l'horloge de la gare de Chartres

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mercredi 3 février 2016

Retourner dans la ville haute

Une semaine d'ateliers d'écriture au lycée du Blanc six heures par jour sur le thème du fait divers, c'est intense. Je voulais écrire un peu longuement ici, n'en aurai pas le temps. Aussi, je poste seulement quelques photos prises ce matin, mercredi de pause, en montant à la ville haute - la mienne a disparu, j'aime visiter les autres.


D'abord, de l'hôtel du Théâtre traverser la place (c'est jour de marché), se rendre jusqu'à la Creuse et passer le pont.
Pendant que je marche je me souviens : sur la place, ah oui c'est vrai, le charcutier traiteur est mort, sa boutique est restée fermée. Le café du Centre n'est pas plus ouvert mais c'est parce qu'il est en travaux : terminées, les banquettes vertes dans lesquelles s'enfoncer en demandant le code du wifi ? Sûrement. Il faudra revenir pour connaître la suite. Le store du coiffeur, lui, cache toujours au revers la mention poissonnier
Près du pont, long défilé de camions au bord de la Creuse, j'avais oublié. Grimper ville haute, c'est d'abord s'en éloigner.






























  (là où entraîne l'impasse du Paradis)

Ensuite, quand on descend, à condition de bifurquer un peu sur la droite, d'emprunter quelques marches, on tombe sur ce mystère :


En bas, retour à la Creuse, aux camions, au pont, à la place du marché. Devant la vitrine d'un marchand de chaussures, je découvre à côté d'une paire de charentaises des chaussons de camouflage que je n'ose pas photographier mais qui me fascinent.


J'aurais aimé raconter la vie à l''hôtel pendant une semaine, le fais en trois lignes sur Facebook ; proposer un article, aussi, sur ces ateliers qui se passent si bien. Peut-être plus tard ? 
Ces quelques photos, disons que c'est un épisode du Journal du Blanc, lequel en est resté à sa forme première, sur blog, n'a pas vu le jour autrement alors que je l'avais augmenté. D'une certaine façon, dans ce billet, c'est encore un peu d'écriture invisible qu'il s'agit.

mardi 21 octobre 2014

LVIR #1 (journal)

Je ne sais pas du tout pourquoi j'entame ce matin un nouveau journal sur ce blog. Ou plutôt si : pour donner du sens à ce qui se passe, ces publications, l'automne qui se dérobe, les projets lointains.















LVIR comme journal de Laisse venir Ile ronde ou : elle vire (de bord, tourne autour d'abord mais c'est pour mieux viser le large, enfin l'espère).
Donc un nouveau journal, parce qu'aussi j'ai perdu la ville haute, sans doute définitivement. Une négligence, cet été, je n'ai pas renouvelé le nom de domaine à temps et on me l'a volé, un robot où je ne sais qui l'a racheté pour ne rien en faire, le revendre cher à qui en voudra. Depuis, plus rien n'est accessible. Un an et demi de travail envolé.
Ce matin, Juan Clemente, le créateur du site, m'envoie les fichiers, sons et images, qu'il a conservés. Que faire de tout cela maintenant ? Je pensais que personne ne le visitait plus, ce site-objet-clos. Apparemment les statistiques me donnaient tort (cinquante tentatives de connexion le mois dernier). Je ne cesse de développer des projets, de travailler dans plusieurs directions parce que c'est dans ma nature mais aussi parce qu'il est impossible, quand on veut ne faire qu'écrire, de ne faire qu'écrire. Il faut sans cesse se démultiplier, tenter tous les supports pour avoir une chance d'espérer continuer














à joindre les deux bouts, n'est-ce pas ?
(le lien ci-dessus renvoie à un texte éclairant de Carol Zalberg sur l'écrivain et l'argent, intitulé Le complexe de trivialité)
Ou alors il faut s'appeler Joyce Carol Oates, qui répond quand on lui parle de sa productivité et qu'on s'étonne qu'elle puisse écrire trois livres en même temps : 
Franchement, je ne vois pas ce qu'il y a là d'étonnant. Je suis écrivain, j'écris. Je ne sais pas combien de livres j'ai écrits, je ne compte pas, cela ne m'intéresse pas. Les artistes font ce qu'ils ont à faire. Picasso ou Monet savaient-ils combien de toiles ils avaient peintes ? Les photographes savent-ils combien de photos ils ont prises ?
J'écris moi aussi, parfois, trois livres en même temps. Mais ça ne me suffit pas encore, ni financièrement (c'est sûr) ni même artistiquement - la ville haute fut une prolongation de Franck pour garder la main, s'abstraire de la publication du texte mais aussi en faire autre chose, avancer encore.

J'écris pour et contre l'éparpillement : un mouvement semblable. 















(pour la conservation, cependant, on repassera)  
Et donc LVIR, un nouveau journal, alors que j'ai entamé depuis peu encore un livre et qu'il faut s'occuper de quatre autres minimum (à faire publier / à terminer / à concevoir, je n'y reviens pas car on les trouve dans ma rubrique Crossroads, pour certains). Un journal de publication de Laisse venir et de Ile ronde, mais qui parle d'autre chose, en tout cas pour l'instant.
Je pensais hier, en comprenant que la ville haute était morte (à moins d'un miracle) que c'était étrange tout de même : le temps passé sur les réseaux à poster des choses volatiles, d'un côté et cette négligence de l'autre, entraînant la fin d'un objet clos, lequel a beaucoup compté. 
La question du présent perpétuellement se pose.

jeudi 15 novembre 2012

Crossroads/20











(crossroads, ou débroussaillage de ce qui est en cours) (enfin, tentative de)

Il y a ce qui se croise, ce qui se termine, ce qui commence. Hier, j'ai bouclé le travail entamé il y a deux ans et demi pour La ville haute, posté les derniers fichiers son (Nantes), conclu le journal de publication. Cela ne veut pas dire que tout est fini. Il y a encore une ou deux choses que je veux tirer de ce site. Mais quand même, voilà, l'objet existe en lui-même, sans moi maintenant... 
Et justement, à propos de Nantes, je serai au Lieu Unique le 6 février prochain pour parler de Franck et de ses extensions, numériques ou non, en compagnie d'Yves Pagès et de Guénaël Boutouillet. Sans doute aussi à Roubaix, en début d'année prochaine, je viens à peine de l'apprendre. Le nord, je n'y avais jusqu'ici jamais été invitée alors que le livre s'y passe en partie (Lille, Boulogne-sur-Mer, Béthune, Wimereux, Gravelines, et même un petit passage à Arras qui me vaut parfois, ici ou dans la ville haute, la visite de quelques internautes égarés). 


















Bien avant, c'est-à-dire la semaine prochaine, il y aura eu, en sens inverse et pour d'autres projets, le sud : trois rencontres à Marseille, du mercredi 21 au vendredi 23. La première, à la Friche, prendra la forme d'une émission de radio avec Pierre Ménard (à écouter à partir de 19 heures sur Radio Grenouille, mais podcastable ensuite, sans doute). Nous y lirons en partie notre texte commun, Laisse venir, écrit à partir de captures de Google Street view et dont j'ai déjà parlé un peu ici. L'émission est en public (bienvenue) et les locaux sont situés dans la Friche, que je me fais une joie de retrouver. 
Le lendemain soir, à 21 heures, c'est de Décor Lafayette dont il sera question, puisque j'en lirai des passages en compagnie de Jean-Marc Montera au théâtre Les Bancs publics, dans le cadre des Rencontres à l'échelle. A nouveau une fin et un début : je viens de terminer la relecture d'ensemble des premières épreuves et ce sera la première fois que je présenterai le texte (je l'ai déjà fait il y a quelques mois, mais uniquement pour les bibliothécaires de Montreuil). J'ai décidé de lire en continu tout ce qui, dans le livre, a trait non pas aux grands magasins, mais à la rue La Fayette, qui relie la place de la bataille-de-Stalingrad au boulevard Haussmann. Nulle déambulation à prévoir dans les rayons, ni soldes ni montée par les escalators, donc - en revanche, de la rotonde, du pont, de la gare, de la rue Bleue, de la rue de Paradis...
(à propos, Décor Lafayette paraît donc en janvier prochain et Inculte vient de le mentionner sur son site : on peut lire les premières lignes et quelques mots de l'éditeur ; c'est ici). 
Le vendredi matin, retour à la Friche pour un atelier, à nouveau avec Pierre Ménard, cette fois dans le cadre des Ecrits du numérique (voir le détail de la journée sur cette page). 


















Avant tout cela, autant dire mardi qui vient, je retrouverai l'après-midi à Paris, à la BNF, quelques uns de ceux que je lis le plus fidèlement sur le web pour le 3e rendez-vous des Lettres, lors d'un colloque intitulé Les métamorphoses de l'oeuvre et de l'écriture à l'heure du numérique : vers un renouveau des humanités ? (parfaitement). Seront ainsi présents (et dans l'ordre) pour un Pecha Kucha, avec carte blanche à François Bon entre deux sessions : 
Quant au visuel ci-dessus, c'est celui de la prochaine revue d'ici là, à paraître bientôt, dont le thème est celui de la nuit. Les choses étant bien faites, on y retrouvera une lecture audio de Tu n'es jamais seul/e dans la nuit, nouvelle publiée aux éditions Antidata l'an dernier et dont l'un des personnages est une chanteuse blonde qui s'apprête à revenir dans... Décor Lafayette.

(comment ça, je tourne en boucle ?!)















(ci-dessus l'escalier de la faculté d'architecture de Rouen, photo numéro 6 de mon Pecha Kucha ;-)

mercredi 12 septembre 2012

Gare de l'Est / la troisième photo









































Il est grand temps de terminer la lecture audio de Franck dans la ville haute, me dis-je depuis plusieurs semaines sans parvenir à le faire. Je vais essayer, tout de même, d'en revenir à l'actualisation du site une fois par semaine, comme au début.
Vous trouverez donc ici le passage (unique) par la gare de l'Est, qui correspond aux pages 261 à 264 du livre. 
Le panneau que l'on voit sur la troisième photo (dans la ville haute) n'est pas vraiment là par hasard, j'y reviendrai sans doute. Quand au café à pendule (ici), situé à côté de la gare, à Paris, on pourrait encore le placer par (que de mystères...).

(à force de mêler lieux et livres, on s'y trouve, s'y perd)

dimanche 12 août 2012

fenêtres de Nantes



































































ici et là tu saurais dire exactement de quel texte il s'agit, de quel cheminement, projet (Galeries Lafayette, magasin de téléviseurs reconstitué par Agnès Varda, fenêtres du Voyage à Nantes, photographie pour la ville haute)

jusqu'à ce pont de Saint-Nazaire vu d'un bateau, sans mots

vacance

mardi 15 mai 2012

Fenêtres de Rouen (avec escaliers)















D'abord, la salle des pas perdus de la gare Saint-Lazare en véritable point de départ (du trajet, de la rencontre, du livre). En travaux depuis des mois et enfin accessible mais je ne voulais rien voir (pourtant, là où la mémoire m'avait fait défaut, au moment d'écrire, structure, escaliers, trouées vers la ville, tout demeure en place). 
Photo, n'importe comment, hop.
Ce qu'il fallait, c'était partir. 














Ensuite, l'école d'architecture : assister à un atelier, écouter les étudiants qui parlent de falaises, cap d'Antifer, port, digues, et s'il faut étirer, relier, interrompre, détourner le regard (voir l'exercice se situer). Observer les croquis, maquettes, comprendre à mesure qu'il s'agit de menace (la hauteur, le vertige, la mer qui attaque, les enfants qui pourraient se noyer). Mais que leur apporter, aux étudiants ?















La seule chose qui me venait, à découvrir les lieux, je n'ai pas osé la dire. Je pensais, au début : le type qui vit là (une seule maison dans la valleuse) doit être fou.

Et à y réfléchir, si j'avais dû écrire un texte sur le sujet, je serais partie de son regard, d'une distorsion possible (solitude des pierres, du vent, et si soudain devant lui des gens nagent et mangent, rient, courent, s'embrassent, comment ça se répercute, à l'intérieur de son crâne comme entre les falaises)















J'ai pensé que c'était absurde, à dire, que ça ne leur servirait à rien.
exercice avec abstraction 
faite des personnages
et puis, évidemment, j'ai l'esprit d'escalier
(cependant, le texte, je le vois)


Grand merci à Emmanuel Delabranche et à Marie-Laure Crespin, qui a réalisé l'affiche reprise dans le billet ci-dessous, pour leur invitation et leur accueil, que ce soit à l'école ou Café perdu. Pour jongler entre Fenêtres, Franck, Cowboy Junkies et Ville haute, leurs histoires de façades, travail, rue(s), il fallait trouver un point d'équilibre, ce qui ne se fait pas seul/e. Merci à eux, ainsi qu'à tous ceux venus m'écouter.

vendredi 11 mai 2012

A Rouen lundi



















Lundi prochain,14 mai, je serai donc à Rouen pour deux lectures : la première, consacrée à Fenêtres Open space, aura lieu à l'ENSAN (Ecole supérieure d'architecture de Normandie) à 14h, en amphithéâtre, devant des étudiants, mais les auditeurs libres sont les bienvenus. J'avais découpé le texte d'une façon particulière à Marseille avec le guitariste Jean-Marc Montera, et c'est ce montage que je proposerai - mais sans lui, cette fois. Cette version en musique peut être écoutée ici.

Seconde lecture à 19h, au café perdu, qui consacre la soirée à mon site, Dans la ville haute. Je pense effectuer une lecture croisée de Franck et de Cowboy Junkies accompagnée d'une projection de photos dont certaines sont tirées du site, mais dont la plupart seront inédites : nouvelle façon, pour moi, de retracer en partie le parcours de Franck, de la gare du Nord à Béthune. 

Un parcours devenu, au fil du temps (mémoire perdue, à éclipses, erreurs et rajouts ; écriture qui transforme ; images des lieux qui montre autre chose) de plus en plus fictif, peut-être.

dimanche 22 janvier 2012

dernier passage à Boulogne-sur-Mer















J'ai actualisé la partie audio de la ville haute ce matin, ce que je n'avais pas fait depuis longtemps. C'est la dernière fois, dans le livre, que l'on traverse une ville du Nord. 


















J'ai rouvert le fichier, regardé les photos prises alors, qui ne serviront pas. Qu'en faire ? Rien, sans doute. Elles resteront dans le disque dur comme ces passages de Décor Lafayette que je m'apprête à supprimer. 














Demeure, dans l'inutilité, le souvenir de moments passés à regarder, à écrire. Et le regret aussi, malgré la peur que j'en avais, de ne pas avoir été invitée à parler de mon livre à Lille, ou Béthune, ou Boulogne. 















Mais peu importe. Je me souviens d'avoir déjeuné, dans la ville haute, à la terrasse d'un café, face à une église en ravalement. D'avoir, à Lille, scruté le ciel, espéré l'éclaircie pour l'après-midi. A Loos, d'avoir enregistré mes pas, les camions le long de la route faute de pouvoir prendre une photo (panne de batterie de l'appareil). A Béthune, d'avoir dîné en attendant le train sans mélancolie (ou à peine). A Lille encore, d'avoir visité le musée des Beaux Arts. A Boulogne, d'être allée lire des ex-voto. A Wimereux, d'être restée face à la mer, seule, exactement le temps qu'il fallait. A Gravelines, d'avoir reçu un coup de fil tandis que la nuit tombait. A Loos, d'avoir répondu au salut d'un surveillant. A Béthune, d'avoir visité l'ancienne salle des coffres de la banque de France. A Lille, d'avoir découvert la gare TGV. A Wimereux, d'avoir failli acheter une maquette de vaisseau, le Simon Bolivar. A Gravelines, d'avoir longtemps marché. A Calais, d'avoir vu des soldats. A Boulogne, d'avoir regardé par la fenêtre 


















cette mappemonde. A Béthune et Boulogne, de n'être jamais montée en haut du beffroi. A Wimille, d'avoir fait quelques pas. A Lille, d'avoir retrouvé le restaurant chinois dont je parle dans le livre. Entre Wimereux et Wimille, d'avoir photographié les voies de chemin de fer en me plaçant pile au milieu. A Béthune, d'avoir discuté avec une étudiante qui me faisait visiter le Lab-labanque. A Calais, d'avoir attendu sur le quai, dans le vent, observée par l'unique voyageur. A Arras, d'avoir vu la ville en courant. A Béthune, d'avoir acheté deux carnets. A Paris, dans la gare, d'avoir bu un café et lu la Voix du Nord.
Et n'oublierai pas la mappemonde.

mardi 25 octobre 2011

Le sens du mot

Notes prises sur les lignes 2, puis 6, en allant à Glacière faire des photos pour la ville haute.















Il a raison quand il me dit : tu n'as rien à perdre, c'est pourquoi tu es libre d'aller aussi loin que tu veux. Il faut donc expérimenter.

j'aime que cette femme porte des collants rose, un rose soutenu, presque rouge, et une robe à fleurs, je voudrais le courage de m'habiller ainsi

                                   le métro traîne juste avant d'arriver à Nation, s'arrête même
                                   cela ne me gêne pas, j'ai le temps
                                   et je sais pourquoi il s'arrête : Nation est un garage, je m'affole
                                   d'autant moins

Cette liberté je m'en sers aujourd'hui pour faire des photos à Glacière.
Est-ce le fruit de ma liberté, je suis la seule dans le wagon à réveiller la femme qui dort, à lui éviter de reprendre la ligne en boucle ?

changer de ligne, passer de la 2 à la 6, éternelle histoire des deux aériennes

Je n'ai rien à perdre, ni poste ni statut ni presque argent, n'ai rien de tout cela, ai le soutien qui porte, le métro se soulève, Picpus, non, Bel Air.

pensée pour ma soeur

Le métro sous terre à nouveau. Ce qu'il faut c'est carnet stylo, la base en cas de panne, puis tous les outils de connexion. A vingt ans, ma rencontre avec la liberté a été formidable est-il écrit dans le wagon. Qui est concerné ?

Dugommier affiches lacérées
voudrais-je être à la place de ceux dans le wagon ? 
la femme à fleurs n'y est plus

                                       (parfois être n'importe qui d'autre
                                        sauter dans les corps)

Bercy, ciel noir et brusque averse, de la grêle tandis qu'on passe la Seine. Bruissement continu des verrières. Le métro à Quai de la gare s'arrête.














Gris foncé du pays, Paris 13, Chevaleret. Le métro tremble. Tu voudrais vivre dans ces tours ? Non. (au retour, une voisine engagera la conversation là-dessus : le vertige à vivre dans les tours du quartier).

Where is my umbrella ? demande une affiche du wagon
deux vieilles dames abritées

Place d'Italie. Visages fatigués, ne veux pas sauter dans vos corps, non, y trouverais la même chose.

Je réfléchis pour savoir si je lance mon projet de Décor Lafayette X 100 sur "Fenêtres" (une idée que je viens d'avoir et stocke sur ces pages en brouillon, pour l'instant). C'est prêt. 

Il pleuvra donc sur mes photos.















Soleil revenu, j'entre dans la bibliothèque de la rue de la Glacière, bâtiment très en contrebas que j'avais mentionné dans Franck (mais je ne sais plus si j'ai gardé le passage). 
Sans cette liberté, je n'y serais sans doute jamais venue. Ses proportions, la disposition des pièces me plaisent tout de suite. Je m'assieds dans un fauteuil rouge. Tout me va, néons comme rayons obliques sur le mur.

Qui m'empêchera d'être là ? Personne.

jeudi 29 septembre 2011

Un livre, ses extensions

Depuis cet "Autour de Franck" de vendredi à Montreuil, il y a donc eu l'article de Pierre Cohen Hadria, puis deux billets de Thierry Beinstingel, l'un sur Franck, l'autre sur la lecture (pour comprendre pourquoi il compare ma façon de lire à la nage, voir ici). Nous préparons, en compagnie de Pierre Ménard, l'édition de notre livre commun pour publie.net, attendons de pouvoir joindre à nos textes l'enregistrement reprenant le montage. 














Parmi les extensions de Franck, il y en a deux autres, ancrées dans ma vie depuis des mois. Côté ville haute, elles surgissent de façon chaotique (quand je peux, quand j'ai envie), prennent de la place, du temps : la lecture audio avec photos d'un côté, le journal de publication de l'autre.
En ce qui concerne la lecture, il faut enregistrer, bien sûr, découper, monter, nommer, sauvegarder, télécharger. Pour les photos, se rendre sur place, en prendre trop (de celles qu'on ne montrera pas mais qu'on gardera en souvenir, par exemple, lieu précis qui n'est que pour soi), revenir, trier, choisir en fonction des fichiers audio (l'étape la plus agréable), renommer en fonction des images précédentes (toutes, au fur et à mesure, forment un nouveau texte, lui-même nouvelle extension), télécharger, insérer, ajouter des mots-clés, programmer ou non l'heure de mise en ligne.
Quant au journal, l'écrire dans le cahier, le relire plusieurs mois plus tard, le censurer, ajouter des explications, le taper, ajouter des liens, des photos parfois, l'envoyer par mail à Dialogues. Tout en continuant à l'écrire (au présent), ce que je n'ai pas fait durant plusieurs mois, activité reprise depuis cette lecture de vendredi soir.














Parfois un article se met à nouveau à parler du livre.
Demain j'en dédicacerai deux à une bibliothécaire de Montreuil.
En février prochain je prendrai un train, irai en parler à la fac.
En ce qui concerne la lecture audio, viens de dépasser la page 200, en ai encore pour des semaines, des mois.














Bizarre, la vie d'un livre, non ? Et serait sans doute plus bizarre encore si je n'y ajoutais pas ces extensions.
Les faire vivre, tous, textes, photos, voix, quelle que soit la date de publication du livre, l'année où il fut écrit. Que tout soit relié, c'est l'idée.

(photographies prises à Boulogne-sur-Mer, et qui ne serviront jamais)

samedi 10 septembre 2011

Gare de l'Est / la Chapelle















Il y a de drôles de hasards, de synergies ces jours-ci entre la ville haute et ce que je prépare.
Ainsi, le journal de publication de Franck a pris tant de retard qu'il y a maintenant un an d'écart, ou presque, entre ce qui est noté dans mon cahier et le moment où je mets l'article en ligne. La rubrique "journal" du site évoque actuellement ma rencontre avec Thierry Beinstingel au salon du livre du Mans en octobre dernier. Depuis, Thierry a écrit un texte magnifique, inspiré par mon livre et qui parle d'autre chose, dont la gare de l'Est est le centre. Or, nous en ferons une lecture le 23 septembre prochain à la bibliothèque Robert Desnos de Montreuil, en croisant son avant et son après Franck, des extraits de Franck et d'un texte court que j'ai écrit juste après avoir terminé le manuscrit, Douze façons de plus de parler de toi
La rubrique audio, elle aussi, est sans le vouloir en relation avec cette lecture, puisque la dernière mise en ligne concerne un chapitre que l'on retrouvera le 23, Marx Dormoy / rue de La Chapelle
Quartier qui revient dans ce Décor Lafayette dont je tente de venir à bout en ce moment... mais là ça bifurque (enfin qui sait ?).

lundi 18 juillet 2011

Tout est là















entre les deux gares














une fois quittée la ligne 2


















ce qu'on ne pouvait ni voir, ni deviner tant qu'on prenait le métro, allait travailler


















maintenant tout se rejoint, est lié : l'au-delà de Fenêtres entre la Chapelle et Barbès ; le passage par la gare du Nord dans Franck, Cowboy Junkies, Dans la ville haute et même les Oloé ; la place Stalingrad dans Au 103 bis (texte en cours, toujours) ; la gare de l'Est (à suivre) ;  tout cela, avec extensions, dans Décor Lafayette (on entendra le pop du champagne quand j'aurais terminé, j'espère !).

Attention pour traverser, juste...

vendredi 20 mai 2011

Des Oloé : parution lundi prochain
















Après avoir été annoncé à plusieurs reprises (au point qu'au début de Franck, sur la fameuse page "Du même auteur", il est indiqué, paru en 2010 !), mon prochain livre arrive : Des Oloé, espaces élastiques où lire où écrire sort en effet lundi 23 mai aux éditions D-Fiction.

Petit rappel des faits : il s'agit d'un livre numérique, disponible en version pdf et epub, avec photographies et liens, né au départ d'une proposition du site Mélico (Mémoire de la Librairie Contemporaine). En 2010, chaque mois, durant neuf mois, j'ai écrit un texte consacré à ces endroits "où lire où écrire" que sont les bibliothèques, centres d'animation, jardins, terrasses, trains, cafés... Les accompagnaient quelques lieux éphémères (installations, expositions) et d'autres, non destinés à ce type d'activité : rue, salle d'attente d'une antenne de la préfecture de police... 
















Hélène Clemente, de D-Fiction (mais pas seulement), a eu alors l'idée de les réunir pour en faire un livre, différent de ce que l'on peut trouver sur Mélico. Les neuf textes y sont, maquettés autrement. Ils sont précédés d'une introduction que j'ai lue lors du festival Hors Limites à Montreuil le 8 avril dernier, suivis d'oloé inédits (Béthune, Berlin, Montreuil, Jourdain pour aller vite). A mi-parcours, on retrouve un texte que j'avais écrit lors des vases communicants avec Piero Cohen Hadria, qui fut avec Hélène l'un de mes hôtes de Mélico (les choses sont bien faites, n'est-ce pas ?). Et c'est Juan Clemente, grand ordonnateur de la Ville haute (pas seulement), qui s'est occupé de la conception graphique. Evidemment, d'abord et avant tout, merci à eux.

















Et sinon, à part ça, les Oloé, qu'est-ce que c'est ? Une sorte de journal de bord sur deux ans, de quête du lieu où écrire, d'arrêt sur images, une collection de photographies de chaises, traversés par les textes en cours (Franck, Dita Kepler...). 















Un amour/désamour de la ville. Une tentative de réappropriation. Le désir de rester libre, surtout.

J-3 : je vais essayer de poster quelque chose ici chaque jour pendant une ou deux semaines pour accompagner cette parution.
A demain, donc, si je tiens mes promesses...

(ps : au fait, je ne mets pas de s à oloé au pluriel par pur snobisme ; on fait absolument comme on veut)