Arras-en-Lavedan, le syndrome du caméléon, installation de Johan Parent

Arras-en-Lavedan, le syndrome du caméléon, installation de Johan Parent

mardi 21 octobre 2014

LVIR #1 (journal)

Je ne sais pas du tout pourquoi j'entame ce matin un nouveau journal sur ce blog. Ou plutôt si : pour donner du sens à ce qui se passe, ces publications, l'automne qui se dérobe, les projets lointains.















LVIR comme journal de Laisse venir Ile ronde ou : elle vire (de bord, tourne autour d'abord mais c'est pour mieux viser le large, enfin l'espère).
Donc un nouveau journal, parce qu'aussi j'ai perdu la ville haute, sans doute définitivement. Une négligence, cet été, je n'ai pas renouvelé le nom de domaine à temps et on me l'a volé, un robot où je ne sais qui l'a racheté pour ne rien en faire, le revendre cher à qui en voudra. Depuis, plus rien n'est accessible. Un an et demi de travail envolé.
Ce matin, Juan Clemente, le créateur du site, m'envoie les fichiers, sons et images, qu'il a conservés. Que faire de tout cela maintenant ? Je pensais que personne ne le visitait plus, ce site-objet-clos. Apparemment les statistiques me donnaient tort (cinquante tentatives de connexion le mois dernier). Je ne cesse de développer des projets, de travailler dans plusieurs directions parce que c'est dans ma nature mais aussi parce qu'il est impossible, quand on veut ne faire qu'écrire, de ne faire qu'écrire. Il faut sans cesse se démultiplier, tenter tous les supports pour avoir une chance d'espérer continuer














à joindre les deux bouts, n'est-ce pas ?
(le lien ci-dessus renvoie à un texte éclairant de Carol Zalberg sur l'écrivain et l'argent, intitulé Le complexe de trivialité)
Ou alors il faut s'appeler Joyce Carol Oates, qui répond quand on lui parle de sa productivité et qu'on s'étonne qu'elle puisse écrire trois livres en même temps : 
Franchement, je ne vois pas ce qu'il y a là d'étonnant. Je suis écrivain, j'écris. Je ne sais pas combien de livres j'ai écrits, je ne compte pas, cela ne m'intéresse pas. Les artistes font ce qu'ils ont à faire. Picasso ou Monet savaient-ils combien de toiles ils avaient peintes ? Les photographes savent-ils combien de photos ils ont prises ?
J'écris moi aussi, parfois, trois livres en même temps. Mais ça ne me suffit pas encore, ni financièrement (c'est sûr) ni même artistiquement - la ville haute fut une prolongation de Franck pour garder la main, s'abstraire de la publication du texte mais aussi en faire autre chose, avancer encore.

J'écris pour et contre l'éparpillement : un mouvement semblable. 















(pour la conservation, cependant, on repassera)  
Et donc LVIR, un nouveau journal, alors que j'ai entamé depuis peu encore un livre et qu'il faut s'occuper de quatre autres minimum (à faire publier / à terminer / à concevoir, je n'y reviens pas car on les trouve dans ma rubrique Crossroads, pour certains). Un journal de publication de Laisse venir et de Ile ronde, mais qui parle d'autre chose, en tout cas pour l'instant.
Je pensais hier, en comprenant que la ville haute était morte (à moins d'un miracle) que c'était étrange tout de même : le temps passé sur les réseaux à poster des choses volatiles, d'un côté et cette négligence de l'autre, entraînant la fin d'un objet clos, lequel a beaucoup compté. 
La question du présent perpétuellement se pose.

Aucun commentaire: