l'horloge de la gare de Chartres

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mardi 2 septembre 2014

l'(autre) aventure

Des lignes et des surfaces from [Mathilde Roux] [Articulations] on Vimeo.

(s'accorder la possibilité de 
aller vers
mais aussi vers
rebrousser chemin ?
choisir ? ne pas choisir ?
tout cela à la fois
pour commencer)

*

Mathilde Roux est venue au centre Cerise l'an dernier lors de ma résidence, a exposé ses collages, projeté cette vidéo tandis que je lisais un extrait de Décor Daguerre sur la cartographie. Je garde un fort souvenir de cette collaboration. Mathilde et moi possédons de nombreux points communs, partageons beaucoup de choses, ce dont nous nous rendons compte au fil du temps...
Elle sera présente au grand salon d'art abordable de la Bellevilloise les 14, 15 et 16 septembre prochain : je vous conseille vivement d'y aller voir ! J'ai hâte, également, de pouvoir montrer la couverture d'Ile ronde, ainsi que les différentes versions qu'elle m'a proposé. Ce sera pour ces jours-ci, j'espère.

mardi 24 décembre 2013

chambre(s) sur rue















Je m'occupe de Décor Daguerre que je voudrais finir, d'où mon peu de passages par ici en ce moment. La fin de l'année a été agitée, aussi, hors ligne, et c'était bien...





















Résumer 2013, lancer 2014 en un billet qui s'appellerait Chambres(s) sur rue, ça pourrait être :
- dire que tout a commencé par des ateliers dans trois classes, trois villes, Epinay, Tremblay et Montreuil
- dire aussi que le lien avec le 93 se poursuit (le festival Hors Limites m'invite à nouveau à Montreuil, ce sera en mars prochain)
- que tout a continué dans les grands magasins (parution de Décor Lafayette en janvier), aux Halles (résidence au centre Cerise toute l'année) et dans la rue Daguerre














- que l'an prochain, je vivrai près d'un palais de justice désaffecté une semaine sur trois jusqu'à fin mai
- qu'entre temps j'ai résidé dans un château, près d'un lac, et que si tout va bien, un livre devrait paraître (fin mai, également)
- que depuis peu, avec Cécile Portier, Joachim Séné et Pierre Ménard, nous animons des ateliers au musée du Louvre (voyez donc leurs premiers billets) (le mien dès que possible)
- que de mon côté, ateliers il y aura également à Poissy, à la Gaîté lyrique et au château de Versailles durant le premier semestre















qu'il y a donc de la rue, de la ville, de la vitre, du chantier, de la boutique, de la banlieue, du village, du château, du palais (de justice), de la forêt, du lac, des légendes, du musée, du lycée, de la Gaîté dans ma vie













et que c'est à suivre !
(enfin si ça nous dit, bien sûr)

mercredi 11 décembre 2013

Cerise, dernière



















Vendredi 13, c'est-à-dire après-demain, à 20h, j'invite Virginie Gautier et Joachim Séné à fêter la fin de ma résidence au centre Cerise. Toutes les informations se trouvent dans l'article Fluctuations, passages, lignes de flottaison, sur remue.net

Sachez que, présents ou non, vous êtes tous invités à participer. Thierry Beinstingel a en effet proposé la chose suivante : 
que Dita Kepler sur son compte Twitter demande auparavant à ce qu'on lui envoie 13 poèmes twitts en 13 mots à 13h13 ce vendredi 13 pour entrer avec elle dans une nouvelle dimension, celle du 13/13/13.
(hashtag : #DK131313)

Virginie, Joachim et moi lirons donc en préambule treize poèmes écrits par ceux qui auront bien voulu nous les envoyer (on n'est pas obligé d'être abonné à Twitter. Il suffit que les treize mots comptent 140 caractères maximum). Bienvenue, donc, en chair, en os, en 0 et 1 ce vendredi, rue Montorgueil, Paris !

(avant de nouvelles aventures en 2014, bien sûr)

vendredi 15 novembre 2013

Journal de la chambre verte #3















Suite du journal entamé au centre Cerise cette année 2013, écrite au printemps, oubliée, reprise... (ici les épisodes 1 et 2). Une version audio de ce texte, avec une photo différente, est disponible sur remue.net, à cet endroit.

Ici, à Cerise, on trouve : une grande entrée sur rue avec chaises, tables et bibliothèque (et l'on peut se servir, troquer), une cour, un café, un auditorium, des bureaux invisibles, des escaliers qui nécessitent de l'éclairage, des salles creusées dans le sol, sans fenêtres (dont la chambre verte), des appartements paraît-il, une vue panoramique sur la rue Montorgueil dans la salle de réunion.
On y danse, écrit, boit un verre, coud, peint, expose, prépare des brocantes. Le wifi ne passe pas, le téléphone portable refuse de sonner. Tout le monde se croise, monte, descend, se rate, se cherche, se demande, rencontre quelqu'un d'autre, finit par se trouver.
Au printemps, soleil enfin arrivé aux Halles, quartier dont le chantier avance ? pour le moment c'est difficile à dire (ce qu’ils appellent canopée a toujours son air d’araignée, massive, ceinte), s'affiche sur palissade cette promesse qu'ils nomment terrain d’aventures et parfois j’aimerais bien voir.

Dans la chambre verte, au sous-sol, il fait frais éternellement. Lors de la balade littéraire organisée au mois d'avril, dont le thème était les travaux justement (le centre, au milieu de ce ventre-ville : un chantier à taille réduite. La déambulation : proposer à qui veut de découvrir Cerise en se laissant guider de salle en salle puis accepter de lire à voix haute, à chaque pause, un texte devant les autres), nous y sommes passés un instant. Présenter le lieu où l'on écrit, chose étrange.

Terrain vague, habité, clos comme ouvert, qui se montre, se cache : le chantier, pour qui n'est ni architecte ni ouvrier, relève de la devinette. Quand je le traverse, je ne sais rien nommer. Il est fait on le sait de tables rases et d'interventions successives, de strates de terres, d'années. C'est ainsi qu'il nous vrille la tête tandis que nous descendons dans l'une des salles en voûte de Cerise, quinze ou vingt à la file, nous penchons, nous relevons, nous installons pour écouter une page des Zones ignorées de Virginie Gautier par l'auteur elle-même. Joie de la voir apparaître, ce qui n'était pas prévu, chance qu'elle soit venue et se prête à cette expérience : petits plaisirs des résidences. Celle-là vire aux instants heureux qui s’additionnent, se multiplient. En secret rayonnent.

Il y eut donc cette balade, café Reflets-cour-auditorium (Carmen, professeur de tango, nous y reçut, elle répétait), puis un salut aux salles du bas avant le retour au café que visita neuf ans plus plus tôt Elisabeth reine d’Angleterre dix-sept minutes exactement. A distance, au plus près résonnaient les mots d'Henri Calet et de Christophe Tarkos, Eric Hazan, Balzac, Zola ; de Julien Gracq, de Christine Jeanney dans la cour et encore de Truffaut, Nerval. Neil Bartlett nous envoya à Londres tandis que Je voudrais une ville d’Emmanuel Delabranche, texte écrit quelques semaines plus tôt pour être lu dans ce lieu même, au fond du Café Reflets, introduisant la soirée liée auterrain de je/u, servit cette fois de conclusion. Des villes, des boucles, tandis qu'à la mi-parcours, dans la cour il grêlait.

au sous-sol l'écriture en attendant de paraître s'enfonce et ce serait cela qu'il faudrait donc montrer ?

Je voulais une ville soleil ombre et elle s’offre à moi c’est parfait.

lundi 21 octobre 2013

de Paris à Nantes, lecture(s) croisée(s) avec Thierry Beinstingel

De mon oloé à Cerise (chambre verte d'où l'on entend le temps passer), un mot pour dire que la lecture croisée avec Thierry Beinstingel qui eut lieu le 20 septembre dernier est en ligne sur remue.net depuis quelques instants, ici même.

Si vous êtes dans la région nantaise, sachez que nous reprendrons cette lecture (à moins que nous décidions de faire un peu autre chose...) le 22 novembre prochain à la médiathèque de Bouaye, près de Nantes. Ce sera à 20h30 et toutes les informations se trouvent, cette fois, par là.

(et que ceux qui veulent nous proposer une tournée n'hésitent pas !)

lundi 30 septembre 2013

Lectures d'octobre















Deux lectures, ou plutôt deux lectures-projections, en ce début octobre : 

la première aura lieu vendredi 4 à 19h30 à la librairie Texture dans le cadre du festival Mon expo en vitrine, qui réunit des photographes du XIXe arrondissement. J'y lirai des passages de Décor Lafayette en projetant un diaporama de photos prises dans les grands magasins, bien sûr, mais aussi dans la rue La Fayette, au Palais Royal, vers la Chapelle... Tous les détails sont ici.

Quant à la seconde, elle se déroulera le mardi 8 octobre à 20h30 au centre Cerise, en compagnie de mon invitée, Mathilde Roux, qui projettera des photos tandis que je lirai un extrait très "cartographique" de Décor Daguerre. Cet ensemble servira de prélude à l'exposition de collages de Mathilde au café Reflets, qui aura lieu toute la semaine (je vous conseille d'aller voir !)



















Cette fois, tous les détails sont , sur remue.net.
A très bientôt, donc, dans le décor ou sur la carte...

jeudi 11 avril 2013

Un tour aux Halles



















Demain soir, à 19h à Cerise, je proposerai une découverte des lieux (le centre lui-même et le quartier des Halles) grâce à une promenade littéraire dont l'idée m'a été directement inspirée par la paysagiste Sophie Barbaux il y a quelques années.
Le principe : que ceux qui viennent écouter participent, lisent eux-mêmes les textes que je leur soumettrai après quelques explications sur ce qui se passe, d'habitude, dans chaque salle visitée. 
Les thèmes choisis pour la balade (car il y a toujours un thème) sont le chantier, le terrain de jeu.
Vu les prévisions météo, il est possible que nous nous cantonnions à Cerise (ce qui sera déjà pas mal) !

Rendez-vous, donc















métro Les Halles, ou Sentier, ou Châtelet, ou Rambuteau...

mardi 19 mars 2013

Pecha Kucha jeudi prochain au centre Cerise















Qu'on se le dise : jeudi soir, au café Reflets du centre Cerise, 46 rue Montorgueil, à Paris, pour la seconde soirée de ma résidence j'inviterai cinq auteurs à lire et à projeter des photographies sur le thème du terrain de je/u. La forme ? Le Pecha Kucha : 20 photos projetées 20 secondes chacune, soit 6 minutes 40 par personne pour faire entendre sa voix, nous entraîner ici ou ailleurs...

Ces auteurs, photographes, blogueurs, plasticiens et que sais-je encore sont :
Emmanuel Delabranche http://apeineperdue.blogspot.fr/
Juliette Mezenc http://www.motmaquis.net/
Mathilde Roux http://www.mathilderoux.fr/
Cécile Portier http://petiteracine.net/wordpress/
et Olivier Hodasava http://dreamlands-virtual-tour.blogspot.fr/

Bienvenue !

lundi 18 mars 2013

Journal de la chambre verte #2




















Je ne suis pas dans la chambre verte mais dans un TGV Nantes Paris. Des images de lac, de façades Art Nouveau, de tableaux, de vitrines, rue Daguerre et Beaubourg et Bruxelles et Grand Lieu, château, arbres en fleurs, neige, verglas et soldes peuplent cet écran où j'écris. Le train freine, épingle à la vitre les églises, forêts que le wagon délaisse. Dans cette lenteur de quelques minutes, une demeure de zinc, son miroitement, de courtes hachures devenues brins de paille.

Je voudrais raconter la lecture au centre Jean Dame le 6 mars dernier, revenir au très près (le micro, la scène, Jean-Marc à ma droite) mais cette vie de nomade et le sentiment de si grand présent qu'elle procure m'en détournent. Il y a le carnet qui sert de journal. Les livres offerts. Celui que je lis (Fenêtres, de Pontalis, un cadeau de plus). Les champs inondés. Une nuit passée dans une chambre rose - oui, tiens, les couleurs de chambres, le voilà peut-être, le sujet...

Une chambre à soi, une pièce à soi, je pense à Juliette Mezenc que j'invite la semaine prochaine.
Au rideau baissé par le voisin de derrière (trop de soleil, trouve-t-il) dans le TGV.
A cette tension, lecture La Fayette, aux conseils de Jean-Marc pour attaquer fort.
A la robe cerise que j'ai portée là pour la première fois, don des bénévoles de Cerise, justement, tandis que nous étions, au Café Reflets, à trier des jeans, des vêtements d'hiver, des manteaux immenses.
Je ne vais pas assez à Cerise, pour l'instant, mais la chambre verte m'entête.
Tout travaille, insensiblement.

Alors, cette lecture ? (nous voilà au Mans, à l'ombre du quai, le voisin relève le store) Comme à Marseille, où nous l'avions déjà tentée, j'ai demandé d'une voix trop faible à ce qu'elle soit enregistrée. La phrase s'est perdue dans la conversation. Puis j'ai oublié. Il n'y a pas d'enregistrement et je crois que ce n'est pas un hasard
(mesdames, messieurs, cet arrêt n'est pas prévu, veuillez ne pas tenter l'ouverture des portes)
je ne dois pas vouloir que cette lecture s'inscrive, se grave quelque part.
(mesdames et messieurs notre TGV va repartir dans quel-ques-ins-tants)

Robe cerise au-dessus du genou parce que, si j'écris, et lis, en public Corps contre lequel lutter pour ne pas le cacher toujours, et même s'il s'agit de celui de n'importe quelle femme, ce n'est pas le moment d'arriver en jean, en vêtement d'hiver, en manteau immense.
Robe cerise, pupitre, boite à musique avec laquelle Jean-Marc Montera joue de la guitare. Devant, le noir complet : au théâtre Jean Dame, on ne voit pas le public.

Cette lecture est un travail de nerfs, d'attention, quarante-cinq minutes de bifurcations sans quitter la route. Et c'est un duo, vrai duo : sans lui, rien à faire, on ne m'y verrait pas. Il me porte, me tient, éloigne d'un geste l'anxiété qui minait les jours précédents, la peur que quelque chose, à l'intérieur, s'écroule – ce qui arrive ensuite, systématiquement.

Après il faut reconstruire.
Ainsi apparaissent les chambres aux couleurs multiples.

*

photo : avant lecture, répéter le texte sous le ciel de Paris
pour entendre la lecture audio du texte ci-dessus et voir la photo correspondant à l'après-lecture, il suffit de se rendre sur remue.net.

lundi 11 mars 2013

dans le grand magasin (suite)



















Le grand magasin a aimé l'Art nouveau, s'en est éloigné pour renaître paquebot dans les années 30 (dans mon livre, a pris la forme d'un yacht et bien entendu, continue de parler, d'adresser des signes à ceux qu'il fascine). Après la destruction de l'escalier d'honneur en 74, on dirait qu'il compte à nouveau sur les volutes et le végétal pour nous retenir - j'écris cela, parce que j'ai placé au-dessus de ce texte la photo d'un plafond de café, à Bruxelles, mais ce n'était pas du tout ce que je voulais dire, au départ.

Ce matin, je voulais écrire sur le fait de lire, aujourd'hui, de ce que ça représente pour moi, et croiser mes phrases à quelques fenêtres bruxelloises. Je savais très bien ce que je voulais. D'ailleurs, je le sais toujours, comme je sais que ce billet sur la lecture me prendra nécessairement du temps. Mais j'ai commencé à regarder les photos et j'ai bifurqué - sujet même de l'article, bien sûr. 

J'ai également pensé (ce lire venant à la suite du être lue de l'autre jour) qu'il me fallait également évoquer ici le long et très bel article de Christine Marcandier sur Médiapart à propos de Décor Lafayette. Un article qui contient plusieurs vidéos, dont une interview réalisée dans la chambre verte, autant dire mon terrain de jeu à Cerise : de quoi bifurquer à nouveau...

Alors, avant de retrouver ma boucle, fenêtres et phrases, je voudrais la remercier, dire que je me sens, à la lire, parfaitement comprise. Dans l'interview, à l'une de ses questions je réponds que je suis obstinée, et c'est vrai (comment faire autrement, de toute façon ?). Mais tout de même, et sans jamais savoir s'il constitue un socle au moment d'écrire, évidemment qu'il compte, cet écho.

mardi 5 mars 2013

décor en scène
















Demain, à 19h30, au théâtre Jean Dame (17 rue Léopold Bellan, Paris 2, métro Sentier), je lirai des extraits de Décor Lafayette en compagnie du guitariste Jean-Marc Montera.

Voici une petite présentation de la soirée :

Décor Lafayette est un livre paru aux éditions Inculte.
On y trouve, par moments, une femme qui remonte la rue La Fayette pour se rendre aux grands magasins. Elle croise des hommes, la foule, une femme, deux gares, des rues, passe devant un hôtel ou un magasin de bricolage...
Jean-Marc et moi, nous vous proposons de la suivre durant 40 minutes environ.
Ce sera le premier "événement" de ma résidence au centre Cerise, soutenue par la Scène du balcon. C'est gratuit et s'inscrit dans le cadre du Printemps des poètes

*

C'est la quatrième fois que Jean-Marc et moi travaillerons ensemble : Fenêtres à Marseille, puis à Montreuil, Décor Lafayette à Marseille...Paris, première non-ville en M de notre parcours !
Comme on l'aura compris, je crois, cette lecture musicale risque de ne pas nous entraîner vraiment aux grands magasins... De toutes façons, avec un spécialiste de l'improvisation, peut-on savoir à l'avance où l'on va ? Jamais vraiment : c'est tout le jeu et le plaisir (le grand plaisir de lire en sa compagnie).

(la photographie, prise à Marseille au théâtre Les Bancs publics, est de Pierre Ménard)

mardi 26 février 2013

Journal de la chambre verte #1 (écrire au centre Cerise)



















Durant mon séjour au centre Cerise, j'ai décidé de tenir une sorte de journal, qui paraîtra à la fois ici et sur le site remue.net, lequel accueille les travaux des auteurs en résidence Ile de France
Ici, on trouvera le texte ; là-bas, une lecture audio sous forme de fichier son. Ici, une photographie ; là-bas, une photo aussi, différente mais prise au même endroit, quelque part dans le quartier des Halles, à Paris.
Pour cette première fois, je suis partie d'éléments que ceux qui me lisent ou viennent sur ces pages connaîtront déjà, sans doute, au moins en partie : façon de se présenter, là-bas, à Cerise...

*

donc tu travailles sur les lieux, dans les lieux
vous écrivez sur la rue le terrain le quartier les façades les grilles le paysage les murs les cheminées les visages le sol les fils et les ponts les palissades les marches et les portes vitrées
c'est bien ça ?
et dans les lieux mêmes, ah directement dans les lieux ?
oui, souvent, mais je ne voudrais pas me laisser enfermer

donc tu as écrit dans le métro oui dans le train oui en bibliothèque oui dans une loge d’artiste oui en sous-sol oui suspendue dans le vide
presque
dans mon lit surtout

et vous vous êtes rendue dans les grands magasins dans Google Street view dans une maison de maître
dans les rues de Marseille Montreuil Epinay Tremblay Lille Berlin Roubaix Londres Nantes Boulogne
dans l'ancienne banque de France de la ville de Béthune
et dans la rue Daguerre
oui
et dans trois parloirs de prison 
aussi
mais ce n’était pas pour écrire

et pourquoi Paris parce que c’est tout proche et pourquoi ailleurs parce que ça me manque

dans la fuite ?
non
ou alors : pas sûr
ou disons plutôt : la fuite et le contraire
(se prendre le mur ?)
(ouverture et danse ?)
dans l'é-va-si-on ?
oh
dans le déplacement ?
oui

Le lieu c’est du temps que j’invente, il suffit de le renommer. Au centre Cerise, il s’appellera la chambre verte comme il y eut le magafiction, contraction de magasin et de vous savez quoi (magasin de livres, bien sûr). Chambre verte comme chambre d’échos, pièce chargée de ce qu’il y a autour, chantier des Halles, musée, bandes qui se croisent, ruelles et la fontaine des Innocents

panoramas et transactions, montées, descentes
souvenirs crus

Dans la pièce une horloge rouge
six chaises une table une étagère
veillent
me protègent de ce vide sans rapport avec la page blanche
m’éloignent du repli, de l’absence en un paradoxe apparent
(car ici c’est silence solitude rien ne passe même pas le téléphone)
sans rapport avec l’écran blanc c’est plutôt le trop-plein qui me perd
trop de signes tu comprends

je comprends je compte et je trie
je mélange et je recommence
les pistes et les cartes s'inversent
on abat son jeu on se penche pour voir le résultat produit
et comme toujours tu sais
je sais et je saisis
ma chance
le fruit de l'expérience est tout au fond du puits

malgré le chauffage électrique il fait froid dans la chambre verte
fini pour aujourd'hui
il est temps de partir peut-être