l'horloge de la gare de Chartres

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samedi 4 octobre 2014

bruissement (des feuilles de l'arbre dans le vent de Liré)

A Liré, hier, au Festimalles, j'ai présenté le matin ce que le festival a appelé un bruissement, faute d'avoir le droit d'employer l'expression pecha kucha (j'ignorais qu'elle était protégée), et dont je rappelle le principe : 20 photos, 20 secondes par photo, pour présenter ce que l'on veut. 
Le thème sur lequel on m'avait demandé d'intervenir était large : écrire avec le numérique. Tout en sachant que je m'adressais à des gens qui a priori ne connaissaient pas mon travail, plutôt que de présenter ce dernier de façon un peu explicative (ceci est un livre numérique, cela un texte hébergé par un autre site que le mien, etc), j'ai préféré évoquer les questions qui me traversaient au moment d'écrire le texte, quelques jours plus tôt. Questions qui, de toute façon, innervent tout ce que je fais. J'ai cherché à aller au plus près, en restant le plus simple possible. C'est ainsi que j'ai parlé d'arbre(s).

Je n'étais pas sûre de vouloir mettre le texte en ligne. Mais cela m'a été demandé à plusieurs reprises, preuve qu'on n'est pas seul(e), que ce genre de questionnement touche, quand bien même on en parle rarement.
Je me suis sentie en confiance, hier. C'st pourquoi voici ce bruissement.















Voici... mon cerveau, dirait-on. Mon cerveau a une forme d'arbre, quoique pas vraiment puisque les branches se rejoignent. Mais disons que si. Ceci est un arbre, son reflet et ce que j'écris. Une étude me dit : tu penses par arborescence comme 15 à 30 % de la population.















 Et moi je me demande : est-ce beaucoup ? Est-ce peu ? Est-ce vrai ? Est-ce utile ? Suis-je un monstre ? Je crois savoir comment je pense depuis une quinzaine d'années et cela correspond, suis-je en train de réaliser tandis que j'arpente une exposition de photos, aux débuts de ma connexion.















C'est le monde qui me pose la question : suis-je un monstre ? Moi il me semble que non. C'est le monde linéaire, séquentiel, celui des cases, des places, de l'immobilité qui me demande ça : mais est-ce notre monde ? Notre monde d'aujourd'hui est-il encore ainsi ? L'a-t-il déjà été ?



















J'arpente donc l'expo et un livre, auquel je pense sans y penser depuis longtemps déjà prend forme. En une minute à peine six ou sept fils le tressent, motifs, thèmes que je note dans un carnet. On vient de me dire non pour la publication d'un autre livre, en forme d'arbre, alors je m'interroge : faut-il à nouveau que j'écrive ? Je veux dire : de cette façon ?



















Voici mon livre en forme d'arbre. Comme on le voit je passe d'une branche à l'autre. Je crois que tout se tient, que tout est bien en ordre, que le brouillage n'est qu'apparent. Mais comment le faire comprendre ? J'aurais plus de succès (papier, j'entends) si je faisais autrement, je le sais. Mais je ne sais pas faire. Je ne peux rien y faire. Je ne suis pas faite comme ça.



















Et c'est une souffrance, d'essayer autrement. Et c'est une joie, un bonheur permanents que de tresser ces liens, de rapprocher ce qui ne se rapproche pas, de placer des géantes dans les grands magasins, de changer une femme en avion, en pan de mur, en plante, en pierre. D'inventer des mots pour ce qui ne se nomme pas.















Alors allons-y quand même. Et le tant pis devient tant mieux à lancer ses filets, laisser les portes ouvertes. Voyages en voiture, en train, en barque, en rêve et rencontres réelles, virtuelles, tangibles : tout vient, tout approche, tout arrive.



















Le non (niet, no) continue parfois de tomber : il n'y a guère de carrière, de progression sociale dans ce que je raconte. Cependant, l'arbre est là, lui aussi : dans le monde, dans nos têtes et dans les connexions. Et à se connecter on les croise nombreux, les gens à tête d'arbre. 15 à 30 %, dit l'étude ? Ces chiffres n'ont aucune importance.















Chacun de nous, chaque jour, touche du doigt toute la complexité du monde. Tout fourmille de sens, de non-sens, opacité et transparence, mensonges, vérités. Le plus gros des mensonges est le mot contre-vérité. Le monde nous tiraille en tous sens. Et alors ? Qu'est-ce qu'on fait ?   















On arase, on réduit, on nie, on efface, simplifie ? Ou on plonge, même à avoir la trouille de perdre ses repères, hiérarchie et frontières à jamais perturbés et de risquer, croit-on, sa verticalité. Mais c'est d'une autre approche qu'il s'agit, simplement.















Je ne suis pas compliqué, dit le monde, je suis complexe : ne crains pas de me penser. C'est penser tes limites, toujours et sans arrêt que de vouloir m'embrasser, certes. Mais c'est aussi le moyen de reprendre la main. Ouvrir des fenêtres, des onglets.



















Respirer, écouter les battements, les rythmes. Risquer la dispersion, mais aussi la penser : se faire grandir soi-même, observer ses entraves. Et risquer d'écrire plus, risquer de voyager, de lire des inconnus, de se faire son avis, de rencontrer du monde. Et ne pas étouffer à vouloir correspondre à une forme définie, nettement reconnaissable, à tout prix, sans arrêt.



















Et quelle forme, d'abord ? Qui peut dire qu'il possède une place dans le monde, simple, stable ? Il n'y a plus, ne cherchez pas. En tout cas, pas pour nous. C'est pourquoi, ce qui se joue, se construit à travers les réseaux, les échanges, c'est le tracé de la route qui se fait à mesure.















Ce qui n'implique pas l'isolement ni la solitude. Au contraire. Nous sommes plusieurs, nous sommes nombreux. Nous n'avons pas besoin de nous connaître pour reconnaître en nous ce qui fera écho. Nous ne savons pas nécessairement : la vie privée, le visage, l'âge, le CV de nos correspondants.














Est-ce important ? On se doute que non, même si nous nous voyons, nous retrouvons, de temps à autres, de ville en ville. Nous sommes, perpétuellement, en route. A tenter, à recommencer. Et l'échappée n'est pas une fuite : c'est un prolongement. Ici / voici / l'ailleurs.















Il ne s'agit pas d'entre-soi, de publication par défaut, d'écraser ce qui existe, ce travail sur le net, les blogs, les réseaux. C'est trouver ce qui nous correspond, y aller, ne pas attendre de savoir comment faire. Ne pas demander d'autorisation.   















 Il n'y a pas de modèle et c'est un grand bonheur. Et nous voilà adultes, responsables et joueurs. Et enfants et bosseurs, le tout conjointement. Nous ne dormons pas des masses et nous sommes fauchés, c'est un fait. Alors, comment tenir ?















C'est comme partout ailleurs : il faut covoiturer. S'échanger des services, se donner, se prêter (des plans, des livres, des lieux, des adresses, des noms). Est-ce que ça finira par porter ses fruits, ce travail, cette façon de voir ? C'est impossible à dire.















Mais c'est au présent que ça se joue. Dans la concentration, la trouvaille, la jouissance. L'étonnement, la surprise, la reprise, la boucle. La prolongation. La bifurcation. La comparaison, la friction, la métamorphose. L'éblouissement, même.















Aussi : combattre ses peurs, son trop grand désir de reconnaissance. Laisser du champ, de la marge. Laisser de la place à qui se trouve en face. Ne pas jouer des coudes mais inventer une danse, une disposition. Seul, à deux, à plusieurs. Prendre corps. Et laisser venir.   


*

Les photographies à tendance noir et blanc viennent de la récente exposition Mapplethorpe au musée Rodin. Les autres ont déjà été montrées ici ou là. Exceptés le "petit bain" trouvé au musée de la Piscine de Roubaix et les chaises sur l'eau, découvertes aux jardins de Chaumont-sur-Loire, les autres ont été prises soit près du lac de Grand-Lieu, soit dans des endroits présents dans Décor Daguerre : la Cité des Sciences (photo "agissez" et "on"), le haut Montreuil (la ligne de désir), ou encore le musée d'art moderne du centre Pompidou. Les cartes postales se trouvent également dans DD.
Enfin, il n'aura sans doute pas échappé à certains que j'ai piqué la joie et la souffrance (presque sans le faire exprès) à François Truffaut...

mercredi 1 octobre 2014

quelques déplacements

Sans atteindre les milliers de kilomètres avalés par mon camarade Thierry Beinstingel, quelques voyages sont à nouveau prévus ces jours-ci. Laisse venir étant donc paru aujourd'hui, pourquoi ne pas utiliser street view pour les annoncer ?

Tout d'abord, ce sera Liré, patrie de Joachim du Bellay, demain et après-demain. Le festival Festi'malles reçoit dans le château de la Turmelière. Mais il est bien caché aux yeux de la street car, on dirait.











J'y parlerai écriture et numérique (pecha kucha du matin, consacré aux questions qui me traversent plutôt qu'à une présentation de mon travail) et animerai l'après-midi un atelier d'écriture à partir de... Street view, encore, les choses sont bien faites !
La semaine suivante, on s'approchera de Nantes, puisque le vendredi 9 Joachim Séné et moi sommes invités à La Montagne, au bar de l'ALM, situé 45 de la rue Violin que voici : 










Ce sera à 20h, les fenêtres seront ouvertes et c'est l'association La Décodeuse, qui nous avait vus et écoutés à la médiathèque de Rezé, qui nous invite. Joachim lira son Je ne me souviens pas et, comme nous l'avons déjà fait, projettera ensuite du texte sur écran tandis que je proposerai un montage inédit de textes, peut-être un mix Oloé / Laisse venir.
Le lendemain, direction Bouaye et le lac de Grand-Lieu, pour une présentation de Ile ronde, déchirure/tempête en avant-première - le livre ne paraît que le 23, autant dire que pour l'instant, je ne l'ai pas encore eu en main. A nouveau, ce sera une lecture à deux (Joachim ayant écrit la voix d'un des "personnages", voilà qui s'imposait) mais très différente. Elle aura lieu à la médiathèque de Bouaye à 20h30. J'aurais pu montrer cette médiathèque. Cependant, on trouve dans le livre le château de la Sénaigerie, avec sa fameuse chambre rose. Sur Street view, cela donne :











un chemin qui ne va pas au-delà.
Dita Kepler y est, n'en doutons pas.













Elle en repartira, car il faut que se termine (dans ma tête, du moins) son séjour la villa La Marelle, si je veux finir d'écrire Anamarseilles. La Marelle devrait le publier l'an prochain dans sa collection Résidences, tout comme (admirez cette belle boucle !) c'est donc le cas avec Laisse venir, disponible à partir d'aujourd'hui dans les principales librairies numériques : iTunes/iBooks, Feedbooks -on le trouve également au format Kindle sur AmazonPour tout savoir, le mieux est de se rendre sur l'article que Pierre Ménard consacre à cette sortie et que voici.
Pierre et moi irons à Marseille, du reste : ce sera le 23 novembre, mais nous en reparlerons.
Un automne d'ouest en est, donc, qui me réjouit d'avance.

mardi 5 août 2014

Dans mon île















Je me doutais que je n'avais pas posté ici depuis un moment, mais à ce point..!
Mais j'étais dans mon île, l'île ronde, sujet du prochain livre, et il fallait bien ça, tout ce mois de juillet sans rien dire, à rester concentrée...

Aussi, ce matin, quelques nouvelles :
Ce matin, 9h00 tout rond, à Nantes, j'ai enfin eu la sensation que le texte était fini. Il y a encore à faire mais voilà, nous y sommes : selon moi, ça tient, et je fête l'événement un café à la main, en silence. La terrasse ouvre sur un jardin. Je regarde le ciel, la baie vitrée, la cabane de jardinier, les arbres, le mur. Quelque chose s'allège. 
Chaque fois, jusqu'au dernier moment, jusqu'à ce moment-là je ne sais pas si le livre tiendra, si ce sera un livre. Je le sais quand même d'expérience, mais je ne le sais pas - vraiment.
Il faut attendre le tout dernier moment, la dernière page relue (relue déjà plusieurs fois avant, mais seule la dernière compte). Tout à coup le livre s'inscrit en soi, en entier, comment le formuler autrement ?

Aussi voilà : Ile ronde paraîtra à la rentrée, tout début octobre je crois, aux éditions Joca Seria. Et il sera plus collectif que prévu : Mathilde Roux en fera la couverture, Joachim Séné la contre-voix (pour savoir ce que c'est il faudra lire !) et on y trouvera des photos d'Arnaud de la Cotte et de moi. 

Il y a encore du travail mais il est là, tout près, ce livre. Il fait déjà un tout, compact, serré.
Une île ? Nous sommes quatre à y aborder.

mercredi 7 mai 2014

Journal du Blanc #18















Un ciel blanc et bancal pour dire vite la journée avant d'aller lire à la bibliothèque de Mézières-en-Brenne (si vous cliquez sur le lien vous verrez en quoi je suis une aventurière..!) des extraits de Décor Lafayette et Décor Daguerre dans lesquels il sera question de femmes qui travaillent, se débrouillent, se dépatouillent, cherchent des solutions...
(au programme une géante une prostituée une actrice une femme qui se marie une autre qui travaille une peintre une dessinatrice)
Un ciel blanc car la pluie n'arrive pas tandis qu'à Paris, me dit-on, ça gronde.
(moi j'ai la tête dans le puits de mon géant, n'y vois goutte)
Un ciel blanc et ni cinéma ni Emmaüs ni rien d'autre aujourd'hui que lire écrire écrire lire et relire et écouter très fort de la musique au casque (c'est comme le coloriage, une fonction identique) pour ne pas tout confondre, Palais royal et lac, rue Daguerre et Le Blanc et pays Ugogo du général Instin

















(à suivre, je l'espère, et désolée de faire court mais je retourne aux magasins...)

mardi 18 mars 2014

Journal du Blanc #11

Une journée sans photo, pour une fois, à tenter d'écrire, de se remettre à écrire, à écouter une conférence, à prendre quelques notes, à colorier en écoutant, à se rendre le matin au supermarché sac au dos (souvenir de routard(e)(s) le long de la nationale dans le désert de la matinée), à voir le soleil décliner dans le jardin du palais et les nuages s'étendre, à sortir photographier la plante de devant, à croiser un chat et rentrer, brancher les écouteurs, mettre la musique à fond, changer de rythme après un paragraphe ou deux (la peur que ça s'écrive trop vite ? trop lentement ? autre chose dans ce besoin de pause ?), à réfléchir en arpentant la pièce, à se dire qu'il faudrait faire un tour, penser aux gens, à la vie qui (s'en) va, à l'une, surtout, dans ce (s'en) qui se pense, à sortir pour finir, à regarder un mur, le ciel, les toits de la ville, puis le palais de justice (changer d'angle)

une journée à passer d'un texte à l'autre (abandonner la rue pour la forêt, le lac), se dire qu'il faudrait écrire ces mails mais, à se laisser traverser par les futurs ateliers (l'art le voyage le regard et encore le corps et la ville), retrouver les légendes anciennes, se réjouir seule de nouvelles propositions, échanger, aller au café pour écrire ce Journal du Blanc
et regarder les gens (un peu)
et se dire j'ai peu écrit 
(en écrivant).

*

et donc, la collecte du jour : 
- le rectangle blanc du traitement de textes
- les carrés, rectangles des sets de tables
- le rose de la plante et le gris du ciel

samedi 1 février 2014

Crossroads / 23
















C'est le moment où tout est en suspens. Il faudrait imprimer ce texte pour savoir enfin si ça tient (un tiers tient, oui, à mon goût, mais les deux autres tiers m'aveuglent pour le moment) (je parle de Décor Daguerre). Il faudrait faire trois tas par terre, ou soixante-quinze, passer à l'horizontale et rebattre les cartes ou mais voilà l'imprimante ne fonctionne plus. 
C'est le moment où il n'est plus question de création, où trouver un peu de distance. Cependant il y a déjà un autre texte à écrire (je parle de celui du lac). Cependant il y en a un à publier (Laisse venir, avec Pierre Ménard). Cependant il y en a un à relire, à augmenter (Autour de Franck). Cependant il y en a un qui n'est pas terminé mais dont le début va paraître en revue (Anamarseilles). Cependant il y en a un qui cherche à se faire traduire (Des Oloé. Je n'ai pas de nouvelles pour l'instant). Cependant il y en a un dont on me propose d'écrire le making off (Décor Lafayette). 
Cependant...

chercher si possible une imprimante amie aujourd'hui
c'est très simple tout simple rien de plus
pourquoi en faire un billet ?

(la photo a été prise à Saint-Ouen, autre projet d'écriture)

mardi 24 décembre 2013

chambre(s) sur rue















Je m'occupe de Décor Daguerre que je voudrais finir, d'où mon peu de passages par ici en ce moment. La fin de l'année a été agitée, aussi, hors ligne, et c'était bien...





















Résumer 2013, lancer 2014 en un billet qui s'appellerait Chambres(s) sur rue, ça pourrait être :
- dire que tout a commencé par des ateliers dans trois classes, trois villes, Epinay, Tremblay et Montreuil
- dire aussi que le lien avec le 93 se poursuit (le festival Hors Limites m'invite à nouveau à Montreuil, ce sera en mars prochain)
- que tout a continué dans les grands magasins (parution de Décor Lafayette en janvier), aux Halles (résidence au centre Cerise toute l'année) et dans la rue Daguerre














- que l'an prochain, je vivrai près d'un palais de justice désaffecté une semaine sur trois jusqu'à fin mai
- qu'entre temps j'ai résidé dans un château, près d'un lac, et que si tout va bien, un livre devrait paraître (fin mai, également)
- que depuis peu, avec Cécile Portier, Joachim Séné et Pierre Ménard, nous animons des ateliers au musée du Louvre (voyez donc leurs premiers billets) (le mien dès que possible)
- que de mon côté, ateliers il y aura également à Poissy, à la Gaîté lyrique et au château de Versailles durant le premier semestre















qu'il y a donc de la rue, de la ville, de la vitre, du chantier, de la boutique, de la banlieue, du village, du château, du palais (de justice), de la forêt, du lac, des légendes, du musée, du lycée, de la Gaîté dans ma vie













et que c'est à suivre !
(enfin si ça nous dit, bien sûr)

dimanche 17 novembre 2013

comment nommer autrement la grâce ?




































































mercredi, premier jour de beau temps paraît-il et la possibilité pour la seconde fois de l'année de naviguer sur le lac de Grand lieu
mercredi de dix heures à douze heures et tant de beauté qu'à la fin les yeux se ferment 
(presque)
(saturés)
(presque)
et la mémoire est pleine de l'appareil-photo

reste l'écriture on espère
reste l'informulé
l'espérer sans l'écrire avancer
le penser sans le dire avancer
le déposer ici une seconde à peine

jeudi 7 novembre 2013

novembre, d'ouest en est















Retour ces prochains jours près du lac ci-dessus (Grand Lieu, pour ne pas le nommer), dans la région nantaise, donc, avec quelques activités au programme, dont : 
- aller écouter Delphine Bretesché présenter son nouveau livre, Perséphone aux jardins de sainte Radegonde paru aux éditions Joca Seria et lui piquer des idées pour le mien
- faire à nouveau un tour sur le lac (un des grands moments de l'année, il faut le dire)
- le 19, à la médiathèque de Rezé, parler numérique en compagnie de Roxane Leconte de publie.net et publie papier, et de Guénaël Boutouillet
- le 22, lire en compagnie de Thierry Beinstingel à la médiathèque de Bouaye
- le 23, faire apparaître Dita Kepler à Rezé grâce à Joachim Séné, avec lequel croiser également Fenêtres et C'était
- écouter François Bon lire des extraits de Proust est une fiction















(ci dessus les publie papier photographiés au Lieu Unique, à Nantes)

(et pendant ce temps-là, grâce à Franck Queyraud, le 22 à Strasbourg, certains en Pecha Kucha évoqueront leurs oloés : mais pourquoi je ne peux pas, contrairement à mon avatar, me dédoubler ?!)














(et pendant ce temps-là, toujours, ne pas oublier la rue Daguerre. Ici l'auto-école et son vélo penché)














Ensuite, prendre le train, revenir, laisser le Montparnasse monde pour la gare de Lyon. Direction : Belfort, Morteau, Vesoul, Baume-les-messieurs, Besançon, pour le festival Les Petites fugues dont voici le programme (ci-contre, dans mon agenda En ce moment/à venir, j'ai ajouté les dates).

Ici, pas de photo, car je ne connais encore aucune de ces villes... (joie de l'écriture)

lundi 21 octobre 2013

de Paris à Nantes, lecture(s) croisée(s) avec Thierry Beinstingel

De mon oloé à Cerise (chambre verte d'où l'on entend le temps passer), un mot pour dire que la lecture croisée avec Thierry Beinstingel qui eut lieu le 20 septembre dernier est en ligne sur remue.net depuis quelques instants, ici même.

Si vous êtes dans la région nantaise, sachez que nous reprendrons cette lecture (à moins que nous décidions de faire un peu autre chose...) le 22 novembre prochain à la médiathèque de Bouaye, près de Nantes. Ce sera à 20h30 et toutes les informations se trouvent, cette fois, par là.

(et que ceux qui veulent nous proposer une tournée n'hésitent pas !)

jeudi 30 mai 2013

Jours tranquilles à la Sénaigerie















Voici le château de la Sénaigerie, dans le village de Bouaye, à une demi-heure à pied du lac de Grand-Lieu. Tandis que Dita Kepler remue, scindée en plusieurs je tente de la retrouver par ici et de circuler également rue Daguerre... 


















Du virtuel et du réel, justement, il sera question demain à 18h à la médiathèque de Bouaye : je présenterai les sites et blogs que je lis, les auteurs que j'aime et quelques uns de mes textes, sous la forme d'une lecture-projection.
Le samedi matin, toujours à la médiathèque, petit dej puis lecture de Décor Lafayette en guise de première étape d'une balade littéraire dans les environs sur le thème du lieu.
Autant dire que, tout urbaine que je sois, je me sens dans mon élément, ici... 

vendredi 24 mai 2013

Crossroads / 22















Rubrique trimestrielle que celle des croisements, il semblerait... Et un vélo posé devant la fenêtre d'Agnès Varda pour dire l'envie de rouler plus vite rue Daguerre : si le décor s'installe dans ma tête, il faudrait quand même que le texte avance à meilleure allure, me dis-je, comptant sur mon départ lundi prochain vers le lac de Grand-Lieu pour faire aller à même vitesse Décor Daguerre et Dita Kepler pendant deux semaines. Dita, tout comme moi, va en effet se mettre au vert (campagne, village, château, bois, bords de l'eau, avec quelques virées à Nantes, tout de même), on verra ce qu'il en sortira... 

Comme elle a le don d'ubiquité, on devrait également retrouver Dita Kepler sur remue.net à partir de mardi, dans un journal du silence/journal de la lutte que j'ai tenu sur Twitter pendant un an et demi. Une grande partie des 400 tweets va apparaître sous une forme nouvelle. Je profite d'ailleurs de ce billet pour remercier Guénaël Boutouillet, qui a accepté le projet sur remue, et Joachim Séné, devenu, en codant, en créant cette apparition, le co-auteur du journal de DK (vous allez voir ce que vous allez voir, je vous le dis) (je parle du travail de Joachim, bien sûr !). Un texte qui, au départ, a été écrit non pas par moi, mais par Pierre Ménard (pour comprendre, attendez mardi...) et qui paraîtra quotidiennement pendant deux semaines, tandis que de mon côté, j'alternai sans doute connexion et déconnexion.

A propos de Pierre Ménard, nous avions tous deux, l'an dernier, écrit une sorte de carnet de voyage, Laisse venir, trajet virtuel Paris-Marseille dont nous avions posté des extraits ici et . Le texte semblerait en voie de publication numérique du côté de Marseille. Je donnerai des nouvelles dès que j'en saurai davantage. Quant à remue.net, la mise en ligne des textes et photos de la soirée Pecha Kucha est pour bientôt.

Dans cette rubrique crossroads, on trouve également Franck, à nouveau, dont je viens d'aller parler au collège Anne Frank de Roubaix, passant par Lille pour venir de Paris et y retourner, évoquant avec les élèves les gares du Nord, de Lille Flandres, de Lille Europe et celle de Roubaix que je connais pas, qu'ils me montreront peut-être le mois prochain...
Etrange expérience, tout comme l'a été, dans un autre genre, celle d'hier soir : j'ai découvert que le film d'Agnès Varda Lions, love (...and lies), était centré (pour moi seulement, on s'en doute) sur le jour de la naissance de Franck, le 6 juin 1968, date de l'assassinat de Robert Kennedy - ce que je savais. On voit à deux reprises, en gros plan, une feuille d'éphéméride portant cette date. L'image m'a rappelé ce que j'avais, en filigrane, fait dans mon livre : marquer la date, la disséminant un peu partout dans le texte - tout comme le nom de famille de Franck et le jour de sa mort. Choses dont on ne se rend pas compte en première lecture, je pense, mais auxquelles je tiens quand j'écris.
Dans Lions, love (... and lies), c'est très différent : on ne peut échapper au 6 juin, donné comme un jour historique ; quant à Los Angeles, ville où l'action se situe, que dire si ce n'est qu'elle est vraiment à mille lieues de Boulogne-sur-Mer, où Franck est né. Pourtant, quelque chose me pousse à en parler ici un instant. Mi-fiction, mi-documentaire, le film a été en partie tourné ce jour-là, jour dont j'ai cherché à retrouver des traces quand j'écrivais, que j'ai réinventé (mi-fiction mi-réalité, là aussi). Brusquement, le voici, ce 6 juin, sous mes yeux, à mille lieues en effet de ce qui m'occupait durant l'écriture, avec son trio de hippies qui attendent la gloire, et qu'elle tombe du ciel, dans une maison à coussins, baies vitrées, piscine...
Que faire de ça ? Rien ? Il me semble que c'est de ce genre de questions bizarres que l'écriture est faite, de temps à autres.

Ici, encore, un autre texte, Au 103 bis, dont les éditions Parigramme viennent de publier un extrait dans leur Petite anthologie du désamour. Au 103 bis est un texte corrélé à Fenêtres open space que j'ai parfois lu en public mais que je n'ai jamais terminé (j'avoue), et dont une partie se trouve dans la revue d'ici là. C'est en lisant la revue que Parigramme a découvert le texte, ce qui fait toujours plaisir...

Quant à Décor Lafayette, Alain Veinstein m'invite à venir en parler sur France Culture le 20 juin prochain. J'ai le temps d'y penser, bien sûr. 
Mais bien sûr, j'y pense déjà !

lundi 18 mars 2013

Journal de la chambre verte #2




















Je ne suis pas dans la chambre verte mais dans un TGV Nantes Paris. Des images de lac, de façades Art Nouveau, de tableaux, de vitrines, rue Daguerre et Beaubourg et Bruxelles et Grand Lieu, château, arbres en fleurs, neige, verglas et soldes peuplent cet écran où j'écris. Le train freine, épingle à la vitre les églises, forêts que le wagon délaisse. Dans cette lenteur de quelques minutes, une demeure de zinc, son miroitement, de courtes hachures devenues brins de paille.

Je voudrais raconter la lecture au centre Jean Dame le 6 mars dernier, revenir au très près (le micro, la scène, Jean-Marc à ma droite) mais cette vie de nomade et le sentiment de si grand présent qu'elle procure m'en détournent. Il y a le carnet qui sert de journal. Les livres offerts. Celui que je lis (Fenêtres, de Pontalis, un cadeau de plus). Les champs inondés. Une nuit passée dans une chambre rose - oui, tiens, les couleurs de chambres, le voilà peut-être, le sujet...

Une chambre à soi, une pièce à soi, je pense à Juliette Mezenc que j'invite la semaine prochaine.
Au rideau baissé par le voisin de derrière (trop de soleil, trouve-t-il) dans le TGV.
A cette tension, lecture La Fayette, aux conseils de Jean-Marc pour attaquer fort.
A la robe cerise que j'ai portée là pour la première fois, don des bénévoles de Cerise, justement, tandis que nous étions, au Café Reflets, à trier des jeans, des vêtements d'hiver, des manteaux immenses.
Je ne vais pas assez à Cerise, pour l'instant, mais la chambre verte m'entête.
Tout travaille, insensiblement.

Alors, cette lecture ? (nous voilà au Mans, à l'ombre du quai, le voisin relève le store) Comme à Marseille, où nous l'avions déjà tentée, j'ai demandé d'une voix trop faible à ce qu'elle soit enregistrée. La phrase s'est perdue dans la conversation. Puis j'ai oublié. Il n'y a pas d'enregistrement et je crois que ce n'est pas un hasard
(mesdames, messieurs, cet arrêt n'est pas prévu, veuillez ne pas tenter l'ouverture des portes)
je ne dois pas vouloir que cette lecture s'inscrive, se grave quelque part.
(mesdames et messieurs notre TGV va repartir dans quel-ques-ins-tants)

Robe cerise au-dessus du genou parce que, si j'écris, et lis, en public Corps contre lequel lutter pour ne pas le cacher toujours, et même s'il s'agit de celui de n'importe quelle femme, ce n'est pas le moment d'arriver en jean, en vêtement d'hiver, en manteau immense.
Robe cerise, pupitre, boite à musique avec laquelle Jean-Marc Montera joue de la guitare. Devant, le noir complet : au théâtre Jean Dame, on ne voit pas le public.

Cette lecture est un travail de nerfs, d'attention, quarante-cinq minutes de bifurcations sans quitter la route. Et c'est un duo, vrai duo : sans lui, rien à faire, on ne m'y verrait pas. Il me porte, me tient, éloigne d'un geste l'anxiété qui minait les jours précédents, la peur que quelque chose, à l'intérieur, s'écroule – ce qui arrive ensuite, systématiquement.

Après il faut reconstruire.
Ainsi apparaissent les chambres aux couleurs multiples.

*

photo : avant lecture, répéter le texte sous le ciel de Paris
pour entendre la lecture audio du texte ci-dessus et voir la photo correspondant à l'après-lecture, il suffit de se rendre sur remue.net.