l'horloge de la gare de Chartres

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dimanche 27 mai 2018

Semaine #21 contrastes















(Maison de la poésie, Etats généraux du livre, photographie de Samantha Bailly)

Mardi, mercredi, jeudi : Dire que j'allais écrire sur la douceur, c'était mentir : Bruits, c'est une histoire de violence, d'abord et avant tout - et je ne l'écris pas en ce moment. J'écris mon journal, ce semainier et un peu de Dita Kepler sur Twitter, je lis, prends des notes, disséminées partout.
Surtout, je suis traversée par cette violence symbolique, physique, sociale qui fuse de tous côtés sans qu'on puisse reprendre souffle : le mépris, maître-mot des Etats généraux du livre à la Maison de la poésie posant la question du statut des auteurs ; le communiqué sur les migrants à Paris du ministère de l'intérieur, bouillie mentale à laquelle il voudrait m'associer ("enjeux humanitaires qui ne sont plus supportables pour les parisiens", je cite, faute comprise), les lycéens d'Arago en garde à vue, fouillés, humiliés, leurs parents non prévenus ; les futurs bacheliers en plein stress, la main de l'étudiant arrachée à la Zad...  

J'essaye ici de parler de ce qui avance, se construit, progresse mais comment faire ? Non, je ne me blinderai pas, me dis-je ces jours-ci, et non je ne regarderai pas ailleurs. Généralement, je n'interviens pas dans les débats, sur les réseaux sociaux ou autres, me méfiant de moi-même, de mes emportements, mais cela ne veut pas dire que je n'écoute pas, ne réfléchis pas. Simplement, d'habitude, j'en passe par l'écriture et ça infuse longtemps, en ressort transformé.
Mais là, comment faire ?
Etat policier en marche.
Lui opposer une autre force. Un autre corps. D'autres mouvements, d'autres jambes.














(photo fétiche, prise à Montparnasse)

Pas si simple. Parfois tout paraît dérisoire.
Heureusement, voici qu'à l'instant m'arrive la "minute" de Virginie Gautier, détournée vers la ZAD.



Il y aussi les extraits de VF dans la revue Terres d'encre qui paraissent, et ce portrait que Lucie Leprêtre, romancière et étudiante à l'Université de Clermont-Ferrand, a fait de moi en atelier, qui me touche et me redonne de l'énergie : 
















Vendredi anniversaire, jour off

Samedi départ pour Montpellier, afin de participer à un colloque sur le numérique et les ateliers d'écriture à l'université Paul Valéry animé par Juliette Mezenc, avec Guénaël Boutouillet, Gilles Bonnet, Virginie Gautier et moi. Dans le train, je prends des notes sur Bruits, sur mes intentions à propos du personnage principal, une petite fille désignée par la lettre F. Elles débordent vite le cadre de ce livre : 

F est un personnage abstrait. Ce n'est pas une vraie petite fille, pas plus que Dita Kepler n'est une femme, pas plus que l'exposition de Volte-face n'est une véritable exposition ni son guide un guide réaliste. Je ne cherche pas le réalisme, le fait vrai : je m'en fous. Je ne me sens pas de comptes à rendre à propos du réel, n'ai pas à prouver que j'ai vécu. Je ne veux pas démontrer que je sais imiter ni prendre la voix des autres. Franck n'est pas Franck. F a six ans, ou seize, ou soixante, il y a des géantes dans les grands magasins, Dita Kepler est capable de franchir les murs, de se scinder en deux et d'entendre des voix. Ce que je dis des parloirs de prison dans les années 80 est vrai, je l'ai vécu, mais les salles d'attente pour familles de détenus sont aussi des serres, des laboratoires.
Seule vérité : n'avoir qu'une vie, qu'un cerveau, un corps, ne pas vouloir les limiter. Vouloir plutôt le rythme, le mouvement, le désir, l'envolée, tracer en ligne droite, bifurquer sans arrêt. 












(avec Juliette Mezenc, photo de Virginie Gautier)

Et voilà que tout se déplace et change, justement, après la table ronde et le départ de Montpellier pour Sète. Juliette et Stéphane ont prévu de nous emmener, Virginie et moi, à la Pointe courte, le quartier de jeunesse d'Agnès Varda.












































Mettre les pieds dans l'eau, voir passer des méduses, des chats, des mouettes, des bateaux qui croisent un TGV sur le départ. Prendre l'apéritif, entendre des histoires de mer et de lectures d'enfance : de vrais amis, n'est-ce pas, ceux qui vous entraînent de ce côté-là ?
Début de semaine dans la fracture, fin de week-end dans l'harmonie, provisoire et renouvelée.
Se conforter, reprendre pied, repartir. 

mardi 11 novembre 2014

LVIR #7

Ca commence à s'agiter du côté de Marseille, pour Laisse venir : avec Pierre Ménard, nous allons présenter le livre le dimanche 23 novembre à 15h, lors du festival Image de ville, à la villa Méditerranée. A cette occasion, Esther Salmona et Pascal Jourdana, qui animent Espace fine sur Radio Grenouille, vont nous consacrer une émission. Davantage qu'une nouvelle émission littéraire, Espace fine est une proposition de création radiophonique est-il précisé sur le site et j'ai donc hâte de savoir ce que cela va donner ! 
... D'autant que j'ai déjà entendu Esther lire ses textes et m'en souviens bien. Ce fut lors de la soirée consacrée à la revue d'ici là que Pierre avait organisée en mars 2010 à l'espace Château Landon. En suivant ce lien, on peut en retrouver des extraits en vidéo  : lectures d'Esther, donc, mais aussi d'Arnaud Maïsetti, de Mathieu Brosseau et de Joachim Séné (de mon côté, j'avais lu un oloé).




J'ai pratiquement toujours participé à la revue d'ici là, n'ai "raté" que le numéro 4, et suis évidemment triste d'apprendre qu'elle s'arrête, ainsi que Pierre l'a annoncé hier, même si je comprends fort bien ses arguments. Il y eut ces numéros, cette soirée à Château Landon ou encore les lectures que nous avions faites avec Joachim au salon de la revue pour la présenter, il y a trois ans : des textes de Michel Brosseau, Joachim, Claude Favre, Anne-Marie Garat, Jérôme Orsoni, François Bon, Christine Jeanney, Pierre, Martine SonnetMaryse Hache, Christophe Grossi et même un extrait de Dita Kepler. Je tape ces noms, je retrouve ces liens et me dis : c'est fou ce que nous aurons mis en ligne de "contenu", pour reprendre le mot chéri de la ministre, en quelques années...
(et je me souviens de Maryse, qui était venue nous écouter)
















D'ici la fin de d'ici là (encore un numéro à paraître) il y a, il y aura d'autres choses à venir, ou déjà arrivées. Ainsi, depuis quelques jours, peut-on trouver en librairie le (disons-le) parfaitement jouissif  livre de Juliette Mezenc, Elles en chambre, paru aux éditions de l'Attente après une première apparition chez D-Fiction. En référence, bien sûr, à Virginia Woolf, Juliette nous fait visiter les chambres d'écriture d'un certain nombre d'écrivaines, dont Nathalie Sarraute et Hélène Bessette. Elle nous a également demandées, à Cécile Portier, Liliane Giraudon, Marie CosnayChristine Jeanney, Emmanuelle Pagano et moi, d'écrire un court texte sur le sujet, inséré à la fin du livre. Je suis extrêmement heureuse et fière de cette invitation. Par pur plaisir et pour prolonger la lecture, j'enregistre d'ailleurs en ce moment, avec l'accord de tous, des extraits de Elles en chambre sur Bobler (mon nouveau joujou). Voici les liens qui mènent vers :
les premières lignes du livre
un passage moqueur sur les romans de Danielle Steel
le bistrot de Nathalie Sarraute
Hélène Bessette, ou l'urgence d'écrire



















Avant de conclure (j'ai fait long, et si vous cliquez sur tous les liens vous ne risquez pas de vous ennuyer avant un moment !), dire encore que sur les photos qui illustrent ce post on peut voir des papiers poncés de Régis Perray, photos prises à la galerie Gourvennec Ogor, à Marseille, où j'étais venue faire une lecture en compagnie de Delphine Bretesché. Rien d'étonnant à ce que je les utilise ce soir pour cet article : elles me rappellent la ville, bien sûr, mais aussi Dita Kepler (j'avais lu un extrait d'Anarmarseilles, incluant la phrase qui ouvre Ile ronde) et même le journal du Blanc, mais oui, sur lequel je retravaille hors ligne ces jours-ci et qui mentionne cette soirée.
Tout comme je ne peux pas terminer ces lignes sans mentionner ce qui fait ma joie ces jours-ci : le site de Virginie Gautier, qui est à son tour en résidence au bord du lac de Grand-Lieu et nous en donne des nouvelles quotidiennement...

dimanche 22 septembre 2013

chantiers et passerelles




















Thierry Beinstingel et moi nous nous connaissons depuis quelques années et discutons régulièrement de nos chantiers en cours. En quoi les questions que nous nous posons quand nous nous voyons, sur la fiction, l'état de personnage, la notion de décor, etc., peuvent-elles influer sur ce que nous écrivons ensuite ? En quoi nos recherches séparées peuvent-elles se croiser, se rejoindre, sans même qu'on l'ait su dans nos livres à venir ? C'est un peu ce que nous avons tenté de comprendre, au moins d'illustrer, en proposant vendredi dernier au centre Cerise une lecture croisée de six ouvrages différents : Franck et Avant Franck, d'abord, avec un extrait d'un passage situé dans le quartier de la Chapelle pour moi et à la gare de l'Est pour lui ; Décor Lafayette et Ils désertent, ensuite (livres que nous avons écrit en même temps), avec apparition d'une vieille dame de cent ans et d'une chef d'équipe très énervée ; (nom de code du prochain roman de Thierry) et Décor Daguerre, enfin, avec, en vrac, des fouilles, un musée, le chantier des Halles en 75, des cols pelles à tarte, une bille, une bulle, Emma Bovary et Rimbaud.

Nous referons cette lecture (ou peut-être une autre) en novembre à côté de Nantes. D'ici là, le terrain de jeu aura je l'espère continué de s'étendre. 















A ce propos, remue.net a repris sa mise en ligne des Pecha Kucha sur ce thème qui avaient eux aussi fait l'objet d'une soirée à Cerise (mémorable, en tout cas pour moi !).
Avaient déjà été présentés avant l'été ceux d'Emmanuel Delabranche, de Juliette Mezenc et de Mathilde Roux. Depuis, est apparu La course à l'échalote de Cécile Portier et l'on attend incessamment celui d'Olivier Hodasava (merci à Guénaël Boutouillet). 

Quant au mien (de Pecha Kucha), je le présenterai à nouveau mardi soir à la BNF au grand auditorium lors du festival intitulé Chercher le texte. Toutes les informations concernant ces 6'40 de projection et de lecture sont ici
Juliette Mezenc, elle, sera à la BPI du centre Georges Pompidou demain soir, également dans le cadre de ce festival, pour une performance avec Stéphane Gantelet intitulée Le dossier est vide. Et l'on pourra voir et écouter Cécile Portier mercredi 25 au Cube, à Issy-les-Moulineaux, pour Etant donnée.

*

(photos prises sur le terrain de je/u)

mardi 19 mars 2013

Pecha Kucha jeudi prochain au centre Cerise















Qu'on se le dise : jeudi soir, au café Reflets du centre Cerise, 46 rue Montorgueil, à Paris, pour la seconde soirée de ma résidence j'inviterai cinq auteurs à lire et à projeter des photographies sur le thème du terrain de je/u. La forme ? Le Pecha Kucha : 20 photos projetées 20 secondes chacune, soit 6 minutes 40 par personne pour faire entendre sa voix, nous entraîner ici ou ailleurs...

Ces auteurs, photographes, blogueurs, plasticiens et que sais-je encore sont :
Emmanuel Delabranche http://apeineperdue.blogspot.fr/
Juliette Mezenc http://www.motmaquis.net/
Mathilde Roux http://www.mathilderoux.fr/
Cécile Portier http://petiteracine.net/wordpress/
et Olivier Hodasava http://dreamlands-virtual-tour.blogspot.fr/

Bienvenue !