il est donc temps de finir !
... tout en cherchant comment gagner ma vie, bien sûr, alors que je travaille, n'ai pas l'impression de chômer.

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