Gary Winogrand, 1954

Gary Winogrand, 1954

jeudi 9 août 2012

Décor Lafayette #50















Repères :
le salon du thé du Printemps en 1964
Les Femmes... aussi, documentaire de William Klein


Simone Signoret se déplace, passe de table en table. C'est l'étage des vieilles dames, celles qui ne craignent plus l'avenir, n'ont d'autre préoccupation que le choix du gâteau, la journée qu'il faut organiser pour mettre l'ennui hors course. Parmi elles, deux grandes bourgeoises aux coupes de cheveux semblables. La première, vouée à la gourmandise, pétille : s'amuser, recevoir, visiter des expositions, faire du sport, s'aérer, jouer aux cartes, elle ne s'en lasse pas. La seconde, plus effacée en apparence, aime cependant les Espagnols qui s'occupent des femmes, et danser, séduire, plaire (on pense à Franco, comme Simone. Rien n'est dit). Toutes deux n'ont jamais travaillé. Les maris n'arrivent pas à suivre, clament-elles en choeur. Nous réalisons qu'elles sont mère et fille.

Etonnante conversation qui nous voit passer du regret de la fille de n'avoir pas eu d'enfant (concevoir hors mariage, vous y avez pensé ? demande Simone. La phrase glisse, on ne peut suivre) à la liste de ce que sa mère convoite : fanfreluches, gants, galons et boutons du rayon mercerie. Tout ce qui est féminin.

Ode de la mère aux fleurs en plastique.

Puis cette dernière avoue qu'elle vient acheter aussi les produits d'entretien (hélas, je dois tout faire moi-même). Simone Signoret la quitte, emprunte l'escalator alors que, très polie, charmante (ces instruments sont parfaits) la mère sans la fille, dans la foule, discute d'une marmite. La vendeuse, dont l'accent rocailleux à la Colette résonne, l'admoneste : "Si vous avez un accident avec notre appareil, madame, j'ai le regret de vous le dire, c'est parce que vous l'aurez cherché !".

Beau visage de Simone, enfin dans la lumière.

*

Voici encore un passage qui ne se trouvera qu'ici : hier,  après relecture du texte en entier, j'ai décidé de raccourcir les chapitres liés au documentaire de Klein. Exit les grandes bourgeoises, le salon de thé, la marmite et un sosie de Sylvie Vartan qui signe juste à côté quelques pochettes de disques, surveillée par sa mère. 
Par ailleurs, j'ai commencé à créer un index qui ressemble à celui de Fenêtres, et c'est d'autant plus drôle à faire que j'y ajoute des éléments qui ne sont pas dans le livre...
(peut-être qu'un jour, je n'écrirai plus que des index ?)

Bon, à part ça, est-ce qu'il "tient", maintenant, ce livre ? La question court depuis des mois. Le relire, encore et encore, sans certitude. Ou alors prendre des vacances (oui).
Se demander encore s'il ne faudrait pas s'arrêter à 50, pour ces extraits de Décor Lafayette... Laissons venir.

Aucun commentaire: