l'horloge de la gare de Chartres

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mercredi 5 avril 2017

Autre facette de 2013

Tandis que paraît Décor Daguerre, croisement de l'année 1975 et de l'année 2013, je fais du rangement dans mes archives et tombe sur ces notes prises à Besançon durant le festival Les Petites fugues à la fin de cette année 2013. Peut-être ai-je pensé à un moment les utiliser pour clore le livre, je ne sais plus. Ce qu'elles me disent aujourd'hui, c'est ce que j'ignorais alors : la présence de Caroline Grosjean dans la salle lors de ma présentation de Décor Lafayette, sa découverte de mon livre sur les Cowboy Junkies, puis notre travail commun l'année suivante au sein de la compagnie Pièces détachées.
Trois ans et demi plus tard,  alors que je retrouve ce texte, me rappelant le travail avec les danseurs, nos incursions à Belfort, Saint-Claude, Fougerolles..., voici ce qui apparaît devant moi : 
- la programmation de Diptyque au Théâtre Ledoux de Besançon le 4 mai, ville où je vais donc retourner
- la parution le 15 novembre prochain du texte de Diptyque aux éditions Publie.net sous un nouveau titre que je cherche encore
- l'invitation à participer aux deux nouveaux projets de Pièces Détachées, Exit 87 et Honeycomb.

Que se passe-t-il quand on rentre de tournée, demande le texte. Tout ce qui, invisible alors, très longtemps après finit par se dérouler. Ce n'est pas question de patience. En tout cas, elle ne suffit pas. C'est le présent du café, de la chambre d'hôtel qui comptent.













En tournée

Besançon, Iguane café, novembre 2013

Ne voir presque rien. Regarder les visages, distinguer des accents, tandis que les corps engoncés dans les pulls, polaires, manteaux, accélèrent, s'engouffrent, disparaissent en ouvrant des portes.
Passer devant le Musée du Temps, dont les arcades, la cour attirent – mais quoi, pas le temps ? Quels choix fait-on ?
Songer à ceux qui ont vécu ici, y viennent, tournent, s'en vont. Ces deux-là, au café, à la table d'à côté, parlent logement, Paris, Strasbourg. Ils sont peut-être comédiens, musiciens. Ce serait facile de les croiser ici ou là, à l'est, à l'ouest, au centre.
Une petite heure à écrire sans savoir quoi, se souvenir des montagnes de la veille, dans la nuit, des tournants, des cuisines éclairées, des décorations de Noël.
Apprendre au bout d'un moment que les musiciens travaillent pour la Croix rouge, en réalité : existences inventées des voisins de comptoirs, de bars, multiplicité des possibles qui continue d'émerveiller. Pourquoi l'écrire, ne pas l'écrire ?

Revenir au café le lendemain, la musique a changé. Continuer d'écrire dans une chambre d'hôtel sur cour et sous les toits, au bout d'un long couloir en regrettant de ne pas voir la ville, de ne rien regarder. Par la fenêtre une verrière, des façades imbriquées, du ciel, de la montagne. Les oiseaux cessent de chanter quand ils sentent le déclic de l'appareil qui cherche à capter, à figer. On entend à peine leur vol. 

Que se passe-t-il ensuite, quand on rentre ? Quand on a parlé de son travail sans discontinuer (de ce qu'on a créé, monté de toutes pièces parfois des années plus tôt), quand on a été accueilli dans plusieurs villes, fait tant de rencontres, que se passe-t-il à descendre du train, prendre le métro et ouvrir la porte de chez soi ? A-t-on envie de se jeter sur le lit, ou sur le train suivant, par difficulté à se délester de la tension nerveuse ? Ici, dans la chambre de l'hôtel au bout du couloir, tout est calme : est-ce un calme identique à celui d'une vie perçue comme ralentie une fois la clé dans la serrure ? (ralentissement, linéarité illusoires). Ici, dans le salon, c'est encore mieux que dans la chambre : une haute et large fenêtre arrondie coupe la tête des passants jetés dans un froid rapide – un couple à double bonnet gris, une brune qui regarde ici, boucles au vent. Café, silence, un peu de temps, luxe absolu.











dimanche 25 janvier 2015

Décor Daguerre #2



















Sur le mur, il s'en passe. On circule, on poste, on donne à voir, à entendre, à lire. On envoie sans le dire des mots d'amour. On découvre, on apprend, on prend des rendez-vous. Et, on le sait aussi, ce dont nul ne doute, ce que tout le monde dit : on se met en avant, avec simplicité ou de façon retorse ; on expose sa bouche, ses yeux et ses écrits, ses pieds plutôt quand on se croit malin. On dévoile sans exhiber, on exhibe avec naïveté. 

*

=> 1975 : en arrière-plan, le mur de la boutique avec ses photos, ses cartes postales, ses petits mots accrochés (à la boucherie en particulier)
=> 2013 : le mur de Facebook
=> évolution de la photographie et de ses usages

mardi 24 décembre 2013

chambre(s) sur rue















Je m'occupe de Décor Daguerre que je voudrais finir, d'où mon peu de passages par ici en ce moment. La fin de l'année a été agitée, aussi, hors ligne, et c'était bien...





















Résumer 2013, lancer 2014 en un billet qui s'appellerait Chambres(s) sur rue, ça pourrait être :
- dire que tout a commencé par des ateliers dans trois classes, trois villes, Epinay, Tremblay et Montreuil
- dire aussi que le lien avec le 93 se poursuit (le festival Hors Limites m'invite à nouveau à Montreuil, ce sera en mars prochain)
- que tout a continué dans les grands magasins (parution de Décor Lafayette en janvier), aux Halles (résidence au centre Cerise toute l'année) et dans la rue Daguerre














- que l'an prochain, je vivrai près d'un palais de justice désaffecté une semaine sur trois jusqu'à fin mai
- qu'entre temps j'ai résidé dans un château, près d'un lac, et que si tout va bien, un livre devrait paraître (fin mai, également)
- que depuis peu, avec Cécile Portier, Joachim Séné et Pierre Ménard, nous animons des ateliers au musée du Louvre (voyez donc leurs premiers billets) (le mien dès que possible)
- que de mon côté, ateliers il y aura également à Poissy, à la Gaîté lyrique et au château de Versailles durant le premier semestre















qu'il y a donc de la rue, de la ville, de la vitre, du chantier, de la boutique, de la banlieue, du village, du château, du palais (de justice), de la forêt, du lac, des légendes, du musée, du lycée, de la Gaîté dans ma vie













et que c'est à suivre !
(enfin si ça nous dit, bien sûr)