Arras-en-Lavedan, le syndrome du caméléon, installation de Johan Parent

Arras-en-Lavedan, le syndrome du caméléon, installation de Johan Parent

lundi 16 septembre 2013

Mille et un lieux : la dune














"C'est seulement quand je suis arrivée au pied de la dune qu'il m'a semblé qu'elle s'animait. Observée ainsi en contre-plongée, elle ressemblait à une forme humaine, peut-être féminine, une sorte de géant tondu allongé sur le flanc. Je me suis tenue immobile, les yeux bien écarquillés. La communion avec la nature n'a jamais été mon fort. J'y voyais le plus souvent l'expression de nos interprétations lourdes et intrusives. Certes, il y avait eu ces nuits d'été, ces nuits puissantes et nues, renversées dans les chaises longues, passées à rapporter bravement nos vies terrestres à l'infini céleste. Mais, selon moi, il ne fallait pas demander aux lieux d'être autre chose qu'eux-mêmes afin de ne pas les étouffer sous les strates de nos sentiments. Pourtant, ce jour-là, devant la dune, je me suis laissée faire. J'étais sans doute trop affaiblie pour tenir quoi que ce soit à distance."

Maylis de Kerangal, La Vie voyageuse.

Visuel : installation d'Agnès Varda, présentée lors de son exposition L'île et elle.

Aucun commentaire: