Arras-en-Lavedan, le syndrome du caméléon, installation de Johan Parent

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dimanche 8 mars 2015

un homme à la mer

Ces jours-ci, c'est toujours penser à lui. Il surgit à l'improviste pendant une lecture, dans le métro, dans la rue... Alors je dépose ici, ce dimanche matin, le texte écrit pour Alain (initiales : AR), mon cousin, lu par ma soeur la semaine dernière à Saint-Malo.
















AR - chant pour Alain


AR on le sait veut dire aller retour en langage de voyageur
AR de ton côté c'est aller prendre l'air
la mer la route
la lumière la tangente
et que tout se mélange
sable et pierre sel et cendre

AR dans l'air quelque chose se met à tanguer
changer, se tendre
envol à partir de la plage

AR alors l'aérien le terrien c'est tout un et c'est toi
comme on dit un homme à la mer

tu es beau à tomber tu tombes tu te relèves
te tournes vers le monde
l'écoutes et le regardes
et tu ris et tu cries et je ne sais quoi encore
et brusquement silence

tu t'en vas un instant
tu dis que tu reviens
qu'on ne s'inquiète pas

plage vide, coeur lent, petit matin

AR alors un aller sans retour on commence à le supposer
un homme sur son fil
entre la pierre la cendre et le sable et le sel
bras tendus

et nous levons les yeux
vers ton ombre qui prend
l'air
et brusquement silence

AR vers la plage j'entends ton coeur qui bat
c'est une scansion nouvelle

ton rire tes mains tes bras
si je ferme les yeux voilà que tout revient
apaisé
comme en transparence

AR alors un allez un retour
oui

vers toi homme qui danse dans la grande marée

*

(drapeau d'Alain, photo empruntée à ma nièce Morgane)

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