l'horloge de la gare de Chartres

l'horloge de la gare de Chartres
Affichage des articles dont le libellé est Jean-Marc Montera. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jean-Marc Montera. Afficher tous les articles

dimanche 11 février 2018

Semaine #6 paroles, messages, silence














Dimanche Un mois à travailler six jours sur sept, le septième jour c'est hypnotique : je ne peux rien faire. Rien du tout. Rien, mais rien de productif, surtout. Aller aux Buttes-Chaumont ? Ce serait préparer l'atelier que j'y mènerai à la fin du mois. Non, non, rien. Juste mettre en forme l'enregistrement de celui de samedi à la Vallée aux Loups, et envoyer le fichier à qui me le demande. Chercher des photos liées aux gares, au temps (ci-dessus, l'horloge de la gare de l'Est). Continuer la lecture de Claustria. Tenter de réduire la taille de ma messagerie qui arrive à saturation, sans y parvenir. Et c'est tout.



















 (Villon, Paris Xe : pour la première fois me voilà écrivain dans ma bibliothèque)

Lundi Nager sous la neige, ou presque. J'avais l'idée d'un roman qui se serait appelé Ciel de verre, que je n'ai pas écrit faute de moyens. Il se serait passé entièrement dans le bassin sportif d'une piscine. Peut-être sera-t-il inséré dans Bruits, qui l'engloutira ? En attendant, le ciel au dessus de la ligne d'eau est parfaitement compact.
Café avec un ami auteur qui lui aussi a une idée de livre dédié au son, au bruit, mais très différente de la mienne : on en reparlera.
Achat du Marilyn and me de Lawrence Schiller en numérique. Je commence à lire (et donc à traduire, pour moi) le texte mais la paperasse administrative ressurgit. C'est évidemment agaçant, mais il faut se libérer l'esprit pour réussir à retrouver le photographe en 1960 qui débarque sur le plateau du Milliardaire à 23 ans sans faire son fier devant Marilyn en collants. 
La neige empêche les repérages aux Buttes pour l'atelier. Demain ?
Inscrite au Bal du silence de jeudi, mené par Mathieu Simonet à Beaubourg. Hâte de tenter l'expérience. Je ne regarde pas la vidéo exprès, pour ne pas avoir d'idée préconçue sur ce qui va se produire.














mardi Ce Marilyn and me se révèle plus intéressant que prévu. Avancer le plus possible dans la semaine (mantra). Ecrire écrire écrire écrire si je tape le verbe cent fois est-ce que j'aurai avancé d'un pouce ? Peut-être. Cette neige tombe à pic, en tout cas. Il faudrait être complètement dans le blanc, calfeutré, loin de ce qui se passe en public ces jours-ci.














Demain, consacrer la journée aux livres des photographes, sur les photographes. Pierre Ménard, ce jour, lance une série d'ateliers dédiés à l'écriture et la photographie : s'en saisir ?
Hâte que reparaisse son Comment écrire au quotidien, et de l'avoir en version papier.
Je me souviens soudain que la toute première fois que j'ai trouvé mention d'un de mes livres, c'était sur son site : Fenêtres pris comme exemple pour un atelier, bien avant que nous nous connaissions.


















mercredi et jeudi. Photographes, disions-nous. Lawrence Schiller à lire, à traduire et Garry Winogrand pour les 36 secondes du vendredi. Se perdre dans l'image, réinventer le New York de 1950, 1960, 1970 grâce à ce catalogue trouvé à la bibliothèque qu'il faudra rapporter un jour. Et sinon ? La neige, bien sûr, qui dans mon quartier à Jaurès couvre les tentes des réfugiés, les met en danger tandis que dans les médias les politiques délirent sur les chiffes et les choix de ceux qui vivent à la rue, majeurs, mineurs. Dégoût de ces discours qu'ils "assument", dégoût du verbe assumer comme une fin de non recevoir.

Mona Chollet fait passer ce message type, à relayer auprès de anne.hidalgo@paris.fr, dominique.versini@paris.fr, branka.giljaca@paris.fr :
Bonjour,
Je me permets de vous contacter pour vous signaler qu'aujourd'hui encore des centaines de personnes exilées ont passé la nuit dans la rue, dans des tentes ou à même le sol, à Jaurès, Porte de la Chapelle, au canal Saint Denis etc..
Les températures sont glaciales, il neige et ces personnes n'ont nulle part où s'abriter. Malgré l'annonce du Plan Grand Froid, elles sont toujours dehors et en grave danger.
Parmi elles, il y a des mineurs, des personnes particulièrement vulnérables et fragiles.
Au regard de l'urgence de la situation, je vous demande de bien vouloir procéder à une mise à l'abri immédiate de ces personnes.
J'ose espérer que vous n'attendrez pas qu'il y ait des morts de froid pour agir. Des vies sont en jeu.
Cordialement



















La neige, aussi, dans ce qu'elle nous renvoie d'enfance, à nous qui ne pouvons résister, la prenons en photo, faisons circuler les images. Ici, elle ouate l'avenue. Derrière les fenêtres, sirènes, vrombissements, crissements, freins : la circulation incessante, bus dans les deux sens, ambulances, police, camions, camionnettes, pompiers, voitures, scooters, motos, musiques, cris, s'arrête pour la seconde fois en quinze ans. On n'entend rien parce que la neige tient.





































Voilà aussi ma ville.

Jeudi J'apprends qu'à cause de la neige, la Vallée aux Loups a fermé le parc et la maison de Chateaubriand : la soirée de vendredi consacrée à Joachim Séné, à son travail, à son regard sur l'écriture et le numérique, est annulée. Espérons qu'elle sera reprogrammée, il a beaucoup à dire.














(photo de Mathieu Simonet)

Le soir, c'est donc bal du silence à Beaubourg et j'ai la surprise de voir que non seulement cela se passe dans le terrain de jeu (dans Décor Daguerre, sont nommés "le terrain de je/u" à la fois le quartier des Halles et le musée d'art contemporain du centre Pompidou. Leur évocation constitue un "feuilleton" qui apparaît sous forme d'encadrés. Ici, c'est de la seconde acception qu'il s'agit : on nous convie à l'intérieur du musée), mais qu'en plus, nous allons écrire sous ce tableau de Richter qui m'a inspiré un passage du texte.
Dès le début, tout est jeu : au rez-de-chaussée, on nous met en ligne, nous distribue une feuille sur laquelle il est précisé qu'à partir de maintenant, nous ne pouvons plus parler. Nous piochons ensuite un chiffre ou un nombre. Il nous indique à la fois la place que nous occuperons pendant une demi-heure et la personne avec laquelle nous échangerons sans jamais entendre sa voix.
Je pioche le 12. Nous montons maintenant, en rang, jusqu'au quatrième étage. C'est festif, drôle, chaleureux : nous formons un tout, un ensemble qui se déplace légèrement, étrangement, uni par l'absence de parole. On ne parle pas mais on sourit. Les visages s'ouvrent. Cela me rappelle une performance effectuée avec les danseurs de Pièces détachées à Besançon durant laquelle nous devions, séparés de quelques mètres, des écouteurs dans les oreilles, effectuer les mêmes gestes en même temps, guidés par les ordres de Caroline Grosjean enregistrés sur baladeur. Un grand moment.



















Face à moi, une belle femme s'installe. Tout de suite, elle prend une feuille et un crayon et écrit quelque chose comme : 12. Qu'est-ce que c'est ? Nous voilà lancées. Au bout d'une demi-heure, je ne sais ni son prénom, ni où elle vit, ni ce qu'elle fait dans la vie et pourtant nous sommes passées du jeu au je. Quand une musique annonce la fin du silence, nous sommes surprises par l'intense brouhaha qui survient dans la salle. Nous, nous avons envie de parler, mais pas si fort. Nous étions dans l'intime, c'est fini.
20h. Je rentre avec le bonheur d'avoir grâce à cette rencontre, ce jeu, ce silence, évacué ce qui me traverse depuis quelques jours, mais ne va pas tarder à revenir.

Vendredi et samedi Ce qui me traverse, m'empêche de me concentrer et même de dormir, c'est une invitation maladroite à venir parler d'un de mes livres, à traverser la France en pleine semaine pour 20 minutes d'intervention sans précisions logistiques, pas même sur la date exacte et, après questionnement, sans être payée non plus : en somme, à faire joli dans le décor, à travailler comme s'il s'agissait d'un loisir alors que nous sommes dans un cadre professionnel. La place de l'auteur, qui semble n'avoir ni corps ni besoins ? Eh bien elle sera à sa table de travail : je préfère écrire. Lundi, j'enverrai un mail, après avoir pris trop de temps à ruminer. Thierry Beinstingel, sur son site, semble découvrir cette absence de considération professionnelle envers les écrivains, à laquelle j'ai été beaucoup confrontée et dont j'avais l'impression, ces derniers temps, de sortir.
Ne pas se laisser atteindre (apprendre à).


















(1962 : l'écrivain et poète Carl Sandburg, octogénaire, apprend à Marilyn Monroe comment lutter contre les insomnies par la pratique d'exercices de relaxation. Photo d'Arnold Newman)

En attendant, le vendredi, réunion pour préparer les dix ans de publie.net. Je termine aussi Marilyn and me, dont une scène m'a particulièrement frappée. Bien longtemps que je n'avais pas lu en entier un livre en anglais : un événement à petite échelle.
Continuer à écrire. Ne pas se laisser perturber. J'arrive à la fin du manuscrit, j'ai tendance à reculer, à introduire une séance non prévue, à vouloir devenir totalement exhaustive au lieu de liquider les quatre (ou huit) chapitres qui restent. C'est stupide, il ne faudrait pas.














La semaine prochaine, bien avancer, donc avant un atelier le mercredi à la Vallée aux Loups (sauf nouvel épisode de neige), l'inauguration de ma résidence à Chartres le jeudi à 18h (j'y lirai à nouveau la première partie de A même la peau avec les sons envoyés par Jean-Marc Montera, je pense - ci dessus, une photo piquée sur son mur Facebook hier) et un atelier d'écriture dans la galerie photo de l'Esperluète le vendredi.
Circuler entre paroles, bruits et silences, toujours.

dimanche 7 janvier 2018

Semaine #1 expositions













Lundi. Mon annonce du premier janvier semble avoir été entendue et j'en suis bien contente : de l'élan, c'est ce qu'il faut !
Tout commence, ce jour-là, par un peu d'écriture et l'écoute de l'enregistrement de A même la peau effectué au Petit théâtre de la gare d'Argelès-Gazost, dans les Pyrénées, par Philippe Aigrain le mois dernier, lecture du texte en compagnie du musicien multi-instrumentiste Eric Chafer. Eric s'est appuyé sur le montage des deux parties du livre (Tout contre et En pièces) pour proposer des matières sonores particulières, parfois acoustiques, parfois électroniques. De mon côté j'ai effectué des variations de tonalité plus importantes que d'habitude, j'ai l'impression. Tout cela me surprend un peu, comme si brusquement je me retrouvais non plus sur scène, mais dans les gradins.
Je me souviens, en écoutant, de la vague de surprise dans le public lorsqu'après le spectacle j'ai précisé qu'avec Eric, nous nous connaissions depuis l'avant-veille. Je me souviens aussi du froid qu'il faisait et des chaussures confortables choisies pour leur chaleur, la stabilité qu'elles apportaient (important, le choix des chaussures lors d'une lecture). 
On pourra entendre bientôt cet enregistrement sur le site de publie.net comme sur celui de L'aiR Nu. 













En attendant d'effectuer la mise en ligne, j'écoute également, en grande privilégiée que je suis, les cinq sons d'une minute que Jean-Marc Montera vient d'enregistrer en studio pour accompagner ma prochaine lecture de A même la peau à la Maison de Chateaubriand le 20 janvier, et qu'il m'a envoyés. Je me sens comme une princesse.



Grâce à Valery Levacher, je découvre par ailleurs un article sur Hollywood bien différent de ceux que je lis depuis deux ans pour le projet Marilyn : le photographe Kwasi Boyd-Bouldin y parle d'un quartier autrefois populaire, soumis comme tant d'autres à la gentrification. " “Mon Hollywood” est un quartier ouvrier diversifié peuplé de gens du monde entier: le type d'endroit où les cultures se mélangent librement et se heurtent, produisant une atmosphère qui ne peut pas être reproduite ailleurs." écrit-il.















Le début de la semaine se déroule dans la solitude et le silence. Je ne poste ici que des photos de Marilyn Monroe prises à partir de 1960 car j'en suis là - bientôt la fin de la première mouture du manuscrit, bientôt 400 pages. S'accorder quelques jours à ne faire qu'écrire, ne pas répondre aux mails, ne pas penser à construire la suite : grand luxe, qui commence par des heures de patauge, de perte de temps, d'impression de faire n'importe quoi. Analyse lacanienne, découverte de l'existence de la dernière pièce de Miller qu'il faudrait aller chercher dans une nième bibliothèque, relecture de passages des livres des photographes Eve Arnold, André de Dienes et Douglas Kirland sur MM : petite vie repliée sur le sujet du moment, qui n'intéresse personne d'autre que la personne qui écrit, oscille entre saturation et désir de poursuivre, de creuser.
(j'en avais raz-le-bol hier, furieuse envie d'élargir le thème aujourd'hui)















Et puis il y a ce coup de tonnerre du jeudi : l'annonce de la mort de Paul Otchakovsky-Laurens dans un accident de voiture. Tout de suite, je pense aux auteurs publiés chez lui, aux poètes, aux romanciers, cette massue qu'ils doivent prendre sur la tête. Tout se superpose, les couvertures des livres de Christophe Tarkos, Leslie Kaplan, Emmanuelle Pagano, le duo qu'il faisait avec Olivier Cadiot au festival Ritournelles en novembre dernier, drôlerie bien rodée sur scène tandis que sur France Culture Olivier Cadiot est interrogé justement, parle, gorge serrée, de la nuit (POL l'appelait la nuit après la lecture de son dernier manuscrit).

On dit maison d'édition : murs toit portes fenêtres pour se sentir bien dehors il faut évidemment tout ça.



Continuer à penser aux auteurs. Les lire, lire leurs posts sur les réseaux. Lire les articles. Penser maison, de plusieurs manières. Continuer d'écrire.
















Vendredi. Cap des 400 pages passé pour la première fois de ma vie, aucune idée de ce que ça vaut mais voilà, c'est tout de même un cap (pop ! champagne !) et il est temps de sortir : suivent quatre expositions en deux jours.
Les deux premières sont liées au livre : photos de MM par Bert Stern exposées dans ce qui est en réalité un show room de voitures de luxe (contourner les DS, prendre des notes sur la "mise en scène") ; reportage de Willy Rizzo, autre photographe ayant fait des portraits d'elle en 1962, dont je découvre la galerie, à Paris, espace tout en méandres situé face à la maison de Gainsbourg, rue de Verneuil. L'exposition temporaire de Rizzo, mort en 2013 et qui était également designer, n'a rien à voir avec Hollywood, et tout avec la guerre.
A chaque fois, grande étrangeté de se retrouver là, lieux où je ne suis pas censée être, où je me sens à la fois en décalage et libre. Des lieux qui pourront devenir ceux de l'écriture, changeront alors de nature.



















Il y a encore, ce même jour, l'exposition François 1er au Louvre, dont le portrait par Clouet, que je ne savais pas y trouver, me renvoie illico au Saint-Germain-en-Laye de mon enfance. En janvier dernier, j'avais commencé à écrire un texte sur le sujet pour le festival Incipit In situ organisé par Philippe Aigrain et Mathilde Roux. Le manuscrit, lié à Décor Daguerre, n'a pas avancé mais il est toujours bien ancré, cependant.
Un an plus tard, Mathilde, elle, expose à nouveau : cela s'appelle Propagation des ondes, se tient à la galerie Ut Pictura poesis, 45 rue de la Folie-Méricourt, métro Oberkampf, à Paris, jusqu'au 27. On  trouve des oeuvres nouvelles : allez voir !
(j'en reparlerai certainement)

Voilà, c'est dimanche... Une semaine #1 à essayer se replonger dans le texte en cours, à en ressortir avec la nécessité d'y retourner. Dimanche prochain, si je tiens ce semainier, on devrait retrouver la soirée passée à la librairie Charybde jeudi 11 et une mention de la Vallée aux Loups. Je l'espère, du moins... à bientôt.

*

photographies prises entre 1960 et 1962 par Eliott Erwitt, Inge Morath, Eve Arnold, Douglas Kirkland, Bob Willoughby, Erich Harmann, Douglas Kirkland à nouveau et Willy Rizzo

mercredi 18 mai 2016

Diptyque, suite



















Samedi 21, dans le cadre de la Nuit européenne des musées, la compagnie Pièces détachées proposera Fragments, un programme original en trois temps, avec la chorégraphe Caroline Grosjean, la danseuse Magali Albespy et le guitariste Rémi Aurine-Belloc. On pourra entre autres y découvrir une vidéo qui permet de lire une partie du texte de Diptyque, vidéo que je pourrais montrer ici par la suite.
Tout cela se passera au musée de l'Abbaye de Saint-Claude, dans le Jura, ville où une partie de ce texte a été écrite quand nous étions en résidence l'an dernier.















J'élabore par ailleurs un projet de lecture avec Jean-Marc Montera dans le cadre d'un festival. Pour l'instant rien n'est sûr, mais l'idée de faire vivre le texte de Diptyque de mon côté, en parallèle avec le travail de la compagnie, est en train d'émerger, tandis que Caroline Grosjean a annoncé sur le site de Pièces détachées son désir de voir le texte exister sous la forme d'un livre-objet. 

Même de façon imperceptible, tout avance, n'est-ce pas ?

mercredi 16 décembre 2015

Anamarseilles, à l'intérieur




Je suis en train d'enregistrer Anamarseilles en entier, en suivant le découpage du texte. L'ensemble sera à disposition, en écoute gratuite sur le site de la Marelle quand j'aurai terminé, proposition faite à Pascal Jourdana dans l'idée d'effectuer, de mon côté, une dernière chose pour ce livre après en avoir annoncé la parution ici et ailleurs, publié des extraits, lu le début en public, envoyé un mail à quatre-vingt-dix-neuf personnes et tenté de créer une vidéo à partir d'un diaporama sonore (échec cuisant et renouvelé).
Pascal a dit oui.



Lire à voix haute, enregistrer seul-e dans sa chambre est une chose très intime. Pendant que j'écris cet article, je réécoute ce que j'ai déjà lu et monté et je cherche, parmi les photos de 2012, celles qui sauront le mieux dire ce moment. Les images prises à l'intérieur de la villa, que je n'avais presque jamais montrées, m'appellent tout à coup.



(on voit ici le sac à pommes rouges dans lequel j'ai rangé depuis les cartes postales de Maryse Hache et celui du Merle Moqueur, offert par Marie-Hélène Desestré au Cent Quatre. Le lit n'est pas très bien fait, j'en conviens)

J'écoute et je vois à quel point ce livre est lié à un ou plusieurs labyrinthes, comme greffé, plaqué dessus, happé par les chemins, les impasses qu'il's) dessine(nt). Le labyrinthe, c'est le cerveau de Dita Kepler, sans cesse au bord du court-circuit tant elle a peur d'être façonnée par ce qu'on attend d'elle - c'est en tout cas ce qu'elle imagine. C'est aussi les quartiers qui rayonnent autour de la Marelle, rues qui montent et descendent au point que la géographie en est bouleversée : il devient possible, par exemple, de faire grimper un fleuve en haut d'une colline. 



Dans l'anamarseille #1 au bout d'un moment elle est perdue, Dita, et nous aussi, il faut avouer. C'est normal, elle apprend à relier les contraires, ce qui n'est jamais évident. Il faut un peu de courage pour continuer. 



















Dans l'anamarseille #2 apparaissent le fleuve et la colline, qu'il ne faut pas voir telle quelle d'abord, ni gravir tout de suite. Tout étant, ici, sujet à métamorphose, c'est en premier lieu un théâtre, celui de la Colline, bien sûr, où se joue une adaptation des Autonautes de la Cosmoroute - une histoire de trajet Paris Marseille, tiens tiens. A travers le livret de la pièce, Julio Cortazar confirme à Dita l'idée de voyager à travers les lettres de l'alphabet. Pour elle, l'appui, ce sont les A, B et C qui dessinent les anamorphoses et sous lesquelles elle met un nombre incalculable de choses (C comme Colline, comme ciel, comme craie, comme caillou, comme Cortazar...).



(autre chambre de la Marelle)

Tout en écrivant, j'écoute le texte lu, donc. Quand je me (re)lis, je vois bien que c'est compliqué, cette histoire, alors j'ajoute : aucune substance hallucinogène n'a été consommée ni cachée en ces lieux. 



Dita Kepler, c'est ma façon de conjurer les angoisses, les heurts. De faire un portrait des méandres.
(ici, dans l'entrée)
De mimer la plasticité de nos circuits, de nos avancées, de nos reculs. Je ne sais pas à quoi ça ressemble, ni si ça ressemble à quelque chose de connu. 



En tout cas, il y a du monde, dans ce livre solitaire, plein. Des écrivains, des gens qui donnent des cadeaux, des passants. Dans la partie Anne à Marseille, on croise des amis, perdus ou non, morts ou vivants. On trouve le contenu, par le menu, de la valise bruitiste de Jean-Marc Montera. Et un faux souvenir d'enfance. Des cages ouvertes. Le portrait d'un homme recherché... 

Vous avez vu ? On est sortis, ça y est.
Je retourne à mes sons. A très bientôt j'espère. 

samedi 31 mai 2014

Journal du Blanc #24 et #25















Pas pu écrire, hier, trop à faire, répéter avec Joachim Séné, se rendre au moulin de la filature vérifier que tout fonctionnait (non, puis si), y retourner faire notre lecture en deux temps (par lui  : un Je ne me souviens pas avec diaporama et choeur dont il reparlera sûrement / par moi : une lecture croisée de son prochain livre, Village, et du mien, Décor Daguerre, avec improvisation de texte à l'écran de sa part, comme nous l'avions essayé à Rezé pour Dita Kepler. Il y eut aussi la remise du prix Chapitre Nature aux 68 livres... Et je n'ai pas eu le temps de raconter non plus comment la veille il s'est mis à pleuvoir à l'exact moment où nous répétions, avec Jean-Marc Montera (en plein air, bien sûr), ni comment nous nous sommes réfugiés dans une salle à côté et avons effectué notre lecture quand même, ni que c'était un montage inédit de Décor Lafayette, croisement de l'escalator et du quai de métro avec chant de mendiante ; ni la salle remplie, les chaises vite essuyées, la version acoustique, le soleil retrouvé depuis

ni les stands ni les sculptures dans les rues ni le groupe gitan entonnant un ave maria ni le restaurant thaï délicieux sans enseigne ni l'envolée des draps séchant sur la pelouse du palais de justice ni la dame venue à la fin de la lecture dire qu'elle avait aimé ni cette autre précisant qu'elle avait fermé les yeux ni la chemise prêtée pour remplacer le pull parce qu'il faisait trop chaud sur scène ni les carnets de coloriage offerts ni le café du centre où se retrouver six fois par jour ni la vitrine de la librairie avec tous nos livres même ceux dont on ne parle jamais ni les croquets aux noisettes en droit fil de l'enfance ni le nom de la bière dont je ne me souviens plus ni

A 18h la comédienne Pascale Chatiron lit des extraits de Franck. Ma résidence touche à sa fin, il y a mille choses à penser. Mais tout de même, prendre le temps de dire que









































il y a une heure à peine
il y eut
une balade proposée autour de l'étang de la mer rouge à quelques kilomètres de là
en voiture retomber sur ses pattes connaître les rues du Blanc zigzag pour sortir droite gauche gauche gauche gauche
on manque de sorciers, de sorcières, dans le pays alors que le pays de Brenne est pays de sorciers
me dit-on
au loin entre deux champs
(forêts vaches)
le centre de transmission de la marine
forêt de mats, de navires translucides dont on aurait ôté les voiles
longs fils qui retransmettent ce que les marins se crient

puis l'étang de la mer rouge
deux milles grues y nichent
un arbre qui à lui seul vaut le détour

puis à la toute fin le héron qui se pose sur une branche qu'on ne voit pas
cachée par ce qui fait au bord de l'eau buisson
pattes et ailes
leurs articulations à mi-hauteur du ciel
de l'eau
reflétées par l'étang prolongées par le nuage
tandis qu'un autre oiseau fouraille sur la rive comme s'il faisait
(dit quelqu'un)
le ménage
l'un après l'autre s'envolent

et à la fin encore près de la route un cygne qui plonge tête et cou jusqu'à ne plus ressembler lui-même qu'à un nuage
ramassé
épais
long

jeudi 29 mai 2014

Journal du Blanc #23



















rectangle noir et blanc sur fond de rectangle blanc et noir

ce soir 22 heures en plein air
Décor Lafayette remixé

(et il y a un photomaton moderne à Chapitre nature, donc)

lundi 26 mai 2014

Journal du Blanc #20



















Oh la, 21 heures et toujours pas de journal du Blanc à l'horizon ?

La fenêtre est fermée pour cause de travaux. Au logis, préparation intense de la lecture avec Jean-Marc Montera qui aura lieu jeudi (trop court trop long trop croisé trop compliqué trop elliptique la soirée se poursuit sur ce monologue intérieur...).

Il n'y a pas de danger mais des coups de téléphone qui éloignent de l'écran.

Au bout de la rue, un panneau coupe la circulation. 
Un chapiteau se monte, un long camion stationne. 
Dans la ville, des banderoles annoncent le festival.

Il n'y a pas de danger mais tout le monde se prépare. Et ça cogite, s'agite, se réunit, se rappelle. 
Dernière semaine de résidence, dernier passage dans le carré-rectangle (logis / cinéma / Emmaüs) dont un côté manque toujours.

(en guise de fenêtre ouverte)

mardi 5 mars 2013

décor en scène
















Demain, à 19h30, au théâtre Jean Dame (17 rue Léopold Bellan, Paris 2, métro Sentier), je lirai des extraits de Décor Lafayette en compagnie du guitariste Jean-Marc Montera.

Voici une petite présentation de la soirée :

Décor Lafayette est un livre paru aux éditions Inculte.
On y trouve, par moments, une femme qui remonte la rue La Fayette pour se rendre aux grands magasins. Elle croise des hommes, la foule, une femme, deux gares, des rues, passe devant un hôtel ou un magasin de bricolage...
Jean-Marc et moi, nous vous proposons de la suivre durant 40 minutes environ.
Ce sera le premier "événement" de ma résidence au centre Cerise, soutenue par la Scène du balcon. C'est gratuit et s'inscrit dans le cadre du Printemps des poètes

*

C'est la quatrième fois que Jean-Marc et moi travaillerons ensemble : Fenêtres à Marseille, puis à Montreuil, Décor Lafayette à Marseille...Paris, première non-ville en M de notre parcours !
Comme on l'aura compris, je crois, cette lecture musicale risque de ne pas nous entraîner vraiment aux grands magasins... De toutes façons, avec un spécialiste de l'improvisation, peut-on savoir à l'avance où l'on va ? Jamais vraiment : c'est tout le jeu et le plaisir (le grand plaisir de lire en sa compagnie).

(la photographie, prise à Marseille au théâtre Les Bancs publics, est de Pierre Ménard)

samedi 24 novembre 2012

rue(s) Lafayette















Trois heures avant la lecture et tandis qu'il se branche, s'accorde, joue quelques notes, assise dans les gradins je me dis une fois de plus : voici ma juste place. C'est un sentiment ténu, bonheur qu'on ne voudrait pas nommer de peur de le lester, qu'il s'éparpille en route. 
Pas de scène, murs noirs, pied de micro, une vingtaine de feuilles à portée de la main : tels sont alors les repères.
A l'étage, une loge, un recueil de poèmes.

La veille, à Marseille, avoir découvert que la chambre pour deux nuits était située rue Lafayette.

*

(lecture à Marseille de passages consacrés à la rue Lafayette, Paris, tirés de mon prochain livre : grand, grand merci à Jean-Marc Montera, à toute l'équipe des Bancs publics, de la Marelle, et bien sûr à ceux venus nous écouter)

(photographie de Pierre Ménard : voyez ici quel fut son parcours au moment où nous répétitions, avec Jean-Marc - et avant, et après. Je viens de découvrir son billet, en suis très émue)

jeudi 15 novembre 2012

Crossroads/20











(crossroads, ou débroussaillage de ce qui est en cours) (enfin, tentative de)

Il y a ce qui se croise, ce qui se termine, ce qui commence. Hier, j'ai bouclé le travail entamé il y a deux ans et demi pour La ville haute, posté les derniers fichiers son (Nantes), conclu le journal de publication. Cela ne veut pas dire que tout est fini. Il y a encore une ou deux choses que je veux tirer de ce site. Mais quand même, voilà, l'objet existe en lui-même, sans moi maintenant... 
Et justement, à propos de Nantes, je serai au Lieu Unique le 6 février prochain pour parler de Franck et de ses extensions, numériques ou non, en compagnie d'Yves Pagès et de Guénaël Boutouillet. Sans doute aussi à Roubaix, en début d'année prochaine, je viens à peine de l'apprendre. Le nord, je n'y avais jusqu'ici jamais été invitée alors que le livre s'y passe en partie (Lille, Boulogne-sur-Mer, Béthune, Wimereux, Gravelines, et même un petit passage à Arras qui me vaut parfois, ici ou dans la ville haute, la visite de quelques internautes égarés). 


















Bien avant, c'est-à-dire la semaine prochaine, il y aura eu, en sens inverse et pour d'autres projets, le sud : trois rencontres à Marseille, du mercredi 21 au vendredi 23. La première, à la Friche, prendra la forme d'une émission de radio avec Pierre Ménard (à écouter à partir de 19 heures sur Radio Grenouille, mais podcastable ensuite, sans doute). Nous y lirons en partie notre texte commun, Laisse venir, écrit à partir de captures de Google Street view et dont j'ai déjà parlé un peu ici. L'émission est en public (bienvenue) et les locaux sont situés dans la Friche, que je me fais une joie de retrouver. 
Le lendemain soir, à 21 heures, c'est de Décor Lafayette dont il sera question, puisque j'en lirai des passages en compagnie de Jean-Marc Montera au théâtre Les Bancs publics, dans le cadre des Rencontres à l'échelle. A nouveau une fin et un début : je viens de terminer la relecture d'ensemble des premières épreuves et ce sera la première fois que je présenterai le texte (je l'ai déjà fait il y a quelques mois, mais uniquement pour les bibliothécaires de Montreuil). J'ai décidé de lire en continu tout ce qui, dans le livre, a trait non pas aux grands magasins, mais à la rue La Fayette, qui relie la place de la bataille-de-Stalingrad au boulevard Haussmann. Nulle déambulation à prévoir dans les rayons, ni soldes ni montée par les escalators, donc - en revanche, de la rotonde, du pont, de la gare, de la rue Bleue, de la rue de Paradis...
(à propos, Décor Lafayette paraît donc en janvier prochain et Inculte vient de le mentionner sur son site : on peut lire les premières lignes et quelques mots de l'éditeur ; c'est ici). 
Le vendredi matin, retour à la Friche pour un atelier, à nouveau avec Pierre Ménard, cette fois dans le cadre des Ecrits du numérique (voir le détail de la journée sur cette page). 


















Avant tout cela, autant dire mardi qui vient, je retrouverai l'après-midi à Paris, à la BNF, quelques uns de ceux que je lis le plus fidèlement sur le web pour le 3e rendez-vous des Lettres, lors d'un colloque intitulé Les métamorphoses de l'oeuvre et de l'écriture à l'heure du numérique : vers un renouveau des humanités ? (parfaitement). Seront ainsi présents (et dans l'ordre) pour un Pecha Kucha, avec carte blanche à François Bon entre deux sessions : 
Quant au visuel ci-dessus, c'est celui de la prochaine revue d'ici là, à paraître bientôt, dont le thème est celui de la nuit. Les choses étant bien faites, on y retrouvera une lecture audio de Tu n'es jamais seul/e dans la nuit, nouvelle publiée aux éditions Antidata l'an dernier et dont l'un des personnages est une chanteuse blonde qui s'apprête à revenir dans... Décor Lafayette.

(comment ça, je tourne en boucle ?!)















(ci-dessus l'escalier de la faculté d'architecture de Rouen, photo numéro 6 de mon Pecha Kucha ;-)

vendredi 31 août 2012

Crossroads/19















C'est l'instant suspendu où le manuscrit est rendu dans sa version définitive (je parle de Décor Lafayette), où plus grand chose ne devrait bouger, où un texte nouveau va prendre place, occuper l'esprit - mais pas encore. Légèreté de ce moment où le relais est passé, les décisions prises  : supprimer des passages entiers sans pour autant ressentir cet épuisement que le geste entraînait quelques semaines plus tôt, c'est un signe, non ?
C'est l'instant qui dure, quoi ? une demi-journée, quand le projet du livre était là, en tête, depuis trois ans. 

(j'écris cela, Blogger ralentit la manoeuvre, je commence à me dire que je poursuivrai ce billet le lendemain : ce sentiment-là, peut-être, aura disparu)















J'écris cela, qui est vrai et faux à la fois. Le prochain texte existe déjà, il s'agit de Laisse venir. Cet état d'abandon (au sens doux du terme), je l'ai ressenti au début de l'été lorsque j'ai commencé à le faire lire, lui que j'ai entamé, terminé bien après DL. Tout se croise, ce que j'entreprends n'a pas nécessairement de fin (c'est le cas de Dita Kepler). A force, le fait d'aboutir, de conclure, relèverait presque de la surprise.

Tout se croise vraiment : le 21 novembre prochain, je présenterai Laisse venir avec Pierre Ménard à Marseille à la Friche et le lendemain, ce sera lecture musicale de Décor Lafayette avec Jean-Marc Montera au théâtre Les Bancs publics. Entre temps, il y aura eu Saint-Brieuc, puis à nouveau Montreuil, et Tremblay-en-France : dans mon esprit, citer ces lieux en revient à (ne pas) nommer les nouveaux projets, à les associer sans rien dire. Flottement parfait.


(photographies : Londres, Marseille, Paris Galeries Lafayette)

dimanche 11 septembre 2011

ça

Le 11 septembre 2001, employée par une société internet américaine à quelques mètres de l'Arc de Triomphe, dans mon bureau, tout en enrichissant la catégorie Arts et culture de l'annuaire (tâche pour laquelle j'étais payée, seul CDI de ma vie) (surf, rédaction, indexation, travail sur l'arborescence), sans rien savoir j'écoutais le dernier album de Noir Désir sorti ce jour-là, apporté par une collègue qui venait de l'acheter. Cette chanson, d'ailleurs.

Dans l'après-midi, nous avons vu les cours de la bourse américaine chuter sur Yahoo, ce qui nous a fait rire (nous étions en froid avec notre employeur ; enfin ça commençait ; la bulle internet de l'an 2000 exploserait bientôt). Google Actualités n'existait pas. J'ai reçu un mail d'un éditeur, pour un recueil de textes jeunesse qu'il acceptait de publier. Je devais le rappeler de chez moi.

Ce que j'ai fait à 18h. Ni lui ni moi ne savions rien, toujours. C'était la première fois que je parlais de mes textes avec quelqu'un du métier (pensais-je).

Et puis j'ai appris. N'y ai pas cru, d'abord. N'ai pas regardé en boucle les images des tours à cause du petit (sinon, qu'est-ce que j'aurais fait ?).

Le reste (les gens sur le trajet, l'album pour enfants sur le World Trade Center acheté le samedi précédent; la ville à l'horizontale) je l'ai écrit le lendemain, sur la 2, en prenant le métro pour me rendre au travail. Se trouve dans Fenêtres open space, semaine intitulée ça 

Mercredi — Les Twins s’effondrent, le pentagone s’éventre, mon voisin et moi lisons le même journal. La nuit nous nous réveillons, nous ne pouvons y croire. Nous nous rendormons. Nous nous réveillons. Cinq contrôleurs aux points sensibles sur le quai ce matin, deux autres Libé. Fenêtres grandes ouvertes, besoin d’air.
Jeudi — Sidération toujours. L’acier, le verre et la poussière continuent leur surimpression. Le dernier livre pour le petit acheté samedi dernier raconte la vie d’un coyote qui travaille au World Trade Center et qui en saute pour rejoindre une étoile, légende indienne revisitée. Une image, le coyote, les deux tours. Métro lent, matin gris mouillé, gens plus en noir ou je rêve. Pas vu encore de militaires. Qui pense à quoi dans mon wagon.
Vendredi — Va-t-on envisager maintenant la ville occidentale à l’horizontale ? Une position couchée, de côté, des collines comme courbes de hanches, deux étages au plus ? Je me souviens que pour distinguer le sommet d’une tour, à Manhattan, il faut reculer jusqu’au centre de la chaussée (et qu’on ne peut pas le faire sans se faire écraser).


J'ai lu ce passage deux fois en public en compagnie du guitariste Jean-Marc Montera, qui ne me dit jamais à l'avance ce qu'il va faire, sait juste que quand je dis Vingt-et-unième semaine : ça, c'est de ça dont je parle.
La première fois, à Marseille en 2008, il a arrêté de jouer.
La seconde, à Montreuil en janvier dernier, il a gonflé un ballon noir

Voilà.

dimanche 13 février 2011

Crossroads /13

Que ça se croise, c'est le principe même de mes textes et il m'arrive parfois de ne plus savoir sous quel titre, sur quel support exact j'écris. D'où cette rubrique qui (me) permet de faire le point (enfin plus ou moins), de temps à autres, peut-être une fois par saison.
Ainsi, Fenêtres continue sa petite vie, ce qui m'étonne, me fait plaisir. Après la lecture avec Jean-Marc Montera, lors de la soirée d'inauguration de ma résidence, puis le cut-up d'une des bibliothécaires de Montreuil, le livre est présenté à des étudiants de Sciences Po demain midi, lors d'un atelier d'écriture auquel Pierre Ménard m'a conviée.
Et l'on m'envoie toujours des photos de fenêtres. Voici la dernière en date, prise au rez-de-chaussée rue de Fleurus (suivez mon regard) par quelqu'un qui signe ici "anonyme" dans les commentaires.

















Cowboy Junkies n'est pas totalement mort non plus, puisque mentionné dans une interview réalisée par Hubert Artus pour Rolling Stone, papier qui n'est jamais paru mais que j'ai mis en ligne, avec son autorisation, dans le journal de publication de la ville haute. On y retrouvera la semaine prochaine, sans doute, la "version longue", c'est-à-dire les réponses avant coupes (ne connaissant pas la taille de l'article, j'avais écrit quatre fois trop de signes) et des commentaires. Et puis quelques lecteurs de Franck l'ont découvert, m'ont envoyé des messages : s'ils passent par ici, qu'ils sachent que je les en remercie.

















(merci Alain)

Franck, donc, on y vient : le projet Dans la ville haute se poursuit, avec mise en ligne tous les samedis de la partie audio du livre et, deux à trois fois par semaine, du journal de publication, toujours relayé par le blog de la librairie Dialogues à Brest. Quelquefois je fatigue (ainsi, hier, samedi, pas de mise en ligne du premier chapitre sur Béthune, tenterai ça dans la semaine) mais c'est rare, généralement je m'y tiens. A ce propos, je devrais être invitée début mars dans une classe de français à Clichy-sous-Bois pour parler de mes sites, oui, vous avez bien lu, et franchement ça me réjouit.

Il y eut, évidemment, en janvier, le passage chez Alain Veinstein sur France Culture, dans l'émission Du Jour au lendemain que l'on peut réentendre ici. Le jour J, l'ai écoutée en compagnie de quelques amis de twitter, croisés régulièrement ou jamais vus "en vrai", nous commentions au fur et à mesure, j'en garde un souvenir très doux. Il paraît que le livre s'est retrouvé à nouveau sur quelque table de libraire parisien (cette fois c'est Gilda que je remercie), tant mieux.

Franck, en dehors du web, m'a fait également un peu voyager : passage par Brest, Le Mans et, tout récemment La Rochelle, où j'ai été reçue comme une princesse par Bernard Ruaud et Denis Montebello. La rencontre a porté précisément sur le livre : une heure à lire un extrait situé gare du Nord et à répondre à leurs questions, avant de parler avec les gens venus nous écouter, également attentifs et chaleureux. L'association qu'ils dirigent, Quai des lettres, édite une revue papier qui va par ailleurs accueillir le texte sur Rome et Fellini écrit pour les vases communicants, paru sur le site Urbain trop urbain. Que les choses continuent à vivre, c'est tout ce que je demande...

(ci-dessus : la tour de Nesles, vue de ma fenêtre, bien sûr)

Les vases co, parlons-en, tiens. Parlons-en même régulièrement : lors d'une table ronde sur l'écriture et le numérique, lors d'une émission de radio sur le numérique et l'écriture. J'aime beaucoup ce principe d'échanges de blogs auquel je participe depuis le début : on écrit chez l'autre ce qu'on n'irait pas mettre chez soi, c'est vraiment productif, loin du gadget. Nous sommes passés en quelques mois de quatre participants à une quarantaine, en particulier grâce à Brigitte Célerier qui se charge depuis le début de récolter les informations (chaque mois, qui échange avec qui, tout ça). Et si Roma, Rome poursuit sa route vers la Rochelle, si Dita Kepler a changé de strate et s'est déboîtée, il en va de même pour le texte accueilli par Pierre Cohen-Hadria sur le site Pendant le week-end, d'Irlande : il mute. Je l'ai en effet inséré dans les Oloé, texte sur lequel je travaille actuellement et dont je vais dire un mot maintenant, tiens.

Des Oloé, espaces élastiques où lire où écrire : tel est donc le titre de mon prochain livre à paraître aux éditions D-Fiction, à qui j'envoie la version définitive du texte aujourd'hui même et dont la nouvelle plateforme sera lancée le 20 février prochain. Il reprend les textes parus chez Mélico, auxquels s'ajoutent une introduction et trois inédits, le tout présenté de façon totalement différente. C'est le chantier principal, en ce moment, travail en compagnie de Hélène et Juan Clemente dont je reparlerai ici bientôt.














Et Montreuil, alors ? (j'entends ça d'ici)

Montreuil, ça va bien, merci. Outre les autres projets d'écriture qui m'occupent (Décor Lafayette, Dita Kepler et Au 103 bis, pour ne pas les nommer) (et pour ne pas nommer les projets secrets), je participe à des rencontres avec des élèves du lycée Jean Jaurès, prépare le Printemps des poètes (19 mars) et le festival Hors Limites (2 et 8 avril), pense aux gens que je vais inviter bientôt en carte blanche... Du mal à tout faire ? Oui, on s'en doute. Mais l'équipe de la bibliothèque est on ne peut plus stimulante, drôle, cultivée. Ca aide...