l'horloge de la gare de Chartres

l'horloge de la gare de Chartres
Affichage des articles dont le libellé est fenêtres. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est fenêtres. Afficher tous les articles

samedi 23 juillet 2016

Journal de l'été #4



















vendredi

Avenue Jean Jaurès il y a ce balcon, rouge et seul au monde, sur une façade blanche. Un homme, une femme y passent-ils la tête, parfois ? Se penchent-ils ? Observent-ils les élèves du cours Florent situé tout à côté ? Ce sont des questions de rien, des questions de fenêtres, les mêmes que celles que recense mon livre écrit il y a une quinzaine d'années maintenant. 
Le soir de la finale de l'Euro, je discute avec mon amie, la céramiste Christine Tchépiéga. De sa cour, on entend les rumeurs du match, les exclamations des gens en terrasse sans en deviner davantage. Elle me montre le premier des objets (sculptures ? comment nommer ce qu'elle est en train d'inventer ?) à l'intérieur desquels on pourra lire des extraits, très courts, de Fenêtres et de Décor Lafayette. Ce qu'elle me présente, qui n'est pas encore terminé, a déjà sa forme définitive, s'inspire du passage dans lequel un grand-père fantasmé, vivant dans un squat, boit son café au bol en regardant passer les métros de la ligne 2. On dirait une sorte de maison-salon, ou chambre, ou fenêtre, épurée et abstraite, intime. Tel quel, c'est déjà magnifique. Je suis très émue de cette connivence amicale et artistique. Ce que Christine crée à partir de ce que j'écris, je n'aurais jamais pu l'imaginer, me le représenter. Au moment où je le vois pourtant, l'évidence me traverse : je reconnais ce qui n'appartient qu'à elle. Le plancher de la pièce qu'elle invente, ce sont les rideaux du squat ; le bol résume tout entier le grand-père ; la forme du toit rappelle une phrase qui n'apparaît plus dans le texte...
C'est peu dire que j'ai hâte de découvrir la suite. Que va-t-elle faire de mon passage sur la violence de la ville, écrit en franchissant les voies de la gare du Nord ? Comment présentera-t-elle Mademoiselle Lapierre, la géante du Palais royal ?


Une des toiles de Christine, peinte à partir d'un texte que je lui avais confié il y a plus de vingt ans, fait apparaître dans un cadre un viaduc ou le pont d'une voie ferrée. Je l'ai sous les yeux au moment où j'écris, où je poste cette photo de mon carrefour, panneau d'aluminium croisé en revenant des Buttes Chaumont qui se déchire et le distord, l'amenuise, le réduit, l'inverse. Je regarde la photo, le tableau, à l'abri dans ma chambre. Je pense à mes questions de rien prolongées par bien autre chose : en bas de l'avenue ce matin, la police évacuait les centaines de migrants qui campaient depuis plusieurs jours entre Colonel Fabien et Jaurès. Une vidéo tourne sur les réseaux depuis tout à l'heure. On voit avec quel mépris, quelle violence un policier s'adresse à une jeune mère avec bébé. Le commentaire précise qu'un autre policier (si j'ai bien compris) a balancé trois coups de pied dans la poussette où le bébé se trouve.
Comment tenir encore ce journal, avec toute cette honte ?


La nuit, depuis deux nuits, entre trois et cinq je me réveille. Je regarde dans la pénombre ma bibliothèque. 
Et pendant que j'écris, onglet ouvert sur les réseaux pour retrouver cette vidéo prise à Jaurès, c'est d'une fusillade à Munich qu'il s'agit maintenant. Plus question de terminer cet article. Tout est suspendu.

samedi
 


 Je pense à ceux que j'aime.

Hier, je me disais en arrêtant d'écrire : j'aurais tellement voulu parler de L'aiR Nu encore dans cet article, de cette force que nous donnent depuis quelques jours ceux qui nous ont soutenus, ont permis le succès de notre appel. De ces plus de cent trente personnes avec nous.
Si je poste ces affiches déchirées ce n'est pas pour la déchirure, c'est parce qu'en les voyant dans le métro j'ai pensé à Pierre Ménard qui les collectionne et qui, sous son nom de Philippe Diaz, préside notre association tandis que Caroline, sa femme, est notre trésorière. C'est une façon de les embrasser, de se rappeler un verre pris en leur compagnie à rire, à discuter, à cogiter l'Ulule.

 













Si je poste ces deux couvertures de livres maintenant, nouveaux extraits de livres lus et mis en ligne dans la rubrique 36 secondes de L'aiR Nu, ce n'est pas pour faire de la pub mais pour dire que ces voix, J.B Pontalis parlant de l'importance des fenêtres, Annie Leclerc des bienfaits de l'eau, ce ne sont pas que des douceurs consolatrices, des questions de rien. Ce sont, quoi qu'on en dise, des formes de résistance.



Retournons-y. Retournons lire.

lundi 11 mars 2013

dans le grand magasin (suite)



















Le grand magasin a aimé l'Art nouveau, s'en est éloigné pour renaître paquebot dans les années 30 (dans mon livre, a pris la forme d'un yacht et bien entendu, continue de parler, d'adresser des signes à ceux qu'il fascine). Après la destruction de l'escalier d'honneur en 74, on dirait qu'il compte à nouveau sur les volutes et le végétal pour nous retenir - j'écris cela, parce que j'ai placé au-dessus de ce texte la photo d'un plafond de café, à Bruxelles, mais ce n'était pas du tout ce que je voulais dire, au départ.

Ce matin, je voulais écrire sur le fait de lire, aujourd'hui, de ce que ça représente pour moi, et croiser mes phrases à quelques fenêtres bruxelloises. Je savais très bien ce que je voulais. D'ailleurs, je le sais toujours, comme je sais que ce billet sur la lecture me prendra nécessairement du temps. Mais j'ai commencé à regarder les photos et j'ai bifurqué - sujet même de l'article, bien sûr. 

J'ai également pensé (ce lire venant à la suite du être lue de l'autre jour) qu'il me fallait également évoquer ici le long et très bel article de Christine Marcandier sur Médiapart à propos de Décor Lafayette. Un article qui contient plusieurs vidéos, dont une interview réalisée dans la chambre verte, autant dire mon terrain de jeu à Cerise : de quoi bifurquer à nouveau...

Alors, avant de retrouver ma boucle, fenêtres et phrases, je voudrais la remercier, dire que je me sens, à la lire, parfaitement comprise. Dans l'interview, à l'une de ses questions je réponds que je suis obstinée, et c'est vrai (comment faire autrement, de toute façon ?). Mais tout de même, et sans jamais savoir s'il constitue un socle au moment d'écrire, évidemment qu'il compte, cet écho.

vendredi 19 octobre 2012

Saint-Brieuc, dernière















Les ateliers sont terminés, le festival bien entamé. Dans l'intervalle j'ai collecté des fenêtres et des pavés.






















Les pavés, je savais que je les photographierais avant de partir. Les rideaux, par contre, je suis souvent passée sans les voir. Quartier résidentiel que celui de la maison de Louis Guilloux, dans lequel les rideaux sont blancs, les rosiers taillés, les travaux nombreux.


















Comme toujours, les parcours comptent des points d'attache : les fenêtres en avancée, avec colonnes, sont celles de la maison du boucher (gratin de courgettes carottes, hachis parmentier) ; la rue Chateaubriand, fendue en deux, mène à la place Saint-Michel, première étape vers le centre-ville.















Descendre, tourner à gauche, passer devant cet ancien magasin de meubles qui rappelle les garages, galeries.














Et donc, les pavés. Grande diversité, rebonds de la valise à roulettes en direction de la gare (discrétion garantie !). 





























Là, de quoi s'habiller, et un marchand de journaux (imaginer le monde, les poussettes, les vitrines, pulls, écharpes, robes et jeans).



































Enfin, avant de partir, se fondre un peu dans le décor/affiche, avec l'envie de revenir, de retrouver la ville,  et tous ceux rencontrés.

lundi 15 octobre 2012

Fenêtres de Saint-Brieuc #5



























































Ploufragan, Saint-Brieuc, fenêtres, fils et ponts : des lieux parfois difficiles à photographier, ceux que je croise, sans savoir au juste pourquoi. 
Se donner le temps de marcher hors plan, durant cette dernière semaine, tout en ayant maintenant quelques repères tangibles (la rue du Port, l'église Saint-Michel, la zone pavée piétonne et son manège ancien, la librairie Le pain des rêves, qui n'a pas de site, les Champs, qui en ont un, la rue qui grimpe vers la gare...) : peut-être.
Rapporter d'autres images ? Je ne sais.
Voix et silhouettes au  détour des rues vides : comment photographier le silence ?

dimanche 7 octobre 2012

Fenêtres de Saint-Brieuc #4















Bientôt la fin, tu vois, déjà, je n'ai rien vu passer.














Chaque semaine, j'ai regardé cette maison d'en face sans réussir à la cadrer.














Jamais cherché à observer ses occupants, non.














Simplement je l'ai aimée.














Chat qui traverse, parfum de bois, flaques sur le toit terrasse.

mardi 25 septembre 2012

Fenêtres de Saint-Brieuc #3















celle où l'on voit sonner les heures














celle de l'atelier du mardi














celle qui me rappelle le sujet














celle du changement de saison


















celle qui se moque quand je me perds

mardi 11 septembre 2012

Fenêtres de Saint-Brieuc #2


























































Fenêtres du lundi pour ne pas raconter la course, au Montparnasse monde (l'arrivée par temps clair, si), le café pris sur un banc, la première rencontre dans une salle vitrée donnant sur un jardin (ci-dessus) 

la seconde rencontre, dans l'amphithéâtre d'un lycée vaste et clair (ci-dessous)



























(et peut-être pourra-t-on lire et écrire entre deux ?)









































Fenêtres vite prises et à peine cadrées dans une journée compacte à dire qui l'on est et ce que l'on écrit. 
Regarder par la vitre la saison qui s'avance : promesse que l'on se fait.