Gary Winogrand, 1954

Gary Winogrand, 1954

samedi 15 octobre 2016

automne nu #2














Certains se délestent, d'autres utilisent toutes les surfaces alentour. Si mon automne est nu c'est parce qu'il est sans perspective financière pour le moment. Par contre j'ai trouvé ce que je voulais faire dans la vie à côté de l'écriture, pour la gagner, cette vie, enfin ressenti ça pour la première fois l'autre jour, ce que je voulais vraiment, là où je me sentais bien. C'était lundi dernier, pas encore trop tard j'en suis sûre.













Sans perspective financière mais pas sans perspective, non : je sais quoi faire (sauf pour gagner de l'argent, mais ça va finir par venir), je sais exactement ce que je veux, ce qui est bon dans mon cas, ce qu'il me faut en somme. J'ai pris la photo ci-dessus alors que la nuit tombait, que je sortais d'heures et d'heures devant l'écran à écouter, couper, mixer des sons (vous pourrez entendre le résultat la semaine prochaine si ça vous intéresse, ce sera en ligne sur L'aiR Nu). Des heures et des heures à regarder le son converti en lignes bleues d'Audacity, à ne pas s'en lasser, à vouloir aller jusqu'au bout. Sortie un peu groggy mais exactement à ma place. Dans cette transparence, ville et plantes mêlées : un vertige léger, pas un gouffre.
Ces heures de travail : d'accord, ne pas pouvoir écrire pendant ce temps. Mais pas de deuil à faire pour la première fois.


Le lendemain j'ai appris que ma candidature à la bourse pour écrivains maudits à laquelle j'avais prétendu plusieurs mois auparavant et pour laquelle j'avais écrit une longue lettre (elle galopait sur quatre pages et encore j'en avais coupé) n'avait pas été retenue. Suis tout de même allée en finale, m'a-t-on dit. On a écrit de mon projet qu'il avait été défendu avec passion, m'a encouragé à poursuivre. C'est important, l'encouragement d'inconnus, même si ça ne résout pas mon problème. 

(ci-dessus, la photo d'une photographie de Sylvain Margaine exposée à l'espace Niemeyer, métro Colonel Fabien, jusqu'à décembre et qui fait en moi de nombreux échos)


















Voilà pour finir mon petit bazar de voyage, car je suis partie tout de même en ce début d'automne, avec le livre de Pamuk prêté par Piero, texte dans lequel il dit beaucoup de ce qui nous concerne au moment où il reçoit le Nobel (écriture, marge, reconnaissance, argent, solitude, j'en passe).

Très souvent, je pense à Franck à la rue. C'était il y a plus de vingt-cinq ans. Je pense à ce qu'il n'a pas vécu tandis que je vis moi-même : c'est comme une sorte de boussole, mais qui fait risquer le raz du sol au lieu d'orienter, parfois. Celui qui, sans le savoir peut-être, a le mieux parlé de ça, c'est Thierry Beinstingel : dans Avant Franck, il a fait la liste de ce qui s'est passé depuis sa mort, inventaire accéléré d'innovations techniques, d'événements planétaires. C'est tout. Ca suffit.

Dans ce que j'ai enregistré, monté, mixé dimanche et lundi derniers, il y a un extrait de ce texte, justement, vous verrez, même si ce n'est pas cet extrait-là. 
Où nous mène l'écriture ? Jusque là. Partout.

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