l'horloge de la gare de Chartres

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lundi 29 juin 2015

Crossroads / 27



















Anamarseilles est terminé, devrait sortir à l'automne aux éditions La Marelle, et j'ai rendu ce matin le manuscrit de Diptyque à Caroline Grosjean, la chorégraphe qui dirige la compagnie Pièces détachées : les choses ont un peu avancé, donc, depuis le dernier article de cette rubrique.

Diptyque, c'est étrange, est peut-être un texte que vous ne lirez jamais. Je ne sais pas, nous ne savons pas encore ce qui va se passer, s'il sera disponible ou non ni sous quelle forme. Pour l'instant, le désir se dessine d'en faire un livre-objet avec pistes sonores, que l'on pourra trouver à la fin des représentations. Ce qui est sûr, c'est qu'on n'entendra pas tout le texte sur scène, simplement des bribes : il fait l'équivalent de 58 pages, ce qui est trop pour être dansé. En janvier 2016, lors de la première, j'aurai la surprise de découvrir quels passages auront été conservés tout en ayant de mon côté l'impression que, quoi qu'il arrive, il fait un tout.
(j'espère !)
(ces jours derniers j'étais dans cette sorte d'euphorie douce, légère, qui vient quand on a l'impression d'avoir terminé un texte sur lequel on travaille depuis plusieurs mois - ici, six - dont on sait qu'elle ne va pas durer, et qu'on savoure)











Et donc, de quoi ça parle, ce diptyque dont le titre n'est pas de moi, mais de Caroline ? Comme on peut s'en douter, il s'agit en réalité de deux textes. Le premier, qui prend pour point de départ deux pages écrites pour la revue d'ici là en 2013, met en scène deux corps dont on ne sait ni le sexe, ni l'âge, ni l'aspect physique. Ils s'approchent, se regardent, s'éloignent dans une suite de scènes courtes. Le second fait apparaître un modèle dont on comprend tout de suite qu'il s'agit une femme, et un photographe. Entre eux, la relation semble assez complexe... Le tout est écrit à partir de descriptions de photos noir et blanc, portraits qui ne permettent de voir, chaque fois, qu'une partie du corps de cette femme.



















(évidemment, je brouille un peu les cartes avec mon polaroïd de Blow up d'Antonioni et la photo noir et blanc de Pièces détachées)

A propos de textes qu'on ne lit pas, la soirée à la bibliothèque Marguerite Audoux autour de Ile ronde m'a permis de constater, une fois de plus, que certains de mes livres étaient "indisponibles" : Franck et Cowboy Junkies. Pour CJ, ça arrive de temps à autres. Pour Franck, ça fait des mois que j'en demande la raison à l'éditeur. J'ai posé à nouveau la question il y a une semaine par mail. Aucune nouvelle pour le moment. Si ça dure, j'ai une petite idée sur la façon dont je vais continuer à faire vivre le texte malgré tout. Encore un truc qui me demandera des mois, je n'en parle pas pour l'instant, mais ça commence à me travailler...

Ce qui se poursuit, ce sont les Bruits, plus de 200 pages de notes pour l'instant. Je vais continuer tout l'été avant de tout reprendre, de prolonger, d'augmenter à partir de début octobre, ce qui coïncidera avec le début de la résidence de L'aiR Nu à Moret. De ce côté-là, nous avançons tranquillement : des nouvelles bientôt ici même, sans doute.

En ce milieu d'année 2015, il me semble que, décidément, l'écriture trouve davantage sa place, ces temps-ci, hors des sentiers de l'édition : au théâtre (à l'Etoile du Nord en janvier dernier), dans les studios de danse (Besançon, Saint-Claude, Belfort), via les enregistrements et sur le web (l'aiR Nu), dans toutes ces notes prises... Ce n'est pas forcément voulu, c'est ainsi : allons où l'énergie se trouve. 

*

(la photo de la main et du carnet rouge a été prise lors d'un atelier de Pierre Ménard à Château Landon en 2010. Je m'en suis servie pour feue La ville haute)

mardi 16 décembre 2014

LVIR #11



















Au moment où j'écris ces lignes, la compagnie Les Pièces détachées est en train d'improviser à partir d'un extrait de Ile ronde, monologue de la jeune fille fatiguée par ce beau parleur d'aviateur qui lui vrille la tête. Nous sommes à Besançon, à la Rodia.
Ce matin, dans ces lieux, j'ai vu Dita Kepler apparaître, se courber, se cabrer. Hier, le géant sortir de son puits.
Hier Laisse venir a croisé Franck, à mon grand étonnement.

Au moment où j'écris ces lignes, c'est l'homme inquiet de Fenêtres qui surgit sous une forme double, homme, femme, femme gracile, homme grand, incarnant à eux deux par éloignements, par rapprochements ce voyageur qui ressemble à Humpty Dumty, crie sur le quai parce qu'il est sourd, parce qu'il a peur que le métro parte sans lui, ou avec lui, que les portes se ferment, s'ouvrent... 

Au moment où j'écris : j'écris "en direct",  sans recul, en écoutant les voix, la musique, les touches du clavier. J'écris et je regarde, j'écoute et mes livres se transforment, quelque chose se déplace, devenu matériau.

lundi 14 avril 2014

Journal du Blanc #13















Cet épisode du journal va être très court, fatigue et début de migraine y sont pour quelque chose, je me dépêche. 
Tout de même, noter le soleil et l'arbre face au logis, passé du nu au vert. Se dire aussi que le palais de justice est devenu, pendant mon absence, une surface triangulaire : pourquoi donc ? 
Tout simplement parce qu'il manque encore un angle à mon rectangle, constitué du palais, d'Emmaüs, du cinéma et de... Que je m'en approche ou non, je crois qu'à la fin de la semaine je parlerai un peu de ce quatrième côté. 














En attendant, même mon bureau-rectangle me fait signe de penser triangle. 

*

Glanés pour cette journée : 
- la verrière (rectangles ? triangles ?) du café de l'Hôtel de la gare, à Châteauroux, où j'ai attendu le car pour le Blanc
- les camions-rectangles de la route qui mène à Super U (dont il faudra également que je dise un mot un de ces jours)
- Pâle septembre, la chanson de Camille réécoutée en marchant sur cette route (et qui se trouve dans Franck, livre dont on m'a reparlé il y a peu, voilà pourquoi)
- ces pensées qui traversent durant les insomnies : billets de blogs en retard, texte à relire, texte à écrire, dossiers à monter, mails auxquels répondre... 
Et bien d'autres choses encore.

dimanche 5 janvier 2014

70 / 90 (regarder un documentaire)

Scruter les arrière-plans, faire des arrêts sur image, se fixer sur certaines années qu'est-ce que c'est, au juste ? 
Les années 70 ne sont pas toujours en couleurs et à bien regarder, tout échappe. On voudrait prendre la caméra et la faire pivoter, avancer dans le temps comme dans le décor. Ici, un square de 1973. Là, une station de métro, sa correspondance pour la 4, en 1990 (c'est janvier, et ensuite ?). Couloirs, affiches, marches, rampes : tout résonne, retient, s'inscrit sur la rétine. Est-ce qu'un mort va passer dans le champ ? Et soi-même, le jour du tournage, était-on près de là, dans la ville ou ailleurs ? Quant à lui, Thierry, rencontré ou non ? Et ce passant qui traîne, qui regarde, et cette femme qui aide, écoute : croisés, une fois, plusieurs, ou non ? Chaque jour, revoit-on les mêmes sans jamais les reconnaître ? Evite-t-on sans cesse, sans le savoir, les fameuses mauvaises rencontres ?



J'ai regardé ce documentaire (dans l'extrait ci-dessus, on ne voit rien de ce dont je parle, le square filmé en noir et blanc, l'escalier du métro, mais je ne pense pas que ce soit grave) comme tout un chacun je pense, m'attachant à la figure de l'absent, Thierry, adolescent en 73, SDF en 90 et mort l'année suivante, filmé par deux réalisateurs (Bernard Bouthier, François Christophe) à vingt ans d'intervalle. Bien sûr, le contenu du film résonne, je n'ai pas besoin de le dire.

Je l'ai regardé autrement aussi, cherchant quelque chose de ce Paris 70 qui m'occupe actuellement (raison pour laquelle, a priori, je voulais le voir), abandonnant vite l'idée. Je cherchais en 90 l'autre absent, celui sur lequel j'ai écrit - et pourtant non, enfin pas seulement. Ce quelque chose à retrouver était de l'ordre de la texture, de la matière. Une ombre, une silhouette. Quelque chose qui aurait densifié les souvenirs, ceux de 90 - les images de 73, pour Thierry l'adolescence, pour moi la petite enfance, étant trop éloignées, non pas de 2014, mais les unes des autres. Comme si cet écart d'âge entre nous diffractait mon regard : je regarde l'année 73 avec mon oeil d'aujourd'hui / je regarde comme le réalisateur à l'époque / je regarde les lieux comme si j'avais cinq ans, peut-être, jamais comme si j'en avais quinze. 
(se mettre à la place de celui qui parle, de celui qui filme, est filmé ? Oui ? Non ? Combien de fois la position du spectateur varie-t-elle au cours des 52 minutes ?)
Pour finir, dire que cette recherche, quelle que soit la décennie, fut un échec - ce qui n'a rien à voir avec la valeur du film, on s'en doute. En 90, François Christophe n'éclaire pas, ou pas toujours, les scènes, et filme au plus près : le paysage, c'est le visage. La texture du temps c'est la peau.

*

Nous nous disions, avec l'ami qui m'a fait découvrir ce documentaire, que les images des années 70 nous échappent toujours. 
Nous ne savons pas l'expliquer.
(quoi qu'il en soit, merci à lui)

*

Note du lundi : en allumant la radio ce matin, j'apprends la mort accidentelle de François Christophe il y a quelques jours, ce que j'ignorais donc quand j'ai écrit ce billet. Quelque chose, forcément, en est un peu changé... 
François Christophe avait 47 ans. Ici, l'hommage de France Culture, station pour laquelle il travaillait depuis 2010.

vendredi 24 mai 2013

Crossroads / 22















Rubrique trimestrielle que celle des croisements, il semblerait... Et un vélo posé devant la fenêtre d'Agnès Varda pour dire l'envie de rouler plus vite rue Daguerre : si le décor s'installe dans ma tête, il faudrait quand même que le texte avance à meilleure allure, me dis-je, comptant sur mon départ lundi prochain vers le lac de Grand-Lieu pour faire aller à même vitesse Décor Daguerre et Dita Kepler pendant deux semaines. Dita, tout comme moi, va en effet se mettre au vert (campagne, village, château, bois, bords de l'eau, avec quelques virées à Nantes, tout de même), on verra ce qu'il en sortira... 

Comme elle a le don d'ubiquité, on devrait également retrouver Dita Kepler sur remue.net à partir de mardi, dans un journal du silence/journal de la lutte que j'ai tenu sur Twitter pendant un an et demi. Une grande partie des 400 tweets va apparaître sous une forme nouvelle. Je profite d'ailleurs de ce billet pour remercier Guénaël Boutouillet, qui a accepté le projet sur remue, et Joachim Séné, devenu, en codant, en créant cette apparition, le co-auteur du journal de DK (vous allez voir ce que vous allez voir, je vous le dis) (je parle du travail de Joachim, bien sûr !). Un texte qui, au départ, a été écrit non pas par moi, mais par Pierre Ménard (pour comprendre, attendez mardi...) et qui paraîtra quotidiennement pendant deux semaines, tandis que de mon côté, j'alternai sans doute connexion et déconnexion.

A propos de Pierre Ménard, nous avions tous deux, l'an dernier, écrit une sorte de carnet de voyage, Laisse venir, trajet virtuel Paris-Marseille dont nous avions posté des extraits ici et . Le texte semblerait en voie de publication numérique du côté de Marseille. Je donnerai des nouvelles dès que j'en saurai davantage. Quant à remue.net, la mise en ligne des textes et photos de la soirée Pecha Kucha est pour bientôt.

Dans cette rubrique crossroads, on trouve également Franck, à nouveau, dont je viens d'aller parler au collège Anne Frank de Roubaix, passant par Lille pour venir de Paris et y retourner, évoquant avec les élèves les gares du Nord, de Lille Flandres, de Lille Europe et celle de Roubaix que je connais pas, qu'ils me montreront peut-être le mois prochain...
Etrange expérience, tout comme l'a été, dans un autre genre, celle d'hier soir : j'ai découvert que le film d'Agnès Varda Lions, love (...and lies), était centré (pour moi seulement, on s'en doute) sur le jour de la naissance de Franck, le 6 juin 1968, date de l'assassinat de Robert Kennedy - ce que je savais. On voit à deux reprises, en gros plan, une feuille d'éphéméride portant cette date. L'image m'a rappelé ce que j'avais, en filigrane, fait dans mon livre : marquer la date, la disséminant un peu partout dans le texte - tout comme le nom de famille de Franck et le jour de sa mort. Choses dont on ne se rend pas compte en première lecture, je pense, mais auxquelles je tiens quand j'écris.
Dans Lions, love (... and lies), c'est très différent : on ne peut échapper au 6 juin, donné comme un jour historique ; quant à Los Angeles, ville où l'action se situe, que dire si ce n'est qu'elle est vraiment à mille lieues de Boulogne-sur-Mer, où Franck est né. Pourtant, quelque chose me pousse à en parler ici un instant. Mi-fiction, mi-documentaire, le film a été en partie tourné ce jour-là, jour dont j'ai cherché à retrouver des traces quand j'écrivais, que j'ai réinventé (mi-fiction mi-réalité, là aussi). Brusquement, le voici, ce 6 juin, sous mes yeux, à mille lieues en effet de ce qui m'occupait durant l'écriture, avec son trio de hippies qui attendent la gloire, et qu'elle tombe du ciel, dans une maison à coussins, baies vitrées, piscine...
Que faire de ça ? Rien ? Il me semble que c'est de ce genre de questions bizarres que l'écriture est faite, de temps à autres.

Ici, encore, un autre texte, Au 103 bis, dont les éditions Parigramme viennent de publier un extrait dans leur Petite anthologie du désamour. Au 103 bis est un texte corrélé à Fenêtres open space que j'ai parfois lu en public mais que je n'ai jamais terminé (j'avoue), et dont une partie se trouve dans la revue d'ici là. C'est en lisant la revue que Parigramme a découvert le texte, ce qui fait toujours plaisir...

Quant à Décor Lafayette, Alain Veinstein m'invite à venir en parler sur France Culture le 20 juin prochain. J'ai le temps d'y penser, bien sûr. 
Mais bien sûr, j'y pense déjà !

lundi 25 mars 2013

sur le toit, au soleil




























































































je me souviens comme il croisait les bras, droit devant moi, debout, en m'écoutant parler et en me regardant tandis que je défendais Franck devant les représentants de chez Stock 
(ça ne rigolait pas : des questions directes comme je n'en ai jamais eues depuis)
je me souviens de Brigitte, juste à côté de moi et de la façon dont nous en avons parlé, toutes les deux, de ce livre à Lyon devant les libraires quelques temps plus tard
(la sensation d'être debout, oui)
je me souviens du message de Brigitte, plus tôt, quand elle avait su qu'il aimait le livre
je me souviens aussi de ces photos prises sur le toit de chez Stock, en douce, cinq minutes de pause je ne sais plus quand (le jour de la réunion avec les représentants ? peut-être) pour s'approprier les lieux
par le vent, le soleil

*

ce post et ces photos sont pour Brigitte Giraud

dimanche 10 février 2013

Crossroads / 21















Je tiens cette rubrique, Crossroads, depuis assez longtemps. Sans que cela soit net elle est, disons, trimestrielle. A croire qu'une fois tous les trois mois ce que j'écris se croise tant qu'il me faut y voir plus clair : je débroussaille ici, alors, directement dans l'interface. Comment retrouver le fil, cette fois ? Par livres ? Par liens ? Par lieux ? Essayons peut-être les trois...

Ainsi, il y a Fenêtres (le livre), oui, une fois de plus. Je pars jeudi à Roubaix en parler à une classe de collège qui, ensuite, va l'étudier. Joie, bien sûr, de voir le texte continuer à vivre, et curiosité de savoir ce que des élèves de quatrième y verront. Pour s'y rendre, il faut s'arrêter à Lille : première fois que je suis invitée dans le Nord, ce n'est évidemment pas anodin. Je l'ai espéré et redouté, cette invitation, quand j'écrivais FranckJ'avais plus peur encore d'aller à Nantes. Pourtant, il y a trois jours, au Lieu Unique, jamais dans mon esprit ce livre ne fut présent. Enfin, pas vraiment. La ligne quasi droite hôtel-LU, LU-hôtel, a fait court-circuit.















Il y eut également une belle bifurcation, le vendredi matin, jusqu'au lac de Grand-Lieu : l'association L'Esprit du lieu va m'accueillir fin mai pour quinze jours, et me recevra à nouveau en novembre, avec publication à la clé (différente de Décor Daguerre). Je me suis entendue dire : d'accord, il y aura un livre mi-2014. Vertige d'une commande ferme, même si, dans le cas de Cowboy Junkies, il y avait également un texte à rendre, un thème, un nombre de pages...  Et grand grand plaisir de savoir que ce sera un livre papier avec photos, et déclinaison numérique. 
Première chose que je sais de l'année 2014, aussi, tandis que 2013 s'avance.















Comment continuer ? Nous en sommes déjà à tant de fils... Fenêtres est par exemple lié à un texte inachevé, Au 103 bis, trajet perpendiculaire auquel je ne pensais plus. Mais voici qu'une maison d'édition le découvre dans la revue d'ici là, demande à en éditer un extrait pour une anthologie (le thème : Paris et le désamour). Ce qu'elle veut publier, c'est un passage dans lequel je dis du mal, en apparence, de l'avenue de Flandre, du quartier Stalingrad. Or, il s'agit précisément d'une tentative de réconciliation avec le lieu, non d'une dénonciation, d'un dégoût (voyez comme c'est moche chez les pauvres), ce qu'on ne perçoit pas dans l'extrait. J'ai donné mon accord, sous réserve que le mot réconciliation soit présent. 

La place de la Bataille de Stalingrad est également présente dans Décor Lafayette, c'est même le point de départ du véritable trajet du livre. DL, donc, enfin sorti en librairie, et dont je vais aller parler à France Culture mardi (dans Le Carnet d'or, émission diffusée samedi, si j'ai bien suivi). Pas sûre d'être très brillante (en sous-régime en ce moment), ce qui n'est pas le cas de Claro, qui a mixé "ma" place avec celle de Butor, excusez du peu, parce qu'il nous lisait en même temps. Son texte est d'une justesse... Vraiment, merci à lui. Il avait d'ailleurs déjà mentionné mon livre une première fois, parmi les parutions de janvier : c'est ici
Merci également à la revue d'ici là et à Joachim Séné pour leurs présentations de DL - dans ce dernier cas, me voilà nantie de 2m20 potentiels, métamorphose inespérée !















Stalingrad, la rue Lafayette : on les retrouvera lors de la première soirée liée à ma résidence au centre Cerise, rue Mortorgueil, à Paris. Le 6 mars, en effet, à 20h30, nous ferons, Jean-Marc Montera et moi, une lecture musicale de Décor Lafayette. Il s'agit d'une lecture semblable à celle effectuée à Marseille en fin d'année dernière au théâtre Les Bancs publics. Attention : pour des raisons liées à l'acoustique de Cerise, elle aura lieu au théâtre Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan, dans le 2e (métro Sentier).

Mais c'est bien à Cerise, par contre, au café Reflets, que la soirée suivante a été programmée, le 21 mars. Il s'agira d'un Pecha Kucha sur le thème du terrain de jeu (à écrire également, si l'on veut, sans le u), pour lequel j'ai invité (attention, en ordre ordre alphabétique et roulements de tambours) : Emmanuel Delabranche, Olivier Hodasava, Juliette Mezenc, Cécile Portier et Mathilde Roux. Pas question de faire autre chose ce soir-là que de venir les écouter ! 
A savoir : toutes ces informations liées à ma résidence sont également accessibles sur remue.net dans une rubrique dédiée, dont voici le lien.















Puisque les choses se croisent, il ne faudrait pas oublier de dire que c'est à Cerise, dans une salle verte (renommée chambre verte, comme il y eut le magafiction), que j'entame maintenant la rédaction de mon Décor Daguerre. Possible que le traversent le quartier des Halles, et encore Montreuil, Epinay, Tremblay, ces trois classes trois villes que je continue de rencontrer, même si ce n'est pas toujours simple. Je ne sais pas encore... 
Chambre verte en sous-sol, oloé de fin de semaine au calme tandis que les Halles s'agitent.















Enfin, à propos d'Oloé, ça y est, le texte est en train d'être traduit en espagnol par les éditions Le Bateau. Il paraîtra, sans les photos mais avec dessins, en version papier, en septembre ou octobre prochain. Le Bateau a traduit et réuni il y a peu, sous le titre Todo esta perdido, les textes d'auteurs qui me sont chers : Emmanuel Delabranche, Christophe Grossi, Christine Jeanney et Joachim Séné. Les deux premiers seront à Barcelone vendredi pour présenter leur travail : bon voyage, bon séjour à eux... Et puisque l'on évoque la traduction, j'ajoute que ce que je lis en ce moment, chaque jour, se nomme Le journal de bord des Vagues : quand Christine Jeanney s'attaque à Virginia Woolf, on peut en suivre l'écume, l'écho. Feuilleton qui me procure, vraiment, un très grand plaisir.

*
Photos : Lieu Unique Nantes, lac de Grand-Lieu, place Stalingrad, centre Cerise, centre Cerise, mer de Wimereux.
Pour trouver le site lié à chacun de mes livres, il suffit de cliquer sur les couvertures situées à droite.

samedi 2 février 2013

Nantes































La semaine prochaine (mercredi, plus exactement) je serai à Nantes, au Lieu Unique, pour parler écriture et numérique avec Yves Pagès et Guénaël Boutouillet. Il sera certainement question de la Ville haute et de Franck à un moment ou à un autre, je m'y attends, comme on attend ce qui arrive, là, devant soi, sera ou ne sera pas contourné. 
Certaines choses sont frontales, d'autres non. Frontal ce qu'on n'attendait pas, bien sûr. Frontal ce qu'on savait aussi, avait anticipé, est inévitable, prend une autre forme. 

Nantes n'est évidemment pas n'importe quelle ville.
Mais c'est aussi une ville où j'ai des amis (de la vie au présent).

C'est pourquoi j'illustre ce billet avec trois photos qui diront mieux que moi ce que je pourrais en dire. La première représente une fontaine devant laquelle Franck est certainement passé (mais je n'en sais rien). La deuxième montre le plafond des Galeries Lafayette de Nantes, lieu où j'imagine il n'a sans doute pas mis les pieds (mais je n'en sais rien). La troisième est un vrai décor : celui, reconstitué par Agnès Varda, de la boutique de téléviseurs de Michel Piccoli dans Une chambre en ville. Magasin éphémère, apparu dans le passage Pommeraye l'été dernier, disparu depuis. 
Une photo pour chaque livre, ou projet en cours, chaque texte délivrant de l'autre - et tous liés, cependant.

Ainsi, il me semble, je réponds par avance aux questions posées par Guénaël mercredi prochain à propos de mes usages du numérique, de ce qu'ils changent ou ne changent pas, sur les statuts de [mes] textes et [mon] regard dessus, sur l'ouverture de l'atelier aux autres (ces derniers mots sont de lui, je les ai empruntés).

mardi 20 novembre 2012

ceci est un corps - Pecha Kucha

Voici le texte que j'ai lu cet après-midi à la BNF lors du 3e rendez-vous des Lettres (table ronde ayant pour sujet : "Ecrire web, ou comment s'invente la littérature aujourd'hui?" lors du colloque intitulé : Les métamorphoses de l'oeuvre à l'heure du numérique), accompagné des 20 photos projetées 20 secondes chacune. Il s'agissait d'expliquer un peu notre rapport au numérique...















Ça commence comme ça. Ça ne commence pas comme ça mais ça commence comme ça
par
les vases communicants avec ChristineJeanney puis avec François Bon
sur le thème de la chambre close.
La chambre close c'est
la chambre d'hôpital
la chambre stérile
deux premiers mois de vie sans pouvoir respirer le même air que tout le monde.
















Entre le monde et moi, une vitre écrit Christine Jeanney sur son site Tentatives
bien sûr
Fenêtres
espace ouvert
Entre le monde et moi
des voix
et pas des corps
des voix
le cadre de la vitre.














Entre le monde et moi une vitre. Et à travers la vitre du soleil et un arbre et les barreaux du lit je me souviens de tout. Projection des feuilles d'arbre sur les murs, au plafond, un frisson de printemps – c'est ça, le monde.
Il n'y a pas de bras qui bercent. Ce sont les voix qui bercent.
La vie même.
C'est pourquoi les écrans, les fenêtres, le mouvement et les voix, c'est pour ça que
être au coeur du monde
à distance
c'est tout comme.















Dans Franck, un homme qui dort, il y a du plafond
des vitres / un lit / des murs
au tout début du livre
et c'est la place originelle
verticale et horizontale.















J'écris couchée
et je cherche toujours
où écrire
et je le cherche en marche
toujours
la place assise n'est pas pour moi
même devant l'écran.















Entre l'écran et moi le monde
ce qui tourne dans ma tête.
J'ai mal à la tête et à l'univers disait Pessoa
phrase qui m'a guidée
comme
Je suis déjà ailleurs
entendue je ne sais où et qui sert à tout le monde.















On me prête une chaise, une table
on me fait résider
je réside
j'anime des ateliers
fais des lectures
invite des auteurs
tout cela relié au monde















monde qui, à l'origine, est venu me donner
des lecteurs, des éditeurs, des pages, des images, des liens
des échanges constants.
Je réside
mais suis déjà ailleurs















et c'est vie et survie
c'est ainsi qu'on le vit
aller chercher ailleurs ne jamais s'installer
ou alors
dans un train
une maison provisoire



















à la vitre
toujours
une vitre en mouvement
chercher sa place
trouver sa place
c'était l'idée
ce qui guide les livres















alors écrire sur les lieux les décors les villes les rues
la rue
il y a toujours dans mes livres des hommes et des femmes à la rue.
Nous sommes là loin du virtuel crois-tu
mais
pour beaucoup
être à la rue c'est : peur et virtuel aussi bien















le virtuel je m'en sers pour tout
et je peux même planer, voler, me métamorphoser
sous le nom de Dita Kepler
je peux transposer le virtuel
dans le réel
installer l'avatar partout où je réside
et souvent c'est caché















j'aime ce qui est caché et lié à la fois
j'aime ce qu'on ne sait nommer
et prend un autre nom
ainsi l'oloé
oloé est le nom de ces lieux où l'on peut lire ou écrire
lire et écrire
et ces lieux-là n'ont pas de nom
ainsi, aussi
d'une photo de fenêtre je peux dire















ceci n'est pas une fenêtre ceci est un corps décor corps de mon personnage personnage persienne qui fait de la fenêtre sa surface son corps
(elle celle qui s'appelle Dita Kepler
n'est pas une femme
mais un décor)
les lieux et les hommes
les décors et les personnages
pour moi c'est
la même
comme on dit















le même ancrage
le même souffle
le même désir
les morts et les vivants traversent
un mur c'est un homme qui s'est appuyé
une femme une fenêtre penchée
et l'inverse















les portes les rambardes les filins et les quais...
on s'éloigne du virtuel, tu crois ?
pas du tout
les écrans servent à voyager
à entendre les voix
à approcher les corps
et le corps de l'écrit touche autant
sinon plus
il est vain de les opposer















le virtuel ne prend pas la place du réel
et l'inverse non plus
il s'agit simplement d'un point à un autre
de courber, de tendre
diffracter réfléchir
de distordre pour mieux restituer
comme dans l'anamorphose.
Le virtuel le réel même géométrie
c'est pourquoi nous parlons de cartes















de points
de lignes
de sauts dans le temps et l'espace
d'identités multiples
d'architecture
de danses
de distances
d'échos
de vertige ?
si tu veux
mais c'est celui du vent
qui balaie les feuilles des arbres















je suis déjà ailleurs
voilà qui pourrait paraître
prétentieux
mais c'est survie et souffle
respirer prendre corps
se détacher du sien espérer s'y ancrer
dans un mouvement constant de perte et de scansion
un rythme
une pulsation















ne crois pas que je vais te parler 0 et 1 pixels
ou je ne sais quoi encore
j'ai trop longtemps écrit des articles qui disaient
cliquez sur ceci
validez
appuyez sur ce bouton-là

et j'ai tout oublié
ce qui compte c'est
ce va et vient mobile
du dehors au dedans.


















jeudi 15 novembre 2012

Crossroads/20











(crossroads, ou débroussaillage de ce qui est en cours) (enfin, tentative de)

Il y a ce qui se croise, ce qui se termine, ce qui commence. Hier, j'ai bouclé le travail entamé il y a deux ans et demi pour La ville haute, posté les derniers fichiers son (Nantes), conclu le journal de publication. Cela ne veut pas dire que tout est fini. Il y a encore une ou deux choses que je veux tirer de ce site. Mais quand même, voilà, l'objet existe en lui-même, sans moi maintenant... 
Et justement, à propos de Nantes, je serai au Lieu Unique le 6 février prochain pour parler de Franck et de ses extensions, numériques ou non, en compagnie d'Yves Pagès et de Guénaël Boutouillet. Sans doute aussi à Roubaix, en début d'année prochaine, je viens à peine de l'apprendre. Le nord, je n'y avais jusqu'ici jamais été invitée alors que le livre s'y passe en partie (Lille, Boulogne-sur-Mer, Béthune, Wimereux, Gravelines, et même un petit passage à Arras qui me vaut parfois, ici ou dans la ville haute, la visite de quelques internautes égarés). 


















Bien avant, c'est-à-dire la semaine prochaine, il y aura eu, en sens inverse et pour d'autres projets, le sud : trois rencontres à Marseille, du mercredi 21 au vendredi 23. La première, à la Friche, prendra la forme d'une émission de radio avec Pierre Ménard (à écouter à partir de 19 heures sur Radio Grenouille, mais podcastable ensuite, sans doute). Nous y lirons en partie notre texte commun, Laisse venir, écrit à partir de captures de Google Street view et dont j'ai déjà parlé un peu ici. L'émission est en public (bienvenue) et les locaux sont situés dans la Friche, que je me fais une joie de retrouver. 
Le lendemain soir, à 21 heures, c'est de Décor Lafayette dont il sera question, puisque j'en lirai des passages en compagnie de Jean-Marc Montera au théâtre Les Bancs publics, dans le cadre des Rencontres à l'échelle. A nouveau une fin et un début : je viens de terminer la relecture d'ensemble des premières épreuves et ce sera la première fois que je présenterai le texte (je l'ai déjà fait il y a quelques mois, mais uniquement pour les bibliothécaires de Montreuil). J'ai décidé de lire en continu tout ce qui, dans le livre, a trait non pas aux grands magasins, mais à la rue La Fayette, qui relie la place de la bataille-de-Stalingrad au boulevard Haussmann. Nulle déambulation à prévoir dans les rayons, ni soldes ni montée par les escalators, donc - en revanche, de la rotonde, du pont, de la gare, de la rue Bleue, de la rue de Paradis...
(à propos, Décor Lafayette paraît donc en janvier prochain et Inculte vient de le mentionner sur son site : on peut lire les premières lignes et quelques mots de l'éditeur ; c'est ici). 
Le vendredi matin, retour à la Friche pour un atelier, à nouveau avec Pierre Ménard, cette fois dans le cadre des Ecrits du numérique (voir le détail de la journée sur cette page). 


















Avant tout cela, autant dire mardi qui vient, je retrouverai l'après-midi à Paris, à la BNF, quelques uns de ceux que je lis le plus fidèlement sur le web pour le 3e rendez-vous des Lettres, lors d'un colloque intitulé Les métamorphoses de l'oeuvre et de l'écriture à l'heure du numérique : vers un renouveau des humanités ? (parfaitement). Seront ainsi présents (et dans l'ordre) pour un Pecha Kucha, avec carte blanche à François Bon entre deux sessions : 
Quant au visuel ci-dessus, c'est celui de la prochaine revue d'ici là, à paraître bientôt, dont le thème est celui de la nuit. Les choses étant bien faites, on y retrouvera une lecture audio de Tu n'es jamais seul/e dans la nuit, nouvelle publiée aux éditions Antidata l'an dernier et dont l'un des personnages est une chanteuse blonde qui s'apprête à revenir dans... Décor Lafayette.

(comment ça, je tourne en boucle ?!)















(ci-dessus l'escalier de la faculté d'architecture de Rouen, photo numéro 6 de mon Pecha Kucha ;-)