Gary Winogrand, 1954

Gary Winogrand, 1954

mardi 12 mai 2015

La Fraternelle #2















C'est un jour de très beau temps, toujours, mais aussi de rumination sur le texte en cours (la seconde partie du diptyque, intitulée L). Pas très contente le matin, je le regarde d'un oeil suspicieux, me demande si le fait de faire apparaître un nom propre - un nom de lieu, exotique, pour être plus précise - ne crée pas un mouvement de bascule, ne va pas le dénaturer. Si de ne pas nommer ne serait pas, d'un autre côté, un peu trop commode, donnerait un côté épuré, à l'os, inattaquable à l'ensemble bien confortable en réalité. Bref, je me pose des questions type les-mains-dans-cambouis, ce qui est, de mon point de vue, l'une des choses les plus excitantes de la terre. J'adore ça, oui : rien de plus vivant, de plus ancré à la fois dans la réflexion et l'action, le sensible.














Je descends dans la cour pour le déjeuner sans avoir vraiment résolu la question, moins encore gagné la bataille. D'habitude, je ne dis rien tant que je n'ai pas trouvé et pas moyen alors de me faire décrocher un mot. Là, je raconte ça à Mathieu, l'un des danseurs. Son écoute attentive ne me donne pas la solution, qui ne viendra que du texte. Mais quelque chose se dégrippe, s'assouplit.















L'après-midi, tandis que je me bagarre et décide d'intégrer la question posée par le nom propre au texte lui-même (au-delà de l'anecdote l'exotisme fait sens, dans ce que je veux écrire. Il n'y a donc pas de raison a priori de l'écarter), je reçois un coup de fil, qui m'apprend que je fais partie des quatre finalistes candidats à une résidence d'écriture. Grand oral la semaine prochaine, en fin d'après-midi, au retour d'une journée d'atelier au Havre... 
Je me dis que ça ne va pas être gagné de se concentrer durant les prochaines minutes et me mets en quête des danseurs, qui doivent se trouver au sous-sol. Contrairement aux autres fois, je ne travaille pas directement avec eux, plutôt à coté. En attendant, je suis bien partie pour me perdre, c'est labyrinthique, par ici ! Je ressors sans les avoir vus.














Retour aux fondamentaux.




Trois personnes se sont fait connaître, suite à mon appel d'hier. J'achète un lot de dix cartes postales, effectue quelques allers-retours pour trouver des timbres, les écris. 
Il est temps de les poster, de s'occuper des Bruits. De retrouver les danseurs, peut-être ?

2 commentaires:

Florence Trocmé a dit…

Très forte cette interrogation sur la présence du nom dans le texte : le grumeau qui va épaissir à mauvais escient, faire dériver le flux, créer un point voir un abcès de fixation ou au contraire, la petite farine en plus qui va faire prendre la sauce...

Anne a dit…

Exactement, c'est une question importante, je trouve. De tenir ce journal m'a obligée de prendre le temps de la formuler, ce qui me manque d'habitude, je m'en rends compte... Et d'en avoir un écho au moment-même de l'écriture, c'est mieux encore, merci Florence !